Bonobo

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Introduction

Bonobo
Bonobo (Pan paniscus)
Classification
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embr.Vertebrata
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdrePrimates
Sous-ordreHaplorrhini
Infra-ordreSimiiformes
Super-familleHominoidea
FamilleHominidae
Sous-familleHomininae
GenrePan
Nom binominal
Pan paniscus

Schwarz, 1929
Répartition géographique
Bonobo distribution.PNG
Statut de conservation IUCN :

EN A2cd : En danger

Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.
Classification phylogénétique

Position :


  • Haplorhiniens
  • Simiiformes
  • Catarhiniens
  • Cercopithécoïdés
  • Hominoïdés
  • Hylobatidés
  • Hominidés
  • Ponginés
  • Homininés
  • Gorillins
  • Hominins
  • Panines
  • Hominines
  • Ardipithèques †
  • Australopithèques †
  • Paranthropus
  • Homo

Le bonobo (Pan paniscus), mot découlant de la déformation du nom de la ville de Bolobo (République démocratique du Congo), est une espèce de paninés (genre Pan), membres de la famille des hominidés et de l'ordre des primates. On l'appelle aussi chimpanzé nain. Il se distingue notamment du chimpanzé commun par une face foncée plutôt que claire.

Habitat

Les bonobos vivent en groupes qui peuvent compter jusqu'à une centaine d'individus dans les forêts tropicales de la République démocratique du Congo entre le fleuve Congo et la rivière Kasaï.

Régime alimentaire

Essentiellement végétarien, le bonobo se nourrit de fruits mûrs, de plantes. il consomme aussi tout comme le chimpanzé des petits mammifères (écureuil). Certaines observations rapportent également des cas de cannibalisme à l'intérieur de leur propre groupe..

Intelligence

Sa bipédie plus fréquente lui donne une apparence plus proche de l'être humain que le chimpanzé commun. En pratique, le bonobo se tient deux fois plus souvent sur ses jambes que le chimpanzé. En revanche, les études sur l'intelligence, laissent le bonobo loin derrière le chimpanzé. Tous les tests d'intelligence effectués sur les bonobo indiquent, certes une grande capacité à l'imitation, mais totalement dénuée d'effet pratique. De plus, les bonobos font preuve d'une absence remarquable d'inventivité face à une situation nouvelle . Cependant le déficit intellectuel des bonobos est compensé par un comportement social moins agressif que chez les chimpanzés, qui eux-mêmes sont moins agressifs que les humains. Cette sociabilité des bonobos favorise l'élaboration en groupe de tactiques, qui une fois acquises, pourront être répétées indéfiniment par les membres de la communauté. Des chercheurs ont suggéré que le développement intellectuel des bonobos serait freiné par leur sociabilité excessive .
En milieu naturel, ils ont modifié leur comportement pour s'adapter aux attaques des humains, en construisant leurs nids à terre et en réduisant l'intensité de leurs cris d'appels.

Organisation sociale

Chez les bonobos, les relations sexuelles, feintes ou réelles, sont plus souvent utilisées comme mode de résolution des conflits, à côté des mécanismes de domination. Les études suggèrent que les 3/4 des rapports sexuels entre bonobos n'ont pas des fins reproductives, mais sociales, et que presque tous les bonobos sont bisexuels. Des scientifiques ont appelé cette méthode d'accouplement le "sexe convivial" . Ils copulent en moyenne 8 fois 10 secondes par jour.

Par exemple, il est courant qu'un membre du groupe pratique des actes sexuels dans le but de plaire à un autre membre ou pour réduire les tensions sociales (par exemple, un individu subordonné peut utiliser des actes sexuels pour calmer un autre individu plus fort ou plus agressif). Mais si la fréquence des rapports est exceptionnelle dans le règne animal, et supérieure à celle de tous les primates, les accouplements sont rapides et furtifs, sans aucun geste préparatoire, et ne durent en moyenne qu'une quinzaine de secondes. Leur seul tabou sexuel serait l'inceste, bien que les relations sexuelles incluent également les juvéniles.

À côté des pratiques sexuelles variées dont la sexualité orale, le baiser avec la langue et les rapports homosexuels (le primatologue Frans de Waal préfère d'ailleurs parler de "pansexualité", et non pas d'homosexualité, pour insister sur le fait que la sexualité du bonobo est totalement ouverte à toutes les relations, et n'est pas orientée vers un seul sexe, un seul genre), le bonobo serait l'un des seuls à pratiquer, comme l'homme, le coït ventro-ventral (face à face). La femelle met un petit au monde environ tous les cinq ans, comme chez les chimpanzés.

Par ailleurs, l'organisation sociale des bonobos en captivité présente une autre particularité. La paix du groupe est également maintenue par l'existence d'un bouc émissaire (ou pharmakos) . Lorsqu'un groupe de chercheurs a retiré un bonobo blessé et frappé par les autres membres du groupe, une accentuation de la violence et une baisse de la sexualité ont pu être remarquées. A contrario, lorsque ce dernier fut ré-intégré au groupe, la paix du groupe fut ré-instaurée.

Takayoshi Kano, de l'Institut de primatologie de Kyoto, a commencé, en 1973, à étudier les bonobos dans leur milieu. Dans son livre, The Last Ape (Le Dernier Grand Singe), il oppose sans cesse le chimpanzé brutal et jaloux au bonobo pacifique et libertin. Selon lui, la société humaine serait née d'une liberté sexuelle comparable, et non de l'agression, comme le soutient Konrad Lorenz. De même, de Waal parle d'une espèce qui « fait l'amour, pas la guerre » .

En milieu naturel, les males et les femelles cherchent la nourriture ensemble, mais ce sont les femelles qui décident de la répartition, et en échange souvent.
Les orphelins perdent toute influence sur le groupe mais sont toujours soutenus, ils peuvent continuer à jouer avec les autres jeunes. Si une mère réprimande un orphelin et le blesse, les autres orphelins viennent observer la blessure.
Lors des affrontements de males, les gestes les plus démonstratifs sont les jets de branches et la conclusion comporte presque toujours un simulacre de copulation.

« Mythe du bonobo »

Des études récentes mettent cependant à mal le mythe d'une société pacifique et harmonieuse, où la sexualité débordante des bonobos serait le remède contre la violence en général, et où le fait que la société soit dirigée par les femelles (une rareté chez les singes) renforcerait encore cette non-violence des bonobos. Si la société des bonobos fonctionne sur un mode matriarcal, cette société n'est pas pour autant exempte de conflits. Les agressions infligent généralement des blessures au niveau des doigts ou des orteils, voire des parties génitales, tout comme chez le chimpanzé commun, ce qui est logique : les doigts parce que l'agressé se protège, les orteils parce que l'agressé fuit ; les parties génitales (surtout les testicules des mâles) sont des points stratégiques : si on peut empêcher son adversaire de se reproduire, on lui fait perdre de l'importance dans la hiérarchie du groupe.

Le primatologue allemand Gottfried Hohmann en particulier a remis en cause ce mythe du pacifisme du bonobo, dû selon lui à une étude de l'animal uniquement en captivité. Il était déjà avéré que les bonobos n'étaient pas semblables au mythe qu'on voulait en faire.

Caractéristiques

  • Taille : 0,7m à 1 m ;
  • Masse : 45 kg (mâle), entre 30 et 35 kg (femelle) ;
  • Longévité : 40 ans en nature et jusqu'à 60 ans en captivité;
  • Durée de gestation : 230 à 240 jours.

En voie de disparition

L'espèce est aujourd'hui menacée de disparition à brève échéance à cause de la dégradation de son habitat naturel (déforestation). Depuis la guerre civile de 1996 au Congo, les bonobos sont, en outre, victimes de braconnage de la part des populations locales. Selon le centre Lola ya bonobo de Claudine André à Kinshasa, il resterait aujourd'hui 10 000 bonobos, même si les estimations sont difficiles à établir.
En 2006, leur population est estimée à 15000.

Pour aider à sauver ce primate singulier et menacé, qui vit exclusivement dans les forêts pluviales de la République démocratique du Congo, le gouvernement congolais et l'Initiative de conservation du Bonobo, basée aux États-Unis, ont créé un vaste sanctuaire. La réserve naturelle de Sankuru, avec ses 30 570 km², abrite sans doute plusieurs milliers d'individus, sur une population estimée à 50 000 (les chiffres sont imprécis, une décennie de guerre civile ayant empêché les chercheurs d'accéder à la zone). Afin que cette réserve joue pleinement son rôle, les communautés locales se sont engagées à ne plus chasser les bonobos pour consommer leur viande - c'est la principale menace qui pèse sur l'espèce -, en échange d'une aide au développement. Sankuru constitue le premier maillon d'un futur réseau de réserves baptisé « Forêt de la paix des bonobos ».

Découverte

Le bonobo a été décrit pour la première fois comme sous-espèce ("Pan satyrus paniscus") par l'anatomiste et zoologiste berlinois Ernst Schwarz (1889-1962) en 1929, grâce à une série de crânes conservés au Musée Royal du Congo belge (actuellement Musée royal de l'Afrique centrale), à Tervuren (Belgique). La parution officielle est une description scientifique publiée en allemand : « Das Vorkommen des Schimpansen auf den linken Kongo-Ufer », qui ne compte qu’une quarantaine de lignes, dans la "Revue de Zoologie et de Botanique Africaine" du 1er avril 1929. Elle fournit les mesures d’un seul spécimen. Après la publication de Schwarz, l’Américain Harold Jefferson Coolidge (1904-1985) réalise des études dans les collections de différents musées, ainsi que la dissection complète d’un spécimen (Am.Mus.Nat.Hist. #86857). À l’issue de ce travail minutieux, il publie en 1933 un article de cinquante-sept pages , dans lequel il préconise d'envisager le "chimpanzé pygmée" comme une espèce à part entière ("Pan paniscus") .

Proximité génétique avec l'homme

Les méthodes phylogénétiques ont permis d'établir que le bonobo et le chimpanzé commun sont, tout autant l'un que l'autre, les primates les plus proches de l'homme, nos génotypes étant semblables à près de 99 %. Les ancêtres de l'homme et des chimpanzés auraient divergé il y a environ 6 millions d'années, le bonobo et le chimpanzé commun il y a environ 2 millions d'années. L'homme est également plus proche des deux espèces de chimpanzé que ne l'est tout autre primate, comme le gorille dont la divergence remonte à environ 8 millions d'années. Notamment à cause de cette ressemblance extrême, certains auteurs, minoritaires, proposent même de classer chimpanzés et bonobos dans le genre Homo (cf. Wildman et al., 2003), qu'ils appellent ainsi respectivement Homo troglodytes et Homo paniscus.
Ils ont une séquence génétique liée à la faculté de comportement social, comme les hommes et à la différence des chimpanzés.