Île-de-France (paquebot)

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Introduction

Île-de-France
Paquebot IDF.jpg
Autres nomsS.S. Île-de-France pendant la guerre
TypePaquebot transatlantique
Histoire
Quille posée25 octobre 1924
Lancement14 mars 1926
Mise en service22 juin 1927
StatutDémoli en 1959
Caractéristiques techniques
Longueur231,64 m
Maître-bau28,09 m
Déplacement43 153 tonneaux
Port en lourd11 500 tonnes
PropulsionTurbines Parsons à action directe à triple cascade marche AV à double cascade marche AR sur 4 hélices
Puissance48000-55000 CV
Vitesse23 nœuds
Autres caractéristiques
Chantier navalAteliers et chantiers de France
ArmateurCompagnie générale transatlantique
PavillonFrance France  Royaume-Uni Japon Japon

L'Île-de-France était un paquebot de la Compagnie générale transatlantique. Il fait partie des paquebots postaux qui transportaient passagers et courriers. Il naviguera de 1927 à 1959.

L'histoire de ce paquebot est marquée de plusieurs événements, parmi lesquels sa participation à la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu'à des sauvetages dans l'océan Atlantique.

Construction

La construction de ce paquebot est décidée afin de remplacer d'anciens paquebots de la CGM : La Touraine et La Lorraine. L'Île-de-France est mis sur cale le samedi 25 octobre 1924. Son lancement a lieu le dimanche 14 mars 1926 aux Ateliers et chantiers de France à Saint-Nazaire - Penhoët.

Début de carrière

Le paquebot entre en service en 1927. Il est livré par les chantiers de Saint-Nazaire le 29 mai et entame son voyage inaugural Le Havre - New York le 22 juin 1927 ; il devient pour un temps le plus beau paquebot de l'Atlantique. Il innove en apportant pour sa décoration la première grande expression de l'art déco, on parlera même d'art déco paquebot. Les paquebots L'Atlantique et Normandie reprendrons à leur tour ce style dans leurs aménagements. Sa salle à manger des premières classes a d’ailleurs été reproduite au sommet de l'ancien magasin à rayons Eaton de Montréal. Elle fut longtemps considérée comme l'un des endroits les plus chics de cette ville.

Il est surnommé aux « The longest gangplank » pendant la crise de la prohibition, car l'alcool coule à profusion à son bord et permet d'être ainsi immédiatement en France, le pays du « bien vivre », bien avant l'arrivée à destination. À bord du paquebot il règne l'atmosphère sans soucis des années folles et de l'entre-deux guerres. Le paquebot poursuivra sa carrière sans incident jusqu'à la déclaration de guerre de septembre 1939.

Transport de troupes

À la déclaration de guerre il sera rejoint par le paquebot Normandie au pier 88 de la Transat à New-York. En 1940 à l'invasion allemande le paquebot est en route pour l'extrême-orient où il se réfugie à Singapour. Grâce à l'initiative de son état-major et de son équipage il rallie les alliés en juillet 1940. Il est converti en transport de troupes et prend le nom de « S.S. Ile de France ». Pendant 4 ans il va transporter plus d'un demi million de soldats de Durban au Canada, de Bombay à Suez, de Sydney à San Francisco ; ce qui lui vaut de recevoir la Croix de Guerre et d'être nommé Chevalier du Mérite maritime. Il est remis à disposition de la France à Southampton, le 22 septembre 1945.

Menu du déjeuner servi à l'occasion du retour de l'Ile de France sous pavillon Français

Reprise du service civil

À la fin de son service de guerre, il prend la direction des chantiers navals de Saint-Nazaire où il arrive le 21 avril 1947. Il va subir une profonde refonte qui va le moderniser et transformer notablement sa silhouette en perdant ses 3 cheminées fines au profit de 2 cheminées plus larges au dessin elliptique, le trait de coque avant sera affiné en montrant une courbe pour séparer la peinture noire de la blanche, ces modifications sont inspirées du dessin et des formes du paquebot Normandie de 1935. Le décor sera modifié avec notamment du mobilier issu du paquebot Normandie et démonté avant l'incendie de celui-ci ; il y aura l'apport de l'air conditionné, une nouvelle piscine au pont C et la capacité passagers sera réduite pour un meilleur confort de 1 794 passagers à 1 345. Il sera rejoint à Saint-Nazaire par le paquebot Liberté ex-paquebot allemand Europa de 1929. Le paquebot démarrera son second voyage inaugural vers New-York le 21 juillet 1949.

Le Saint-Bernard des mers

C'est une carrière exceptionnelle qui sera marquée par de nombreux sauvetages dont celui particulièrement périlleux du cargo Greenville le 21 septembre 1953 et celui célèbre du paquebot italien Andrea Doria éperonné par le paquebot Stockholm dans la nuit du 25 au 26 juillet 1956. À l'issue du sauvetage de 753 passagers de l'Andrea Doria, le paquebot fera une troisième remontée triomphale de l'Hudson accompagné par les remorqueurs, toute la poussière navale new-yorkaise et les avions, c'est le seul paquebot à avoir connu ce privilège. Les nombreux sauvetages réalisés par l'Île-de-France vaudront au paquebot le surnom de Saint-bernard des mers.

Le paquebot France commandé le 26 juillet 1956 par la Compagnie générale transatlantique est en cours de construction depuis le 7 octobre 1957 à Saint-Nazaire et pointe du doigt l'âge du paquebot Île-de-France tout comme celui du Liberté. Finalement après de nombreuses traversées de l'océan Atlantique, l'Île-de-France effectue son dernier voyage transatlantique le 1 novembre 1958.

Fin de vie

L'Île-de-France sera vendu par la Transat à Yamamoto & Co d'Osaka le 11 décembre 1958 ; et c'est le 26 février 1959 qu'il quitte le port du Havre sous le nom de Furanzu Maru, il arrivera à Osaka le 9 avril 1959. La fin du paquebot provoquera un scandale comparable à celui de la fin du paquebot France de 1962, car malgré une cérémonie Shinto tenue le 11 avril 1959 pour célébrer l'âme du vaillant paquebot, il servira de cadre à un film hollywoodien Panique à bord (The Last Voyage) où il sera coulé partiellement en mer du Japon et saccagé pour les besoins des scènes catastrophes de ce film avant d'être finalement démantelé.