La découverte
L'île, petite et plane, à l'écart des routes de navigation n'est découverte qu'en 1722 par le navire français « la Diane » commandée par Monsieur de la Feuillée et baptisée « île des Sables » à cause de ses plages de sable blanc qui l'entourent complètement. L'île est décrite comme une "île plate de 700 toises sur 300 environ"
Les naufragés de Tromelin
L'île a aussi connu un épisode tragique surnommé les naufragés de Tromelin. Le 31 novembre 1761, L'Utile, une flûte, navire négrier de la Compagnie française des Indes orientales commandée par le capitaine La Fargue fait naufrage sur les récifs de l'îlot. Le bateau parti de l'île de France (actuelle île Maurice) avec 120 hommes d'équipage était allé chercher un nombre inconnu de Malgaches à Foulpointe sur la côte orientale de Madagascar pour les emmener en esclavage à Maurice. Une erreur de navigation fit échouer le navire sur les récifs de Tromelin. Lors du naufrage, l'équipage et une soixantaine de Malgaches arrivent à rejoindre l'île mais les autres Malgaches, enfermés dans les cales, périrent noyés. L'équipage récupère différents équipements, vivres ainsi que du bois de l'épave. Ils creusent alors un puit, permettant d'obtenir de l'eau juste potable et se nourrissent des vivres récupérées, d'oiseaux et de tortues. Le capitaine du navire fait construire 2 campements sommaires, un pour l'équipage et un autre pour les esclaves, une forge et avec le bois de l'épave, débute la construction d'une embarcation. 2 mois après le naufrage, l'équipage de 122 hommes y prend place difficilement mais laisse les Malgaches sur l'île avec quelques vivres, le capitaine promettant de revenir les chercher. Promesse qui ne sera jamais tenue. Les marins atteignent rapidement Madagascar puis embarquent sur un navire pour l'île de France (actuelle île Maurice) et signalent les naufragés. Mais le gouverneur, furieux que La Fargue ait désobéi à ses ordres de ne pas importer des esclaves à Maurice (il craignait un blocus de l'île par les Anglais et donc d'avoir des bouches à nourrir supplémentaires), refuse de secourir les naufragés encore sur l'îlot. La nouvelle de cet abandon arrivera à Paris et agitera un temps le milieu intellectuel de la capitale avant que les naufragés ne soient oubliés avec le début de la guerre de sept ans et la faillite de la Compagnie des Indes. En 1773, un navire passant à proximité de l'île les repère et les signale de nouveau aux autorités de l'île de France. Un bateau est envoyé mais ce premier sauvetage échoue, le navire n'arrivant pas à s'approcher de l'île. Un second navire, La sauterelle un an plus tard ne connait pas plus de réussite. Il met une chaloupe à la mer, un marin réussit à rejoindre les naufragés à la nage mais il doit être abandonné par ses camarades qui ne peuvent atterrir à cause de l'état de la mer et le navire doit quitter les parages de l'île. Ce marin fait alors construire un radeau sur lequel il embarque avec les 3 seuls hommes rescapés et 3 femmes mais le radeau disparaitra en mer. Ce n'est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine récupérera les 8 esclaves survivants : 7 femmes et un enfant de huit mois. En arrivant sur place le chevalier de Tromelin avait découvert que les survivants étaient vêtus d'habits en plumes tressées et qu'ils avaient réussi pendant toutes ces années à maintenir un feu allumé alors que l'île ne possédait pas d'arbre. Les survivants ont été recueillis par le gouverneur Français de l'île Maurice qui les affranchit et décida de baptiser l'enfant ... Moïse. Le chevalier de Tromelin fut le premier à décrire cet îlot qui porte désormais son nom.
En octobre 2006, une expédition archéologique "Esclaves oubliés" menée par Max Guérout, du Groupe de recherche en archéologie navale et placé sous le patronage de l’UNESCO a été envoyée sur l'île. Ils espèrent retrouver les traces du campement, les sépultures pour connaître les rites funéraires et l'épave de l'Utile.
De 1830 à nos jours
Par la suite l'îlot connut d'autres naufrages. En 1830, le capitaine Laplace reçut mission pour reconnaître l'île et s'assurer qu'il n'y avait pas de naufragés. Ne pouvant y aborder, il se contenta d'en faire le tour, notant la présence de cabanes abandonnées. Il calcula aussi la position de l'île : 15° 38' Sud, et 52° 11' Est. Cette position, ne fut rectifiée qu'en 1955 par le révérend père Cattala qui travaillait pour l'Observatoire de Tananarive : 15° 53' Sud et 54° 31' Est. En 1947, l'île commenca à intéresser les autorités françaises à des fins météorologiques pour la surveillance des cyclones. La Marine nationale française organise 2 expéditions en 1953. La Direction de la météorologie nationale française, suivant une demande de l'Organisation météorologique mondiale installa le 7 mai 1954 une station météorologique permanente. L'île était toujours aussi difficle d'accès et lors des débarquements depuis le baliseur "Marius Moutet" de la mission française en avril et mai 1954, une partie du chargement tomba à la mer. Depuis 1954, une présence humaine est assurée sur l'île avec ces seuls météorologistes.
En 1960, la France place Tromelin comme les îles Éparses sous l'autorité du ministère des DOM-TOM.