Migration des oiseaux

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Introduction

La migration des oiseaux est un mouvement régulier observé chez de très nombreuses espèces d'oiseaux. Ce déplacement est, par exemple, une manière pour ces espèces d'échapper à un changement d'habitat ou une baisse de disponibilité de nourriture liée aux rigueurs d'un climat défavorable, mais peut aussi s'interpréter comme une maximisation des chances de reproduction.

Migration de bernaches nonnettes Branta leucopsis en Finlande

Plusieurs phénomènes ont réactualisé l'intérêt de l'étude de ces migrations. Tous les observateurs constatent l'impact de l'augmentation moyenne des températures sur terre sur la sédentarisation croissante de certaines espèces comme la fauvette à tête noire et le pouillot véloce. Pour l'hiver, certains étourneaux migrent même vers les villes plus au nord où ils trouvent, maintenant, alimentation et refuges. En outre, une meilleure protection de ces animaux passe par une bonne connaissance de leurs migrations. Enfin, les caractéristiques qui permettent aux oiseaux de se repérer sont encore mal connues. Les oiseaux peuvent aussi transporter des propagules lorsqu'ils se déplacent (microbes, plantules, parasites...) leur rôle en la matière est encore mal compris .

Étude des migrations

Les premières observations de migration ont été enregistrées au I millénaire av. J.-C. par Hésiode, Homère, Hérodote, Aristote… Ces migrations sont porteuses de symboles pour les Chinois comme pour Confucius, pour les Juifs dans la Bible et le signe d'une perfection divine dans le Coran.

Aristote, repris par Pline l'Ancien dans L'Histoire naturelle, a noté que certaines grues voyagent des steppes Scythes aux marais près des sources du Nil. En revanche, Aristote pensait que le rouge-gorge était une métamorphose hivernale du rouge-queue ou que certains oiseaux comme les cigognes, les merles, les tourterelles, les alouettes et les hirondelles hibernaient. Cependant, dès le XVI siècle, Pierre Belon fut un des premiers à rejeter la théorie de l'hibernation et à avancer, preuves à l'appui, celle de la migration. Dans son ouvrage Histoire naturelle des Oiseaux paru en 1770, Buffon adhère aux thèses migrationnistes et entraîne ainsi l'opinion de ses contemporains même si certaines réticences demeurent. Cette croyance persistait cependant en 1878, quand Elliott Coues a énuméré 182 ouvrages contemporains traitant de l'hibernation des hirondelles.

Observation et comptage

L'étude des migrations a débuté par l'observation des vols migratoires et par la collecte des dates d'arrivée et de départ de migrateurs stricts dans des régions données. En France, le premier site où les vols migratoires ont été dénombrés de façon systématique selon un protocole bien défini a été le Col d'Organbidexka, en bordure de la forêt d'Iraty, dans la province basque de la Soule (Pyrénées Atlantiques), rapidement suivi par la Pointe de Grave, à l'extrémité nord du Médoc. Depuis, c'est un réseau de plus de 40 sites qui sont suivis, dont plus de la moitié le sont régulièrement. Les résultats des comptages sont inscrits chaque soir sur le portail français de la migration, où chaque internaute peut les consulter sous forme de listes, graphiques etc.

Il faut mentionner ici que la valeur "citoyenne" de l'observation et du comptage de la migration s'est aussi exprimée au fil des ans par le biais de l'accueil de jeunes ornithologues en herbe qui se sont formés à la pratique rigoureuse de leur passion auprès des "spotteurs", comme on surnomme les responsables des comptages migratoires: on ne compte plus aujourd'hui les professionnels de l'environnement qui ont fait leurs premières armes dans ce cadre.

Baguage

Examen des caractéristiques d'une huppe fasciée baguée au Portugal

Le baguage a été proposé en 1899 par Hans Christian Cornelius Mortensen sur l'étourneau sansonnet. La première campagne de baguage rigoureuse a été menée par Johannes Thienemann en Prusse-Orientale en 1903. Cette expérience est reproduite ensuite en Hongrie en 1908, en Grande-Bretagne en 1909, en Yougoslavie en 1910 et en Scandinavie entre 1911 et 1914.

Aujourd'hui, les scientifiques couplent à cette technique l'utilisation du radar, la surveillance satellite, et l'analyse isotopique des plumes des populations. Une autre technique consiste à compter le nombre d'oiseaux passant devant la lune. En enregistrant des cris des oiseaux migrants et en les analysant en laboratoire pour déterminer les espèces, le nombre d'individus et les fréquences de passage, on obtient également des résultats. Les études actuelles ont pour but de connaître les flux de migration afin d'en déduire la densité des oiseaux et leurs itinéraires, et de comprendre les causes et les différentes formes de migration.

Observations radars

Écho d'oiseaux sur un radar

Les radars peuvent fournir des informations y compris la nuit ou à hautes altitudes lorsque les oiseaux sont cachés par les nuages. Suivant les modèles de radars, la sécurité aérienne obtient des informations sur l'intensité des passages, leur fréquence, et les caractéristiques des vols comme la vitesse et l'altitude. Cette technique a été inventée dans les années 1960 pour éviter les éventuelles catastrophes aériennes par impacts. En conséquence, cela évite aussi la mort des oiseaux. Les informations transmises aux ornithologues permettent de mieux connaître localement les flux de migration.

Observations satellites

Les balises de suivi par satellite sont utilisées pour suivre les oiseaux migrateurs depuis la fin des années 1980 et ont fourni des informations impossibles à obtenir auparavant. Leur précision est de l'ordre de 150 m. Les balises Argos étaient très utilisées en 1997. Elles pèsent environ 80 grammes. Si les émetteurs GPS sont disponibles depuis le début des années 2000, ils n'ont été miniaturisés pour pouvoir être fixés sur les oiseaux migrateurs qu'au milieu de la décennie. La précision de localisation est alors de l'ordre de 10 m. En fournissant des mesures régulières, ces balises permettent des projets pédagogiques ou scientifiques tels que le suivi en direct des mouvements sur Internet. En 2005, le poids d'un émetteur GPS est de 70 grammes.

Quelques exemples 

Depuis 1994, le CNRS et l'Institut polaire français - Paul Émile Victor ont équipé certains manchots royaux de balises Argos pour comprendre les déplacements alimentaires à différents moments du cycle annuel, en relation avec les conditions climatiques. Ces opérations ont été répétées pour le manchot empereur (résultat 2001), l'albatros hurleur (résultat 2002), et la cigogne blanche (résultat 1997). En 1998, toujours grâce aux balises Argos, le Service canadien de la faune a équipé des faucons pèlerins pour simplement connaître leur itinéraire.

En août 2005, pour mieux connaître les itinéraires des cygnes chanteurs, dix spécimens des steppes de Mongolie, région particulièrement touchée par la grippe aviaire, ont été équipés de GPS à alimentation solaire. Cela devait permettre au GAINS de mieux comprendre la propagation de la maladie. En 2006, dans le même objectif, 45 spécimens au total de Sarcelle d'été, l’oiseau effectuant des migrations intercontinentales le plus abondant, de canard casqué qui ne migre qu'en Afrique mais sur de longues distances, et de dendrocygne, le canard africain le plus abondant qui migre sur des petites distances, ont été équipés par des balises Argos de 12 à 30 grammes par une équipe du Cirad. La FAO a financé ces deux opérations.

Principe

Variabilité de migration pour le Milan noir habitat permanent zone d'hivernage zone de nidification

Au début de l'automne, beaucoup d'oiseaux migrent sur de longues distances, principalement depuis les zones tempérées, vers le sud, puis reviennent vers le nord au cours du printemps. Les zones tempérées nordiques offrent l'avantage d'avoir des jours plus longs que les zones méridionales et elles offrent de plus longues plages de temps aux oiseaux pour nourrir leurs jeunes. Les zones méridionales, plus chaudes, offrent en revanche un approvisionnement alimentaire changeant peu avec la saison mais où la compétition alimentaire est plus élevée. L'avantage de la migration compense les coûts énergétiques et les dangers liés à la migration. La prédation peut en effet être augmentée pendant la migration. Certains rapaces comme l'épervier d'Europe, suivent les groupes de passereaux migrateurs. D'autres, tel le faucon d'Éléonore, calquent leurs périodes de reproduction, avec le passage automnal des passériformes. Des faits du même ordre ont été également observés chez une chauve-souris, la grande noctule Nyctalus lasiopterus . Le voyage des oiseaux migrateurs est souvent dur et bon nombre d'individus n'atteignent pas leur destination.

Certaines espèces sont totalement migratrices, d'autres partiellement c'est-à-dire que certains individus migrent et que d'autres préfèrent rester sédentaires ou résidents, à savoir qu'ils restent sur place. La migration partielle est très commune pour les espèces des continents méridionaux. En Australie, 32 % des passériformes et 44 % des autres espèces d'oiseaux sont partiellement migrateurs. Certaines populations migrent sur des petites distances, quelquefois en plusieurs étapes, d'autres sur des distances plus longues. Pour certaines espèces, la période de migration et les distances peuvent varier en fonction des âges ou/et des sexes. Dans le cas des pinsons des arbres, une très forte majorité de femelles et de juvéniles migrent vers le sud en hiver tandis que les mâles sont beaucoup plus sédentaires.

Différents couloirs de migration Pacifiques Mississipi Ouest Atlantique Est Atlantique Méditerranée et Mer noire Ouest Asie et Afrique Asie centrale et Inde Est Asie et Australie

Panneau sur la Réserve nationale de faune du cap Tourmente illustrant la route migratoire de la Grande Oie des neiges.

Bien que vivant sur de vastes zones, les oiseaux migrateurs se concentrent le long d'itinéraires bien établis connus sous le nom de corridors ou couloirs de migration. Au Canada, le Parc national de la Pointe-Pelée se trouve sur un de ces corridors où passent plus 360 espèces d'oiseaux. En Europe, Gibraltar et le détroit du Bosphore figurent parmi les sites migratoires les plus renommés. En France, le col de Baracuchet, la jetée du Clipon et le cap Gris-Nez sont également des sites reconnus. Ces itinéraires suivent typiquement les littoraux ou les massifs montagneux en tirant profit des courants aériens ascendants et en évitant les barrières géographiques telles que de trop grandes étendues d'eau. L'altitude à laquelle les oiseaux volent peut changer durant la migration. Ces considérations sur les barrières géographiques s'appliquent d'une façon inverse sur les oiseaux terrestres ou côtiers et sur les oiseaux de mer. Pour ces derniers un grand secteur de terre sans eaux superficielles pour les ressources alimentaires est une barrière infranchissable. Ainsi la bernache cravant qui migre de la péninsule de péninsule de Taïmyr vers la mer des Wadden se détourne par la mer Blanche plutôt que de traverser l'océan Arctique et le nord de la Scandinavie. On a pu également montrer que ces itinéraires ne sont pas forcément optimum énergiquement parlant c'est-à-dire que les itinéraires qui relient les haltes ne sont pas les plus courts. Ce ne sont pas non plus les itinéraires qui passent par les meilleures zones d'approvisionnement. Ces itinéraires peuvent résulter de modification d'aire de destination ou de départ comme dans le cas de l'augmentation de l'aire de répartition de la Grive à dos olive d'il y a 10 000 ans.

Les oiseaux ne volent en général que quelques heures dans la journée puis font halte sur des surfaces propices où ils peuvent se reposer et se nourrir. Certaines traversées, comme celle de la Méditerranée, peuvent s'avérer plus longues. La position de ces haltes migratoires semble influer les trajectoires et les durées de vol. Ces haltes sont, au vu des expériences menées, apprises par certaines espèces qui vont ensuite y retourner, année après année, comme le montre le baguage. Par conséquent la protection de ces zones est un enjeu important dans la lutte pour la protection des oiseaux. En Amérique du Nord, le fleuve Delaware et la baie de Fundy sont des haltes importantes pour les échassiers. La barge rousse serait l'oiseau migrateur à parcourir la plus longue distance sans halte. Elle voyage depuis l'Alaska jusqu'à la Nouvelle-Zélande c’est-à-dire 11 000 km.

La migration dans l'hémisphère méridional est beaucoup plus difficile à cerner que celle de l'hémisphère nord. Ces espèces migrent globalement du sud au nord, à cause de la géographie, les couloirs sont plus étroits et moins accessibles à la surveillance humaine et les espèces concernées font des vols plus longs et s'alimentent durant leur vol. Enfin certaines espèces migratrices ont aussi des individus résidents dans les zones d'observation et il est très difficile de distinguer les migrants des résidents.

Origine

L'origine des migrations n'est pas connue et les scientifiques ne disposent pas de fossiles pouvant étayer leurs hypothèses. On estime cependant que l'alternance des épisodes climatiques glaciaires et des épisodes plus tempérés est prépondérante dans l'apparition des phénomènes migratoires. Dans cette hypothèse, seules les espèces migratrices auraient survécu aux périodes froides. Les migrations ont pu s'initier lorsque les espèces du Sud ont reconquis les niches écologiques vacantes du Nord.

Types de migrations

Chaque espèce migratrice adopte son propre mode de migration. Ces types migratoires sont très divers. C’est-à-dire que certaines espèces migrent de jour, d'autres de nuit. Certaines font de nombreuses étapes, d'autres volent sans halte, etc. Connaître ces migrations constitue un enjeu économique important pour certaines espèces.

Classement par type de locomotion

Les oiseaux utilisent différents moyens pour migrer, certaines espèces utilisent plus ou moins complètement le vol battu comme les hirondelles avec des séquences de repos planée, d'autres espèces utilisent les courants ascendants pour consommer moins d'énergie, comme les rapaces migrateurs ou les cigognes. Plus rarement, certaines espèces migrent à la nage, comme les canards, et surtout les petits pingouins qui parcourent ainsi plus de 1 000 km, c’est-à-dire du Groenland au Spitzberg. D'une manière unique, le Manchot empereur parcourt des dizaines de kilomètres en marchant ou en glissant sur le ventre pour rejoindre sa zone de ponte, pourtant dépourvue de toute nourriture. Des adaptations anatomiques spécifiques pour l'alimentation en oxygène sont nécessaires aux oiseaux volant très haut.

Le vol battu

Les fringillidés, les fauvettes, des turnidea utilisent ce genre de vol. Les observations sont rares pour les plus petits oiseaux, cependant il semble que ceux-ci volent plus bas que les oiseaux plus gros. La hauteur du vol semble dépendre de plusieurs facteurs comme du relief, de la présence d’eau, du climat, du vent ou du fait que le vol se fait de jour ou de nuit. Les oiseaux qui utilisent le vol battu volent, selon les espèces, du ras du sol jusqu'à 900 m la nuit avec une moyenne autour de 400 m. Les spécimens qui ne migrent pas ne volent pas aussi haut. Certaines espèces, pour se réserver un temps de repos, se laissent tomber puis remontent, se laissent de nouveau retomber, etc.

Vol de grues cendrées qui privilégient le vol à voile

Comme la migration en vol battu demande beaucoup d'énergie, les espèces qui pratiquent ce genre de vol font des pauses fréquentes. En outre, elles accumulent plus de graisse que les autres espèces pendant leur Zugunruhe. Ces espèces sont moins soumises aux vents.

Le vol à voile

Les oiseaux recourant aux ascendances thermiques pour planer volent à une altitude comprise entre 2 000 et 6 000 m, cependant des oies ont été enregistrées à 9 000 m et des vautours à 11 000 m. Une fois au sommet de l’ascendance, les oiseaux entament une trajectoire descendante dans la direction souhaitée jusqu'à ce qu'ils retrouvent une autre ascendance. Pour des raisons d'aérodynamique, les espèces qui utilisent ce genre de vol voyagent de jour et évitent le plus possible les grandes étendues d'eau.

La nage

Les juvéniles des guillemots de Brünnich effectuent une migration à la nage sur plus de 1 000 km, accompagnés par leurs pères, eux-mêmes incapables de voler car en période de mue. Le Plongeon arctique procède lui aussi, mais moins spectaculairement, à une migration pour le début du trajet à la nage. Certaines espèces de manchots effectuent de grandes migrations en pleine mer comme les Pygoscelis et au contraire, d’autres ne migrent pas, comme le manchot des Galapagos.

Classement par distance

Les migrations longues distances

Elles ont lieu, pour la plupart, sur un axe nord-sud comme le râle des genêts. Quelques rares espèces migrent sur de longues distances en restant sous les tropiques. Il existe aussi quelques rares espèces qui opèrent des migrations longue distance d'un lieu en altitude comme Ficedula subrubra et la grive de Ward Zoothera wardii de l'Himalaya vers les hauts plateaux du Sri Lanka. Toutes les espèces ne migrent pas nécessairement vers des zones sans hiver, les oies à bec court migrent de l'Islande ou du Groenland vers la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas. Chez les Anatinae, c'est même plutôt l'exception, comme pour la sarcelle d'été qui migre jusqu'en Afrique, Inde ou Indonésie.

Grâces aux radars, des scientifiques ont montré que certaines espèces de petits insectivores passereaux, colibris ou oiseaux mouches, voyageurs nocturnes, faisaient des haltes dans la journée au Sahara alors que l'on pensait qu'elles le traversaient sans s'arrêter.

La barge rousse détient le record de parcours en une seule étape de 11 000 km. 55% du poids de cet oiseau correspond à des réserves de graisse qui vont être brûlées pour ce voyage. Certaines populations de Puffin fuligineux sont capables de parcourir 65 000 kilomètres en six à dix mois. Cet oiseau de moins de quarante centimètres produirait la plus grande migration du monde animal. Les puffins, qui sont des oiseaux à longue longévité, peuvent parcourir des distances énormes au cours de leur vie.

Ce type de vol n'est aucunement lié à la taille des oiseaux, de très petits oiseaux comme les colibris peuvent effectuer de très longues migrations.

Les migrations courtes distances

Beaucoup d'espèces d'oiseaux ne migrent que sur des distances courtes en suivant des schémas qui peuvent être très différents. Ces espèces sont en général plus sensibles au froid qu'à la longueur du jour. Ainsi, si les conditions le permettent, elles restent facilement sur place. Certaines espèces comme le tichodrome échelette et le cincle plongeur migrent uniquement des montagnes vers les plaines durant la saison froide. D'autres espèces comme le faucon émerillon ou l'alouette des champs se déplacent simplement légèrement plus au sud. Le pinson des arbres de Grande-Bretagne migre dans le sud de l'Irlande lors des périodes très froides.

Sous les tropiques, il y a peu de variation de la durée le jour tout au long de l'année, et il fait toujours assez chaud. Indépendamment des mouvements saisonniers des espèces nordiques, beaucoup d'espèces comme le martin-chasseur du Sénégal migrent localement en raison de l'alternance des saisons sèches et saisons des pluies.

Modes de migration

Les oiseaux à migration diurne sont plus nombreux que ceux à migration nocturne. Certaines espèces sont spécifiquement diurnes comme les Fringilla, les hirondelles et les plus grandes espèces utilisant le vol à voile. D'autres préfèrent le vol de nuit comme les limicoles ou les cailles des blés. Certaines espèces diurnes peuvent aussi migrer la nuit comme les pipits ou les alouettes. La migration nocturne offre plusieurs avantages. En effet les prédateurs sont moins nombreux, la chaleur se fait moins sentir et la déshydratation est plus faible, les effets thermiques liés au relief, perturbant le vol, sont également plus faibles. Pour les espèces volant le plus haut en vol battu, les turbulences verticales sont plus faibles. Tout ceci concourt à rendre le vol de nuit plus économique énergétiquement. Cependant les espèces utilisant les courants ascendants ne peuvent le faire que de jour et ces oiseaux doivent bénéficier d'un mécanisme qui leur permet de compenser le temps de sommeil perdu.

La plupart des oiseaux migrent en groupe, par espèce, indépendamment du fait qu'ils soient sociaux ou solitaires. Ils forment des formations en chevron. Dans cette approche, l'oiseau en tête doit fournir les efforts les plus importants pour vaincre la résistance de l'air. Les autres oiseaux du groupe ayant à fournir un effort moindre. On a pu prouver que ce type d'organisation permet une économie d'énergie globale de 23 %. Ces groupes peuvent varier au hasard des haltes. Les Carouges à épaulettes ont la caractéristique de ne voyager qu'en nuée unisexe.

Schéma complexe de migration du Corvus frugilegus habitat permanent ou partiellement migratoire zone d’hivernage source préférentielle de migration ← habitat de la sous-espèce C. f. pastinator habitat d’hiver de cette sous-espèce

Les migrations peuvent être dites partielles, c’est-à-dire qu'elles ne touchent qu'une partie des populations, suivant l’âge, le sexe, ou la détermination de chaque oiseau. Elle est dite totale lorsque toutes les populations partent. Cependant ce comportement varie au sein d'une espèce en fonction de l'habitat d'origine. En Finlande, le rouge-gorge est presque entièrement migrateur alors qu'en France quelques individus seulement migrent et qu'en Espagne tous sont sédentaires. Le taux de migration ainsi que la distance parcourue dépendent également de la rigueur des hivers et donc des années. Du fait du réchauffement climatique les taux de migration partielle augmentent. Les femelles de merle noir et les juvéniles migrent plus facilement que les mâles adultes. On peut énumérer pour la France, le rouge-gorge, la mésange bleue, la linotte mélodieuse, le pinson des arbres, l'étourneau sansonnet, la grive musicienne, la grive draine, le merle noir. Les mâles peuvent également partir avant les femelles et ainsi réserver un espace favorable à la nidification. Les jeunes partent souvent plus tard, sans doute pour la même raison.

Pour certaines espèces, comme le chocard à bec jaune, les individus nichent la nuit à un endroit et chassent la journée dans un autre (plus précisément en montagne), durant toute une saison, puis les autres saisons, restent au même endroit, là où ils nichent. Ces mouvements sont quelquefois nommés migrations altitudinales saisonnières.Certains se battent pour être le chef de leur groupe de vol. Ceci arrive plus souvent chez les chocards.

Classement géographique

Bien que cela ne soit pas le plus courant ni le plus pertinent, on peut classer les migrations en fonction de l'origine des oiseaux. On distingue donc les espèces tropicales, dont beaucoup d'espèces sont sédentaires car les ressources en nourriture varient peu. Pour ces espèces, certaines migrent sur de petites distances en fonction de la saison des pluies. Quelques-unes migrent sur de longues distances, comme le coucou Morococcyx erythropygus entre l'Inde et l'Afrique de l'ouest. C'est parmi les espèces vivant sous les climats tempérés que l'on trouve les plus grands voyageurs. Les conditions hivernales sont, dans ces zones, rendues difficiles par le froid et la diminution de la nourriture. Enfin, on distingue les oiseaux de mer, pour qui, mis à part pour quelques espèces comme la sterne arctique et les puffins, il est souvent difficile de caractériser les migrations ou même de faire la différence entre migrations et mouvements. On note cependant que leurs déplacements sont souvent très différents selon que les individus sont jeunes ou adultes.

Aptitudes liées à la migration

Pour migrer les oiseaux font appel à des aptitudes innées et acquises. Deux mécanismes différents sont mis en œuvre, l'espèce doit savoir quand migrer et en éprouver le besoin et elle doit également savoir comment s'orienter et où aller.

Le besoin de départ

La migration n'est pas un phénomène obligatoire et c'est l'oiseau qui, en fonction de paramètres physiologiques et hormonaux ou alimentaires, est poussé à partir ou non. La date n'est pas commune, certaines espèces partent avant de manquer de nourriture, d'autres, comme certains canards, attendent les premières glaces. Si un individu reste et que les conditions climatiques changent ou si la nourriture manque, alors il meurt. De nombreux oiseaux à l'approche du départ montrent une activité plus élevée et un stress appelée Zugunruhe. Ce sont des phénomènes hormonaux, souvent accompagnés d'un engraissement (par un phénomène de stéatose hépatique), qui poussent l'oiseau à partir. Les grandes plumes des ailes, les rémiges, se renouvellent (mue). Ces phénomènes sont provoqués par la diminution de la durée du jour et de la baisse de température. Les processus physiologiques et hormonaux qui conduisent en fin de compte au départ sont actuellement objets de recherches intensives.

L’orientation

On ne sait pas exactement quelles sont les capacités qui permettent aux oiseaux de s'orienter, cependant plusieurs aptitudes sont surement mis en œuvre : la vue, la perception du champ magnétique terrestre et l'odorat. L'odorat étant même pour certains auteurs le sens le plus important pour les pigeons bisets. Des études sur les grives à dos olive montrent non seulement qu'elles détectent le magnétisme mais aussi qu'elles savent l'utiliser pour s'orienter, il en est peut-être de même pour tous les oiseaux migrateurs. Ces derniers auraient une « vision » des champs magnétiques grâce à des molécules rétiniennes (cytochrome et FAD) qui donneraient une superposition « d’ombres et de lumières » par-dessus le spectre lumineux visible.

Certaines expériences montrent que le champ magnétique terrestre n'est pas le seul moyen, puisque, par exemple, alors que celui-ci est inversé dans certaines zones terrestre les oiseaux ne le suivent pas. Certaines espèces mises en cage montrent une direction préférentielle qui correspond à la direction migratrice qu'ils emprunteraient en vol, de plus les grives à dos olive peuvent corriger leur migration en fonction de paramètres extérieurs comme leur direction par rapport à la position du lever de soleil. Ainsi, les espèces nocturnes s'orienteraient grâce aux étoiles, des chercheurs ont découvert une zone spécifique dans le cerveau de ces espèces qui semble spécialisée pour cette tâche. D'autres facteurs peuvent être utilisés comme des bornes olfactives ou visuelles. Cependant, pour expliquer convenablement les migrations, il est nécessaire de supposer que les oiseaux forment une carte mentale des trajets. Les jeunes oiseaux apprenant les trajets des plus anciens. Ainsi il a été possible d'enseigner, avec l'aide d'un ULM, un nouvel itinéraire de migration à des grues blanches après réintroduction. On a également pu enseigner à des bernaches du Canada un trajet de migration plus sûr.

Les oiseaux peuvent s'égarer et sortir de leurs routes connues. Des individus, surtout jeunes, peuvent voler plus loin que leur destination prévue, il semble donc que la durée du vol n'est pas innée, ce qui est logique car trop dépendant du vent. On a pu également observer, pour des jeunes de plusieurs espèces des migrations inverses, qui peuvent amener les individus à des milliers de kilomètres en opposition à la destination normale. Cette erreur rare est plus largement répandue chez les espèces comme les cygnes ou Passériformes, par exemple le Pouillot de Pallas, chez qui la route est davantage "programmée" génétiquement. Dans ce cas s’ils réussissent à survivre à l'hiver, ils peuvent, l'année suivante, s'orienter dans la bonne direction ou commettre la même erreur. Cette erreur arrive plus souvent chez les oiseaux américains. De nombreux oiseaux, souvent les plus jeunes sans expérience meurent sur le trajet, ils peuvent par exemple être entraînés par les vents.

entonnoir d'Emlen

Pour tester cette capacité, les scientifiques utilisent un appareillage spécifique connu comme l'entonnoir d'Emlen qui consiste en une cage circulaire avec le sommet couvert par verre ou écran de fil pour que le ciel étoilé ou un planétarium soit visible. Le comportement de l'oiseau, et plus spécifiquement son orientation, est alors étudié en fonction de ce que celui-ci peut observer.

Les adaptations

On peut reconnaître les oiseaux migrateurs à certaines caractéristiques morphologiques ou anatomiques. Par exemple les oiseaux sédentaires possèdent en général des ailes plus courtes aux bouts arrondis.

Les oiseaux accumulent une grosse quantité d’énergie sous forme de graisse sous cutanée au niveau de la fosse claviculaire jusqu'aux flancs sur une courte période.

Pour se permettre des vols à haute altitude dans une atmosphère froide et pauvre en oxygène, les oiseaux bénéficient d'un système respiratoire bien plus performant que ceux des mammifères classiques. Leur hémoglobine dont la viscosité et les performances en transfert d'oxygène sont variables en fonction des conditions extérieures et la configuration de leurs poumons expliquent cette caractéristique.

Les espèces d'oiseaux, même celles qui ne volent pas, semblent sensibles aux champs magnétiques. Les espèces à migration nocturne doivent bénéficier d'un mécanisme qui leur permet de compenser le temps de sommeil perdu.

Selon l'hypothèse de Peter Ward, les ancêtres dinosauriens des oiseaux auraient acquis ces caractéristiques lors de l'Extinction du Trias-Jurassique survenue entre 175 et 275 Ma et qui aurait été due à une chute drastique du taux en oxygène de l'air.

Variation naturelle des migrations

Le comportement migrateur peut évoluer dans plusieurs circonstances, en fonction de caractéristiques environnementales comme la densité de population ou la diminution des ressources.

Si la population des espèces résidentes augmente saisonnièrement sur certaines zones, les ressources locales, alimentaires ou autres, peuvent diminuer. En conséquence la migration augmente, comme celle du Paruline masquée en Floride. De plus les espèces migratrices, bénéficiant d'un ensoleillement plus important, croissent plus rapidement, elles deviennent plus abondantes que les populations résidentes. Si les conditions environnementales modifient l'équilibre naturel, la population résidente peut même être amenée à disparaître bouleversant les modèles de migration actuels. C'est le cas des fauvettes à tête noire qui migrent en Grande-Bretagne.

En outre, les oiseaux doivent tenir compte de la météo, en effet les vents tournent sous l'effet de la rotation de la terre. Les parcours sont alors loin d'être linéaires. Les oiseaux doivent les ajuster et sans arrêt compenser les dérives.

En outre, les oiseaux peuvent migrer au-delà de leur zone de présence habituelle pour, par exemple, pallier le manque de ressources. On parle dans ce cas d'irruption. Ce phénomène aléatoire est bien connu pour le jaseur boréal et le bec-croisé des sapins. En Europe de l'Est ces nuées d'oiseaux étaient considérées comme des phénomènes néfastes. Il peut être influencé par des alternances de périodes de sécheresse ou d'humidité dans des régions qui disposent de vastes zones arides comme en Afrique australe ou en Australie centrale. Il peut aussi être consécutif aux perturbations provoquées par les oscillations climatiques liées à El Niño.

Certains oiseaux peuvent également se perdre en route ou être dispersés et désorientés à cause du mauvais temps, ainsi ils peuvent s'établir dans des biotopes qui leur correspondent dans d'autres régions que leur région habituelle et donc être source de colonisation. Cependant, en général ils disparaissent ou repartent rapidement, on parle d'oiseau rare ou accidentel.

Les abmigrations

Les abmigrations sont des migrations de spécimens qui ne passent pas par le couloir habituel de l'espèce. Ceci permet d'apercevoir des oiseaux dits rares. En général, ce type de migration a lieu lorsque des spécimens de plusieurs espèces voyagent ensemble, l'une imposant à l'autre son propre couloir. C'est le cas des spécimens de faucon de l'Amour lorsqu'ils voyagent avec des Faucons kobez. Ces derniers gagnent leur site de nidification dans l'ouest de l'Asie par le sud de l'Europe. Les faucons de l'Amour qui les suivent doivent ensuite poursuivre leur route jusqu'à l'est de l'Asie, alors que s'ils partent seul, ils gagnent directement l'est de l'Asie. Certains d'entre eux, trouvant peut-être la route trop longue et l'habitat adéquat, restent nidifier en Italie. Ce phénomène est très fréquent pour les Anatidae qui vivent en large colonie ou les Laridae.

Les migrations inverses

La théorie de la migration inversée est une théorie controversée sur les migrations inversées à 180° des Pouillot, chez qui la route de migration est « génétiquement programmée ». Cette théorie a été présentée pour la première fois en 1969 par Robol pour expliquer cette anomalie.

Les migrations miroirs

Analogues aux migrations inverses, les oiseaux qui parcourent ces routes inversent leur gauche et leur droite.

Relations avec les humains

Impact des activités humaines sur les migrations

L'impact de l'augmentation moyenne des températures sur terre a une influence évidente sur la sédentarisation de certaines espèces comme la fauvette à tête noire et le pouillot véloce. De plus on observe que la migration de certains étourneaux de l'hémisphère nord s'est même inversée, ces oiseaux trouvant des ressources alimentaires ou des gîtes dans les villes plus au nord. La Fauvette à tête noire d'Europe centrale a changé sa migration hivernale en allant en Grande-Bretagne, où elle trouve des nichoirs alimentés en abondance, plutôt que de traverser les Alpes vers l'Europe du Sud et l'Afrique du Nord. La corneille en Scandinavie ne migre plus que rarement, et l’on suppose que l'avantage de la migration est devenu plus aléatoire que celui de la sédentarisation car ces oiseaux trouvent de la nourriture en abondance dans les dépôts d'ordures. Certains colibris roux, aux États-Unis, montrent une tendance à migrer d'ouest en est durant l'hiver plutôt que de migrer vers l'Amérique Centrale. Ce phénomène a toujours eu lieu, mais en raison des perspectives alimentaires fournies par les humains, ceux-ci survivent mieux et transmettent leur route de migration à leur progéniture. Cette espèce se montre assez résistante et si la nourriture et les abris sont suffisants, cette population est capable tolérer des températures de -20°C.

Des études du milieu des années 2000 montrent que le nombre oiseaux migrateurs empruntant le couloir Afrique-Eurasie a fortement chuté en quelques années. Les espèces migrant sur l'itinéraire Asie-Pacifique sont aussi touchées et plus particulièrement des échassiers. D'autres espèces sont amenée à modifier considérablement leur couloirs traditionnelles comme les parulines du Canada dans l'axe inter-américain, faute d'espace où nidifier.

La destruction des zones de halte par le changement des pratiques agricoles et l'assèchement des zones humides, leur salinisation ou pire leur engloutissement à cause de l'élévation du niveau de la mer contraignent certaines espèces à faire des vols journaliers plus longs, et par conséquent, les affaiblissent et augmentent leur mortalité. Pour protéger les zones importantes pour la conservation des oiseaux, l'Union européenne a édicté une directive spécifique : la Directive oiseaux.

La chasse, en causant des prélèvements trop importants sur certaines populations migratrices déjà affaiblie pour des raisons environnementales, mettrait en danger l'existence de celle-ci.

Impact de ces migrations sur les activités humaines

Certains oiseaux migrateurs posent des problèmes à la sécurité aérienne en constituant des dangers pour les avions à cause des collisions spécifiques.

Les sites d'observation deviennent des sites touristiques. Certaines manifestations annuelles attirent plusieurs milliers de personnes comme l'opération Tête en l'Air.

Certaines espèces, cycliquement, en fonction de paramètres météorologiques, deviennent invasives.

Zoonoses

Les oiseaux contribuent à la diffusion sur de longues distances de nombreux germes et parasites dont ils constituent parfois les hôtes intermédiaires. Le tiers des oiseaux seraient porteurs de tiques et les disséminent le long de leurs couloirs migratoires. Ces types peuvent également être porteurs de maladies comme Rickettsia mongolotimonae, Rickettsia africae ou le virus Congo-Crimée.

On soupçonne les oiseaux migrateurs de propager la grippe aviaire, il semblerait que cela ne soit le cas en Europe que d'est en ouest, d'un élevage à un autre.

Protection

La prise de conscience qu'il faut protéger les oiseaux est un phénomène ancien puisqu'en 676 Cuthbert de Lindisfarne édicte ce qui pourrait bien être la première loi de protection de ceux-ci. Cependant, il a fallu attendre le début du XX siècle pour les premières lois comme la loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs de 1917 entre les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne. Elle protège plus de 800 espèces d'oiseaux migrateurs. De nombreuses associations de protection de la faune et plus particulièrement des oiseaux sont créées. D'autres conventions sont prises, plus tard, avec la Russie, le Mexique et le Japon. En 1934, les États-Unis mette en place le Migratory Bird Hunting Stamp Act qui permet d'acquérir des zones humides, étapes ou lieux de résidence de gibiers d'eau dont de très nombreux oiseaux migrateurs.

En France, il n'existe pas de loi spécifique pour protéger les migrateurs. Même si les premières Réserves naturelles datent de 1930 et les Parcs nationaux de 1960, la protection des oiseaux migrateurs était mal assurée et peu appliquée. La loi de protection de la nature du 10 juillet 1976 a permis d'améliorer fortement la situation. En 1979, la Convention de Bonn créé un cadre juridique mondial pour la protection des espèces migratrices dont les oiseaux et la directive européenne Directive oiseaux protège mieux encore les migrateurs et leurs zones de halte et reconnaît un rôle privilégié aux associations protectrices de la Faune et la Flore. Depuis cette loi, les associations de chasseurs et de protection de la nature s'affrontent dans Midi-Pyrénées sur les dates d'ouverture de chasse non respectées. La France a été, à de multiples reprises condamnée par les instances européennes. En 1988 les États-Unis, le Canada et le Mexique ont mis en place un système commun de gestion très efficace, pour les canards et les oies. En outre les États-Unis ont révisé leur liste d'oiseaux à protéger. Le dispositif mis en place permet de moduler le prélèvement, espèce par espèce, pour chacune des grandes voies de migration. En 1999, l’accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie est signé par 14 pays. Un tel dispositif, s’appuyant sur un réseau efficace d’observations et d’analyses scientifiques, permettrait une approche beaucoup plus réaliste à la nécessaire conciliation de la chasse et de la conservation des espèces que celle de l'Union européenne. Depuis le début des années 2000, des réflexions transnationales ont lieu pour la protection de l'ensemble des migrateurs au sein d'un concept appelé Réseau écologique.

En 2000, en France, une loi jugée scandaleuse par les associations de protection des oiseaux, est adoptée. Elle élargit, au mépris des accords européens, les dates d'ouverture de la chasse aux oiseaux migrateurs c'est-à-dire sur près de 7,5 mois contre 5 en moyenne en Europe. De plus, sur les 50 espèces migratrices chassées, 24 sont des espèces menacées, bien davantage que tout autre pays européen.

La LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) est le représentant officiel en France de Birdlife international.

Migration des oiseaux et l’art

L’hirondelle qui évoque à la fois le voyage lointain et le retour du printemps, se rassemblait en groupes importants sur les fils, avant son départ automnal.

De nombreux proverbes dans de plusieurs langues font référence à la migration des oiseaux, comme L'hirondelle ne fait pas le printemps ou Entre mars et avril, on sait si le coucou est mort ou en vie en France.

L’œuvre de François-René de Chateaubriand le Génie du christianisme comporte un chapitre appelé Migration des Oiseaux. Oiseaux aquatiques ; leurs mœurs. Bonté de la Providence. célébrant la bienveillance de Dieu qui apporte là une manne pour « pour servir à notre table ».

Plusieurs films documentaires, sortis au cinéma, ont été réalisés, comme la Marche de l'Empereur de Luc Jacquet ou Le Peuple Migrateur de Jacques Perrin.

Le phénomène de nuée d'oiseaux a été évoqué dans Le Mur du temps de Ernst Jünger.

L'humoriste français Pierre Desproges a écrit : « Un oiseau migrateur est un oiseau qui ne peut atteindre que la moitié de son dos avec sa patte pour se gratter ».