Mode de reproduction
La biologie de reproduction de cette espèce est mal connue. Les avis des différents auteurs divergent sur le mode de reproduction pratiqué par Liparis loeselii : autofécondation ou pollinisation par les insectes. Mais les seules expériences scientifiques menées concernent l’autofécondation et fortifient ainsi cette hypothèse - les fleurs sont tournées vers le haut permettant aux gouttes de pluies tombantes de faciliter le glissement des pollinies vers le stigmate (Catling, 1980) ; la couleur jaune-verdâtre des fleurs et la non présence de nectar n’attire pas les insectes – en plus aucun insecte visitant le Liparis loeselii n’a été observé, d’après les expériences de Kirchner, 1922. Le mode principal de reproduction chez cette variété est la multiplication végétative, se produisant par un rhizome horizontal qui se développe à la base du pseudobulbe, ou par production de petits pseudobulbes sur celui de l’année antérieure (Aboucaya et al. 2001).
Cycle de vie
Le Liparis de loesel est une orchidée à développement printanier et estival. En hivers, le pseudobulbe, ayant porté feuilles et fruits les saisons précédentes, persiste à l’état de repos, posé à même le sol, parfois à peine ancré par les restes des racines dévitalisées.
A partir du mois de mai, une nouvelle pousse, parfois accompagnée de pousses secondaires, se développe à la base du pseudobulbe en formation. Rapidement, deux feuilles subopposées naissent, au centre desquelles apparaît la hampe florale rudimentaire alors que les feuilles ne sont pas encore totalement épanouies.
Vers la mi juin, la plante est à son plein développement. Les fleurs se succèdent sur la hampe florale de bas en haut. À cette période, un léger renflement apparaît annonçant le prochain pseudobulbe. Il acquiert son plain développement lorsque les fruits sont mûrs. La maturation des capsules paraît lente. Jusqu’en septembre et parfois plus tard on peut observer des tiges portant des capsules vertes bien fermées. La hampe fructifiée se dessèche au cours de l’automne, les graines pouvant alors s’échapper par des fentes longitudinales.
La dissémination des semences est très étalée dans le temps et il n’est pas rares d’observer jusqu’en février des capsules desséchées contenant encore de nombreuses semences viables. Les feuilles disparaissent dès le mois d’octobre.
Ecologie générale
Liparis loeselii est une espèce trouvant son optimum dans des communautés végétales herbacées hydrophiles dont la structure est relativement ouverte, rase et clairsemées. Le Liparis s’insère généralement en situation pionnière à faible concurrence interspécifique (Corillon & Guerlesquin), ou post-pionnière derrière des végétations des sols très inondés et mal affermis (tremblant de tourbière). On la rencontre dans les étages collinéen et montagnard entre le niveau de mer et 950m d’altitude. C’est une espèce inféodée aux zones humides, s’adaptant essentiellement à deux types de milieux principaux : les tourbières basses alcalines (sol histique) et les dépressions humides arrière-dunaires (sol sableux hydromorphes). C’est une espèce oligotrophe qui apparaît essentiellement dans des types de végétations pauvres en éléments nutritifs. Elle disparaît dès que la végétation s’élève ou le substrat s’assèche.