En 1873, la colonie britannique de l’Île-du-Prince-Édouard se joignait au Dominion du Canada à certaines conditions, par une des lois constitutionnelles du Canada. L'une de celles-ci portait sur la liaison maritime entre l’Île et le continent, et se lisait comme suit : « Le gouvernement du Dominion prend en charge les dépenses relatives (...) au transport toute saison par bateaux à vapeur, dans de bonnes conditions d'efficacité, des passagers et du courrier, entre l'Île et le continent (...) ». Le Gouvernement du Canada a donc institué un service de traversier entre le Nouveau-Brunswick et l'Île pour satisfaire à cette promesse.
Au fil des ans, des projets ont été présentés pour la construction d'un lien permanent, pont ou tunnel, mais la distance à couvrir et les conditions de glaces en hiver ont longtemps rendu le projet difficile. Ceci est sans parler des coûts astronomiques qu'un tel lien engendrerait pour desservir une population de moins de 200 000 personnes, ainsi que les réticences de certains insulaires qui y voyait la perte possible du caractère particulier de leur île.
À la fin des années 1980, la construction d’un pont enjambant la partie la plus étroite de détroit de Northumberland était devenue une possibilité qui fit l’objet d’études de faisabilité et de débats politiques. Les opinions des agriculteurs, des pêcheurs, des exploitants d'entreprises touristiques et des résidents de l’Île-du-Prince-Édouard divergeaient radicalement quant à la façon dont l’accès à longueur d'année à la partie continentale de la province transformerait leur mode de vie et leurs moyens de subsistance. Finalement, le tout été résolu par un vote des résidents dans un référendum le 18 janvier 1988 dont le résultat fut de 59,4% en faveur d'un raccordement permanent.
La décision fut finalisée après que le gouvernement du Canada se fut assuré que la construction d’un tel ouvrage le relèverait de son obligation d’assurer une liaison maritime et eut signé dans une entente fédérale-provinciale avec le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard en 1993. La modification suivante fut apportée à l’Annexe du Décret en Conseil de 1873: « Qu’un ouvrage de franchissement reliant l’Île et le continent remplace le service de bateaux à vapeur visé par la présente annexe. »
Le coût de construction total a atteint un milliard de dollars canadiens. Un comité consultatif a retenu trois noms des 2 200 propositions reçues de la part du public et c'est Diane Marleau, la ministre des Travaux publics et des services gouvernementaux d'alors, qui annoncé le nom gagnant le 27 septembre 1996 : Pont de la Confédération. Ce dernier a été inauguré le 31 mai 1997, après quatre ans de travail par plus de cinq mille travailleurs locaux, par la même ministre. Aujourd’hui, la Strait Crossing Bridge Limited, entretien et gère le pont jusqu'en 2032, date à laquelle le pont reviendra au Gouvernement du Canada.