La gare de l'Est est l'une des six grandes gares terminus du réseau de la SNCF à Paris. Elle se trouve dans le X arrondissement, non loin de la gare du Nord. Sa façade ferme la perspective de l'axe nord-sud percé par le baron Haussmann et constitué principalement par le boulevard de Strasbourg.
Avec 34 millions de voyageurs par an environ, c'est la cinquième gare de Paris. Son activité, affaiblie depuis la création du RER E, a augmenté depuis la mise en service du TGV Est avec un surplus de 22 % de voyageurs grandes lignes.
Au sommet du fronton Ouest, une statue du sculpteur Philippe Joseph Henri Lemaire représente la ville de Strasbourg, tandis que le fronton Est est orné d'une statue figurant Verdun, œuvre du sculpteur Varenne.
Un réaménagement important de la gare de l'Est a accompagné la mise en service du TGV Est en 2007.
Histoire
Les différentes zones desservies en fonction de la gare d'origine, celle de la gare de l'Est est en rouge.
À l'époque de la mise en place du réseau national, il existe une opposition entre les compagnies ferroviaires qui veulent limiter les coûts d'exploitation en utilisant une seule gare terminus pour desservir plusieurs lignes et les ingénieurs de l'État qui estiment que des gares séparées améliorent la qualité de l'exploitation. Pour la ligne Paris-Strasbourg, la décision de créer une gare séparée de la gare du Nord a été notamment défendue par l'ingénieur Cabanel de Sermet. Au moment des débats sur le tracé de la ligne Paris-Strasbourg, il avait aussi été question d'aboutir à gare d'Austerlitz ou à gare de Lyon.
La gare de l'Est est ouverte en 1849 par la Compagnie de Paris à Strasbourg, sous le nom d'« embarcadère de Strasbourg ». Elle comprend alors deux voies à quai pénétrant sous un grand hall. Cette partie la plus ancienne correspond au hall Grandes lignes actuel (moitié ouest de la gare). Ses plans sont dus à l'architecte François-Alexandre Duquesney et à l'ingénieur Pierre Cabanel de Sermet ; les travaux commencent en 1847, et Napoléon III l'inaugure en 1850. Elle prendra le nom de « gare de l'Est » en 1854, après un premier agrandissement consécutif à la mise en service de la ligne de Mulhouse dont la compagnie, devenu Compagnie des chemins de fer de l'Est, avait obtenu la concession. La gare compte alors quatre voies à quai, dont deux nouvelles à l'extérieur du hall, et la ligne est elle-même dédoublée, de deux à quatre voies, jusqu'à la bifurcation de Noisy-le-Sec, point où les lignes de Strasbourg et de Mulhouse se séparent. Elle connait d'importantes transformations en 1885, puis en 1900. À cette date, les voies sont raccourcies et ne pénètrent plus dans le hall.
Enfin entre 1926 et 1931, elle est dédoublée sur les plans de l'architecte en chef de la « Compagnie des chemins de fer de l'Est » Jules Bernaut, prenant sa physionomie actuelle. La nouvelle partie située à l'Est est symétrique à la première. La gare compte alors 30 voies à quai. Cet agrandissement entraîne une profonde modification du quartier.
Le 4 octobre 1883, la gare de l'Est est le théâtre du départ du premier Orient-Express à destination de Constantinople.
Hall de correspondance avec le métro
Cette gare, tête d'une ligne stratégique vers l'Est de la France est aussi le lieu des grandes mobilisations, et ce, au début des deux conflits mondiaux (1914 / 1939). Dans le cadre du programme de défense passive, un poste de régulation souterrain a été construit sous les voies 2 et 3 peu avant la seconde guerre mondiale pour assurer continuité du service en cas de bombardement.
Dans le hall Grandes lignes, une peinture monumentale, Le Départ des poilus, août 1914, offerte par le peintre américain Albert Herter, « en souvenir de son fils mort » devant l'ennemi en 1918, près de Château-Thierry (dans l'Aisne), était exposée depuis 1926 en présence du maréchal Joffre.
Cette peinture monumentale de 5 m de haut sur 12 m de long, décrochée début mars 2006 pour être transférée, en vue de sa restauration, à la Cité du train de Mulhouse, a été réinstallée en 2008.
En 1962, est mise en service l'électrification 25 kV 50 Hz de la section Paris-Gare de l'Est - Château-Thierry de la ligne Paris - Strasbourg.
La gare, pour ses façades et toitures, ainsi que les deux halls d'arrivée et de départ, fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 1984.
La SNCF a rénové la gare de l'Est pour une dépense de 60 millions d'euros à l'occasion de l'arrivée de la grande vitesse ferroviaire. Le cœur de gare, autrefois destiné uniquement au traitement des bagages, devient une passerelle intermodale avec la station du même nom du métro de Paris, rénovée elle aussi pour l'occasion. Cette rénovation a été récompensée par un Brunel Awards en 2008.
Hall d'attente de la Gare de l'Est (en travaux)
Cette nouveauté risque d'influer sur le public : les voyageurs TGV ont globalement un pouvoir d'achat plus élevé que celui des voyageurs de la banlieue Est ; la SNCF a même d'ores et déjà prévu un agrandissement de la zone commerciale de la gare de 3200 à 5500 mètres carrés.
Autres dates principales
Le 02/06/1957, création du TEE L'Arbalète entre Paris-Est et Zurich via Troyes, Mulhouse et Bâle, assuré avec du matériel RGP1 TEE (X 2770 + RGP1 X 2700) de la SNCF. La rame était composée d'une RG1 TEE rouge Paris-Bâle à laquelle était rattachée en queue une RGP1 verte limitée au parcours Paris-Mulhouse.
En 1962, électrification 25 Kv 50 Hz de la section Paris Gare de L'Est - Château-Thierry de la ligne Paris - Strasbourg.
Le 02/08/1964, le TEE L'Arbalète voit son matériel RGP1 TEE (X 2770 + RGP1 X 2700) de la SNCF remplacé par une rame diesel hollando-suisse (CFF/NS).
Le 23/09/1969, le TEE L'Arbalète voit son matériel hollando-suisse (CFF/NS) remplacé par une rame tractée composée de voiture ex-Mistral 69 avec une locomotiveCC 72000 de la SNCF de Paris-Est à Bâle.
Le 23/05/1971, création du TEE Kléber entre Paris et Strasbourg via Nancy.
Le 26/09/1971, création du TEE Stanislas entre Paris et Strasbourg via Nancy.
Le 26/05/1979, dernier jour de circulation du TEE L'Arbalète entre Paris-Est et Zurich via via Mulhouse et Bale.
Le 25/09/1982, dernier jour de circulation du TEE Stanislas entre Paris et Strasbourg via Nancy.
Le 27/05/1989, dernier jour de circulation du TEE Kléber entre Paris et Strasbourg via Nancy.
Le 14/12/2008, le train Paris - Berlin part de la gare de l'Est au lieu de la gare du Nord.
La gare de l'Est au début du XXe siècle. Devant la gare se trouvent : - un autobus ligne B (Trocadéro-Gare de l'Est) de la CGO - l'entrée principale de la station du Métro de Paris - un tramway électrique à impériale, sans doute également de la CGO
À cette occasion, il est envisagé de relier la gare de l'Est à la gare de Paris-Nord via la gare de Magenta pour former un vaste pôle multimodal. Cette liaison serait développée, à la fois sous forme d'un cheminement en surface et d'un tunnel piétonnier.
Ce tunnel serait un prolongement du passage souterrain existant vers la station de métro Château-Landon, dont les accès sont situés en queue des quais. Prolongé sous la rue La Fayette, il permettrait de rejoindre la gare Magenta. Ce couloir de correspondance était prévu dans l'avant-projet de la ligne E du RER, mais les études de définition avec la ville de Paris n'ont pas pu aboutir. Il ne manque que 50 à 80 mètres à percer entre le quai 1 de la gare de l'Est et la sortie rue de l'Aqueduc de la gare Magenta mais il faudra croiser un égout et l'aqueduc de ceinture du canal de l'Ourcq. Cette difficulté technique explique pourquoi l'ouvrage n'a pas été réalisé pour le moment. Dans ce cadre, le conseil de Paris souhaite en outre créer une nouvelle entrée de la gare au croisement de la rue d’Alsace et de la rue La Fayette.
Le projet de cheminement piétonnier en surface est plus avancé. Nommé le balcon vert, il s'inscrira entre les quais de la gare de l'Est, la rue d’Alsace et la rue La Fayette. Il consiste en un immeuble de bureaux à un étage, situé entre le quai n 1 et le mur de soutènement de la rue d'Alsace, dont la toiture, arrivant au niveau de la chaussée, pourra être aménagée en un jardin de 3 000 m. Un escalator et un ascenseur permettront d'accéder au jardin depuis l'enceinte de la gare, le projet initial de rampe inclinée ayant été abandonné. La réalisation du bâtiment a été confiée à la société Spie Batignolles et la livraison du bâtiment est prévue pour 2010. La ville rachètera alors la dalle de toiture pour 3,8 millions d'euros et y aménagera le jardin suspendu.
Transport
B 82500 sous le pont de la rue Lafayette.
Banlieue
Les lignes Paris — Chelles - Gournay et Paris — Tournan, qui avaient leur terminus à la gare de l'Est, ont été transformées en juillet 1999 en ligne E du RER. Elles desservent désormais la nouvelle gare souterraine de Magenta, située à faible distance de la gare de l'Est, et ont pour terminus parisien la gare Haussmann - Saint-Lazare.
Mais en cas de grève, de travaux ou de problème d'exploitation, le trafic peut être interrompu entre Haussmann - Saint-Lazare et Magenta et les trains de la ligne E en provenance de Chelles - Gournay et Tournan ont alors pour terminus la gare de l'Est.
Le trafic des grandes lignes est réparti sur deux zones, séparées par les lignes banlieues:
la zone jaune, située en face de la halle voyageur Alsace, correspond aux voies 2 à 12. Elle dessert principalement les trains en directions de l'Alsace et de l'international.
la zone bleue, située en face de la halle Saint-Martin, créée lors de l'extension de 1930, correspond aux voies 23 à 30. Elle est destinée aux trains vers la Lorraine et la Champagne-Ardenne.
Les liaisons au départ ou à destination de la gare sont assurées par :
SNCF :
Liaisons internationales avec la Suisse (ligne Paris-Bâle-Zurich), le Luxembourg, l'Allemagne, l'Autriche et l'Europe centrale (Budapest, Bucarest, Istanbul) grâce au Venise-Simplon-Orient-Express.
Également « Moscou-Express » vers Minsk et Moscou.
TGV Est vers la Champagne-Ardenne, la Lorraine, l'Alsace, le Luxembourg, la Suisse et l'Allemagne.
Trains grandes lignes vers les régions de l'Est de la France : Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Alsace.
TER Champagne-Ardenne et « Vallée de la Marne » (coentreprise Picardie, Champagne-Ardenne et Lorraine).