Le squelette d'un hominidé âgé de 3,8 à 4 millions d'années vient d'être découvert en Éthiopie. Cela fait de ce dernier le plus ancien connu si l'on exclut Orrorin tugenensis et/ou "Toumaï". Cette découverte a été annoncée par l'équipe du paléontologue américain Bruce Latimer.
Le lieu de la découverte est à 60 km de celui où avait été trouvé en 1974 la célèbre Lucy, dans le nord-est éthiopien. Ce lieu a été inondé il y a 7 millions d'années, devenant la Mer d'Afar. On a retrouvé avec Lucy des fossiles de crocodiles, de tortues de mer, et de pinces de crabes, le tout au bord d'une plaine inondable près de ce qui à l'époque était la côte d'Afrique. Les habitants se seraient retrouvés soudainement dans des environnements semi-aquatiques variés: forêts inondées, marais, mangroves, lagons, ...
Plus tard leurs descendants, ayant acquis des caractéristiques adaptées à la vie aquatique, seraient retournés sur le continent et auraient remonté le Nil vers le sud. On a trouvé plus au sud des fossiles d'autres Australopithèques, plus récents et presque toujours près de milieux aquatiques.
D'un autre côté, Richmond et Détroit affirment prouver que Lucy était encore quadrupède:
"Ici nous apportons la preuve que des fossiles attribués à Australopithecus anamensis (KNM-ER 20419) et Australopithecus afarensis (AL-288-1 ou Lucy) conservent une morphologie spécialisée du poignet associée à une forme de quadrupédie. La morphologie distale du radius diffère de celle des derniers hominiens et des primates anthropoïdes non "quadrupèdes", suggérant que la quadrupédie avec appui sur les jointures est une particularité dérivée des grands singes Africains et du clade humain. Ceci enlève les arguments morphologiques pour l'existence d'un clade chimpanzés-gorille, et suggère que des hominiens bipèdes se sont développés à partir d'un ancêtre marchant "à quatre pattes" et qui était déjà en partie terrestre." (B. G. Richmond et D. S. Détroit, "Une preuve que l'homme provient d'un ancêtre "quadrupède", citation) .
Dans le même journal ayant publié cet article, Collard & Aiello (2000) discutent ces résultats. Le dilemme est le suivant:
- A. afarensis aurait pu avoir des vestiges de marche sur les jointures (des membres antérieurs) tout en étant déjà devenu bipède. Mais des recherches récentes ont montré qu'on ne pouvait pas accorder autant de crédit qu'on le pensait aux inférences philogénétiques tirées des fossiles. D'autres rappelent que les os sont relativement plastiques au cours d'une vie. On ne s'explique pas non plus que Australopithecus africanus, un descendant possible de Australopithecus afarensis, ait perdu ce trait si celui-ci était philogénétique. Il semble donc bien que Lucy marchait sur les jointures.
Pourtant elle montre aussi la déformation du radius impliquée par la bipédie, ainsi que d'autres traits dans le même sens.