Marcassite
Inventeur et étymologie
Elle a été distinguée de la pyrite, avec laquelle on la confondait, en 1814 grâce aux recherches du minéralogiste français René Just Haüy. Elle fut décrite ensuite par Wilhelm Karl Ritter von Haidinger en 1845. Son nom dérive de l'ancien arabe "marqachita”, devenu marchasita en latin médiéval qui désignait la pyrite et les minéraux semblables.
Cristallographie
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Elle cristallise dans le groupe d'espace Pnnm. Le groupe S2 forme un empilement idéalement hexagonal dans la marcassite, cubique dans la pyrite. La disposition du fer dans les octaèdres formés par le soufre, ainsi que la déformation de ces octaèdres, réduit la symétrie à orthorhombique. La structure de la marcassite est reliée à celle de la pyrrhotite comme la structure de la pyrite est reliée à celle de la galène.
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Paramètres de la maille conventionnelle : a = 4.445, b = 5.425, c = 3.388, Z = 2; V = 81.70 Den(Calc)= 4.88
Cristallochimie
Le groupe de la marcassite
Le groupe de la marcassite est constituéde minéraux du système cristallin orthorhombique, dont la formule générique est AX2, où A est un métal tel que le Fer, le Cobalt, le Nickel, l’Osmium, l’Iridium et ou le Ruthénium ; X pouvant être le soufre, l’arsenic, le sélénium et ou le tellure. Ce groupe comprend
- Anduoite Arséniure de Ruthenium et Osmium
- Ferroselite Séléniure de fer
- Frohbergite Tellurure de fer
- Hastite Séléniure de cobalt
- Iridarsenite Arséniure d'Iridium et de Ruthenium
- Kullerudite Séléniure de nickel
- Marcassite Sulfure de fer
- Mattagamite Tellurure de cobalt
- Omeiite Arséniure de Osmium et Ruthenium
- Löllingite Arséniure de fer ; (elle forme un sous groupe).
Gîtologie
La marcassite donne normalement des masses micro-cristallines. Elle se forme dans la zone de réduction, à partir de solutions acides contenant des ions fer et sulfure. On la trouve dans les roches carbonatées, carbonées mais aussi les roches métamorphiques d'origine sédimentaire, souvent associée à la pyrite.
La marcassite peut se former aussi par dépôt hydrothermal de basse température. Elle est un minéral commun quoique beaucoup moins que la pyrite, mais elle n'a aucune importance économique.
Histoire
La marcassite est connue dès le Paléolithique supérieur, mais aussi au Mésolithique et au Néolithique, où elle servait, comme la pyrite, à produire du feu par percussion. En effet, la faible énergie d'activation due au choc d'une pierre dure sur la marcassite suffit à déclencher la réaction d'oxydation exothermique (combustion) des particules de soufre et de fer arrachées. Ces particules incandescentes (étincelle chaude) sont immédiatement réceptionnées sur une matière végétale très fine et aérée, de type amadou, pour former une braise.
Gisements
On trouve de nombreux gisements de marcassite dans les terrains calcaires du Crétacé supérieur : craies de Folkestone et de Douvres dans le sud de l'Angleterre, craies de Normandie, de Champagne et de Picardie, argiles de décomposition des carbonates des environs de Paris, dans la région de Freiberg en Allemagne. On en trouve aussi dans le lignite des environs de Sokolov au pied des monts Métallifères (Pologne et République tchèque).
en Belgique
- Carrière de Beez près Namur
en France
en République tchèque
- Lomnice, Sokolov, Région de Karlovy Vary, Bohème.
Conservation
La marcassite est très sensible à une trop forte hygrométrie. En environnement trop humide, elle se décompose en formant de petits cristaux d'un sulfate de fer hydraté, la mélantérite, de formule FeSO4 7H2O, et de l'acide sulfurique H2SO4. Elle peut aussi s'oxyder en produisant des oxydes de fer tels que limonite et hématite et toujours de l'acide sulfurique. Les collectionneurs sont familiers de ces phénomènes d'oxydation : il est fréquent de retrouver à l'ancien emplacement d'un échantillon de marcassite un petit amas grisâtre d'oxydes de fer pulvérulents sur une tache jaunâtre d'acide sulfurique. Une parade à cette décomposition consiste à laquer ou vernir l'échantillon.
Synonymie
Le nom international, qu'il faudrait retenir, est Marcasite.
- alasanite,
- alazanite,
- binarite,
- binarkies,
- capillose (terme commun avec la millérite)
- hépatopyrite
- hydropyrite (Georgius Agricola),
- poliopyrites,
- pyrite blanche, fer sulfuré blanc (François Sulpice Beudant, 1830).
- pyrite crêtée, appellation ancienne
- pyrite rhomboïdale, appellation ancienne
- pyrite lamelleuse, appellation ancienne
- sperkise, désigne une marcassite présentant, sur {101}, des macles en fer de lance (dites macles de la sperkise). Sperkise dérive de l'allemand Speerkies (Speer signifiant lance et Kies gravier ou caillou). Cette macle est très courante dans les marcassites d'origine crayeuse, particulièrement celles du cap Blanc-Nez (Haut-Boulonnais, crétacé).
Galerie
![]() Marcasite du lignite - Sokolov, Tchéquie | ![]() Marcassite du lignite (Sokolov, Tchéquie), présentant une association cyclique de cristaux, typique de l'espèce minérale. | ![]() Marcassite montrant différentes tailles de cristaux. La couleur blanchâtre correspond à une altération en mélantérite (sulfatation) et la couleur rouille à une altération en oxydes de fer (hématite et limonite). Sokolov, Tchéquie. | |
![]() Marcassite du cap Blanc-Nez sur gangue de craie cénomanienne, macles de la sperkise (en fer de lance). | ![]() Plan rapproché sur macles en fer de lance. Marcassite du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais, France) | ![]() Autre habitus pour une marcassite du cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais, France) | ![]() Cristaux de marcassite sur nodule de pyrite fibroradiée. Cap Blanc-Nez, France. |
![]() Marcassite encroûtante sur grès calcaire d'âge primaire (carrière de Beez). Belgique. | ![]() Marcassite encroûtante sur grès primaire (carrière de Beez) Belgique |








