Primates

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Introduction

Primates
Macaques de Formose (Macaca cyclopis)
Classification
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embr.Vertebrata
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
Ordre
Primates

Linnaeus, 1758
Familles de rang inférieur
Classification phylogénétique

Position :


  • Primates
  • Strepsirhiniens
  • Lorisiformes
  • Lémuriformes
  • Haplorhiniens
  • Tarsiformes
  • Simiiformes
  • Platyrhiniens
  • Cébidés
  • Callitrichidés
  • Atélidés
  • Catarhiniens
  • Cercopithécoïdes
  • Hominoïdés
  • Hylobatidés
  • Hominidés

Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des mammifères placentaires. Ce clade regroupe les singes - dont l'homme - ainsi que quelques espèces proches dont les lémuriens. Selon la classification phylogénétique actuelle, ils sont regroupés dans la clade intermédiaires des Euarchontoglires avec les lapins, toupayes ou galéopithèques.

On divise aujourd'hui les primates en deux clades : celui des strepsirrhiniens auquel appartiennent les lémurs, et celui des haplorrhiniens auquel appartiennent les tarsiiformes et les simiiformes qui comprennent entre autres les hominidésdont fait partie l'homme.

Étymologie

Le nom de primates apparaît dans la dixième édition du Systema Naturae de Carl von Linné, vaste ouvrage qui s'efforce de classer l'ensemble des espèces vivantes selon leurs proximités physiologiques. Selon Linné, le groupe des primates comprend l'homme et certaines espèces animales. Plus précisément, il est divisé en quatre genres : Homo (l'homme) , Simia (les singes), Lemur, et Vespertilio (les chauves-souris). La classification de Linné a été revue par la suite et les chauves-souris ne font plus partie du groupe, mais le mot de primate demeure.

Caractéristiques

Formule dentaire
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Les primates sont généralement caractérisés par :

  • une vie arboricole ;
  • le remplacement des griffes par des ongles plats (chez la plupart des espèces), l'aptitude à la préhension par l'utilisation de la queue ou des mains/pattes (grâce au pouce opposable aux autres doigts) : chez certains, les os du radius et du cubitus sont très mobiles l'un par rapport à l'autre, permettant des mouvements sophistiqués de la main ;
  • une prédominance de la vision sur l'olfaction : les orbites oculaires orientées vers l'avant permettent une vision binoculaire, et le développement du lobe occipital du cerveau montre la prédominance de la vue sur les autres sens.

La présence d'un cerveau plus développé que chez la plupart des autres mammifères est souvent avancée comme caractéristique de ce groupe mais elle n'est vérifiée que pour la super-famille des hominoïdés. Elle est en outre partagée par d'autres taxons. À ces traits s'ajoute la locomotion bipède, permanente chez l'homme, partielle et à des degrés divers chez les autres hominidés.

Taille et poids

EspèceFemelleMâle
Gorille105 kg205 kg
Orang-outan100 kg180 kg
Humain62.5 kg78.4 kg
Patas5.5 kg10 kg
Nasique9 kg19 kg
Ouistiti pygmée120 g140 g

Leur taille varie entre 13 cm (chirogale mignon, Microcebus murinus) et 175 cm, pour une masse allant de 100 g jusqu'à 275 kg (gorille, Gorilla gorilla).

Physiologie

Il n'existe des hormones de grossesse gonadotropines chorioniques que chez les équidés et les primates (chez l'espèce humaine, il s'agit de la hCG pour human Chorionic Gonadotropin).

Distribution géographique

À l'exception de l'être humain anatomiquement moderne, présent sous tous les climats, et de certains macaques, les primates actuels se trouvent essentiellement dans les régions équatoriales, tropicales ou subtropicales. En Amérique, on trouve des primates du nord du Mexique jusqu'au sud de l'Argentine. En Afrique, on les trouve essentiellement au sud du Sahara. À Madagascar se sont développées des espèces endémiques de strepsirrhiniens (telles que les lémurs). En Asie, on trouve des primates en Arabie, dans le Sous-continent indien, en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est. La limite est de leur expansion est Sulawesi et le Timor.

Dans les autres régions, il se trouve peu de primates en liberté (hormis les Homo sapiens). Les quelques espèces présentes, comme les rhésus en Floride et les magots à Gibraltar ont été introduites par l'homme.

Structures sociales

Les sociétés de primates sont extrêmement variées : ces animaux peuvent vivre isolés, en groupes permanents ou en groupes temporaires.

Les êtres humains et les autres grands singes semblent partager une dimension sociale unique : la culture. Différents auteurs ont montré que certains grands singes tels que les chimpanzés pouvaient partager des particularités culturelles, des pratiques apprises et non pas innées, transmises à l'intérieur d'un groupe mais inconnues en dehors de celui-ci. Sans tomber dans les excès de certains tenants de la sociobiologie ou de la psychologie évolutionniste, cela ouvre la porte à une évaluation intéressante des structures sociales des primates en rapprochant l'homme des autres grands singes.

Origine

Les animaux les plus proches des primates sont les dermoptères, qui appartiennent comme eux au clade des euarchonta. Les euarchonta dans leur ensemble sont assez proches des glires (lapin, lièvres, rongeurs, etc.) avec lesquels ils forment le clade des euarchontoglires.

└─o Euarchontoglires ├─o Anagalida dont les glires └─o Euarchonta ├─o Scandentia └─o ├─o Dermoptera └─o Primatomorpha : Plesiadapiformes†* puis Primates * paraphylétiques

On peut supposer que les primates se sont constitués en groupe distinct voici environ, selon l'approche retenue, 85 millions d'années - datation selon la méthode de l'"horloge moléculaire", ou 65 millions d'années - analyse classique des paléontologues. Précisons que la recherche du plus ancien ancêtre commun est discutée : le Purgatorius, qui date d'environ 70 millions, n'est peut-être pas un primate, et les plus anciens fossiles relevant indiscutablement du clade des primates sont des adapidés vieux de 55 millions d'années (Donrusselia et Cantius).

Subdivisions

La phylogénie du groupe, autrement dit la formation et le développement des espèces, est bien établie et sa structure est relativement bien connue. Il existe encore plusieurs points qui font débat comme par exemple le cas particulier de la relation entre l'espèce humaine et les grands singes qui est un sujet sensible.

Primates ├───Strepsirrhini │ ├──Lemuriformes │ │ ├──Daubentoniidae │ │ │ │ │ └──Lemuroidea │ │ ├──Cheirogaleidae │ │ ├──Lepilemuridae │ │ └──N.N. │ │ ├──Indriidae │ │ └──Lemuridae │ │ │ └──Lorisiformes │ ├──Lorisidae │ └──Galagonidae │ └──Haplorrhini │ ├──Tarsiiformes │ └──Simiiformes ├──Platyrrhini │ ├──Pitheciidae │ └──N.N. │ ├──Atelidae │ └──N.N. │ ├──Callitrichidae │ └──N.N. │ ├──Aotidae │ └──Cebidae │ └──Catarrhini ├──Cercopithecoidea │ └──Cercopithecidae │ └──Hominoidea ├──Hylobatidae └──Hominidae

Le sous-ordre des strespisrrhiniens

Peigne dentaire : les 4 incisives et 2 canines sont rapprochées (voire collées) à la manière d'un peigne (voir en:Toothcomb).

Le sous ordre des strespisrrhiniens correspond aux lorisiformes (comme par exemple les loris) et les lémuriformes (comme par exemple les lémurs). Ils sont arboricoles, souvent nocturnes et insectivores (caractères primitifs ancestraux).

D'une manière générale, ce sont des vertébrés munis d'une queue recouverte de fourrure, d'un museau et d'yeux ronds. Ils ont 5 doigts aux mains et aux pieds. La caractéristique principale qui les distingue des autres primates est la présence d'un « peigne dentaire » à l'avant de leur denture : c'est un ensemble de 6 dents constitué des 4 incisives et des 2 canines, toutes allongées et orientées vers l'avant ; il sert à récupérer la gomme des arbres dont ils se nourrissent, mais également à l'épouillage.

Les lorisiformes

Les lorisiformes constituent l'un des deux infra-ordres des strespisrrhiniens : de petite taille, rencontrés en Afrique et en Asie, ils regroupent les familles suivantes :

  • Cheirogaleidae, vivant à Madagascar et ressemblant plus à des écureuils qu'à des singes. La position de cette famille varie suivant les auteurs, tantôt parmi les lorisiformes, tantôt parmi les lémuriformes comme dans la révision taxonomique proposée par J. G. Fleagle en 1999 .
  • Galagidae, vivant en Afrique, comportant le genre Galago.
  • Loridae, vivant en Afrique et en Asie (genres Loris, Nycticebus, Perodicticus et Arctocebus).

Les lémuriformes

Exemple de lémurien (Maki catta).

Les lémuriformes constituent l'autre infra-ordre : ils vivent tous à Madagascar, qu'ils ont colonisée en l'absence d'autres primates plus compétitifs. On les classe en diverses familles :

  • Lemuridae (Lémuridés), comportant notamment le maki.
  • Indriidae, aux membres postérieurs plus développés que les antérieurs (indri, avahi, sifaka).
  • Megaladapidae, famille représentée par le genre Lepilemur.
  • Daubentoniidae : un seul genre et une seule espèce, l'aye-aye.

Les haplorrhiniens

Les haplorrhiniens regroupent les singes (ou simiiformes) et les tarsiers.

Les singes

Exemple de platyrhinien, un ouistiti à toupet blanc.

Parmi les singes, on distingue :

  • les platyrhiniens ou singes du Nouveau Monde, originaires d'Amérique centrale et du Sud : ils ont les narines écartées, une queue longue et préhensile. Ils possèdent presque tous 36 dents. Ils se divisent eux-mêmes en trois familles :

  • les cébidés, famille à laquelle appartiennent le sapajou, l'atèle (ou singe-araignée), le singe-laineux et le singe-hurleur.

  • les callithrichidés*, avec notamment les tamarins et les ouistitis.*

  • les pithéciidé (Mivart, 1865) - famille récemment individualisée avec deux sous-familles les Callicebinae et les Pitheciinae, auparavant genres des cébidés.

  • les catarhiniens ou singes de l'Ancien Monde : ils ont les narines rapprochées, jamais de queue préhénsile, voire pas de queue visible mais seulement des vertèbres caudales vestigiales soudées (coccyx). Ils possèdent 32 dents. Ils se divisent eux-mêmes en deux super-familles :

  • celle des cercopithécoidés qui comprend les cercopithécinés (cercopithèques, macaques, babouins) et les colobinés (notamment le nasique).

  • celle des hominoïdes qui comprend les hylobatidés (gibbons) et les hominidés, qui correspondent à ce qu'on appelle souvent les grands singes (le chimpanzé, le gorille, l'orang-outan et l'homme).

Les tarsiers

Ces derniers, considérés autrefois comme des prosimiens (terme désuet), sont désormais rattachés aux haplorrhiniens : ils ne possèdent pas de rhinarium mais leurs facultés olfactives sont meilleures que les catarhiniens.

Enjeux éthiques et politiques

Anatomie comparée, homme et gorille.

Le fait que l'homme fasse partie de l'ordre des primates donne à ce groupe d'animaux un caractère particulier. Cette idée est défendue par exemple par Peter Singer, l'auteur du Projet grands singes visant à reconnaître un statut spécial pour les singes anthropomorphes. Peter Singer voudrait en effet accorder certains droits aux grands singes (les plus proches de l'homme génétiquement) et ainsi créer, comme pour l'Homme avec sa charte des Droits de l'homme, une charte définissant les droits des primates. Ce point de vue est lié au mouvement de « libération animale » ; dans le même ordre d'idée, on peut citer le documentaire Koko, le gorille qui parle (1978) de Barbet Schroeder, mettant en scène un gorille à qui l'on apprend la langue des signes, et qui se met à inventer des mots en accolant des mots déjà appris. Ce débat est l'un des plus houleux du moment, car certains voient cela comme un rabaissement de l'Homme au niveau du primate, ce qui pose certaines questions quant à la nature profonde de l'Homme et notamment dans les questions abordées : finalement qu'est-ce qu'un humain ? et finalement l'Homme peut-il lui-même définir l'Homme ? Ce sont des questions plus philosophiques, et qui entraînent divers problèmes éthiques.

Protection

75 des 188 espèces de primates sont menacées de disparition. Toutes les espèces de primates, hormis l'homme, sont inscrites à l'annexe II ou pour les plus menacées à l'annexe I de la CITES.