Grèce
Il existe déjà une cavalerie (peu efficace) en Grèce classique, le terrain caillouteux de la Grèce continentale étant aussi impraticable aux chars légers qu’aux chevaux non-ferrés (sur de longues distances parcourues journellement, les sabots sont usés ou blessés par les cailloux, et jusqu’à l’invention du fer, il arrivait souvent qu’une part non-négligeable des chevaux clopinent en arrivant sur le champ de bataille). Cependant, le char conserve un statut prestigieux, notamment à travers la poésie épique, et reste utilisé lors de courses de chars pour les Jeux Olympiques ou les Jeux Panathénaïques.
Les chars grecs sont conçus pour être tirés par deux chevaux placés de chaque côté d’un timon. Quelquefois, deux chevaux sont ajoutés, attachés de chaque côté de la paire principale, par une simple barre montée à l’avant du char. Les pieds de l’automédon (conducteur du char), qui est assis, sont posés sur une planche montée à l’avant du char, très près des jambes des chevaux. Le bige n’est qu’un simple siège posé sur l’essieu, avec une barre de chaque côté du conducteur afin de le garantir des roues.
La nacelle du char continue d’être posée directement sur l’essieu. Il n’y a aucune suspension, ce qui en fait un moyen de transport pour le moins inconfortable. À l’avant et sur les côtés, un garde-corps semi-circulaire d’environ un mètre de haut protège éventuellement d’une attaque ennemie. L’arrière est ouvert, permettant de monter et de descendre facilement du char. Sauf sur les chars de course, il n’y a pas de siège, et juste assez de place pour le conducteur et un (ou une) passagère.
Le timon est probablement fixé au milieu de l’essieu. Au bout du timon se trouve le joug, qui consiste en deux harnachements légers étranglant les chevaux, et attaché par de larges lanières autour du torse du cheval. Le harnachement est complété par une bride et une paire de rênes, identiques à celles utilisées jusqu’au XIX siècle, faites en cuir et parfois ornées de perles, ivoire ou métal. Les rênes passent par des anneaux fixés sur les bandes du collier du cheval, et sont assez longues pour que l’automédon puisse les enrouler autour de son corps et ainsi se défendre.
Les roues comme la nacelle sont souvent en bois, renforcées de fer ou de bronze. Elles ont quatre ou huit rayons et sont équipées de jantes en fer ou en bronze.
Ce modèle de char est courant dans tout le bassin méditerranéen à l’époque, les principales différences résidant dans les méthodes de fixation.
Rome antique
Les Romains ont probablement connu le char par l’intermédiaire des Étrusques, qui l’avaient eux-mêmes importé de Grèce ou de Gaule. Les Romains sont cependant influencés directement par les Grecs, notamment après la conquête de la Grèce continentale (146 av. J.-C.). Sous l’Empire, les chars ne sont pas utilisés au combat. Ils sont réservés aux parades et aux courses, principalement au Circus Maximus. La piste était assez large pour faire courir 12 chars de front, les deux côtés de la piste séparés par la spina. La popularité des courses de char reste grande jusqu’à l’Empire byzantin, qui les pratique sur l’hippodrome de Constantinople, alors que les Jeux Olympiques ont été interrompus en 396. Elles ne déclinent qu’après la sédition Nika, au VI siècle.
Les Romains n’ont à affronter qu’occasionnellement des armées utilisant des chars : les révoltes celtes (voir plus haut), et, en 86 av. J.-C. à la bataille de Chéronée contre Mithridate du Pont : mais il s’agit là plus probablement d’une manœuvre visant à déstabiliser les légions.