Peu de temps après le lancement du premier satellite, une anomalie est apparue sur le mécanisme de calibration de la voie infrarouge. En effet, pour calibrer parfaitement les valeurs des informations infrarouges, représentatives des températures observées sur la Terre, le radiomètre est équipé d'un « corps noir » de référence amovible. C'est le mécanisme de déplacement qui posait des soucis.
Après concertation avec toutes les équipes travaillant sur ce problème, la solution est venue de la Lune !
En effet, notre satellite naturel est visible de temps en temps en bordure des images de la Terre prises par Meteosat, et ce plusieurs fois par mois. L'idée est venue de Guy Lebègue, responsable de la qualité image des satellites, à laquelle il associa des astronomes de l'observatoire du CERGA, à Grasse, équipés de télescopes observant la Lune, y compris en infrarouge. Il suffisait d'enregistrer des images typiques de la Lune, les « mers » en particulier dont la température devait être bien connue, des astronautes américains s'y étant déjà promenés.
Hélas, toute la littérature de la NASA, consultée, ne comportait pas cette information. C'est donc une étude théorique et pratique, coordonnée par Guy Lebègue, qui fut mise en œuvre en ce début 1978 avec une modélisation de la température des « mers » en fonction des éclairements solaires et vérification par des mesures effectuées par les télescopes du CERGA par l'un des astronomes, Jean Gay. En avril, un modèle était prêt, transmis à l'ESOC pour programmation des logiciels de calibration, sous la direction de Jean Le Ber.
Cette opération originale et inédite valut une contribution au 29ème congrès de la Fédération Internationale d'Astronautique qui se tint à Dubrovnik en septembre de la même année.
Cette calibration est une donnée essentielle pour les calculs de la précision des températures des mers, utilisée pour le positionnement des flottilles de pêche.