Serge Dassault

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Introduction

Serge Dassault
Serge Dassault crop.jpg
Mandat(s)
Sénateur de l'Essonne
Actuellement en fonction
Depuis le 1 octobre 2004
Élection26 septembre 2004
Maire de Corbeil-Essonnes
juin 1995 - juin 2009
Élection18 juin 1995
Réélection(s)11 mars 2001

16 mars 2008
Prédécesseur(s)Marie-Anne Lesage
Successeur(s)Jean-Pierre Bechter
Biographie
Nom de naissanceSerge Bloch
Date de naissance4 avril 1925 (1925-04-04)
Lieu de naissanceDrapeau de la France Paris, France
NationalitéFrançaise
Parti(s) politique(s)UMP
Diplômé(e) deÉcole polytechnique

SUPAERO
ProfessionChef d'entreprise
Blason ville fr Corbeil-Essonnes2 (Essonne).svg

Serge Dassault, né Serge Bloch le 4 avril 1925 à Paris, est un chef d'entreprise et homme politique français, sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes.

En 2010, selon le magazine Forbes, il est le 89 homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à plus de 7,6 milliards de dollars.

Biographie

Origines et études

Alors qu'ils s'appelaient Bloch (nom d'origine juive, sera converti au catholicisme en 1950 sous le nom de Dassault ), ses parents, son frère et lui furent arrêtés par la Gestapo puis internés à Montluc et ensuite à Drancy. Son père, Marcel Dassault, est déporté à Buchenwald en août 1944, pour avoir refusé d'apporter aux nazis son savoir-faire aéronautique. Les Dassault sont sauvés huit mois plus tard par Marcel Paul, membre du Parti communiste, et Albert Baudet.

Serge Dassault effectue ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Saint-Louis, et intègre l'École polytechnique en 1946. Par la suite, il entre à l'École nationale supérieure de l'aéronautique et de l'espace, d'où il sort diplômé (promotion 1951).

Carrière industrielle

À peine sorti de SUPAERO, il entre à Générale Aéronautique Marcel Dassault comme ingénieur au bureau d'études des avions de série. En 1955, il est nommé directeur des essais en vol (premier vol du Mirage I) et six ans plus tard, il est nommé directeur de l'exportation et lance le Mystère 20 à l'exposition de la National Business Aviation Association à Pittsburg, en 1962.

Après avoir exercé plusieurs fonctions de direction dans le groupe, il est nommé, en 1987, président-directeur général de Dassault Industries, devenue depuis, le Groupe Dassault. En 2000, il devient président d'honneur de Dassault Aviation.

Patron de presse

Serge Dassault suit l'exemple de son père, éditeur en son temps de Jours de France.

Le 8 juillet 2004, il devient président de la Socpresse, groupe de presse publiant Le Figaro, ainsi que les magazines du groupe Express-Roularta, qui ont depuis changé de propriétaire. À ce titre, il devient l'actionnaire principal du Football Club de Nantes jusqu'à l'été 2007, et la relégation du club en Ligue 2 ; il revend alors le club à l'homme d'affaires franco-polonais Waldemar Kita pour une somme estimée entre 8 et 10 millions d'euros.

Carrière politique

1974 - 1983 : débuts

Issu d'une famille proche de celle de Jacques Chirac, il adhère au Centre national des indépendants et paysans, en janvier 1974. Il se présente pour la première fois aux élections municipales de 1977 à Corbeil-Essonnes, où il affronte le député-maire sortant, Roger Combrisson. Dans cette ville communiste de longue date, ce dernier est confortablement réélu dès le premier tour de scrutin. Malgré cet échec, Serge Dassault décide de briguer les suffrages des électeurs lors des élections législatives de 1978, mais il est battu d'une courte tête par Combrisson. De nouveau candidat en 1981, il essuie un nouvel échec, puisque le socialiste Michel Berson est élu député de la 1 circonscription de l'Essonne.

1983 - 1995 : premiers mandats locaux

Il décroche son premier mandat à l'occasion des élections municipales de 1983, où la liste de droite qu'il conduit obtient 47 % des voix et neuf sièges au conseil municipal de Corbeil-Essonnes. Ayant tenté sans succès de conquérir un siège de conseiller général en 1985 et de député en 1986, il est néanmoins élu conseiller régional grâce au scrutin proportionnel, le 16 mars 1986. Le mois suivant, Dassault rejoint les rangs du RPR, et annonce la mise en sommeil de son « Parti libéral ».

En 1988, il remporte de justesse les élections cantonales dans le canton de Corbeil-Essonnes-Est, face à la candidate communiste sortante. Aussi, il décide de briguer une troisième fois la mairie de Corbeil-Essonnes. Après une campagne active, il subit une nouvelle défaite, plus sévère, et démissionne de son mandat de conseiller municipal. Après avoir envisagé de se retirer de la vie politique, il est réélu au conseil régional d'Île-de-France en 1992 et au conseil général en 1994.

Depuis 1995 : maire de Corbeil-Essonnes, sénateur

L'hôtel de ville de Corbeil-Essonnes.

Dix-huit ans après sa première candidature, Serge Dassault est de nouveau en lice, lors des élections municipales de 1995, cette fois-ci à la tête d'une liste d'union de la droite allant du CNI à Génération écologie. Avec plus de 55 % des voix, sa liste l'emporte et Serge Dassault est élu maire de Corbeil-Essonnes ; il abandonne alors son mandat au conseil régional d'Île-de-France. Durant son premier mandat municipal, il lance de grands projets immobiliers, tels que la construction de 400 logements en bord de Seine. Il est réélu à la tête de la mairie le 11 mars 2001, dès le premier tour de scrutin. Candidat aux élections législatives de 2002 dans la 1 circonscription de l'Essonne, il est battu par le socialiste Manuel Valls qui recueille 52,97 % des suffrages.

En 2004, il décide de briguer un mandat sénatorial sous l'étiquette UMP : malgré la dispersion des voix de droite, il parvient à conquérir son premier mandat national, le 26 septembre 2004, à 79 ans. Trois mois plus tard, le Conseil constitutionnel, saisi par le bureau du Sénat, juge sa nouvelle fonction compatible avec la direction de Dassault Aviation. Après son élection, il démissionne de ses fonctions de conseiller général.

Reconduit dans ses fonctions de maire en mars 2008, la réélection de Serge Dassault est remise en cause par l'opposition, qui argue du fait que certains habitants auraient reçu des sommes d'argent de la part de la municipalité sortante, en échange de leurs votes.

Après les élections sénatoriales de 2008, où Paulette Brisepierre ne se représentait pas, Serge Dassault devient le doyen d'âge du Sénat, à 83 ans. À ce titre, il préside la séance d'élection du président, le 1 octobre 2008.

Le 8 juin 2009, le Conseil d'État invalide le scrutin municipal à Corbeil-Essonnes, pour irrégularités des comptes de campagne des deux listes menées par Serge Dassault et son adversaire communiste, et prononce une inéligibilité d'un an au mandat municipal à leur encontre. Saisi de deux recours de Serge Dassault, l'un en révision de la décision, l'autre en rectification d'erreur matérielle, le Conseil d'État confirme sa décision le 7 septembre 2009. Le 4 octobre suivant, Jean-Pierre Bechter, candidat UMP, remporte l'élection municipale partielle de Corbeil-Essonnes, et précise que Serge Dassault continuera à tenir un rôle prépondérant dans la gestion dans la ville, déclarant : « Il fera tout et je ferai le reste ».

Lors de l'été 2010, il annonce qu'il va déposer au Sénat une proposition de loi visant à rendre la majorité pénale applicable dès l'âge de 16 ans et non plus 18, estimant qu'« aujourd'hui, ce sont les jeunes de 16 à 18 ans qui commettent le plus d'agressions sachant être protégés par la loi ».

Situation familiale

Marié le 5 juillet 1950 à Nicole Raffel, ils ont quatre enfants : Olivier, député de l'Oise ; Laurent, chargé des investissements du groupe Dassault dans le domaine de la viticulture et président du Conseil d'Artcurial ; Thierry, spécialisé dans l'intelligence économique ; Marie-Hélène, responsable de la communication et du mécénat.

Polémiques

Serge Dassault à l'université d'été du Mouvement des entreprises de France.

Après trois jours de vente, Serge Dassault obtient la saisie du premier numéro de Marianne, qui le dénonçait comme « l'empereur tricolore de la corruption ».

En 1998, il est condamné, en Belgique, à deux ans de prison avec sursis pour corruption dans le cadre de l'affaire Agusta. La même année, pour avoir voté contre le Pacte civil de solidarité, il est catalogué par le site d'information IBnews « député anti-gays ».

Serge Dassault a expliqué, en 2004, que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ». « J'espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche ! » avait ainsi lancé Serge Dassault, nouveau patron de la Socpresse (70 titres), à des responsables du Centre de formation des journalistes.

Il refuse que son journal publie, en août 2004, un entretien avec Andrew Wang, dans le cadre de l'Affaire des frégates de Taïwan (l'entretien est finalement publié dans le magazine Le Point du 9 septembre 2004). À la suite de ses propos sur la subordination du journal à son propriétaire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rédaction. En octobre 2008, le journal Le Monde rapporte des témoignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercée par Serge Dassault sur la rédaction.

Le 19 juin 2008, Serge Dassault déclenche une nouvelle polémique en déclarant qu'il juge « anormal » d'aider les chômeurs, « des gens qui ne veulent pas travailler ». Dans une émission diffusée sur i>Télé, en juillet 2008, il fait part de son admiration pour l'organisation chinoise du travail, se désole de l'existence des grèves et des syndicats et soutient une plus grande flexibilité pour les entreprises.

Décorations

  • Médaille de l'Aéronautique
  • Commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur (1992)
  • Grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur (2004)