Vol 714 pour Sydney

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Introduction

Vol 714 pour Sydney
22 album de la série Les Aventures de Tintin
AuteurHergé
Genre(s)Franco-Belge

Aventure
Personnages principauxTintin

Milou

Capitaine Haddock

Tryphon Tournesol

Roberto Rastapopoulos
Lieu de l’actionIndonésie Indonésie

Océanie
ÉditeurCasterman
Première publication1968
Nb. de pages62
PrépublicationLe Journal de Tintin
link=Les Bijoux de la Castafiore

Les Bijoux de la Castafiore
Tintin et les Picaros

link=Tintin et les Picaros

Vol 714 pour Sydney (Les Aventures de Tintin : Vol 714 pour Sydney, Hergé, 1968) est le 22e album de bande dessinée de la série Les Aventures de Tintin et Milou.

Synopsis

En route pour un congrès d'astronautique à Sydney, Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol retrouvent, lors d'une escale à Jakarta, Szut, un pilote qu'ils ont rencontrés dans Coke en Stock. Celui-ci leur présente son patron Laszlo Carreidas, un constructeur d'avion milliardaire (mais ayant également des intérêts dans d'autres secteurs : pétrole, électronique, coca, etc...), visiblement inspiré d'Howard Hughes, qui se rend comme eux à Sydney. Il leur propose de les y amener à bord de son tout nouveau jet. Cependant, l'avion est détourné par des hommes armés, infiltrés dans l'entourage du milliardaire : Spalding, le secrétaire de Carreidas ; Paolo Colombani, le co-pilote de Szut et Hans Boehm, le radio. Ces derniers obligent l'avion à atterrir sur une île indonésienne...

Carreidas y est attendu de pied ferme par Rastapopoulos (qui s'était fait passer pour mort à la fin de Coke en stock) et Allan Thompson, son bras-droit. Rastapopoulos désire obtenir l'accès au compte suisse du richissime industriel, et n'hésite pas à utiliser un « sérum de vérité » administré par le Docteur Krollspell. Les héros réussissent cependant à s'échapper et libèrent Carreidas. Ils se réfugient alors dans un temple où ils rencontrent Mik Ezdanitoff, un « initié » ayant les traits de Jacques Bergier qui leur apprend la vraie nature du temple : un endroit visité par les extra-terrestres depuis des millénaires. Rastapopoulos, en voulant forcer l'entrée du temple, provoque l'éruption du volcan. Finalement, tous sont sauvés par une « soucoupe volante ». Mais ils subissent un effacement de leurs souvenirs pour ne jamais révéler l'existence des extra-terrestres. Quant à Rastapopoulos, Allan et leurs complices, ils sont emmenés par Ezdanitoff dans un endroit inconnu, sauf pour le Docteur Krollspell, qui est retrouvé complètement amnésique...

Contexte

Avec Objectif Lune, On a marché sur la Lune, L'Affaire Tournesol et L'Étoile mystérieuse, Vol 714 pour Sydney est l'un des albums de Tintin qui relève de la science-fiction. C'est sans doute celui qui va le plus loin dans le genre (les deux albums lunaires sont davantage proches de la prospective ou de l'anticipation traditionnelle ; L'Affaire Tournesol entre presque dans le genre des romans d'espionnage).

Après l'intermède des Bijoux de la Castafiore, Hergé renoue avec une aventure classique avec en toile de fond un îlot volcanique au bout du monde. Il décide de faire intervenir des éléments surnaturels qui se combinent au vieux thème de la civilisation perdue. Le climat y est particulièrement angoissant. L'histoire est enrichie par deux personnages secondaires : Mik Ezdanitoff et Laszlo Carreidas.

Le Carreidas 160

Le Carreidas 160 est un avion d'affaires supersonique occupant près du tiers des planches de l'album.

L'appareil fut conçu par Roger Leloup, à l'époque collaborateur aux Studios Hergé et futur créateur du personnage de Yoko Tsuno. Plusieurs avions ont servi de modèle pour sa conception :

  • La voilure à géométrie variable semble directement tirée de celle du F-111 ou du MiG-23, deux appareils datant de l'époque de parution de Vol 714.
  • Le train d'atterrissage est particulièrement semblable à celui des avions de transport à réaction de Tupolev comme le Tu-134.
  • La formule triréacteur rappelle celle d'autres petits avions de transport à réaction comme le Yakovlev Yak-40 ou le Falcon 50 de Dassault Aviation (qui ne fit apparition que 8 ans plus tard).
  • Les réacteurs à postcombustion se retrouvent sur des avions supersoniques commerciaux comme le Concorde ou le Tupolev Tu-144.
  • La géométrie des entrées d'air des réacteurs est pratiquement identique à celle du Rockwell B-1 Lancer, en développement à l'époque. Étrangement, le B-1 est doté d'ailes à géométrie variable très semblables à celles du C-160.
  • L'empennage en T, autrefois assez commun pour certains avions supersoniques comme le Lockheed F-104 Starfighter ou le McDonnell F-101 Voodoo, rappelle particulièrement celui du Vickers VC-10 (parmi tant d'autres).

Plusieurs projets d'avions d'affaires supersoniques ont fait surface depuis quelques années et certains d'entre eux, comme le Sukhoi-Gulfstream S-21, sont des triréacteurs. Certains concepteurs en aéronautique ont d'ailleurs fait remarquer à quel point la conception du Carreidas 160 est soignée et réaliste. Des modèles radiocommandés fidèles de l'appareil ont mêmes été fabriqués par des modélistes aériens et se sont avérés remarquablement maniables et dociles en vol.

Un dessin de Roger Leloup du Carreidas 160 en vue éclatée a été publié dans le journal Tintin en 1967.

Anecdotes

  • Malgré de très nombreuses demandes de ses admirateurs, Hergé s'est longtemps refusé à représenter l'un d'eux dans une aventure de Tintin. Vol 714 pour Sydney fait exception à cette règle. En effet, Hergé, ému par une lettre d'un lecteur, a accepté de le représenter sous les traits du journaliste qui interroge Tintin et ses compagnons à la fin de l'album.

  • Pour composer le personnage de Lazlo Carreidas, Hergé s'est librement inspiré de l'industriel Marcel Dassault, ainsi que du riche homme d'affaires et aviateur Howard Hughes quant à l'obsession hygiénique et le dédain dont il fait preuve en rencontrant le capitaine Haddock, tout en s'inspirant du nom d'un ancien président mexicain Lázaro Cárdenas del Río.

  • Bob de Moor nous dévoile l'aspect réel des habitants de la soucoupe volante dans le livre de Philippe Goddin L'Aventure du Journal Tintin, 40 ans de bandes dessinées, aux éd. du Lombard, en 1986, à la toute dernière planche (n°60) d'un Récit Spatio-Temporel illustré par l'ensemble des dessinateurs du journal, ou Les Aventures Mystérieuses et Rocambolesques de l'Agent Spatial, paru la même année dans Le Journal de Tintin n°23. L'aspect détaillé de cette soucoupe est également présent dans la série animée de 1992.

  • Parmi les titres envisagés par Hergé pour cette aventure figurent : Pas d'os pour Milou, Les voyages forment le capitaine, As-tu rêvé, Tintin?, Tintin et les Titans, Tintin et les gens d'ailleurs, Tintin à la frontière du monde, Venus de Vénus ?.

  • Cet album marque la dernière confrontation entre Tintin et Rastapopoulos, du moins dans la série officielle. En effet, il semble que ce dernier fasse un ultime retour dans l'album inachevé Tintin et l'Alph-Art. En outre, Tintin l'affronte à nouveau dans le film Tintin et le Lac aux requins.

Série animée

Cet album fut adapté dans la série animée de 1992.