Pour mesurer et comparer la production de pétrole des différents pays, il faut savoir exactement de quoi on parle. La production totale d'hydrocarbures liquides peut se décomposer en nombreuses catégories et nombres de sources ne précisent pas clairement ce qui est inclus.
Définition du gaz naturel
Le gaz naturel est un mélange du gaz méthane (CH4), plus ou moins chargé d'éthane (C2H6), de propane (C3H8) et de butane (C4H10).
Les gisements de gaz naturel sont souvent loin des lieux de consommation, aussi on l'achemine vers ces derniers, soit à travers des gazoducs, soit après liquéfaction cryogénique, sur des méthaniers. On parle alors de gaz naturel liquéfié (GNL). On parle de « gaz sec » ((en) lean gas ou (en) dry gas) lorsque les coupes supérieures à l'éthane sont à l'état de trace (naturellement ou parce qu'elles sont extraites).
Il est plus difficile d'avoir des valeurs précises pour les réserves récupérables de gaz naturel que pour celles du pétrole. Le gaz naturel extrait, mais non mis sur le marché (réinjecté dans les gisements de pétrole ou brûlé en torchère par manque de débouchés) n'est généralement pas considéré comme ayant été « produit ».
Les réserves de gaz naturel excluent le gaz des réservoirs compacts ((en) tight sands), le gaz des veines de charbon ((en) coalbed methane), le gaz piégé dans le schiste ((en) shale gas), le méthane dissous dans l'eau des aquifères salins et les hydrates de méthane des fonds océaniques.
Unités
Les notations utilisées sont :
- Mbbls et Gbbls pour 1 million et 1 milliard de barils (1 baril = 159 litres) .
- kbbls/j pour 1000 barils par jour de production.
- G.m³ pour milliard de mètres cubes (pour le gaz naturel).
- kbep, Mbep et Gbep pour les « barils équivalents pétrole » permettant d'additionner liquides et gaz.
Estimation des réserves
Le terme de dotation totale désigne la quantité ultime de pétrole (ou de gaz) récupérable, y compris ce qui a déjà été extrait.
Le terme de réserve ne désigne pas le volume de pétrole présent dans les gisements, mais celui que l'on est techniquement et économiquement capable de récupérer. La fraction récupérable est extrêmement variable, pouvant être de 5 % dans certains gisements à conditions très défavorables (faible pression, pétrole visqueux, roches peu poreuses, colonnes de pétrole petite), et dépasser 75 % dans certains autres.
Les chiffres de production cumulée (passée) proviennent de l'ASPO. Les chiffres de productions futures (réserves connues, accroissement de réserves prévisible, et nouveaux gisements à découvrir) sont évidemment des estimations hautement hasardeuses. Beaucoup de pays, au premier rang desquels l'Arabie saoudite, diffusent des chiffres de réserves hautement suspects et ne tolèrent pas de vérification par des tiers.
Anticiper les découvertes futures se fait par extrapolation de certaines données (comme la « courbe d'écrémage » des découvertes passées par rapport au nombre de puits d'exploration forés), mais est bien sûr un jeu risqué. Les valeurs de « restant à produire » sont donc à considérer comme de simples ordres de grandeur, surtout pour les pays où les chiffres officiels sont suspects et où il reste de vastes zones peu ou pas explorées. Par exemple, l'Irak, un pays pétrolier clé, cumule les deux situations.