Gérard Chouquer

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Introduction

Gérard Chouquer (né en 1948 dans les Ardennes, France) est un chercheur, historien et archéogéographe, qui consacre ses travaux à l'étude de la dynamique des paysages, à l'histoire de l'arpentage et du cadastre, et à l'épistémologie des disciplines géohistoriques.

Biographie

Agrégé d’histoire en 1974, Gérard Chouquer est recruté au Centre national de recherche scientifique (CNRS) en 1980. Il est directeur de recherches depuis 1997. Il soutient une thèse sur les « cadastres romains » à Besançon en 1982, puis une habilitation à diriger des recherches en 1993 à Tours. Depuis 2001 il est nommé au sein de l'UMR 7041 du CNRS « Archéologie et Sciences de l’Antiquité » (Paris-Nanterre) et est habilité à diriger des thèses à la Sorbonne. Gérard Chouquer enseigne l’archéogéographie à l’université de Coimbra (Portugal) et donne quelques cours annuels dans cette discipline à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l’École d’architecture de Versailles.

De 1997 à 2004, il a été membre du comité d'expertise « Politiques publiques et Paysages » au Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement. De 2000 à fin 2007, il a animé les travaux du Groupe de Recherches du CNRS « Traité de l'Espace des Sociétés Rurales Anciennes » (TESORA). Depuis 2004, il est rédacteur en chef de la revue Études rurales et membre, depuis 2007, du Centre d'études archéologiques des universités de Coimbra et de Porto (Portugal), où il développe des programmes archéogéographiques.

En 2007, il a été élu secrétaire de l'association France International pour l'Expertise Foncière, constituée sous le patronage de l'Ordre des Géomètres-Experts. En 2008, il a été coopté au Comité Technique « Foncier et Développement » du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes et de l’Agence Française de Développement, où il représente FIEF.

Il est également membre du comité d'orientation de deux revues : Cosmopolitiques et Agri centuriati.

Travaux sur l'arpentage et l'histoire du cadastre

Gérard Chouquer est un spécialiste de l'étude de l'arpentage et de l'histoire du cadastre. Il s'est formé sur le terrain des centuriations romaines au Centre de Recherches d'Histoire Ancienne (Besançon), en participant à la mise au point de techniques de repérage des orientations des parcellaires. Ses résultats sont signalés dans l’Encyclopædia Universalis en 1985, dans l'article de Roger Agache sur l'archéologie aérienne. Il a découvert les localisations des plans cadastraux d'Orange, identifié des centuriations inédites en France et en Italie et il est devenu un spécialiste des textes des gromatici veteres

Cette spécialité l'a conduit, par extension, à s'intéresser à l'histoire du cadastre. Il entretient une collaboration régulière avec l'Ordre des Géomètres-Experts, en participant aux publications de l'ordre sur l'histoire de la profession, en contribuant à la revue Géomètre, et en œuvrant aujourd’hui à la diffusion internationale du savoir-faire français en matière de cadastre.

L'archéogéographie

Depuis 2000, Gérard Chouquer formalise une discipline hybride, l'archéogéographie, dont il a repris le nom chez l’historien Robert Fossier. Il en rédige le traité et il l’enseigne en France et au Portugal.

Il a réuni un premier colloque d'archéogéographie à Paris en septembre 2007. Gérard Chouquer considère que les phénomènes de transmission et de transformation brouillent la répartition périodisée des objets paysagers, telle qu’on croyait pouvoir la faire en géographie historique et en archéologie du paysage. Il défend l'idée que les objets habituels des recherches sont entrés dans une crise positive et qu'ils peuvent être recomposés.

Après un premier essai publié en 2000 aux éditions Errance, il a publié à Coimbra et Porto en 2007 un nouvel essai préfacé par Bruno Latour et présenté par Jorge de Alarcão. En 2008, il a publié le premier tome du Traité d’archéogéographie intitulé La crise des récits géohistoriques.

La rénovation des disciplines géohistoriques

Son intérêt pour le travail théorique et épistémologique l'a conduit à engager une recherche sur l'évolution des disciplines situées à la charnière de l'histoire, de l'archéologie et de la géographie. Sa conception de l'archéogéographie est une réponse à l'éparpillement qu'il constate dans ce domaine. En mobilisant les travaux de l'anthropologie (Philippe Descola, Alain Testart), de la sociologie des sciences et des sciences de l'épistémologie (Ulrich Beck, Bruno Latour, Isabelle Stengers, Dominique Boullier, Jean-Louis Fabiani), de l'histoire et de la géographie (Reinhart Koselleck, Augustin Berque, François Hartog, Jacques Revel, etc.), il suggère la voie d’une possible réorganisation des objets et du champ de l’étude de l’espace des sociétés du passé. Cette recherche l'a amené à prolonger son travail sur le terrain de la théorie de l'écologie politique et de l'environnement.

Ses travaux ont été recensés dans les revues suivantes dans Antiquity, Histoire et Sociétés Rurales, Revue des Annales, Nature Sciences Sociétés, Études rurales. Mais différentes critiques négatives lui ont également été adressées. Dans les années 1990, des archéologues italiens ont critiqué le fait qu’il réalise une morphologie des centuriations, au lieu de pratiquer une reconnaissance topographique et archéologique (Lorenzo Quilici). Des historiens français, tout en relevant l'intérêt d'une théorie de l'auto-organisation des formes dans la durée, ont préféré conserver une théorie de l'intentionnalité sociale expliquant les formes (Benoît Cursente et Mireille Mousnier). De façon plus générale, son travail théorique et épistémologique va à l'encontre de l'opinion courante en histoire selon laquelle la théorisation est inutile et même risquée

On trouvera une liste détaillée des recensions des travaux de Chouquer sur le site de l'archéogéographie.