Le peroxyde d'acétone est extrêmement instable, il est très sensible au choc et à la friction. L’explosion de 10 grammes de peroxyde d'acétone produit 250 cm de gaz alors que le TNT en produit 285.
Sa vitesse de détonation est de 5 529 m·s pour un échantillon de 15 mm de diamètre.
Une caractéristique du peroxyde d'acétone est que son explosion est peu exothermique, elle est dite entropique car le principal facteur favorisant sa réaction de décomposition est la création d'entropie.
Non confiné, c'est un explosif soufflant, il produit alors une violente flamme (mais détone s'il est initié par une onde de choc). Il peut aussi être mélangé avec d'autres produits: plastifiant, poudre sans fumée... ce qui lui permet d'exploser sans être confiné. Il devient alors un explosif brisant et produit une détonation.
Note : même les explosifs industriels comme la nitroglycérine ou le TNT brûlent dans certains cas s'ils sont mis à feu par une flamme
Il faut mettre quelques réserves aux propos précédents car les caractéristiques de cet explosif dépendent avant tout de la méthode de fabrication. La méthode la plus simple avec un catalyseur à l'acide chlorhydrique ou sulfurique à froid, donne la formule trimère dont la sensibilité est proche de celle du fulminate de mercure (un choc violent est requis). Mais ce produit est très sensible à la friction (accidents fréquents !).
Expérimentalement, on peut vérifier que la frontière de "confinement" est plus que ténue: lorsqu'on remplit un cylindre métallique de 10 cm de long et 5 mm de diamètre avec du TATP (formule trimère à l'acide chlorhydrique), approcher une flamme d'une extrémité provoque une flamme quasi-silencieuse aux deux extrémité. La même expérience réalisée avec un tube de 10 cm de long et 2 mm de diamètre provoque une violente détonation, très surprenante eu égard à la très faible quantité de matière. La différence de comportement semble surtout liée à la manière de tasser le TATP à l'intérieur du cylindre (opération excessivement dangereuse!), ce qui rend son utilisation comme monergol artisanal plus qu'aléatoire.
Expérimentalement, on constate aussi que la forme obtenue avec de l'acide chlorhydrique, puis séchée à l'air libre pendant deux semaines ne réagit pas sous un coup de marteau. Une source de chaleur incandescente semble être requise (flamme, cigarette, filament d'ampoule, étincelle électrique...).
Il a tendance à s'évaporer et doit être conservé dans de l'eau ou un mélange stabilisant pour plus de sécurité.