Connaissant (a) la quantité totale de potassium dans un corps humain, (b) l'abondance naturelle de K présent dans la biosphère et (c) la période radioactive de celui-ci, il est facile de calculer le nombre de désintégrations par seconde (Becquerel) qui y ont lieu.
(a) : Quantité totale de potassium dans un corps humain. Celle-ci est en moyenne de 4216 ± 473 mmol (165 ± 18 g) pour un homme et de 4172 ± 540 mmol (163 ± 31 g) pour une femme, mais vu que d'autres paramètres tels que l'âge ou l'IMC peuvent affecter ces valeurs, une formule qui tient compte de ces facteurs a été développée comme suit :
KCT = (98,3 - 0,1594 × âge + 0,1431 × poids - 0,1848 × taille) × MNG
KCT = (94,39 - 0,1735 × âge + 0,1169 × poids - 0,1567 × taille) × MNG
Où KCT est le potassium corporel total (en mmol), l'âge est en années, le poids en kg, la taille en cm et MNG est la masse non-grasse (par exemple, pour un corps de 80 kg constitué à 20 % de graisse, la MNG vaut 0,8 x 80 = 64 kg).
(b) : L'abondance naturelle du K est de 0,01167 % (cf. table des isotopes du potassium).
(c) : La période radioactive du K (1,277×10 ans) permet de calculer pour une quantité donnée de l'isotope (une mmol, soit 6,022 x 10 atomes), le nombre de désintégrations par unité de temps (en Bq). En l'occurrence, une mmol de K produira :
(6,022 × 10 × ln2 / (1,277×10 × 365,25 × 24 × 60 × 60)= 1,036 × 10 Bq
Finalement, il suffit de calculer KCT × 0,0001167 × 1,036 ×10 pour obtenir le nombre de Bq produits par le K dans un corps humain, ce qui en moyenne (valeurs minimales et maximales des KCT indiqués plus haut) donne donc entre 4390 et 5670 désintégrations par seconde (Bq). Ces valeurs sont à comparer à celles données en exemple dans la page Becquerel, où les valeurs indiquées pour l'être humain tiennent compte de façon similaire des autres isotopes naturellement présents dans le corps.
À noter qu'il est inutile de vouloir mesurer cette radioactivité à l'aide d'un compteur Geiger : les rayonnements bêta moins du K ne traversent que très peu la matière telle que celle qui constitue les liquides corporels ou la peau et sont donc absorbés par les atomes des molécules environnantes, qui peuvent alors subir des ionisations. Cette mesure doit donc se faire par d'autres méthodes telles que l'homogénéisation de l'échantillon biologique suivie de la détection de son activité bêta moins par comptage de scintillation. Dans les cellules, l'ionisation de certains atomes due à la radioactivité du K peut provoquer la rupture de liaisons chimiques et aboutir à la formation de radicaux libres, qui sont généralement détoxifiés par une variété d'enzymes spécialisées. Si l'ionisation intervient sur des atomes qui constituent l'ADN des chromosomes, ceci peut parfois provoquer des mutations aux conséquences plus ou moins graves pour la cellule ou pour l'individu.