Le castrum d'Andone à livré un exceptionnel mobilier (plus de 400 000 pièces dont 116 000 ont fait l'objet d'une étude systématique). Sa richesse permet de mieux connaitre la vie quotidienne d'un groupe aristocratique au X siècle.
Les occupants d'Andone sont avant tout des cavaliers. Des milliers de pièces témoignent du développement récent du ferrage des équidés (chevaux, mules, ânes). Ces fers témoignent à la fois de la compétence technique des maréchaux-ferrants et de bonnes connaissances vétérinaires (présence des plus anciens fers orthopédiques connus en Occident).
Le coût et l'importance symbolique des armes de guerre explique leur absence dans les dépotoirs du castrum. Seules quelques écailles d'armures à plaques (broignes) témoignent de cette catégorie de mobilier. L'armement de chasse est au contraire abondant : il comprend des épieux, de l'armement de trait (arc, mais également arbalète, qui apparaît à cette époque) et de lourdes trompes d'appel en terre cuite. L'existence de rapaces dressés et d'une meute de chiens vient compléter cette évocation. Les animaux sauvages représentent près de 4% de la faune découverte dans le site. Le cerf constitue le gibier principal, suivi du lièvre et du sanglier. Des espèces oiseaux très variées sont également chassées.
Les animaux d'élevage constituaient pourtant l'essentiel de l'alimentation carnée mais la faune domestique présente des caractères spécifiques aux habitats aristocratiques : abondance du porc, présence d'un fort pourcentage d'animaux consommés jeunes, élevage d'animaux de prestige comme le paon. Ces animaux et de nombreux autres indices montrent que le site d'Andone est également le centre d'un domaine rural, implanté dans un paysage ouvert et majoritairement cultivé. La vaisselle de cuisine est très répétitive (pots et cruches) mais elle présente aussi quelques types de récipients absents des habitats ruraux contemporains. Des mortiers destinés à la préparation des épices, des vases glaçurés probablement adaptés aux sauces et une abondante série de verres à boire témoignent d'une cuisine plus élaborée. Le reste du vaissellier, en bois ou en métal, n'a pas été retrouvé.
Les meubles étaient majoritairement des coffres et des coffrets. Les foyers sont presque dépourvues d'aménagements (mais des cheminées ont pu exister à l'étage de la résidence). L'éclairage était complété par des lampes à suif en terre cuite et en pierre. Même si les déchets étaient enterrés dans la cour et recouverts par des couches d'argile, l'hygiène du site paraît fort médiocre, comme en témoignent de nombreux restes de rat noir ou des couches constituées de jonchées étalées dans les pièces.
Le bâtiment résidentiel et ses abords immédiats ont livré une petite série de pièces d'échecs - qui constituent l'une des plus anciennes attestations occidentales de ce jeu originaire d'Extrême-Orient - et de nombreux pions de jeu de table (proche de l'actuel backgammon). Jusqu'au XII siècle, ces jeux de société demeurent l'apanage de l'aristocratie.