- Au niveau de la styloïde radiale, dans ces coulisses ostéo-fibreuses, propres (plus rarement commune dans la "maladie"), chemineraient, volontiers séparés, d'une part les tendons plus ou moins nombreux du muscle long abducteur du pouce (abductor pollicus longus) et d'autre part le tendon du muscle court extenseur du pouce (extensor pollicus brevis ou EBP).
- Ces tendons forment plus bas la limite antérieure de la tabatière anatomique.
Dans des conditions anatomiques particulières (gaines propres fréquentes, l’exposition à des forces répétées provoquerait des déformations fibro-élastiques, des micro-ruptures et un épaississement des fibres de collagène, voire volontiers une métaplasie cartilagineuse et/ou osseuse (palpable, visible) des gaines fibreuse et synoviale .
Cet épaississement inflammatoire pérennise le conflit entre le (court extenseur, le plus souvent dans ce cas) ou les tendons et la gaine synoviale à l’origine de douleur et de gène à la mobilisation du poignet et du pouce.
Toute action répétitive mettant en jeu la rétroposition du pouce devrait en principe favoriser l’apparition de ténosynovite de de Quervain (pincer, serrer, visser, manipuler des petits objets, faire des mouvement répétitifs, utiliser des ciseaux, une play station, etc…)
De nombreux facteurs favorisants seraient décrits.
Plusieurs études ont montré une association significative entre la maladie et l’exposition à un travail répétitif nécessitant un effort physique important des membres supérieurs, les loisirs nécessitant une inclinaison radiale répétée du poignet : aviron, golf, tennis…(Laulan et al 2001): à intensité de travail égale, certains sujets ne sont pas atteints.
La rareté relative de l'affection dans un job dit "à risque", sa plus grande fréquence chez les noirs ou les hyperlaxes (femmes), la non prédominance de l'atteinte du côté dominant, les études anatomiques (chirurgicales, chez le cadavre) seraient de plus en plus volontiers en faveur d'une prédisposition anatomique.
Certaines pathologies communes (banales) seraient également connues pour être "prédisposantes" : qu’elles soient inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde), métaboliques (diabète) ou hormonales (hypothyroïdie) .
La grossesse (affection banale) serait également un "facteur de risque" connu de cette affection assez rare en Europe, moins rare aux Antilles.
La ténosynovite de De Quervain est, à tout le moins en France, en dépit de toutes ces remarques étiologiques et anatomiques, reconnue comme maladie professionnelle (tableau 57 B des maladies professionnelles) quand elle est imputable à des conditions de travail particulières (posture de travail, gestes répétitifs…).
Il faut savoir que pour "échapper à ce type de pathologie" comme au syndrome du canal carpien, le fait de ne rien faire du tout n'est pas synonyme absolu d'impunité, tant est probable la composante génétique (même remarque pour la hernie discale volumineuse) !
Les "maladies professionnelles" comme l'accident de la route auraient elles aussi une composante génétique non négligeable.