En botanique, un phyllode est un pétiole transformé qui a pris l'apparence d'une feuille alors que le limbe foliaire lui-même ne s'est pas développé.
Ce terme a été défini, sous la forme latine phyllodium, en 1813, par Candolle.
Les phyllodes ont une forme aplatie et plus ou moins allongée. Ils assurent les mêmes fonctions que des feuilles.
Ce type de modification apparaît dans diverses familles de plantes.
Pour certaines espèces, la plante ne présente plus de vraies feuilles à aucun stade de son développement. Pour d'autres, au contraire, les phyllodes succèdent aux feuilles ou les remplacent dans certaines parties de la plante. Des formes intermédiaires de transition sont alors possibles. Lorsque phyllodes et feuilles peuvent ainsi coexister, la phyllodisation est le mécanisme de certains types d'hétérophyllie.
Chez les Fabaceae, la formation de phyllodes est répandue parmi les gesses (genre Lathyrus) ou parmi les acacias (genre Acacia), notamment australiens. Les phyllodes des acacias semblent constituer, d'autant plus qu'ils se développent dans un plan vertical, une réponse adaptative à des conditions climatiques agressives ; selon diverses études comparatives les phyllodes résistent mieux que les feuilles aux sécheresses et aux fortes insolations ainsi qu'au froid. En revanche les feuilles qui persistent au stade juvénile ont une photosynthèse plus performante et permettent aux jeunes plants d'acquérir rapidement un certain développement.
Chez les Apiaceae, ou Ombellifères, qui sont habituellement caractérisées par des feuilles très découpées, les buplèvres (genre Bupleurum) font exception avec des organes foliaires simples qui sont aussi considérés par certains auteurs comme des phyllodes.
Chez les plantes carnivores, comme les espèces des genres Nepenthes ou Sarracenia, les phyllodes désignent les organes à l'allure de feuille dont l'extrémité n'a pas développé de piège en forme d'urne. Ces phyllodes sont effectivement aussi des pétioles transformés et ils n'assurent aucun rôle dans la capture des proies. On constate l'apparition de phyllodes lorsque la plante est trop à l'ombre, lorsqu'elle a attrapé trop de proies, ou tout simplement lorsque la plante sort de la saison hivernale.
Selon la botaniste Agnes Arber (1879-1960), les "feuilles" de la plupart des monocotylédones, caractérisées par leur forme allongée, leur nervation parallèle et leur insertion directe seraient en fait aussi des phyllodes.
Lorsque ce sont des rameaux qui se transforment et prennent l'allure de feuilles ou en assurent la fonction, il ne s'agit pas de phyllodes mais de cladodes.