Le recours prépondérant au charbon de bois durant toute ce période permet d'installer ces fonderies en tous points du territoire, mais obligea parfois à changer d'endroit compte tenu de l'usure des forêts. Le charbon de bois limite la taille des installations et encourage leur diffusion, allant de pair avec un réseau fluvial et de canaux moins développé qu'en Angleterre, si l'on exclue le cas des territoires desservis par le canal du Midi et le canal de Briare.
La curiosité des chercheurs a buté sur la difficulté d'industrialiser : René-Antoine Ferchault de Réaumur conçut un four fait de plaques de réfractaire mobiles, où placer des barres de fer forgées noyées dans divers mélanges faits à base de bois pilé, de cendres et de suie. L'ensemble est chauffé pour provoquer une migration du carbone par diffusion dans les barres. En 1725, il met au point un procédé économique de fabrication du fer-blanc et prend même la direction d'une usine. Sa méthode, choisir les feuilles d'acier assez souple, les décaper avec une solution acide (vinaigre, eau de seigle ?), puis les frotter au sable avant de les étamer, le bain d'étain devant être recouvert d'une couche de suif pour limiter la formation d'impuretés. (Principes de l'art de faire le Fer blanc, registres de l'Académie royale des sciences, 21 avril 1725.)
L'armée fut aux premiers rangs dans la diffusion du progrès technique, surtout par ses corps savants de l'artillerie et du génie, qui font office de seules véritables écoles scientifiques du royaume, car leur recrutement est relativement démocratique, la Monarchie réservant à sa noblesse les grades dans l'année, mais faisant exception pour les corps savants. La réforme de l'artillerie et des arsenaux entreprise par Gribeauval fut considérée comme l'illustration de l'effort de rationalisation alors en cours.
La grande idée de Gribeauval était la mobilité de l'artillerie et en normalisant la taille des canons, il permit aux fabriquant de faire des économies d'échelle, ou de se concurrencer entre eux par l'abaissement des coûts de production.
Le rôle d'un inspecteur des manufactures royales comme Gabriel Jars, par ailleurs membre de l'académie des sciences a contribué à diffuser en France les connaissances pratiques acquises par les industriels anglais.