Institut d'études politiques de Paris

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Introduction

Institut d’études politiques de Paris
Institut d'études politiques de Paris (logo).svg
Informations
Fondation1872
TypeGrand établissement
Localisation
VilleParis
PaysFrance
Direction
PrésidentMichel Pébereau
DirecteurRichard Descoings
Chiffres clés
Enseignants-chercheurs182
Étudiants9000
Doctorants550
Divers
Site internetwww.sciences-po.fr/

L'Institut d'études politiques de Paris (IEP de Paris), communément appelé « Sciences Po », est un établissement public français d'enseignement supérieur dans le domaine des sciences sociales et politiques et des relations internationales. Des enseignements de droit, de finance, de gestion des ressources humaines, de communication, de marketing, de journalisme et d'urbanisme sont également dispensés. La Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et l'IEP de Paris sont juridiquement liés et forment l'ensemble surnommé Sciences Po.

Issu de la nationalisation, en 1945, de l'École libre des sciences politiques fondée en 1872 par Émile Boutmy, l'IEP de Paris a le statut particulier de grand établissement. Cela lui permet d'avoir une taille importante (6 700 étudiants) à l'image d'une université et un processus de recrutement sélectif. C’est l’un des neuf instituts d'études politiques en France.

Organisation

Statut

L'Institut d'études politiques de Paris est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel en application du décret du 18 janvier 1969.

Le décret du 10 mai 1985 lui accorde le statut de grand établissement créé par la loi Savary. Ce statut particulier lui donne une large autonomie et lui permet notamment de fixer librement le montant de ses droits de scolarité, en vertu de l'arrêté du 5 août 1991, qui délègue la fixation des montants des droits de scolarité afférents aux diplômes propres au conseil d'administration des établissements.

L'Institut est géré administrativement et financièrement par la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), fondation privée reconnue d'utilité publique et créée à cet effet lors de sa nationalisation. Cette délégation de gestion, conventionnelle en 1945 puis réglementaire à partir de 1969, est d'ordre législatif depuis l'entrée en vigueur de la loi du 2 juillet 1998.

Le 13 février 2010, il intégre officiellement le PRES (Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur) "Sorbonne Paris Cité" dont il est un des membres fondateurs. Ce premier PRES parisien est actuellement composé de 8 membres, dont 4 universités et 4 grandes écoles ou instituts: Paris 3, Paris 5, Paris 7, Paris 13 (membre associé), Sciences Po, L'INALCO,l'IPGP et l'EHESP. Le but étant de s'associer pour une recherche plus lisible sur la scène internationale.

Administration

L'administration de l'Institut est organisée en quatre directions :

  • la direction des affaires internationales et des échanges, créée en 1996 ;
  • la direction de la communication ;
  • la direction des études et de la scolarité ;
  • la direction de la formation continue.

Participent également les directions de la FNSP.

Afin de coordonner la collaboration avec les établissements étrangers, un American Center (centre américain) et un Asia-Pacific Centre (Centre Asie-Pacifique) ont été créés ces dernières années.

Directeurs

  • 1945–1947 : Roger Seydoux
  • 1947–1979 : Jacques Chapsal
  • 1979–1987 : Michel Gentot
  • 1987–1996 : Alain Lancelot
  • depuis 1996 : Richard Descoings

Depuis 1950, le directeur de l'IEP de Paris a toujours été administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques.

Histoire

L'entrée du 27, rue Saint-Guillaume (avant le changement de logo). Les mentions Institut d'études politiques de Paris et Fondation nationale des sciences politiques rappelaient les liens des deux institutions sous l'appellation d'ensemble Sciences Po.

Origines

L'IEP de Paris est issu de l'École libre des sciences politiques, surnommée « Sciences Po », établissement privé fondé en 1872 par Émile Boutmy. Il en tire sa tradition pédagogique, ses premières structures, son surnom, et ses bâtiments de la rue Saint-Guillaume.

L'École entre en 1945 dans le service public d'enseignement supérieur et devient l'institut d'études politiques de l'université de Paris, tandis que simultanément la Fondation nationale des sciences politiques est créée pour recevoir son patrimoine et la gérer administrativement et financièrement ; l'ensemble est appelé « Sciences Po ».

D'autres instituts d'études politiques sont créés par la suite dans d'autres grandes villes en France.

De l'après-guerre à 1969

L'École nationale d'administration, créée en même temps que l'IEP, s'installe dans un bâtiment acheté par la FNSP, l'hôtel de Cossé, dit de la Meilleraye, situé au nº 56 de la rue des Saint-Pères, derrière l'IEP ; les jardins des deux établissements sont voisins.

En 1947, Jacques Chapsal devient directeur en remplacement de Roger Seydoux, qui s'engage dans une carrière diplomatique ; il occupera ce poste jusqu'en 1979.

L'université de Paris est démembrée en 1969 par la loi Edgar-Faure. L'institut prend alors son nom actuel d'Institut d'études politiques de Paris et devient un établissement public à caractère scientifique et culturel, distinct des universités, en application du décret du 18 janvier 1969.

Au milieu des années 1960, l'Institut d'études politiques de Paris devait migrer sur le campus alors naissant de Nanterre. Le projet fut suffisamment avancé pour qu'un vaste bâtiment soit érigé sous le nom d'IEP et soit partiellement occupé par quelques pionniers parisiens, tel Henri Mendras. Les événements de Mai 68 confortèrent les réticences devant un déménagement vers cette banlieue « peu fréquentable » et Sciences Po resta intra muros, à l'étroit, tandis que l'Université Paris X-Nanterre, en pleine croissance, récupéra, de facto, le bâtiment (le G), notamment au profit des enseignements de sciences économiques.

De 1969 à 1996

De 1969 à 1973, les cours de première année ("année préparatoire") sont donnés au Centre universitaire Dauphine.

Jusqu'en 1978, l'École nationale d'administration était située rue des Saints-Pères, dans un bâtiment qui n'était séparé du 27, rue Saint-Guillaume que par un jardin. Ainsi, dans le jargon des élèves de Sciences Po, « traverser le jardin » signifiait réussir le concours d'entrée à l'ENA. En 1978, l'ENA emménage à l'hôtel Feydau de Brou, au nº 13 de la rue de l'Université et abandonne le bâtiment de la rue des Saints-Pères, qui est affecté à l'IEP. Le mur séparant les deux jardins est abattu et les deux bâtiments sont reliés par un jardin dit « jardin du directeur » ; la pente légère au milieu de celui-ci signale aujourd'hui l'ancienne séparation.

En 1979, Jacques Chapsal quitte le poste directorial après trente-deux ans de mandat, et Michel Gentot lui succède.

En 1985, l'IEP se voit attribué le statut de grand établissement.

La promotion 1986, qui compte parmi ses élèves nombre de futures célébrités — Isabelle Giordano, Alexandre Jardin, David Pujadas, Anne Roumanoff, etc. —, sera l'objet en 2004 d'un livre de la journaliste Ariane Chemin, La Promo.

En 1987, le politologue Alain Lancelot succède à Michel Gentot comme directeur.

À partir de la fin des années 1980, les frais de scolarité annuels connaissent une croissance soutenue : de 800 FF (120 € environ) en 1987, il atteindront à 5 600 FF (850 €) en 1994. En 1994, Alain Lancelot lance une réforme visant à supprimer les bourses, remplacées par des emprunts à intérêt faible et remboursables après l'entrée dans la vie professionnelle. Ceci provoque l'un des mouvements de protestation les plus longs de l'histoire de l'établissement. Une « grève générale et illimitée » finit par éclater en janvier 1995 ; l'amphithéâtre Émile-Boutmy est occupé trois jours durant et est rebaptisé du nom du castrat Farinelli, au motif que la direction voulait « couper les bourses ». La réforme est finalement retirée et Alain Lancelot ne demandera pas le renouvellement de son mandat l'année suivante. Richard Descoings, son directeur adjoint, lui succède alors.

Depuis 1996

Le hall d'entrée de Sciences Po, dit la péniche (avant le retrait des drapeaux et le réaménagement du hall en 2008).

Richard Descoings engage dès son arrivée au poste de directeur l'internationalisation du recrutement de l'institut, qui accueille aujourd'hui un tiers d'étrangers parmi ses étudiants. Ce mouvement s'accompagne d'une croissance soutenue du nombre d'élèves : les effectifs passent de 4 254 pour l'année universitaire 1999-2000 à 5 717 pour 2002-2003.

Au printemps 2001, l'établissement annonce la création de Convention éducation prioritaire (CEP), conclues avec des lycées situés en zone d'éducation prioritaire près de Paris et de Nancy et permettant à certains de leurs élèves d'entrer en première année dans le cadre d'une procédure d'admission ad hoc, sur dossier puis sur entretien. Les « conventions ZEP », présentées le 26 février, sont l'un des premiers programmes de discrimination positive en France, et suscitent à ce titre un débat très vif, que ce soit au sein de l'établissement ou dans la presse. La première année, les CEP permettent à 17 étudiants d'entrer en première année. Le nombre de conventions et d'admis ira croissant, atteignant à la rentrée 2005 trente-trois lycées et cinquante-sept admis. La première promotion incluant des élèves bénéficiaires de ces conventions est diplômée en 2006.

À la rentrée 2000, la scolarité est étendue à cinq ans : l'année préparatoire (AP) disparaît et est remplacée par un premier cycle de trois années, correspondant à la licence mais non diplômant, composé de quatre semestres d'étude et d'une année à l'étranger. Les quatre sections du cycle du diplôme sont supprimées et remplacées par vingt-trois majeures. L'IEP entend ainsi proposer une scolarité complète du baccalauréat jusqu'à l'entrée sur le marché du travail ou dans un troisième cycle universitaire ; il reste toutefois possible d'entrer en quatrième année après un autre cursus.

En 2003, une réforme des frais de scolarité est annoncée, établissant un barème de frais d'inscription allant de la gratuité pour les boursiers à 4 000 € pour les étudiants issus des familles ayant les revenus les plus élevés ; elle entre en vigueur à la rentrée 2004. À la rentrée 2005, les critères sont revus et le barême modifié, les frais atteignant jusqu'à 5 000 €.

À la rentrée 2004, le cycle du diplôme est de nouveau transformé : le diplôme de l'établissement et les diplômes d'études supérieures spécialisées (DESS) sont remplacés par un « master », sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat et décliné en onze mentions. Les diplômes d'études approfondies (DEA) sont remplacés par un master recherche, organisé en cinq mentions, et obtenu en un an, ou bien en deux ans dans le cadre d'une double scolarité avec le cursus du diplôme de Sciences-Po.

La rentrée 2004 voit également la création d'une école de journalisme pour accueillir les étudiants de la nouvelle mention « Journalisme » du diplôme de Sciences-Po. Cette décision intervient dans une période de crise pour le secteur, le Centre de formation des journalistes (CFJ) ayant même été contraint à un dépôt de bilan l'année précédente.

Scolarité

Depuis 2000, l'IEP a abandonné le traditionnel cursus en trois ans, avec année préparatoire et cycle du diplôme, pour adopter une scolarité en cinq ans, séparés en deux cycles : un premier cycle de trois ans, préparatoire, et un deuxième cycle de deux ans de spécialisation. Cette réforme inscrit la scolarité dans le cadre du processus de Bologne qui a pour but la construction d'un espace européen de l'enseignement supérieur.

Admission

Il existe un grand nombre de procédures d'admission (chiffres de 2006) :

  • En première année (à « Bac + 0 ») :
  • Examen d'entrée en première année : 203 admis (environ 350 en 2009).
  • Convention éducation prioritaire (dites « conventions ZEP ») : 57 admis (126 en 2009).
  • Admission sur dossier après une mention « Très bien » au baccalauréat : 164 admis (environ 300 en 2009).
  • Procédure internationale pour les élèves ayant effectué leurs études secondaires à l'étranger : 186 admis pour les première et deuxième années.
  • Procédure internationale : 186 admis pour les première et deuxième années.
  • En quatrième année (à « Bac + 3 ») :
  • Procédure d'admission en quatrième année : 338 admis.
  • Admission en quatrième année par le biais du cycle international d'études politiques (CIEP) : 190 étudiants étrangers admis.
  • Admission en quatrième année dans le cadre de la formation continue (VAP 85) , réservée à des salariés ayant au moins trois ans d'expérience professionnelle : 18 admis.

Il existait aussi une procédure dite « Bac + 1 » pour les étudiants ayant effectué une année d'études supérieures. Celle-ci a été supprimée à la rentrée 2009/2010 .

Ces épreuves écrites se présentent sous la forme d'examens et non véritablement de concours : l'admission est déterminée par l'obtention d'une note supérieure à la barre fixée par le jury. Il existe de nombreuses « prépas sciences po », publiques ou privées, qui préparent les candidats aux épreuves de sélection.

En 2008, le taux d'admission à l’entrée en première année était de 13 %, alors qu’au niveau de la quatrième année, 14 % des 2 623 candidats ont pu être admis à l’IEP. D'une manière générale le taux de sélection par la mention Trés Bien et par concours oscille autour de 10%, celle dite de CEP à moins de 15 % en 2009 (126 candidats admis sur 840).

Premier cycle

Le premier cycle correspond en termes de cursus aux années de licence à l'université, et conduit depuis 2009 à son équivalent : le Bachelor. Il est issu de l'étoffement de l'ancienne année préparatoire (AP), qui a été étendue à deux ans et complétée par une année obligatoire à l'étranger, pour un séjour d'études ou un stage. Jusqu'en 2006, la scolarité de premier cycle n'était pas sanctionnée par un diplôme, mais le conseil de direction du 11 décembre 2006 a décidé de la mise en place d'un « certificat de fin d'études de premier cycle », que les élèves en 3e année en 2006-2007 sont les premiers à recevoir. La promotion 2009 du premier cycle, lequel a été renommé Collège universitaire, a été la première à recevoir le diplôme du Bachelor de Sciences Po.

Le premier cycle a pour but l'initiation des étudiants aux grandes disciplines sur lesquelles reposent leur formation (science politique, histoire, économie, sociologie), l'acquisition de méthodes de travail, et le renforcement des deux langues étrangères choisies (sous réserve d'avoir un niveau suffisant en anglais). Les étudiants suivent notamment des cours magistraux d'Olivier Duhamel en droit constitutionnel, de Philippe Boutry, Dominique Kalifa et Françoise Mélonio en histoire, d'Étienne Wasmer et de Yann Algan en économie.

Des premiers cycles délocalisés, spécialisés sur une région du monde, ont été créés depuis 2000 :

À la rentrée 2005, l'IEP a également ouvert en partenariat avec l'université Paris-VI Pierre-et-Marie-Curie un double cursus en sciences et sciences sociales (aussi appelé « S-Cube »).

En 2009, un cursus commun avec l'Université Paris-Sorbonne - Paris IV intitulé « Lettres - Sciences Sociales » sera inauguré, ainsi que « Philosophie - Sciences Sociales ». A la rentrée 2010, le cursus « Histoire - Sciences Sociales » verra aussi le jour

Selon Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire et maire de la ville de Toulon, des pourparlers seraient en cours avec Richard Descoings pour installer un nouveau campus délocalisé à Toulon, destiné à un cursus franco-africain.

Deuxième cycle

La spécialisation intervient au niveau du deuxième cycle. Les étudiants suivent pendant trois semestres de scolarité un tronc commun comprenant, outre les deux langues étrangères, un enseignement de pensée politique (« Enjeux politiques »), un de géopolitique (« Espace mondial », avec notamment Bertrand Badie et Ghassan Salame) et un de macroéconomie. Le reste des enseignements est propre à la mention qu'ils ont choisie parmi les onze proposées :

  • Affaires publiques, où les enseignements se concentrent sur le droit public, les finances publiques et les questions sociales, européennes et internationales ; le principal débouché des diplômés est de passer les concours administratifs ou de travailler dans le secteur privé en contact avec la sphère publique ;
  • Affaires internationales ;
  • Carrières judiciaires et juridiques ;
  • Communication, au sein de l'École de la Communication ouverte en septembre 2007 ;
  • Marketing ;
  • Droit économique ;
  • Finance et stratégie, ayant un accord avec le Master 218 de l'université Paris-Dauphine ;
  • Gestion des ressources humaines ;
  • Journalisme, au sein de l'école de journalisme ;
  • Management de la culture et des médias ;
  • Affaires européennes ;
  • Stratégies territoriales et urbaines ;
  • Master Urbanisme de Sciences Po ;
  • « Master in public and corporate management » avec HEC Paris ;
  • « Master in economics and public policy » avec l'Ecole polytechnique et l'ENSAE ;

Un semestre de la cinquième année est consacré à un stage ou un séjour d'études à l'étranger.

Formation à la recherche

La formation initiale à la recherche a lieu au sein de l'école doctorale en partenariat avec les centres de recherche de la FNSP et permet d'obtenir un diplôme national de master à finalité recherche. Un double cursus aménagé permet de plus d'obtenir en deux ans le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris et un master à finalité de recherche. Les six mentions du master à finalité de recherche ont remplacé en 2004 les huit diplômes d'études approfondies (DEA) :

  • Histoire et théorie du politique ;
  • Relations internationales ;
  • Gouvernance économique ;
  • Politique et société en Europe ;
  • Politique comparée ;
  • Sociologie de l'action.

L'Ecole doctorale est également habilitée à délivrer le doctorat et l'habilitation à diriger des recherches dans les sciences sociales suivantes : économie, histoire, science politique, sociologie.

Doubles diplômes

Des doubles diplômes ont été créés ces dernières années avec des universités étrangères, qui permettent à un petit nombre d'étudiants de l'IEP et de l'université en question d'obtenir les diplômes des deux établissements à l'issue d'un cycle aménagé :

- en France avec

  • HEC Paris : "Master in public and corporate management" (programme bilingue)
  • l'École polytechnique et l'ENSAE ParisTech (École nationale de la statistique et de l’administration économique) en Economics and public policy (en anglais)
  • l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI) en "Sciences et politiques de l'environnement"
  • l'université Paris I (Paris-I) en "Droit international et organisations internationales" ou en "Droit et globalisation économique"
  • l'université de Strasbourg en " Droit économique européen"

- à l'international avec

  • la Freie Universität Berlin
  • l'université Columbia (New York)
  • la London School of Economics (LSE, Londres)
  • l'université Saint-Gall (Suisse)
  • la MGIMO (Moscou)
  • l'Université Bocconi (Milan)
  • la Warsaw School of Economics (Varsovie)
  • la Fundação Getulio Vargas – Escola de Administração de Empresas de São Paulo (São Paulo)
  • la Georgetown University (GU, Washington D.C.)
  • l'Université Keio (Tokyo)

Accès aux professions juridiques

Avocat

Le diplôme avec mention « carrières judiciaires » ou « droit économique » est reconnu comme équivalent à la maîtrise en droit pour l'exercice de la profession d'avocat en vertu d'un arrêté de mars 2007. Cet arrêté a suscité de vives protestations parmi les enseignants des universités, qui dénoncent l'insuffisance et la brièveté (trois ou quatre semestres, selon le master, si on ne compte pas le stage) de la formation juridique dispensée à l'IEP, la différence des moyens entre l'IEP et les universités, la différence de traitement entre l'IEP de Paris et ceux de province, et l'adéquation entre les épreuves d'admission en CRFPA (notamment la note de synthèse) et la formation de l'IEP. Les défenseurs de l'arrêté mettent en avant la variété et le caractère intensif des enseignements juridiques dispensés à l'IEP, la renommée des enseignants, le niveau du diplôme de l'IEP (bac + 5 contre bac + 4 contre la maîtrise en droit), l'égalité de tous les candidats à l'examen d'admission au CRPFA et l'existence d'autres équivalences qui ne suscitent pas de controverses.

Un recours en annulation contre l'arrêté du 21 mars 2007, déposé par des syndicats d'enseignants des universités, a été rejeté le 23 juillet 2008 par le Conseil d'État.

Magistrat de l'ordre judiciaire

S'interrogeant sur l'opportunité de recruter des auditeurs de justice non titulaires d'une maîtrise en droit (notamment ceux qui sont issus des IEP), la commission des lois du Sénat a proposé de maintenir inchangées les conditions de diplôme du concours de l'ENM, du moins tant que le nombre des admis non titulaires d'une maîtrise en droit reste marginal, mais aussi de modifier les coefficients des épreuves et d'établir des notes éliminatoires pour renforcer l'importance des épreuves juridiques.

En 2001, une cellule de réflexion sur les métiers de la fonction publique reprochait aux élèves de l'ENM issus de l'IEP des connaissances lacunaires en droit privé, leur formation étant centrée sur le droit public.

Études doctorales

L'IEP de Paris délivre des doctorats en droit, en économie, en histoire, en science politique et en sociologie. Environ six cents doctorants, dont deux cents étrangers, préparent une thèse au sein de l'école doctorale.

Executive Master

L'IEP de Paris délivre des diplômes Executive Master dans plusieurs domaines tel la Finance d'Entreprise. Ces programmes, d'une durée moyenne d'un an et demi, sont destinés aux cadres en activité.

MBA Sciences Po

L'IEP de Paris délivre un diplôme de gestion des entreprises : le Master of Business Administration, destiné aux professionnels à la recherche d'un accélérateur de carrière au niveau national et international, à une réorientation professionnelle ou à une création d'entreprise. Accrédité par le AMBA (Association of MBAs) et membre de l'AACSB, ce programme de 9 mois à plein temps est une formation bilingue anglais-français complète, assurée par un corps professoral prestigieux issu des meilleures universités et entreprises mondiales. Chaque année, une quarantaine d'élèves aux profils internationaux sont recrutés afin de bénéficier de ce programme court et personnalisé.

MPA Sciences Po

Sciences Po délivre également un diplôme de management des administrations publiques intitulé Master of Public Affairs. Voir https://mpa.sciences-po.fr/. (en anglais)

Préparation aux concours administratifs

La préparation aux concours administratifs est depuis la fin du XIX siècle l'une des fonctions historiques de l'établissement, qui fournit une part importante, voire la quasi-totalité des admis de certains concours administratifs ; ainsi la plus grande part des admis du concours externe de l'ENA en sont chaque année issus.

L'IEP de Paris propose une année complémentaire de préparation aux concours administratifs, dite « Prépa concours » ou « Prep'ÉNA ». Elle consiste essentiellement en une préparation aux principaux concours administratifs français de catégorie A : École nationale d'administration (ENA), École nationale de la magistrature (ENM), École des hautes études en santé publique (ENSP), Centre national d'études supérieures de sécurité sociale (CNESS), Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), ministère des Affaires étrangères (conseiller cadre d'Orient, secrétaire cadre général, secrétaire cadre d'Orient), Banque de France (adjoint de direction), tribunaux administratifs (conseiller de deuxième classe). Elle est principalement destinée aux élèves de la mention « Affaires publiques » du 2e cycle d'études du diplôme de Sciences-Po.

Recherche

Centres de recherche

Les centres de recherche dépendent institutionnellement, au sein de Sciences Po, de la Fondation nationale des sciences politiques. On peut notamment signaler le CERI, le CEVIPOF, le Centre d'études européennes, le CSO...

Docteurs honoris causa

Accordées de manière exceptionnelle, les distinctions honoris causa n’ont été remises qu'à quatre reprises dans l’histoire de l’école.

  • En 1989, ils sont décernés à :

  • Henry Ehrmann (Dartmouth College) ;

  • Albert O. Hirschman (Université Princeton) ;

  • Sergio Romano (ambassadeur).

  • En 1993, ils sont décernés à :

  • Boutros Boutros-Ghali (ancien secrétaire général des Nations unies) ;

  • Karl Dietrich Bracher (université rhénane Frédéric-Guillaume de Bonn) ;

  • Alexandre Lamfalussy (Banque des règlements internationaux) ;

  • Théodore Lowi (université Cornell) ;

  • Charles Tilly (université de New York).

  • En 2006, ils sont décernés à :

  • Robert O. Keohane (université de Princeton) ;

  • Peter A. Hall (université Harvard) ;

  • Mario Monti (université Bocconi de Milan) ;

  • Mark Granovetter (université Stanford) ;

  • Horst Möller (Institut d'histoire contemporaine de Munich) ;

  • Edmund Phelps (université Columbia).

  • En 2009, il est décerné à:

  • Vaclav Havel

Bibliothèque

Les élèves et enseignants utilisent la bibliothèque de Sciences Po, rattachée à la Fondation nationale des sciences politiques.

Campus

Jardin de Sciences Po, entre la rue Saint-Guillaume et la rue des Saints-Pères.

L'IEP de Paris occupe divers bâtiments dans le centre de Paris, qui sont possédés ou loués par la FNSP. La plupart sont situés dans le VII arrondissement, et plusieurs dans la rue Saint-Guillaume, qui désigne l'IEP par métonymie :

  • Au 27, rue Saint-Guillaume (ancien hôtel de Mortemart, construit en 1663, siège historique depuis 1879). Il abrite des salles de cours donnant sur la rue, une aile d'amphithéâtres construite entre 1933 et 1936 et rénovée en 2005 (Émile-Boutmy, Jacques-Chapsal, Anatole-Leroy-Beaulieu), et les deux plus anciennes salles de la bibliothèque. On y trouve la péniche, grand banc de bois.
  • Au 9, rue de la Chaise (ancien hôtel de Beaumanoir) : un petit hôtel particulier jadis attribué à l'année préparatoire.
  • Au 56, rue des Saints-Pères (ancien hôtel de Cossé, dit de la Meilleraye, premiers locaux de l'ÉNA de 1946 à 1978) : plusieurs étages de salles de cours, en particulier des enseignements de langues, et le service audiovisuel et l'atelier de cartographie. Un jardin fait la jonction avec le bâtiment principal.
  • Au 117, boulevard Saint-Germain (ancien hôtel du Cercle de la librairie et ancien centre culturel est-allemand) : siège de l'école de journalisme.
  • Au 174, boulevard Saint-Germain : locaux du MBA Sciences Po.
  • Au 199, boulevard Saint-Germain : siège de l'école doctorale.
  • Au 224, boulevard Saint-Germain : locaux des formations en histoire, avec une salle de cours.
  • Au 56, rue Jacob (ancien hôtel d'York) : le Centre d'histoire de Sciences Po et le Centre d'études et de recherches internationales y ont leur siège et accueillent certains enseignements de recherche.
  • Au 13, rue de l'Université (ancien hôtel Feydeau de Brou, précédemment locaux parisiens de l'ÉNA). Le conseil d’administration de la FNSP a rendu hommage à René Rémond en donnant son nom à cet immeuble.
  • Au 8, rue Jean-Sébastien-Bach : locaux du master urbanisme.
  • Au 26-28, rue des Saints-Pères : anciens locaux de l'Ecole Nationale des Ponts-et-Chaussée, rachetés par Sciences Po début 2009.

Ce « campus urbain », s'il contribue au prestige de l'institut et lui permet d'accueillir facilement des intervenants extérieurs en raison de sa proximité avec les lieux de pouvoir, pose des problèmes d'éclatement et de place, rendus plus sensibles encore par la rapide augmentation du nombre d'étudiants ces dernières années.

Vie associative

L'IEP reconnaît cinq associations permanentes, dispensées de la procédure de reconnaissance faisant appel au vote des étudiants :

  • le Bureau des élèves (BDE), association en charge de l’intégration des étudiants, de l’animation de la vie étudiante et des services aux étudiants, renouvelé par élection chaque année au mois de juin ; tous les étudiants peuvent monter une liste candidate ;
  • le Bureau des arts (BDA) ;
  • l'Association sportive (AS) ;
  • Sciences Po Conseil.
  • Sciences Po Environnement/Ecocampus

Vie syndicale

Les syndicats étudiants sont appelés à siéger dans les instances de Sciences Po : le Conseil de direction, la Commission paritaire et le Conseil scientifique.

Chaque année, en janvier, et ce depuis 1975, les étudiants de Sciences Po, votent pour renouveler leurs représentants. La participation à ces élections est généralement assez faible.

Enseignants

Les enseignements sont assurés par mille quatre cent personnes aux statuts variés. Les enseignants titulaires d'un poste à l'institut ou à la FNSP sont largement minoritaires.

Il y a seulement soixante-six personnes titulaires d'un poste de maître de conférences des universités ou de professeur des universités à l'institut. Une partie des cent soixante-treize chercheurs associés à l'un des centres de la FNSP, ainsi que des soixante professeurs étrangers invités chaque année, enseigne également.

Les autres enseignants n'enseignent que ponctuellement à l'institut. Ce sont soit des praticiens du domaine sur lequel porte leur enseignement (hauts fonctionnaires, dirigeants d'entreprises, personnalités politiques, intellectuels, etc.), soit des universitaires enseignant dans un autre établissement. Certains ne sont chargés que d'un seul enseignement, ce qui explique le nombre élevé d'« enseignants », un pour moins de cinq étudiants. Ils sont appelés « maître de conférence », étant chargé d'une « conférence de méthodes » (équivalent de travaux dirigés, ou TD, à l'université), mais ne sont administrativement que des vacataires. Cette spécificité remonte aux premières années de l'École libre des sciences politiques.

Les divers enseignants de l'Institut sont rattachés à des chaires, comme celle du développement durable ou encore celle du Mercosur.

Anciens élèves - L'Association des Sciences Po

Un grand nombre d'anciens élèves ont fait carrière dans la politique, la haute fonction publique, les médias, la recherche scientifique ou les entreprises, en France et dans le monde. D'autres ont joué un rôle important dans le domaine de l'art ou de la littérature.

Les anciens élèves de Sciences Po Paris forment l'Association des Sciences Po (Sciences Po Alumni). Trois ans seulement après la création de l’Ecole Libre des Sciences Politiques en 1872, les anciens élèves ressentent le besoin de maintenir les liens qu’ils ont pu nouer lors de leur scolarité. C’est en effet le 20 mars 1875 qu’ils se fédèrent officiellement, 26 ans avant le vote de la loi 1901 sur les associations ; c’est donc la formule de la « Société » qui est choisie. L’objet social est ambitieux : « établir des relations amicales, un lien de solidarité et d’aide mutuelle entre tous les anciens élèves, élèves et auditeurs de l’Ecole et éclairer, par la discussion et le travail en commun, les questions qui rentrent dans le domaine des Sciences Politiques ». En tenant compte des présidences par intérim et des réélections après une période d’inéligibilité, quarante présidents et deux présidentes se succéderont à la tête de l’institution depuis cette époque fondatrice. Dès l’origine, un annuaire est édité. Le conflit de 1914-1918 ne pouvait manquer d’avoir des effets perturbateurs ici comme partout ailleurs. Les conférences de sections et les repas d’anciens s’interrompent ; seules subsistent jusqu’en 1916, de grandes conférences permettant de débattre des événements de la guerre. Le 9 février 1920, l’Assemblée générale peut enfin se tenir après six ans d’interruption. Le bilan de la guerre est très lourd : plus de 200 membres sont morts ou disparus au combat... La période de l’entre deux guerres renoue avec la tradition : la « société » continue d’être le reflet de l’Ecole, qui forme ses élèves selon le modèle du « libéral éclairé » et prépare les candidats à s’intégrer dans les grands Corps de l’Etat. Elle anime des réunions et des grandes conférences, assure le service gratuit de la Revue des Sciences Politiques et celui de l’annuaire ; elle publie un bulletin, organise des excursions. Dès 1923, le bulletin rappelle que la Société a « la mission d’accorder aux plus jeunes son concours pour faciliter leur entrée dans la carrière qu’ils ont choisie ». Sciences Po n’échappe évidemment pas aux ambiguïtés ou discordances qui ont marqué la période de 1939-1945. Cependant, la Société des anciens élèves, comme l’Ecole elle-même, s’est comportée plus qu’honorablement pendant cette sombre période. Nombreux sont ceux parmi les anciens élèves qui participent à la Résistance et à la France libre.

Par ailleurs, lorsqu’en 1945, le bulletin reparaît, on peut y lire qu’un service d’entraide particulièrement efficace a permis de livrer aux prisonniers quelque 11 000 colis pour un montant de deux millions de francs. On apprend également que quatre nouvelles sections professionnelles (Assurances, Banques, Commerce-Industrie-Agriculture et Professions Libérales), « répondant aux préoccupations de la vie actuelle », ont été créées. Lors de la séance de son Conseil du 22 février 1946, la Société décide à l’unanimité de se transformer en association de la loi de 1901. Au-delà du changement de statut et d’appellation, elle s’adapte tout naturellement à la nouvelle page qui s’ouvre. Des sections éclosent dans les régions et à l’étranger. Les actions d’entraide ou de services se multiplient. L’association crée dans les années 50 un service de cours polycopiés et entreprend une activité de prêts ou de dons ; elle organise les premiers stages étudiants dans les entreprises, en relation avec la Direction de l’Institut ; plus tard, elle fournira un appui aux anciens élèves rapatriés d’Afrique du Nord. Elle n’en abandonne pas pour autant ses activités traditionnelles. Mai 1968 donne une fois de plus l’occasion de constater que l’Association vit non seulement à l’unisson de la Rue Saint Guillaume, mais également au rythme du pays. La remise en cause est générale. L’Association, pour sa part, s’efforce de la rendre aussi positive que possible. Les années 1970 vont être marquées par la présidence d’un homme de particulière envergure, Paul Delouvrier, qui fixe deux priorités : d’une part, le redressement de la gestion, d’autre part, le démarrage de nouveaux groupes professionnels et le placement des élèves et anciens élèves.

Chiffres-clés :

* 53 000 anciens élèves vivants en 2010 * 8 000 adhérents * Près de 80 entités (groupes professionnels, clubs, sections régionales et internationales) * Plus de 100 manifestations par an * 1,5 millions d’euros de budget * 13 permanents

En février 2010, un groupe de jeunes diplomés de l'école de journalisme de Sciences Po lancent le magazine trimestriel de reportages, d'enquêtes et d'entretiens Megalopolis, consacré au très Grand Paris, avec l'objectif ambitieux de devenir « le magazine de référence de la région parisienne », selon la proclamation des fondateurs dans l'éditorial du premier numéro.