Le mot « hominidés » est plutôt issue des disciplines liée à l'histoire, plus précisément l'étude de la Préhistoire et de la Paléontologie où l'on tente de reconstruire l'origine et l'arbre évolutif de l'Homo sapiens : on recherche à partir de l'étude des fossiles les ancêtres et les espèces cousines disparues de l'homme actuel.
L'expression « grands singes » vient plutôt des disciplines telles que la primatologie et l'éthologie, qui étudient le comportement des animaux dans la nature. C'est au départ un concept formé pour isoler certaines espèces au sein du groupe des singes, qui est polyphylétique car il opère une séparation arbitraire en considérant certains simiens et en rejetant d'autres tel que l'homme, ce dernier étant retiré artificiellement pour des raisons philosophiques clairement anthropocentriques. On a donc défini le concept de « grand singe » à partir du concept de singe, toujours sans y inclure l'homme. Il s'agissait donc à l'origine de ne considérer que les gorilles, les orangs-outans, les chimpanzés (le bonobo n'étant pas identifié en tant qu'espèce à l'époque), ainsi que leur ancêtres.
Plus tard il a bien fallu se rendre à l'évidence du caractère paraphylétique de cette définition dans la classification phylogénétique, c'est-à-dire du caractère arbitraire de l'absence de l'homme, notamment à cause des problèmes de l'évidence d'un ancêtre commun et de la classification des lignées intermédiaires ou éteintes. De même la découverte des fossiles d'Orrorin, de Toumaï et d'Ardi, ayant des caractéristiques proches de l'ancêtre commun (au point que Toumaï a pu être considéré par Yves Coppens comme un ancêtre possible des gorilles), ont amené les préhistoriens et paléontologues à s'intéresser aux espèces actuelles de grands singes.
« Hominidés » et « grands singes » sont aujourd'hui le plus souvent considérés comme synonymes.