Les infestations légères, mal étiquetées ou inapparentes sont des diagnostics d'autopsies systématiques : 16% en moyenne aux États-Unis, où la maladie serait actuellement liée à la consommation de "saucisses d'été", faites à la maison.
Par contre, la Trichine libérant dans l'organisme des métabolites hautement toxiques et allergisants, les infestations massives constituent des affections graves aboutissant souvent à la mort. Leur tableau clinique dramatique associe un syndrome inflammatoire important aux actions successives ou combinées des vers adultes sur l'intestin (phase d'invasion), des larves en migration vers les muscles (phase d'état) et des larves enkystées (phase de chronicité).
Après une phase d'incubation muette et très courte, 24 à 48 heures, on entre dans la phase d'invasion ou phase intestino-inflammatoire :
- violents troubles gastro-intestinaux de type catarrhal commençant par des douleurs épigastriques avec vomissements et aboutissant à une diarrhée abondante, grisâtre, cholériforme ;
- forte élévation thermique à 40--41 °C, donnant une fièvre en plateau ;
- malade abattu, couvert de sueurs profuses, sans appétit, mais présentant une soif intense ;
- le laboratoire révèle une accélération de la vitesse de sédimentation, une chute de la sérine, un pic de gamma-globulines et une éosinophilie croissante, atteignant jusqu'à 30% et plus.
Dans les cas les plus graves, les émissions cholériformes subintrantes aboutissent à la mort en 24 ou 48 heures. Autrement, l'évolution se fait en une semaine vers la phase suivante ; période d'état ou phase allergico-musculaire :
- le malade est complètement prostré, adynamique, avec quelques bouffées délirantes ;
- le plateau thermique persiste à 40--41 °C ;
- de plus, on voit apparaître des œdèmes importants, surtout aux paupières et à la face, d'où le nom de "maladies des grosses têtes" donné en Allemagne ;
- enfin des myalgies, spontanées ou provoquées, amènent des gênes à la mastication, à la déglutition et des troubles la parole.
Le laboratoire confirme les données obtenues dès la phase d'invasion, avec un pic des gamma-globulines proportionnel à la gravité de l'infestation, et une éosinophilie supérieure à 50% qui passe par un maximum atteignant souvent 70% et même 90%. Ici encore, les formes très graves sont interrompues par une mort rapide, par un œdème aigu du poumon, myocardite ou encéphalite, ou plus tardive, par anémie, amaigrissement et cachexie.
Les formes plus bénignes évolueront en 2 à 4 semaines vers la dernière phase, phase de chronicité ou musculaire pure : c'est la phase d'enkystement et de fibrose pendant laquelle le syndrome inflammatoire régresse avec retour progressif de la température à la normale. La myosite douloureuse fait place à des raideurs et contractures chroniques entraînant gênes fonctionnelles, déformations et atrophies.
A ce stade, la biopsie musculaire montre les larves enkystées et révèle le taux d'infestation qui peut atteindre les chiffres considérables de 1 200 à 1 500 kystes par gramme de muscle. Lorsque les kystes sont calcifiés, la radiographie donne les images typiques avec semis de "grains de semoule".