Les ballons mesuraient 10 mètres de diamètre et contenaient 540 m d’hydrogène. Ils devaient transporter une nacelle, quatre bombes incendiaires, une bombe anti-personnel, 36 sacs de sables comme lest et tout l’équipement de contrôle, soit au total 454 kg. La préparation du projet a été assez longue à cause des problèmes techniques rencontrés. L’hydrogène dans les ballons prend de l’expansion en s’élevant à cause de la plus faible pression. À cela s’ajoute l’expansion due au réchauffement diurne, la contraction due à la température plus froide la nuit et les pertes par des fuites dans le ballon.
Les ingénieurs ont donc dus inclure un système de contrôle de l’altitude par altimètre. Ce dernier commandait un mécanisme de relâche des sacs de sable, attachés à une roue en aluminium, si le ballon descendait trop bas. Si le ballon montait au-dessus de 11,6 km d’altitude ou que la pression interne menaçait de faire exploser le ballon, une valve s’ouvrait et laissait un peu d’hydrogène s’échapper du ballon.
Il y avait juste assez de lest et d’hydrogène pour un cycle nuit/jour de trois jours, la durée de la traversée prévue. Le mécanisme électrique qui relâchait les sacs de sable, en allumant une petite quantité de poudre à canon, était alors utilisé une dernière fois pour allumer une mèche de 19 mètres au centre de la nacelle. Après avoir pris 84 minutes à brûler, la mèche faisait exploser une petite charge près du ballon, ce qui le faisait éclater.
Quelques ballons ont été lancés par la Marine impériale, ce qui sera nommé le « modèle A ». Ils étaient fait de soie enrobée de caoutchouc, avaient une radio pour les suivre par télémétrie et ne transportait aucun armement. Par contre, l’Armée impériale utilisa des ballons en washi, un papier aux longues fibres de mûrier entrelacées connu pour sa légèreté, sa flexibilité, sa solidité et son imperméabilité. Ils commandèrent dix mille ballons faits de ce matériel qui devinrent le « Type B ». Ce papier arrivait en feuille de la taille d’une carte routière et devait être assemblé grâce à une colle comestible appelée konnyaku dans des stades de sumo, des théâtres et autres grandes pièces. Un grand nombre des travailleurs étaient des adolescentes aux doigts agiles qui devaient porter des gants afin d’empêcher leurs ongles de couper le ballon.