Selon une théorie proposée par le primatologue américain Philip Hershkovitz, les populations animales qui restent isolées pendant une période considérable tendent à avoir un pelage de plus en plus « délavé ». Le processus démarre avec une fourrure agouti (brune avec des séries grises) qui se transforme en brun rougeâtre uniforme avant d’évoluer vers le blanc intégral.
Le blanc est une caractéristique exceptionnelle chez les primates (et même chez les mammifères), qu’on retrouve à Madagascar chez les élégants propithèques. Il n’est pas sélectionné uniquement dans les milieux polaires (ours, renard, etc.). Cette couleur permet un excellent camouflage dans une canopée trouée à travers laquelle perce la lumière solaire. Dans ce type de forêt, les scientifiques ont toujours beaucoup de mal à remarquer et à suivre les singes blancs ou partiellement blancs, comme l’ouistiti à jambes jaunes, le tamarin bicolore ou l’ouakari chauve.
Les troncs des arbres à feuilles caduques, de couleur pâle, sont nombreux dans l’aire de distribution du Ouistiti à mains jaunes (Mico chrysoleucus), si bien que ce primate tout aussi pâle passe inaperçu lorsqu’il bondit de tronc en tronc, guidé par le gouvernail de sa magnifique queue touffue. De plus, à contre-jour, l’animal disparaît littéralement, se confondant avec la lumière crue du soleil.