Triadica sebifera

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Introduction

Triadica sebifera
Graines de Triadica sebifera
Classification classique
RègnePlantae
Sous-règneTracheobionta
DivisionMagnoliophyta
ClasseMagnoliopsida
Sous-classeRosidae
OrdreEuphorbiales
FamilleEuphorbiaceae
GenreTriadica
Nom binominal
Triadica sebifera

Lour., 1790
Classification phylogénétique
OrdreMalpighiales
FamilleEuphorbiaceae
Taxons de rang inférieur
  • Voir texte

Triadica sebifera 桕 (syn. Sapium sebiferum, ou Croton sebiferum - Stillingia sebifera vulg. Suiffier ) est une espèce d'arbre originaire d'Asie (Est de la Chine, Taïwan et Japon) introduit aux Etats-Unis à partir de Charleston (Caroline du Sud) . Dans ces régions, la couche cireuse des graines est utilisée pour la fabrication de bougies, de savon, et les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle pour traiter les furoncles.

Il est communément connu sous le nom d'arbre à suif chinois. Les Chinois l'appellaient Ou-kieou-mou c'est-à-dire : corbeau, mortier, arbre ou Ya-Kieou, du signe Ya , corneille parce que les corneilles aiment manger ce fruit appelé Yen Kiou . les Japonais Nan-Ki Fadze. et les Annamites cây soi

La sève et les feuilles ont la réputation d'être toxiques, et la décomposition des feuilles est toxique pour les autres espèces de plantes. Les épithètes sebifera et sebiferum signifient "porteurs de cire" et se référent à la graisse végétale qui enrobe les graines.

L'espèce est utile dans la production de biodiesel, car c'est le troisième végétal le plus productif d'huile végétale après les algues et le palmier à huile. Ses noyaux produisent une huile de séchage iodée de haute valeur, appelée «  huile de Stillingia » bonne pour la peinture électrophorétique, l'encre d'imprimerie, l'huile de graissage, l'enduit, l'automobile . Cette espèce est considérée comme une plante envahissante aux États-Unis.

UC Davis arboretum - Sapium sebiferum.jpg

Description

«  La beauté naturelle et artificielle de ce lac surpassait de beaucoup tout ce qui avait jusqu'alors frappé nos regards en Chine. Les montagnes qui l'environnaient étaient fort élevées, variées dans leurs formes et extrêmement pittoresques ; et les vallées remplies d'arbres de différentes espèces, parmi lesquelles nous en remarquâmes trois singulièrement frappantes, nonseulement à cause de leur beauté intrinsèque, mais par le contraste qu'elles formaient avec le reste de la forêt. Ces trois sortes d'arbres étaient : le camphrier (laurus camphora), l'arbre à suif (croton sebiferum), et l'arbre de vie (thuya orientalis). Le feuillage clair et brillant du premier, entremêlé avec les feuilles pourprées du second, et dominé avec le vert très-foncé du grand et majestueux arbre de vie, produisait un effet très-agréable à la vue.  »

—  Le Livre de Marco Polo

L'arbre est monoïque, produisant des fleurs mâles et femelles sur la même plante.

Très décoratif, il pousse vite et donne une bonne ombre. Il est particulièrement remarquable si cultivé dans des zones qui ont une forte saisonnalité de température, ce qui permet d'obtenir des feuilles avec une multitude de couleurs rivalisant avec les érables à l'automne.

Les paysans chinois en plantaient au bord de leurs chemins et dans leurs champs.

Les feuilles simples sont caduques et alternes, de forme ovale et à bords lisses, en forme de cœur et parfois avec une longue queue proche des feuilles de Ficus religiosa. Les feuilles sont vert foncé et légèrement plus pâle en dessous. Elles deviennent jaune, orange ou pourpre lumineux à l'automne.

Les feuilles cireuses laissent apparaître des groupes de fleurs jaune verdâtre et blanche.

Les fleurs très visibles au printemps forment une inflorescence en épi terminal de 20 cm de long.

Chaque fleur femelle est solitaire et a un ovaire à trois lobes, trois styles, et pas de pétales. Elles sont situées sur les courtes branches à la base de l'épi.Les fleurs mâles apparaissent en grappes sur la partie supérieure de l'inflorescence.

Les fruits ont trois lobes avec trois capsules. En arrivant à maturité, les capsules passent du vert au brun-noir. La capsule tombe et libère trois graines globuleuses entourées d'une enveloppe blanche contenant de la graisse, ces graines blanches ont fait qu'on surnomme parfois l'espèce "arbre à pop-corn". Les graines restent habituellement accrochées sur l'arbre pendant plusieurs semaines.

Utilisations

  • La cire des graines est récoltée en plaçant les graines dans l'eau chaude, et en écrémant la surface de l'eau. Bien que d'autres parties de la plante soient toxiques, la cire ne l'est pas et peut être utilisée comme un substitut à l'huile végétale dans la cuisine. Les résidus des graines servent comme combustible et engrais.

  • Le nectar est également non toxique, et l'espèce est devenue une des principales plantes mellifères pour les apiculteurs. Le miel obtenu n'est pas de haute qualité (principalement utilisé industriellement) mais est produit abondamment à une période stérile de l'année, après que la plupart des autres floraisons de printemps sont passées.

  • Les feuilles contiennent un colorant qui sert de teinture de la soie en noir en Indochine et en Chine.

  • Le suif sert en savonnerie. Pour fabriquer les chandelles on mélangeait le suif à la cire de Pe-la déposé par l'insecte coccus pela sur le fraxinus sinensis.

  • Le bois sert pour les outils, jouets, meubles, et aussi pour les moules des caractères d'imprimerie chinoise.

  • L'huile (ting-yu) sert en peinture, vernis, imperméabilisation des parapluies et surtout pour l'éclairage .

    • Composition des acides gras de l'huile :
  • acide palmitique 6,9 %

  • acide stéarique 3,5 %

  • acide oléique 7,10 %

  • acide linolénique 41,54 %.

  • 2, 4-decadienoic acide 4,5 %

  • 8-hydroxy-5,6-octadienoic acide.

    • Vertus thérapeutiques: Emitique, hydragogue, purgatif, Les feuilles servent à guérir le zona; l'écorce des racines la schistosomiase, la rétention d'urine et la constipation . La pharmacie utilisait le corps gras, nommé Pi-ma-tzé-yeoû, pour la préparation des pommades, des onguents et des matières emplastiques. L'huile était employée en frictions dans certaines fièvres, et pour remplacer l'axonge de porc les préparations pharmaceutiques.; La décoction de cette plante mêlée à la semence de moutarde, soignerait aussi les fièvres nocturnes .
  • On s'en servait fréquemment comme contre-poison. Les Annamites accrochaient des branches d'arbre à suif devant leurs maisons et boutiques en raison de la légende qui voudraient que le 5° jour du 5° mois, oeuvrent des empoisonneurs : les feuilles de cet arbre détruiraient les effets du poison par leurs propriétés. .

Fabrication de chandelles au XIX° siècle

«  Le suif végétal est la matière dont les Chinois fabriquent leurs chandelles , en y mêlant seulement un peu d'huile de lin pour en rendre la pâte plus molle et plus douce. S'ils a voient l'art de purifier cette substance comme nous purifions le suif en Europe, leurs chandelles ne seroient point inférieures aux nôtres ; mais ils négligent de prendre cette précaution : aussi l'odeur en est-elle plus forte, la fumée plus épaisse et la lumière beaucoup moins vive. Ces chandelles sont naturellement d'une grande blancheur. Les Chinois en font de rouges , en mêlant du vermillon dans la pâte du suif. Quelquefois aussi on les trempe dans de la cire fondue , dont quelques couches s'attachent au suif, l'enveloppent et l'empêchent de couler. Les Chinois emploient différentes matières pour fabriquer les mèches. Les habitants des campagnes tirent celles qu'ils brûlent dans les lampes de l'armoise, de quelques chardons, et sur-tout de la moelle de jonc desséchée, avec laquelle ils préparent et composent des mèches , qu'ils nomment hian. Celles-ci sont d'une grande commodité pour conserver à peu de frais du feu et de la lumière pendant la nuit, et elles ont de plus la propriété de pupnétés utiles pour purifier l'air des étables où on les fait briller lorsque que les bêtes à cornes sont attaquées de maladies épidémiques. Les mèches dont on se sert pour les chandelles sont faites d'un bois léger et inflammable, dont l'extrêmité inférieure est percée d'un trou : celui-ci s'adapte à une pointe de fer qui termine le haut du chandelier , et y fixe ainsi la chandelle. »

— De la Chine: ou Description générale de cet empire Jean-Baptiste Grosier 1818

« Les Chinois emploient surtout le suif végétal pour en faire des chandelles et des cierges. Durant la chaleur de l'été, le contact de l'atmosphère ferait fondre ce suif, si les chandelles qu'il sert a fabriquer n'étaient pas envelloppées d'une mince couche de cire d'abeilles, ordinairement colorée le jaune, le rouge, le vert et le bleu sont les nuances qu'on préfère. Les cierges destinés aux cérémonies religieuses sont très volumineux, et décorés soigneusement avec des caractères en or.  »

— Travaux de la Commission française sur l'industrie des nations Exposition internationale 1851 , Londres

«  La matière grasse extraite des parenchymes de l'arbre à


suif sert à confectionner des chandelles; on fend longitudinalement un bambou cylindrique après en avoir extrait la moelle, on dispose une mèche dans son axe, et on réunit les deux moitiés séparées, à l'aide de cordes en osier. On obtient ainsi un moule cylindrique dans lequel on verse la matière grasse en fusion ; quand elle est refroidie, on sépare les deux moitiés-du cylindre: et la chandelle est fabriquée. La matière adhère assez énergiquement au bois, et il faut avoir soin d'éviter cette adhérence, en laissant les moules s'imbiber au contact de l'eau, et en ne les employant que très-humides, Les moules en bambou sont fréquemment remplacés, par des moules en carton qui fournissent identiquement les mêmes


résultats. »

— Industries anciennes et modernes de l'empire chinois Julien, Stanislas 1869

«  Les graines du Stillingia sebifera Sieb. et Z., Croton


sébiferum Lin., Ngân-Shu, dé la famille des euphorbiacées, fournissent à la matière médicale une huile fixe, blanche, solide à la température ordinaire, et dont on se sert pour fabriquer des chandelles. Le Croton sébiferum ou arbre a suif est très abondant clans les provinces centrales de la Chine, sur les versants des montagnes, et s'acclimate très bien à Shang-haï. C'est au dessous de Pépiderme des graines nommées Pi-ya-kouo-tsé, c'est-à-dire fruits à peau huileuse, et. quelquefois aussi Où-tien-tzé, fruits qui engendrent la lumière, que se .trouve le corps gras dont nous parlons. Lors- que les fruits sont parvenus à maturité et-dépouillés de leur épidémie, ils sont tout à fait blancs et de la grosseur d'un pois. Pour en retirer l'huile, on écrase les graines décortiquées au moulin; les baies, incisées et ramollies à la vapeur.d'eau, sont ensuite disposées en tourteaux avec de la paille, battues au pilon, et soumises à l'action de l'eau chaude. L'huile liquéfiée, par la chaleur vient surnager à la surface de l'eau, et elle se solidifie par le refroidissement. C'est dans le Kiang- nan et le Tssë-Kiang que l'on. obtient le plus beau suif végétal. Les chandelles faites avec cette substance sont plus fermes que celles de suif animal, et n'ont aucune espèce d'odeur; mais les Chinois sont toutefois obligés d'y mêler un


peu.d'huile de lin. ou de. sésame pour le rendre moins grumeleux et surtout moins cassant. »

— Essai sur la pharmacie et la matière médicale des Chinois, Debeaux, Jean Odon