(voir aussi : Régime sans caséine ni gluten)
Avec le régime hypotoxique, Seignalet propose le retour à une alimentation plus proche de ce qu'elle était probablement il y a 5.000 ou 10.000 ans. Il préconise d'écarter les aliments et modes de préparation jugés potentiellement nocifs ou inadaptés à l'organisme de l'être humain.
Suppression des produits laitiers
Jugeant le lait inadapté à l'homme adulte, Seignalet préconise une alimentation sans aucun produit laitier : lait pasteurisé , UHT, yaourts, fromages, beurre, ainsi que tous produits dans lesquels entrent les poudres de lait comme ingrédient.
Suppression du gluten et des céréales mutées
Seignalet considère que les enzymes et mucines de certains humains ne sont pas adaptées à la structure de certaines protéines du blé et du maïs, a fortiori lorsqu'elles sont transformées par la cuisson. Il préconise l'élimination de toutes les céréales contenant du gluten, ainsi que tous les aliments dérivés : pain, pâtes alimentaires, pizza, gâteau. Sont autorisés par le régime le riz, et d'autres graines susceptibles de remplacer les céréales: le sarrasin, le sésame, la châtaigne et peut-être aussi le quinoa et le millet.
Utilisation d'huiles non raffinées et d'aliments biologiques
Pour Seignalet, le mode de fabrication industrielle des huiles alimentaires et des margarines pose problème car les techniques mises en œuvre pour augmenter les rendements d'extraction induisent des modifications nocives. Le chauffage à la vapeur d'eau entre 160 °C et 200 °C, surtout employé vers la moitié du XXe siècle, engendre des acides gras insaturés trans. Les procédés actuels : extraction à froid par des solvants, raffinages, décoloration, désodorisation, éventuellement hydrogénation sont susceptibles de dénaturer le produit et les solvants plus ou moins nocifs tels que l'hexane utilisés pour extraire à froid, ne sont pas complètement éliminés du produit final.
Suivre le régime hypotoxique implique donc l'emploi exclusif d'huiles vierges (extraction mécanique, aucun traitement chimique, aucun raffinage, absence d'insecticides et de pesticides), consommées crues : huile d'olive vierge, huile de colza, huile de noix, huile de noisette... toutes issues d'une pression à froid. Sont proscrites margarines et huiles raffinées.
Il conseille également la consommation régulière de poissons des mers froides pour leur apport en acides gras Oméga-3. En particulier : EPA et DHA, et en général les aliments issus de l'agriculture biologique pour leur qualité nutritionnelle et leur exemption des pesticides chimiques.
Il faut toutefois noter que les homologues supérieurs des deux acides gras essentiels (acide linoléique et acide alpha-linolénique), tels que ceux qui sont fabriqués par les animaux, court-circuitent le système d'équilibrage entre prostaglandines "de paix" (PG E2) et "de guerre" (PG E1) selon l'expression de Catherine Kousmine. Ce délicat équilibre ne peut être assuré qu'à partir des précurseurs végétaux. La forme oméga-3 (première double liaison entre le 3e et 4e atome de carbone en partant de la fin de la chaîne) est présente dans les huiles de noix, soja, colza, germe de blé et lin (référence: Document-Santé n°37: Connaissez-vous les Acides gras essentiels?.
Mode de préparation des aliments
Il est conseillé de ne pas cuire les aliments à une température supérieure à 110 °C. À cette température, la dénaturation des protéines, glucides, des huiles et des nutriments est limitée. Au-delà, sous l'effet de l'agitation thermique, apparaissent des composés chimiques non présents à l'état naturel, qui ne sont pas nécessairement assimilables par l'organisme, du fait de leur structure spatiale ou de leur complexité (par exemple les molécules de Maillard). Ce qui est agréable à nos sens n'est pas pour autant adapté à nos enzymes.
Il faut donc :
- privilégier le cru,
- cuire avec modération : ébullition, bain-marie, à l'étouffée, à la vapeur douce.
- supprimer la cuisson au micro-ondes (celui-ci chauffe les aliments en induisant une agitation thermique qui est localement extrême).
L'absence de cuisson préserve les vitamines, les oméga-3 et la plupart des molécules antioxydantes.
Supplémentation
Dans les pathologies inflammatoires chroniques, il existe souvent un terrain de carence en nutriments non énergétiques : vitamines, sels minéraux et oligo-éléments. De plus, les besoins d'un organisme malade sont supérieurs à ceux d'un individu sain. Or l'alimentation moderne est carencée. Seignalet propose donc dans sa méthode nutritionnelle d'ajouter à des doses physiologiques ces nutriments : vitamines, sels minéraux et oligo-éléments.
La supplémentation fait partie intégrante de la nutrition Seignalet, il est indispensable de la continuer durant toute la période du changement alimentaire.
Seignalet recommande aussi l'utilisation quotidienne de probiotiques, car ces bactéries auraient un rôle intéressant à plusieurs niveaux :
- la production d'acide lactique empêche la prolifération des entérobactéries pathogènes,
- l'action bénéfique sur les entérocytes.