Propositions démontrées dans d'autres articles
- Lemme d'Artin: Soit L un corps et G un groupe fini d'automorphisme de corps de L. Alors l'ensemble K des éléments l laissé invariant par chaque élément de G est un sous-corps. De plus, L est une extension galoisienne de K.
Cette proposition est démontrée dans le paragraphe propriété des extensions de Galois.
- L'ensemble des éléments de L laissés invariants par tous les membres de G est K.
Cette proposition est démontrée dans le paragraphe propriété des extensions de Galois.
- Soit F un sous-corps de L contenant K, alors L est une extension galoisienne de F et le groupe de Galois associé est l'ensemble des éléments de G qui laisse F invariant.
Cette proposition est démontrée dans le paragraphe propriété des extensions de Galois.
- Si L est une extension finie de K1 et K1 une extension de K. Alors un morphisme de K1 dans Ω laissant invariant K se prolonge en un morphisme de L dans Ω laissant invariant K.
Ici Ω désigne la clôture algébrique de K. Si L est une extension de Galois, alors le prolongement est nécessairement à valeur dans L, par définition d'une extension normale car toute extension de Galois est normale.
Cette proposition est démontrée dans le paragraphe Morphisme dans la clôture algébrique d'une extension séparable.
- Soit F une extension de K et L une extension de F. Si L est une extension de K séparable, alors L est aussi séparable sur F et F est séparable sur K.
Cette proposition est démontrée dans le paragraphe Séparation: cas des extensions et des corps.
Démonstration de la première proposition
- L est un sous-corps de L, L est une extension galoisienne de L et H est le groupe de Galois de l'extension L de L.
Cette proposition est une conséquence directe du Lemme d'Artin.
Démonstration de la deuxième proposition
- L'application de l'ensemble des sous-groupes du groupe G dans les sous-corps de L qui à chaque sous-groupe H associe L est une bijection.
Considérons l'application φ qui à un sous-corps F de L associe GF le sous-ensemble de G qui laisse F invariant. La troisième proposition du paragraphe des propositions déjà démontrées prouve que l'application est bien définie.
Montrons que cette application est injective. Soit F1 et F2 deux corps distincts. Soit l un élément de F2 qui n'est pas élément de F1. À une permutation des indices près, il est toujours possible de trouver un tel élément si les deux sous-corps sont distincts. Soit H l'image de F1 par φ. Alors L est une extension de Galois de F1 d'après la troisième proposition du paragraphe des propositions déjà démontrées. Donc il existe un élément de H qui ne laisse pas l invariant d'après la deuxième proposition dans le paragraphe des propositions déjà démontrées. En conséquence F2 n'a pas H pour image par φ, et l'application est injective.
La première proposition du théorème montre que φ est surjective.
φ est une bijection, sa réciproque est donc aussi une bijection, ce qui prouve la deuxième proposition du théorème.
Démonstration de la troisième proposition
- L'extension L de K est galoisienne si et seulement si H est un sous-groupe distingué de G. Alors le groupe de Galois de L est isomorphe au groupe quotient G/H.
Démontrons tout d'abord que:
(1) Si F est un sous-corps de L tel que F est une extension de Galois de K, alors le groupe de Galois de H de L sur F est distingué. De plus l'application ψ de G dans H qui à g associe sa restriction à F est un morphisme surjectif et son noyau est égal à H.
Montrons que ψ est bien définie et est un morphisme surjectif.
F est une extension normale de K car F est une extension de Galois, un morphisme de F a donc bien toujours pour image F et l'application ψ est bien définie. ψ est clairement un morphisme, soit h un élément de H, la quatrième proposition du paragraphe des propositions déjà démontrées montre qu'il est possible d'étendre h à L. L'image de cette extension par ψ est bien égal à h, ce qui montre que ψ est surjectif.
Montrons que le noyau de ψ est égal à H et que H est distingué.
Soit g un élément de G. Dire que g est dans le noyau de ψ c'est dire que la restriction de g à F est égale à l'identité, ce qui est la définition d'un membre de H, c’est-à-dire un automorphisme de L qui laisse invariant F. H est le noyau d'un morphisme, il est donc distingué.
Démontrons alors que:
(2) Si H est un sous-groupe distingué de G, alors L est une extension de Galois de K. Si l'on note F le sous-corps L, alors l'application ψ déjà définie est surjective et de noyau H.
Montrons que l'image de F par un élément g de G est égale à F. Soit f un élément de F et h un élément de H. L'objectif est de démontrer que g(f) est un élément de F, c’est-à-dire qu'il est invariant par h. Il faut donc démontrer que h(g(f)) = g(f). Cette égalité s'écrit encore g.h.g est élément de H. Cette égalité est vraie si et seulement si le sous-groupe distingué H ce qui est le cas. L'application ψ est donc un morphisme de G dans un groupe G1 d'automorphismes de F.
Montrons alors de G1 est égal à au groupe des morphismes de F laissant invariant K. Pour montrer l'égalité, le lemme d'Artin montre qu'il suffit de montrer que l'ensemble des éléments de F laissés invariants par G1 est égal à K. Soit f un élément de F tel que quel que soit g élément de G, ψ(g)(f) = f. Alors par construction g(f) = f, cette égalité étant vraie pour tout élément de g, la deuxième proposition du paragraphe des propositions déjà démontrée prouve que f est un élément de K. Nous avons donc démontré l'égalité entre G1 et le groupe des morphismes de F laissant K invariant.
F est donc une extension normale, car tout morphisme de F laissant K invariant a pour image F. La cinquième proposition du paragraphe des propositions déjà démontrées prouve la séparabilité de F. F est donc une extension de Galois. L'application ψ a pour image G1 par définition. Il a été démontré que G1 est égal à au groupe des morphismes de F laissant K invariant, ψ est donc surjective. Son noyau est par définition H.
Conclusion
Les propositions (1) et (2) sont équivalentes à la troisième proposition du théorème. Et le résultat est démontré.