La politique actuelle d’implantation d’enfants sourds pré-linguaux est vivement contestée par la communauté sourde.
En effet, elle y voit une dévalorisation (comme si la langue orale était supérieure à la langue des signes), voire une négation de toutes les beautés et les richesses de la culture sourde. La communauté sourde, dans son discours, montre que les parents d’enfants sourds qui optent pour l’implantation de leur bébé, en ayant comme perspective de « réparer la surdité », de « réparer leur enfant », en font en réalité un mauvais entendant, un malentendant, handicapé à la fois dans le monde sourd et dans le monde entendant.
Le choix de faire opérer le petit sourd risque donc d’avoir pour conséquence de freiner son intégration dans la communauté sourde sans pour autant lui assurer une intégration parfaite dans la communauté entendante. Le choix d’implanter un bébé est donc un problème éthique important pour les parents, déjà troublés par la surdité de leur enfant. Cette position est vivement défendue par la communauté sourde signante mais ne reflète aucunement ni la position de la Haute Autorité de Santé ni même l'avis de la grande majorité des sourds et des familles de sourds. De plus, avec 18 ans de recul sur la technique d'implantation et de rééducation post-implantatoire, on constate d'excellents résultats pour 1/3 des implantés, des résultats correct pour un autre tiers et des résultats peu satisfaisants pour le dernier tiers, le plus souvent en liaison à la présence d'autres pathologies ().
En France, le comité consultatif national d'éthique estime que, si les parents optent pour une implantation cochléaire, il convient de conjuguer l’implantation à un apprentissage de la langue des signes dès que possible, soit vers l'âge d'un an. Néanmoins, cet avis, datant de plus de 15 ans, ne reflète pas les évolutions qu'ont connu les implants cochléaire en terme de qualité de signal et de balayage de fréquence ni la formation accrue dont profitent les professionnels de l'audition, comme les orthophonistes. Aujourd'hui, de nombreux professionnels de santé déconseillent de mixer langue des signes et implantations et invitent à laisser l'enfant investir pleinement la sphère orale.
De même, l'avis (plus récent) de la Haute Autorité de Santé conseille d'implanter l'enfant sourd profond le plus précocement possible pour lui permettre d'entrer le plus facilement possible dans l'oralité. Aucune mention n'est faite de la Langue des Signes, qui constitue plus un palliatif à une déficience de communication qu'une réelle culture à proprement parler.