Isotrétinoïne

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Introduction

Isotrétinoïne
Isotrétinoïne
Général
Nom IUPAC
N CAS4759-48-2
N EINECS225-296-0
Code ATCD10AD04, D10BA01
PubChem5282379
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule bruteC20H28O2
Masse molaire300,4351 ± 0,0186 g·mol
Propriétés physiques
T° fusion172 à 175 °C
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique

T
Phrases R : 36/37/38, 61,
Phrases S : 26, 36/37/39, 45, 53,
Données pharmacocinétiques
MétabolismeFoie
Demi-vie d’élim.21 heures
ExcrétionFèces et urine
Considérations thérapeutiques
Voie d’administrationPrescription
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L'isotrétinoïne est une substance active médicamenteuse utilisée dans le traitement de l'acné. C'est un rétinoïde, c'est-à-dire un dérivé de la vitamine A présent naturellement dans le corps, produit par le foie en petite quantité. Il s'agit de la substance considérée comme la plus efficace contre l'acné, elle est généralement réservée afin de traiter les acnés sévères résistantes aux traitements antibiotiques associés à des topiques pendant 3 mois. L'isotrétinoïne est la substance active de divers médicaments comme Curacné ® ou Roaccutane ®.

Indiquée pour :

Acné récalcitrant nodulaire grave
Contre-indications :

Grossesse et/ou Lactation

Hypersensibilité à l'isotrétinoïne

Sensibilité aux parabènes
Interactions :

Vitamine A et Cyclines
Effets secondaires :

Grave :

Tératogène (Déficiences congénitales graves)

Cardiovasculaire :

Palpitation, Tachycardie, maladie thrombotique vasculaire, AVC

Nez, gorge et oreille :

Perte d'audition, acouphène

Endocrine :

Hypertriglycéridémie

œil :

Opacité de la cornée, baisse de la vision nocturne, cataracte, trouble de la vision des couleurs, conjonctivite, sicca, inflammation de la paupière, kératite, névrite optique, photophobie, troubles de la vue

Gastro-intestinales :

Nausée, côlon irritable, hépatite, pancréatite, saignements et inflammations des gencives, colite, œsophagite/ulcère de l'œsophage, iléite, rectite, diarrhée sanglante, appendicite aiguë

Hématologie :

Réactions allergiques, anémie, thrombocytopénie, neutropénie, agranulocytose

Muscle et/ou squelette :

Hyperostose, calcification des tendons et des ligaments, soudure prématurée des cartilages épiphysaires, chute de la densité osseuse, arthrite, tendinite, rhabdomyolyse

Neurologie :

Pseudotumeur cérébral, vertige, somnolence, céphalée, insomnie, léthargie, malaise, nervosité, paresthésie, épilepsie, syncope, faiblesse générale

Psychologique :

Pensée morbide, dépression, psychose, irritabilité, comportement agressif, instabilité émotionnelle

Respiratoire :

Bronchospasmes, infection pulmonaire, altération de la voix

Peau :

Acné fulminans, alopécie, meurtrissures, cheilitis, bouche sèche, nez sec, peau sèche, épistaxis, éruption xanthomas, rougeur, fragilité de la peau, anomalie des cheveux, hirsutisme, hyperpigmentation, hypopigmentation, infections, dystrophie des ongles, panaris, desquamation de la paume des pieds et des mains, réaction photoallergénique/photosensibilité, prurit, pyogenic granuloma, éruptions cutanés, sensibilité au coups de soleil accrue, sueurs, urticaire, ulcérations, cicatrisation anormale

Urogénital et reproduction :

Menstruations anormales

Indications

Acné sévère ayant résisté à tout autre traitement antiacnéique (antibiotique & topics).

Pharmacocinétique

Absorption

Orale (Roaccutane®, Curacne®) ou locale (Roaccutane® Gel, Isotrex®).

Interactions

L'isotrétinoïne ne doit pas être administrée conjointement aux tétracyclines (Hypertension intracrânienne), et ne doit pas être prescrit aux femmes enceintes.

Historique

Le médicament a été à la base conçu pour les cancéreux qui pratiquaient de la chiomiothérapie. Dans les années 1970, le laboratoire Hoffmann-La Roche commença un programme de synthèse de rétinoïdes dans le but de réduire leurs effets secondaires. W. Bollag eut l'idée d'utiliser l'isomère 13-cis de l'acide rétinoïque. Celui-ci présente une efficacité thérapeutique dans des cas d'acnés vulgaires et sévères et des effets secondaires réduits par rapport à l'acide rétinoïque. Cette molécule, l'isotrétinoïne, fut développée en 1982 pour le traitement des acnés sévères par voie orale.

Dates clés dans l'histoire américaine de l'Accutane (Roaccutane)

1971 : Roche développe le Roaccutane, appelé Accutane aux États-Unis.

1982 : la FDA (Food and Drug Administration) autorise le Roaccutane pour soigner les formes sévères d'acné ayant résisté à d'autres traitements.

1986 : Roche change la notice d'emballage du Roaccutane pour signaler que des utilisateurs ont rapporté des symptômes de dépression.

1988 : Public Citizen pétitionne la FDA pour une interdiction de du Roaccutane

1997 : les instances françaises de régulation exigent de Roche d'indiquer le suicide comme un effet secondaire possible. Des données d'études d'un docteur de Roche sur la dépression chez des patients sous Roaccutane amènent ce médecin à recommander que les utilisateurs soient supervisés pour les signes de dépression.

Février 1998 : la FDA informe que la notice d'emballage du Roaccutane devra inclure un avertissement disant que des utilisateurs ont rapporté des réactions adverses incluant la dépression, des syndromes psychotiques et « rarement des idées de suicide, des tentatives de suicide et le suicide »

Mars 1998 : les instances anglaises et irlandaises de régulation exigent un avertissement sur le risque de troubles psychiatriques produits par Roaccutane.

Décembre 1999 : Roche présente à la FDA un rapport sur les troubles psychiatriques, concluant qu'aucun des 168 constats de comportement suicidaire ne peut être directement lié à Roaccutane.

Mai 2000 : Roche change la notice d'emballage du Roaccutane et inclut les effets indésirables possibles de la dépression, rarement des pensées suicidaires, des tentatives de suicide et du suicide.

Septembre 2000 : durant une audition devant le Comité consultatif dermatologique et ophtalmologique de la FDA, un des médecins intervenants (invité par la FDA et non par le laboratoire Roche) indique qu'entre 1982 et 2000, la FDA a reçu des rapports faisant état de 37 cas de suicide chez des personnes traitées par Roaccutane (24 cas) ou venant d'arrêter le traitement (13 cas). Il fait également état pendant la même période de 110 cas d'hospitalisation pour dépression, idées suicidaires ou tentatives de suicide.

Octobre 2000 : les Archives de dermatologie (Archives of Dermatology) publient une recherche financée par Roche. L'étude porte sur 20 895 patients souffrant d'acné qui prennent soit Roaccutane soit des antibiotiques ; elle n'a trouvé aucun lien entre le Roaccutane et le risque accru de dépression, de suicide ou d'autres troubles psychiatriques.

20 juin 2002 : l'information du Roaccutane est changée pour prévenir de la dépression, de syndromes psychotiques et, « rarement, d'idées de suicide, de tentatives de suicide, de suicide et de comportements agressifs ou violents »

Septembre 2003 : le Journal de l'Académie américaine de dermatologie (Journal of the American Academy of dermatology) publie une étude financée par Roche, qui n'a trouvé aucun accroissement significatif des prescriptions d'antidépresseurs chez les patients déjà sous Roaccutane.

18 novembre 2004 : David Graham, scientifique de la FDA, dit à une commission d'enquête du Sénat que le médicament devrait être étudié pour son retrait possible

23 novembre 2004 : la FDA exige un test de grossesse et que celui-ci soit négatif avant de prescrire le médicament.

Effets secondaires

De nombreux effets secondaires et indésirables constatés ou attendus chez les patients traités par isotrétinoïne sont similaires à ceux décrits chez les patients prenant de fortes doses de vitamine A (hypervitaminose A).

Les effets secondaires les plus fréquents touchent les muqueuses, les plus courants sont les suivants : douleurs et gonflement des lèvres (96 %), éruption cutanée sur le visage (55 %), nez sec (51 %), desquamation de la peau (50 %), démangeaisons (30 %), peau sèche (22 %), yeux rouges (19 %), chute de cheveux (13 %), irritation des yeux (11 %), éruption cutanée(< 10 %). Une sécrétion de sueur accrue et parfois persistante. Une sécheresse à l'intérieur du nez peut être associée à une légère hémorragie. Une inflammation des yeux légère à modérée peut être soulagée par une pommade ophtalmique. Dans de rares cas : chute de cheveux persistante après traitement, apparition d'angiomes (taches rouges).

De même on remarquera parfois des vertiges ainsi que diverses douleurs aux débuts du traitement durant 1 à 2 jours. Environ 13 % des patients souffrent de douleurs articulaires pendant le traitement.

On peut aussi remarquer une desquamation de la peau de la paume des mains et de la plante des pieds, des infections de la peau, une sensibilité accrue aux coups de soleil, des symptômes uro-génitaux non spécifiques, des symptômes gastriques non spécifiques, des maux de tête, une fatigue chez environ 5 % des patients. Une baisse de la vision nocturne a également été rapportée et a persisté dans de rares cas. Des cas de cataracte et de troubles de la vision ont également été signalés.

Effets psychologiques

Des études ont montré que beaucoup de patients mâles suivant un traitement d'isotrétinoïne ont démontré une sensibilité anormalement accrue à la testostérone, ainsi que plusieurs symptômes psychologiques et physiologiques reliés, tels une irritabilité et une anxiété inhabituelles, une confiance en soi gonflée outre-mesure ainsi qu'une augmentation marquée de l'appétit sexuel. Aucun de ces symptômes n'a perduré plus d'un mois après la fin des traitements.

Un autre aspect psychologique important concerne quelques patients atteints d’acné sévère avec des attentes excessives vis-à-vis du traitement de leur acné. Ces patients estiment que la disparition de leur acné résoudra leurs difficultés personnelles et sociales. De tels espoirs déçus peuvent intensifier leur sentiment d’échec et précipiter une crise émotive voire une dépression. C'est pourquoi, des symptômes dépressifs aigus, pendant le traitement par l’isotrétinoïne, ont été rapportés chez une minorité de patients (généralement sans antécédents): selon Wysowski et al., de 1982 à mai 2000, la FDA s’est vue notifier 431 cas de dépression, idées suicidaire, tentatives de suicide et suicides chez des patients américains traités par isotrétinoine à la dose de 1 mg·kg·j pour acné sévère. trente-sept patients se sont suicidés, 24 au cours du traitement d’une durée de trois mois en moyenne et 13 alors que le traitement était arrêté depuis deux mois et demi en moyenne. Trente et un patients sur 37 étaient de sexe masculin âgés en moyenne de 17 ans (extrêmes de 13 à 32 ans). Enfin 8 des 37 patients avaient des antécédents psychiatriques.

Tératogénicité

L'isotrétinoïne peut entraîner une malformation du fœtus chez la femme enceinte (risque estimé à 30 %).

Un moyen de contraception pendant le traitement chez la femme est obligatoire.