Il existe de nombreuses molécules d’EPO de synthèse, qui ne diffèrent que de peu : de la longueur des chaînes glycosylées ou/et de quelques acides aminés. Ce type de molécule est appelé RHuEPO en français comme en anglais, qui signifie Recombinant Human Erythropoïetin.
La technique de fabrication consiste en l'introduction du gène de l'EPO humaine dans une lignée cellulaire animale, qui produit ensuite la protéine, appelée dans ce cas epoetine, qui peut être isolée. Son principal inconvénient est la fréquence des injections nécessaires pour être efficace (plusieurs fois par semaine).
La NESP
La NESP (novel erythropoiesis stimulating protein) est considérée comme la RhuEPO la plus connue, et est connue aussi sous le nom de Darbepoetin alpha. Elle diffère de l'epoetine par la substitution de cinq acides aminés permettant l'assemblage de cinq chaînes glycosylées au lieu de trois.
Plus la molécule est glycosylée, moins il y a d’affinité entre l’EPO et l’EPOR (son récepteur). Donc le NESP a une vitesse de liaison avec l’EPOR inférieure à celle de l’EPO :
Nombre d'évènements d’association entre deux molécules par unité de temps :
k(on) = 5.0 x 10(8) M(-1)min(-1) pour le NESP
k(on) = 1.1 x 10(8) M(-1)min(-1) pour l’EPO
Avec kon = constante de taux d'association (M-1. min-1) Où min signifie minute et M=10^6
L’EPO est à peu près 5 fois plus rapide que le NESP pour s’associer avec l’epo-r. Comme l’EPO a une vitesse d’association plus rapide, il y a plus d’EPO internalisé par unité de temps, et donc le taux de dégradation de l’EPO par unité de temps est supérieure à celui du NESP. Sa demi-vie est inversement proportionnelle à la vitesse d’association, laquelle dépend des chaînes glycosylées et des acides sialiques.
La demi-vie est proportionnelle au nombre d'acides sialiques et au pourcentage de glycosylation de la molécule.
La vitesse d’internalisation est le même pour les deux ligands. Le ligand après internalisation est re-sécrété intact à 60 % et est dégradé à 40% dans les deux cas.
En pratique, l'utilisation de la NESP ne nécessite qu'une injection hebdomadaire (voire moins) contre plusieurs pour l'epoetine.
Le CERA
Le CERA (Continuous erythropoietin receptor activator) est une molécule d'érythropoïétine à laquelle est insérée une longue chaîne protéique, doublant quasiment son poids. Sa demi-vie est très allongée, permettant une injection mensuelle. Il a été développé par le laboratoire pharmaceutique suisse La Roche originellement pour traiter les anémies (MIRCERA).
Le laboratoire de Chatenay-Malabry, membre de l'AMA a découvert l'utilisation de CERA par des cyclistes à huit reprises :
- Emanuele Sella (Tour d'Italie 2008)
- Riccardo Riccò (Tour de France 2008)
- Leonardo Piepoli (Tour de France 2008)
- Bernhard Kohl (Tour de France 2008)
- Davide Rebellin (Jeux olympiques de 2008)
- Stefan Schumacher (Tour de France 2008 et Jeux olympiques de 2008)
- Danilo Di Luca (Tour d'Italie 2009)
- Vania Rossi (Championnats d'Italie de cyclo-cross 2009)
Autres EPO de synthèse
Il existe de nombreux autres types en cours de développement.
Une classe particulière sont les peptides mimant l'érythropoïétine qui agissent sur le récepteur de l'érythropoïétine et dont la séquence d'acides aminées n'a rien à voir avec cette dernière. La première molécule de ce type, appelé hématide, est un oligopeptide modifié, produit par une bactérie. Son utilisation est en cours de test.