Chiropratique

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Introduction

Description des os du carpe dans un tableau du College of Chiropratic des États-Unis.

Médecine non conventionnelle
Acupuncture • Médecine anthroposophique • Ayurveda • Chiropratique • Herboristerie • Homéopathie • Naturopathie • Osteopathie • Médecine traditionnelle (Chinoise • Tibétaine)

La chiropratique (du grec kheir, main, et praktikos, faire; prononcer kiro-pratique) ou chiropraxie, chiropratie, chiropractie (termes non-officiels selon la WFC) est une profession de Santé qui vise à la prévention, au diagnostic, au traitement des pathologies mécaniques de l’appareil neuro-musculo-squelettique, du rachis, et de leurs effets sur la santé humaine. Les méthodes utilisées sont principalement manuelles.

Définition officielle selon le programme universitaire de chiropratique de l'université du Québec à Trois-Rivières :

« La chiropratique est une profession qui a pour objet le recouvrement et le maintien de la santé humaine ainsi que le diagnostic, le traitement et la prévention de ses déficiences en concentrant son attention sur l'intégrité des systèmes nerveux et musculo-squelettique, en relation avec tous les autres systèmes du corps humain, sains ou malades, en portant une attention particulière à la colonne vertébrale.

Les chiropraticiens sont des professionnels de la santé qui considèrent l'être humain dans sa globalité et qui tiennent compte de ses pouvoirs naturels de récupération. Ils ne recourent pas aux médicaments (ou peu, et uniquement à visée antalgique comme en Suisse) ni à la chirurgie.

A titre de professionnels de la santé de premier contact et à titre de docteurs en chiropratique, ils sont habilités à poser un diagnostic, à déterminer l'indication et la non-indication des traitements chiropratiques, à établir un pronostic et à déterminer la nature et la fréquence des examens et des traitements nécessaires, dans chacun des cas où ils sont appelés à intervenir. »

Histoire

Buste de Bartlett Joshua Palmer

Buste de Marbel Heath Palmer

La chiropratique a été inventée dans les années 1880 par Daniel David Palmer, qui possédait déjà une certaine notoriété de rebouteux et présenta cette méthode comme une expérience religieuse, afin d'échapper au harcèlement judiciaire des médecins et des ostéopathes. La méthode fut déclarée officiellement en 1895 avec la fondation de la Palmer School of Chiropractic.

Son fils, Bartlett Joshua Palmer, colonel de réserve dans la Garde Nationale, a poursuivi son œuvre en la développant et en l'adaptant aux connaissances scientifiques de l'époque, souvent avec le désaccord total de son père. Il fonda la première école de chiropratique près de Chicago en 1902 ; école qui resta ouverte (contrairement à 95% des écoles de médecine), après les conclusions du Rapport Flexner de 1910, puisque conforme à la nouvelle norme moderne des écoles de santé aux États-Unis d'Amérique.

la Fédération Mondiale de Chiropratique (WFC) est membre de l'OMS depuis 1993. La chiropratique est reconnue comme profession de santé complémentaire par le Comité international olympique depuis 1992.

La chiropratique est officiellement la troisième profession de santé aux États-Unis après la médecine générale et la chirurgie dentaire.

Principes généraux

Définition de la Chiropratique (Association Française de Chiropratique AFC et Société Franco-Européenne de Chiropratique SOFEC) : L’art chiropratique consiste en la prévention, le diagnostic, et le traitement des pathologies mécaniques, réelles ou supposées, de l’appareil neuro-musculo-squelettique, en particulier du rachis, et de leurs conséquences. Les thérapeutiques sont conservatrices, principalement manuelles.

La colonne vertébrale et le bassin jouent un rôle fondamental dans la démarche diagnostique et thérapeutique.

Le chiropraticien est un thérapeute de premier contact. Les patients peuvent le consulter directement. Le diplôme de Docteur en Chiropratique (DC) lui confère la possibilité de procéder au diagnostic et au traitement des pathologies et des différentes atteintes qui relèvent de sa compétence. À ce titre, il n'hésitera pas à pratiquer des examens, à vous référer pour avis ou pour traitement complémentaire vers un autre praticien selon les nécessités de l'état de santé du patient.

L’identification des perturbations fonctionnelles de l'unité fonctionnelle vertébrale est obtenue par différents moyens entrecroisés (liste non exhaustive) :

  • L’anamnèse
  • L’imagerie médicale
  • L’analyse de la posture et des déformations
  • La palpation statique des téguments, des muscles et des articulations
  • La palpation dynamique du mouvement
  • Le test musculaire (cotations)
  • Les réflexes ostéo-tendineux
  • L’examen neurologique et orthopédique
  • Les analyses biologiques complémentaires
  • La thermographie infrarouge
  • EMG de surface

Les perturbations fonctionnelles du système locomoteur axial sont appelées « subluxations. » Elles sont localisées en particulier au niveau de la colonne vertébrale et du bassin. Par contre, il y a plusieurs techniques qui existent au niveau des extrémités.

Les interférences nerveuses, conséquences neurologiques de ces subluxations, entraînent des états douloureux ou des perturbations fonctionnelles, voire organiques, qui affectent globalement la vitalité et a fortiori l'état de santé général.

Après avoir identifié les subluxations par une méthode diagnostique spécifique et l'analyse chiropratique, le chiropraticien entreprend alors la correction des subluxations (selon un protocole de soins) au moyen d'ajustements chiropratiques.

L'ajustement chiropratique consiste en l'application, avec la main, d'une pression ponctuelle modérée et non forcée, c’est-à-dire une impulsion précise, non traumatisante et codifiée, sur un segment ostéoarticulaire selon une technique dite HVLA : haute vélocité, faible amplitude. La différence entre l'ajustement chiropratique et d'autres formes de manipulations vertébrales est la très grande spécificité c'est-à-dire que l'impulsion est donné sur un seul segment dans un vecteur donné. On dit alors qu'il s'agit d'une manipulation vertébrale à court bras de levier.

La majorité des chiropraticiens, a également recours à des instruments pour réaliser leur manipulation (Ex de la technique Activator, ou de la technique Petitbon ) ou à des tables de manipulation multi-articulées (Technique Thompson ou Chiropractic Biophysics). Les chiropraticiens pratiquant une technique dite de Flexion/Distraction segmentaire (COX) utilise une table très spécialisée, afin de traiter particulièrement la pathologie discale.

Également, le Docteur en chiropratique utilise souvent des méthodes dites complémentaires comme les ultrasons, la cryothérapie, l'électrothérapie etc.

Dans de nombreux cas, le chiropraticien prescrira des exercices qui aideront à faciliter le retour du patient à ses activités de la vie quotidienne.

La prise en charge du chiropraticien, ne se résume pas qu'à la pathologie vertébrale commune, mais également s'intéresse aux pathologies dites « tissus mou » (ex : Tendinopathie de l'épaule, épicondylite, myoaponévrosite plantaire, etc.).

Aussi, plusieurs chiropraticiens utilisent également des formes de thérapies myofasciales telles qu'Active release technique (A.R.T), Graston technique, points gâchettes ou d'autres formes de massage profond, associées à des exercices de réadaptation.

Il est de la philosophie de la chiropratique d'éduquer son patient à une meilleure hygiène de vie, tant au niveau de son alimentation que de son mode de vie, plus précisément au niveau de ses habitudes de sommeil et d'activité physique. Ainsi, le Docteur en chiropratique s'assure d'avoir un effet global sur la santé de chacun de ses patients.

C'est donc, de par tous ces moyens que le chiropraticien permet d'optimiser la santé de ses patients et de prévenir les troubles neuro-musculo-squelettiques.

Certaines écoles sont spécialisées dans la chiropractie spécifique des cervicales supérieures.

Formation

Palmer College of Chiropratic à Davenport en Iowa.

Les études de chiropratique sont des études supérieures principalement en écoles privées de niveau universitaire, ou dans quelques universités, elles durent 6 années post bac, les élèves sont soumis à des contrôles constants. Ces études sont basées sur une norme officielle internationale rigoureuse (adoptée officiellement par de nombreux pays développés) et sanctionnées par un doctorat en chiropratique mondialement agréé (USA, Canada, Mexique, Australie, Japon, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Israël, Jordanie, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Suisse, Italie, Suède, Norvège, Finlande, Danemark...). Tout chiropraticien possède un diplôme de radiologie (théorique et pratique). Aux USA, le doctorat en chiropratique est officiellement considéré de même niveau académique que le doctorat en médecine.

Au Québec, les étudiants ont accès à un programme universitaire de Doctorat en Chiropratique délivré par l'UQTR. Voici une description tiré du site du programme : « La préparation à l'exercice de la chiropratique comporte trois axes d'apprentissage : une formation fondamentale en sciences biologiques et de la santé (anatomie, physiologie, histologie, sciences biochimiques et physiopathologiques, diagnostics clinique et radiologique, etc.), une formation spécialisée dans tous les aspects de la discipline chiropratique (études théoriques, pratique professionnelle, diagnostic et applications chiropratiques, etc.) et une formation clinique comprenant 1 530 heures de stages et d'internat. Le programme comprend 2382 heures de formation théorique et 2 587 heures de formation pratique. Cette dernière fait appel aux laboratoires suivants : anatomie humaine, physiologie, histopathologie, diagnostic, radiologie, biomécanique et techniques chiropratiques. La formation clinique (stages et internat) s'effectue dans le cadre de la clinique universitaire installée dans le Pavillon de Chiropratique. »

En France, il existe un unique établissement de formation accrédité selon les normes internationales, ce qui signifie que ses diplômés peuvent légalement exercer dans plus d'une quarantaine de pays. Cet établissement est situé à Ivry sur Seine près de Paris et possède une antenne à Toulouse

Les docteurs en chiropratique (D.C.) peuvent, après leurs études, se spécialiser dans des techniques de soins chiropratiques (ex : Cox Flexion/Distraction ou acquérir des compétences particulières comme l'electro-diagnostic, les manipulations sous anesthesie ou dans de véritables spécialités comme la Fédération Internationale de Chiropratique du Sport(FICS), la Radiologie, l'Orthopédie Chiropratique, la chiropratique pédiatrique, la chiropratique animalière, la neurologie chiropratique. Pour les premiers, ils obtiendront des certifications post-doctorales dans les techniques ou compétences choisies, les seconds obtiendront des certificats de spécialisation post-doctorale dans les spécialités choisies.

Statut de la profession

Il existe, aux États-Unis, en Angleterre, Suède, Japon, Australie, Afrique du Sud, Canada, ... une vingtaine d'universités formant au titre de docteur en chiropratique. Ces diplômes sont reconnus officiellement dans la majorité des grands pays industrialisés comme les États-Unis, le Canada, la Suisse, le Royaume-Uni, le Danemark, l'Australie, la Nouvelle-Zélande. La chiropratique est aussi partenaire officiel de l'Organisation mondiale de la santé par le biais de la Fédération Mondiale de Chiropratique. Par ailleurs, l'OMS a fait paraître ses « Directives pour l'enseignement et la sécurité en chiropratique ». Il existe aujourd'hui de véritables spécialités au sein de la profession chiropratique comme la radiologie (doctorat en chiropratique + 3 ans d'internat), l'orthopédie, la neurologie ou la chiropratique du sport.

Au Québec

Pendant très longtemps, de nombreux chiropraticiens ont fait des démarches répétées pour obtenir une loi québécoise établissant les conditions requises pour exercer la chiropratique. Finalement, en 1973, la Loi sur la chiropratique (L.Q. 1973, ch. 56) fut adoptée par l’Assemblée nationale du Québec.

La Loi sur la chiropratique établit les règles concernant l’exercice de la chiropratique au Québec, en décrit l’exercice et en précise les conditions. Elle institue aussi la création de l’Ordre des chiropraticiens du Québec.

Dans l’intérêt de la société, l’Ordre, régi par le Code des professions, édicte des normes de qualification et voit au contrôle de l’acte professionnel. Tout chiropraticien exerçant légalement au Québec est obligatoirement membre de l’Ordre des chiropraticiens du Québec.

En France

En France, les actes accomplis par les chiropracteurs ne sont pas conventionnés par l’Assurance Maladie, et à ce titre, ne sont donc pas remboursés par la Sécurité Sociale. L’intégralité des frais de consultations et de soins sont à la charge du patient. Certaines mutuelles de santé complémentaires peuvent cependant accepter une prise en charge partielle des traitements prodigués, selon leurs conditions contractuelles préalablement établies. Les honoraires sont totalement libres et variables selon les praticiens : de 40 à 70 euros par séance en moyenne, à plus de 100 euros selon la notoriété du praticien, la nature de l’acte accompli, et le nombre de séances de soins envisagées.

L'activité de chiropracteur a été régulée par la loi Kouchner de mars 2002 (art. 75), en même temps que celle d'ostéopathe, le décret d'application n'a pas encore été publié .

Selon l'art. 75:

  • L'usage professionnel du titre d'ostéopathe ou de chiropracteur est réservé aux personnes titulaires d'un diplôme sanctionnant une formation spécifique à l'ostéopathie ou à la chiropraxie délivrée par un établissement de formation agréé par le ministre chargé de la santé dans des conditions fixées par décret. Le programme et la durée des études préparatoires et des épreuves après lesquelles peut être délivré ce diplôme sont fixés par voie réglementaire.

  • S'il s'agit d'un diplôme délivré à l'étranger, il doit conférer à son titulaire une qualification reconnue analogue, selon des modalités fixées par décret.

  • Les praticiens en exercice, à la date d'application de la présente loi, peuvent se voir reconnaître le titre d'ostéopathe ou de chiropracteur s'ils satisfont à des conditions de formation ou d'expérience professionnelle analogues à celles des titulaires du diplôme mentionné au premier alinéa. Ces conditions sont déterminées par décret.

  • Toute personne faisant un usage professionnel du titre d'ostéopathe ou de chiropracteur est soumise à une obligation de formation continue, dans des conditions définies par décret. La Haute Autorité de santé est chargée d'élaborer et de valider des recommandations de bonnes pratiques. Elle établit une liste de ces bonnes pratiques à enseigner dans les établissements de formation délivrant le diplôme mentionné au premier alinéa.

  • Un décret établit la liste des actes que les praticiens justifiant du titre d'ostéopathe ou de chiropracteur sont autorisés à effectuer, ainsi que les conditions dans lesquelles ils sont appelés à les accomplir.

  • Ces praticiens ne peuvent exercer leur profession que s'ils sont inscrits sur une liste dressée par le représentant de l'État dans le département de leur résidence professionnelle, qui enregistre leurs diplômes, certificats, titres ou autorisations.

  • le diplôme délivré par l'institut franco-européen de Chiropratique (IFEC) à Ivry sur Seine et à Toulouse (depuis 2006) permet à ses titulaires d'exercer dans tous les pays où la Chiropratique est légalisée.

Au Royaume-Uni

  • le titre est protégé depuis the chiropractic act de 1994
  • la formation est universitaire
  • il existe la possibilité de prescrire des examens d'imagerie médicale et de posséder le matériel radiographique pour la réalisation des clichés radiographiques standards
  • les chiropraticiens sont en voie d'intégration dans le parcours de soins pour la prise en charge des pathologies ostéoarticulaires.

En Suisse

  • le titre est protégé depuis 1974.

  • la formation est universitaire de type médical

  • les chiropraticiens sont désormais officiellement reconnus comme une profession de type médical universitaire équivalent français du « livre I du code de la santé publique » au même titre que les médecins, dentistes et sage femmes. Cette loi définit par la même occasion les collèges et universités reconnus susceptibles de former les chiropraticiens. L’institut Franco-Européen de Chiropratique (IFEC) fait partie de ces institutions. Comme toute autre profession médicale, les chiropraticiens suisses sont habilités à poser un diagnostic, à recourir aux investigations de laboratoire, d’imagerie, voir à posséder leur propre installation radiologique. Les prises en charge sont remboursées par l’assurance maladie, y compris pour les prescriptions de certaines médications à visées antalgiques et de contrôle de la douleur.

  • Il existe la possibilité de prescrire et d'effectuer les examens d’imagerie

  • les chiropraticiens bénéficient de l'ensemble de la panoplie des traitements conservateurs y compris les médicaments pour lutter contre la douleur

  • la prise en charge s'effectue par l'assurance-maladie

En Belgique

  • le titre est reconnu .
  • la formation s'effectue à l'étranger dans les écoles reconnues sur le plan international
  • il existe une possibilité de prescription
  • les soins sont pris en charge par les organismes privés

En Suède

  • la profession de chiropraticiens est reconnue et le titre est protégé depuis 1989
  • les soins sont pris en charge par l'assurance-maladie
  • les praticiens travaillent en première intention et posent un diagnostic

En Finlande

  • le titre est protégé et reconnu depuis 1994
  • la prise en charge est partielle par l'assurance-maladie et par les assurances privées
  • la prescription d'imagerie est possible mais n'est pas remboursée

Aux Pays-Bas

  • il existe une possibilité d'exercice,
  • il n'y a pas de protection du titre,
  • l'intégration n'est pas faite dans le système de santé nationale

En Norvège

  • la profession chiropratique bénéficie d'un statut d’une profession de type médical et protégé
  • les chiropraticiens sont des praticiens de premier contact et posent leur diagnostic
  • ils ont un droit de prescription d'examens complémentaires, d'imagerie (radiographies, I.R.M., scanners, échographie et Doppler),
  • les chiropraticiens ont la possibilité de prescrire des arrêts de travail de moins de huit semaines
  • ils ont la possibilité de référer à un spécialiste dans le cadre du parcours de soins dont la prise en charge est assurée par l'assurance-maladie
  • ils ont la possibilité de prescrire des actes de kinésithérapie

Au Danemark

  • le statut est celui d'une profession médicale dont le titre est protégé depuis 1991
  • l'association des chiropraticiens a vocation ordinale et disciplinaire
  • les soins chiropratiques sont pris en charge par l'assurance-maladie
  • les chiropraticiens sont intégrés dans le système de santé national
  • les chiropraticiens sont habilités à faire des radiographies et à posséder leur propre matériel
  • ils travaillent aussi bien à l'hôpital qu'à l'université
  • ils ont la possibilité de référer vers un spécialiste dans le cadre du parcours des soins avec une prise en charge par l'assurance-maladie
  • la formation est universitaire.

Critiques et controverses à propos de la chiropratique

Critiques des principes théoriques

La théorie de la subluxation, fondement historique de la chiropraxie est rarement évoquée avec les patients. les patients réguliers des chiropracteurs ne connaitraient souvent pas ses bases historiques. Pour certains, il s'agit donc d'une théorie fantaisiste qui ne correspond en rien aux critères scientifiques existants. Suivant ce raisonnement,en ignorant les données actuelles de la recherche scientifique, l'Académie de médecine française ne reconnait pas la chiropratique et met en 2006 en garde contre une pratique non contrôlée et que n'importe qui pourrait exercer[40]. Dans ce rapport politique l’Académie souligne sans en apporter de preuve,que les méthodes manuelles à visée diagnostiques et thérapeutiques prônées par l’ostéopathie et la chiropraxie s’appuient, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, sur des a priori conceptuels dénués de tout fondement scientifique. L’Académie sait très bien que ces méthodes sont, depuis toujours, pratiquées. Mais elle ne saurait les cautionner. Le président de la commission chargée de la rédaction de ce rapport connaissait pourtant la qualité de l'approche chiropratique puisqu'il déclare lors d'un entretien ;"Attention ! Les chiropracteurs utilisent aussi des techniques de manipulation mais ils veulent garder leur autonomie professionnelle par rapport à la médecine de soins et surtout vis-à-vis de l’ostéopathie. Ils se limitent à l’appareil locomoteur, à la lombalgie commune et à la cervicalgie courante. Leur souci majeur est d’éviter les accidents de manipulation et avant tout d’identifier les contre-indications possibles. Est-ce possible sans connaissances médicales et sans contact avec les médecins traitants ? Encore peu nombreux en France (450) ils sont très organisés aux États-Unis et surtout en Europe du Nord. Ils acceptent cependant de collaborer dans la recherche clinique et technique avec des médecins de médecine physique, des rhumatologues et des chirurgiens orthopédistes" l'amalgame du rapport est donc délibéré et politique, et entraina des protestations officielles tant du Doyen Ludes , citation p22 du rapport sur la formation des ostéopathes et Chiropracteurs remis au gouvernement français par le Pr Ludes , que des autorités chiropratiques françaises et une réponse scientifique de la SOFEC

Néanmoins, si le terme de subluxation est employé aujourd'hui par la chiropratique universitaire, il ne revêt plus du tout la même signification qu'au 19 siècle. Ainsi, la majeure partie des chiropraticiens se sont rapprochés des méthodes de la médecine scientifique, s'éloignant de plus en plus de ceux de leurs confrères attachés à une vision plus "mystique" de la chiropratique. Ce rapprochement n'a toutefois pas fait disparaître toutes les critiques.

Critiques de l'efficacité et de l'innocuité de la chiropratique

Des études indépendantes (par des assurances, des mutuelles, des chercheurs et des professeurs d'économie de la santé) mais que certains sceptiques estiment provenir du lobby chiropratique ont conclu que la chiropratique avait un effet au moins égal, voire supérieur, aux traitements médicaux dans le cas de lombalgies chroniques et que le rapport coût-bénéfice était incontestablement, pour cette pathologie, en faveur de la chiropratique. Quelques études mentionnent la Chiropratique comme efficace, mais sans déterminer son efficacité, ou concluent à l'inefficacité de la manipulation vertébrale effectuée par des physiothérapistes d'autres études en démontrent l'intérêt pour d'autres pathologies.][3][4]

On recense plusieurs cas d'accidents de manipulation, pouvant nécessiter des interventions chirurgicales pour libérer la moelle dorsale ou le cône terminal ou une racine du sciatique comprimés par une hernie discale post-manipulation. Néanmoins, selon une étude publiée par le chercheur chiropraticien australien Alan Terrett (Professeur Associé à l’Université des Sciences de la Santé), ces accidents de manipulations sont le plus souvent attribués abusivement aux chiropraticiens alors qu'ils sont finalement le fait de manipulateurs peu ou mal formés,étude confirmée par Wenban en 2006 .

Offensive de l'AMA (1962-1987)

En novembre 1962, le docteur Robert Throckmorton, secrétaire de l'Iowa Medical Society présente son plan pour « contrôler et éliminer » les chiropraticiens de l'Iowa.

L'American Medical Association nomme Throckmorton conseiller spécial de l'AMA en septembre 1963 pour mettre son plan en action au niveau national et lui annonce que « la chambre des délégués » et la commission juridique de l'A.M.A ont décidé que « leur objectif était, principalement, l'élimination complète de la chiropratique ».

Le 2 novembre 1963, le Comité sur la chiropratique est rebpatisé « comité sur le charlatanisme » pour « éviter de donner une quelconque légitimité à la chiropratique ». Il effectuera des actions d'"information "jusqu'en 1968, mais le Congrès revient sur cette décision en 1972.

En 1968, chaque médecin est invité à placer dans sa salle d’attente un exemplaire de la brochure d'informationde l’AMA « chiropractic, the unscientific cult » (chiropratique, la secte non scientifique). Plus de 10 000 brochures sont distribuées dans les lycées pour informer les futurs étudiants en Chiropratique et leurs futurs clients. En 1969, un journaliste publie en partenariat avec l’A.M.A un livre : « A vos risques et périls ! ».

En 1971, ce « comité sur le charlatanisme » passe un accord avec la commission d’accréditation des hôpitaux afin de faire perdre leurs privilèges hospitaliers aux médecins « profitant du cadre de l'hôpital pour mettre en avant des pratiques charlatanesques », dont la chiropratique.

En 1975, un chiropraticien, Chester Wilk DC, et quatre de ses confrères de Chicago, portent plainte devant la cour fédérale, pour violation de la Loi anti-trust. Après un premier procès en 1981 la cour d’appel ordonne un second procès qui débute en juin 1987.

En septembre 1987, le juge Getzendanner déclare l’AMA, l’American college of radiology, l’American college of surgeons et l’American college of orthopedic surgeons coupables de conspiration illégale en vue de « contenir et d'éliminer la profession chiropratique, en désorganisant l’éducation chiropratique, le remboursement par les assurances, les relations avec les médias et le gouvernement, les relations interprofessionnelles, et d’autres activités de boycott en violation du Sherman Antitrust Act, jugement définitivement confirmé par la cour suprême des USA en 1990.

Le jugement de 1987 a considéré que l’AMA n’avait pas respecté les critères (b) ou (d) de la défense fondée sur les soins aux patients »Wilk et al. V. American medical Association (1987) Judgement (Northern district of Illinois, Eastern division No.76 C3777.).

Dès le milieu du procès, l’American Hospital Association affirmait « L’American Hospital Association désavoue spécifiquement tout effort illégal d’un quelconque groupe privé, concurrent pour « contenir », « éliminer » ou bien saper la confiance du public dans la profession chiropratique »[5](pages 100 &101)

Cependant, cette page de l'histoire semble être tournée, en effet avec le développement de la chiropratique universitaire, les chiropraticiens ont une place de plus en plus importante parmi les experts scientifiques de la pathologie vertebrale commune. Récemment dans le cadre de la Jone and Bone decade (2000-2010), les chiropraticiens ont participé en nombre, mais aussi dirigé la Neck Pain Task Force

Article dans The Guardian

Le 19 avril 2008, Simon Singh publie un article dans le quotidien britannique The Guardian critiquant la chiropratique . En réponse, l'association britannique de chiropratique (British Chiropractic Association) l'attaque en justice pour diffamation. À cette annonce, le Guardian décide de le soutenir et de prendre à sa charge les frais de conseil juridique ainsi que de payer les frais légaux du BCA dans le cas où Singh choisirait de régler l'affaire à l'amiable. L'affaire suit pour l'instant son cours, Singh ayant déclaré qu'il « s'opposerait fermement à cette attaque… La liberté d'expression est en jeu dans cette affaire. »