Abbatiale Saint-Ouen de Rouen

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Introduction

Abbatiale Saint-Ouen de Rouen
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
49° 26′ 33″ Nord

1° 05′ 59″ Est / 49.4425, 1.099722
PaysFrance France
RégionHaute-Normandie
DépartementSeine-Maritime
VilleRouen
CulteCatholique romain
TypeAbbaye
Rattaché àArchidiocèse de Rouen
Début de la construction1318
Style(s) dominant(s)Gothique
Protection Classé MH
Localisation


Abbatiale Saint-Ouen de Rouen

L'abbatiale Saint-Ouen de Rouen est l'un des principaux monuments de Rouen, et un exemple achevé de l'architecture gothique en Normandie.

L'abbaye fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840.

Histoire

Anciennement « abbaye de Saint-Ouen », elle fut l'un des monastères bénédictins les plus puissants de Normandie, fondé en 553 sous le vocable de Saint-Pierre. La première église à cet emplacement était une basilique mérovingienne et Dadon (Saint Ouen) y fut enseveli en 684, qui donne alors son nom à l'abbaye. Aussi, le monastère bénédictin qui lui succéda à l'époque carolingienne prit tout naturellement le nom de ce prestigieux défunt. Jusqu'alors le monastère avait porté le nom des Saints-Apôtres. Cette première abbaye fut ensuite ravagée par les vikings en 841, avant d'être reconstruite en style roman à l'époque ducale. Les travaux de l'église abbatiale gothique actuelle commencèrent en 1318, après l'effondrement du chœur roman, mais ils furent ralentis par la guerre de Cent Ans. De ce fait, la nef ne fut terminée qu'en 1537 et la façade occidentale ne fut jamais parachevée avant le XIX siècle.

La pierre tombale située dans la chapelle Sainte-Agnès de l'abbatiale indique dans son épitaphe que maître Alexandre de Berneval, maître d'œuvres en maçonnerie, est l'auteur de cette église et qu'il est décédé le 5 janvier 1440. Selon toute vraisemblance, il est représenté sur la pierre tombale et sans doute est-ce celui des deux personnages, le plus âgé, qui tient en ses mains un compas et un support sur lequel est gravé un quart de rosace.

Au XVIIIe siècle, les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur introduisirent la réforme. Une campagne de reconstruction des locaux monastiques fut entreprise.

En 1803, l'hôtel de ville de Rouen s'installa dans l'ancien dortoir des moines ou « dormitorium » du XVIII siècle. Le logis abbatial est démoli en 1816. L'église elle-même, après avoir servi un temps de fabrique au moment de la Révolution française, puis rendue au culte catholique mais sans devenir église paroissiale, sert aujourd'hui de lieu d'expositions et de concerts.

L'église abbatiale et l'hôtel de ville de Rouen

Façade de l'église abbatiale

projets de restauration de Henri Grégoire en 1831

L'église

Plan de l'abbatiale Saint-Ouen de Rouen

L'église abbatiale mesure 134 mètres de long, avec une hauteur de 33 mètres sous voûtes et possède une superbe tour centrale couronnée qui ne fait pas lanterne, contrairement à celle de la cathédrale Notre-Dame de Rouen et caractéristique du style gothique flamboyant. Elle mesure 82 mètres et un beffroi en charpente supporte les cloches, dont l'une (4 tonnes), a été fondue en 1701.

Le chœur et le chevet pentagonal avec ses onze chapelles, visibles du jardin de l'hôtel de ville, est une merveille d'harmonie et d'équilibre, tout en style gothique rayonnant, à l'exception de la partie nord du chœur contre laquelle subsiste une absidiole romane, dite « tour aux Clercs », vestige de la grande abbatiale antérieure.

À la croisée du transept

La nef, très lumineuse grâce à ses verrières sur trois niveaux d'élévation (fenêtres basses, triforium ajouré et fenêtres hautes) et la grandeur de ses baies, est typique du style flamboyant, sur le Livre des fontaines de Jacques Le Lieur qui représente toute la ville de Rouen en 1525, elle apparaît inachevée, sans ses voûtes. Accolée au nord de la nef, se dresse l'unique galerie du cloître encore existante, elle possède un beau réseau flamboyant.

La façade occidentale de l'église a été construite en style néogothique entre 1846 et 1851, sur les plans de l'architecte Henry Grégoire, qui a pris celle de la cathédrale de Cologne comme référence. Les bases des tours du XVI siècle ont été détruites. Seule la rosace est d'origine.

On entre à l'intérieur de l'édifice par le portail des marmousets qui ferme le bras sud du transept. L'étage servait jadis de chartrier ou salle des archives de l'abbaye. Les nervures de la voûte retombent sur deux grandes clefs pendantes. Au trumeau central figure la statue de saint Ouen et la partie inférieure du portail est décorée de quarante médaillons quadrilobés retraçant la vie du saint.

Les vitraux

Ils forment un ensemble cohérent, d'une grande homogénéité, réalisé entre le XIV siècle et le XV siècle. Toutes les fenêtres sont garnies de vitraux.

  • Les fenêtres hautes de la nef

Sur les vitraux sont représentés uniquement des figures en pied, étant donné la hauteur de l'édifice qui rendrait impossible la lecture de scènes religieuses plus petites. Par conséquent, chacun d'eux représente un patriarche, un prophète ou une sibylle (au nord) et un saint, un prélat ou un apôtre (au sud).

  • Les fenêtres des bas-côtés

Il n'y a pas de chapelles latérales car on se trouve dans une église abbatiale, donc les fenêtres ouvrent directement sur les bas-côtés. Contrairement à ceux des baies de la nef, les vitraux figurent ici des scènes religieuses sous des décors architecturés d'une très grande finesse d'exécution.

  • Les rosaces

Celle du bras sud a été décorée d'une œuvre du maître-verrier Alexandre de Berneval (?) figurant un arbre de Jessé, thème récurrent dans cet art. Celle du bras nord nous montre la « Hiérarchie », réalisée par Colin de Berneval, le fils du précédent. Quant à la façade, sa rose est ornée d'un vitrail moderne et abstrait, dans de belles teintes bleues, qui tranche avec le reste du programme.

  • Les fenêtres du chœur

Le programme des verrières reprend celui des fenêtres hautes de la nef avec des figures en pied. Il existe cependant une exception : un vitrail moderne de Max Ingrand représentant la Crucifixion qui orne la fenêtre d'axe.

  • Les fenêtres des chapelles rayonnantes

Il s'y trouve la plus large collection de vitraux du XIV siècle en France. Ils illustrent par exemple la vie des saints honorés dans l'abbaye.

Rosace, bras sud du transept

Rosace, bras nord du transept

L'orgue

Orgue Cavaillé-Coll

Elle possède un orgue Cavaillé-Coll de 1890 (reconstruction de l'orgue Crespin Carlier 1630 dans le buffet d'origine). Les quatre claviers et 64 jeux de cet orgue inspirent même à Charles-Marie Widor sa Symphonie gothique n 9 Op. 70 qu'il dédie à cet instrument, un des plus beaux de France avec celui de l'église Saint-Sulpice à Paris.

I Positif

Montre

8’

Bourdon

8’

Gambe

8’

Unda maris

8’

Flûte douce

4’

Dulciane

4’

Doublette

2’

Plein-jeu V

1’

Cor anglais

16’

Trompette

8’

Cromorne

8’

Clairon

4’
II Grand-Orgue

Montre

16’

Violonbasse

16’

Bourdon

16’

Montre

8’

Diapason

8’

Bourdon

8’

Salicional

8’

Flûte harmonique

8’

Prestant

4’

Trompette en chamade

8’

Clairon en chamade

4’
III Récit expressif

Quintaton

16’

Corno dolce

16’

Diapason

8’

Flûte traversière

8’

Cor de nuit

8’

Voix éolienne

8’

Viole de gambe

8’

Voix céleste

8’

Flûte octaviante

4’

Viole d’amour

4’

Quinte

2 2/3’

Octavin

2’

Carillon I-III

1’

Cornet V

8’

Tuba magna

16’

Trompette harmonique

8’

Basson-Hautbois

8’

Clarinette

8’

Voix humaine

8’

Clairon harmonique

4’

Tremolo
IV Bombarde

Flûte

8’

Flûte

4’

Doublette

2’

Cornet V (III ?)

16’

Fourniture V

2 2/3’

Bombarde

16’

Basson

16’

Trompette

8’

Clairon

4’
Pédale

Soubasse

32’

Contrebasse

16’

Soubasse

16’

Basse

8’

Violoncelle

8’

Bourdon

8’

Flûte

4’

Contre Bombarde

32’

Bombarde

16’

Basson

16’

Trompette

8’

Clairon

4’
  • Accouplements: Tirasse G.O., Tirasse Pos., Tirasse Réc., Appel G.O., Pos./G.O., Réc./G.O., Bomb./G.O., Pos./Réc., Bomb./Réc., Oct. gr. G.O., Oct. gr. Réc./G.O., Oct. gr. Réc., Oct. aiguë Réc., Anches Péd., Anches G.O., Anches Pos., Anches Réc., Anches Bomb., Trémolo Réc., Expression Réc., Orage

Les jardins

L'ancien jardin de l'abbaye est dénommé aujourd'hui « jardin de l'Hôtel de Ville ».

On peut y voir, placé à côté de l'entrée ouest, près du portail des Marmousets, une copie de la grosse pierre de Jelling offerte à l'occasion du millénaire de la Normandie en 1911, par le Danemark à la Ville de Rouen.

Non loin de là, une statue en pierre de Rollon due à Arsène Letellier et un buste en bronze du poète belge Émile Verhaeren décédé accidentellement dans la gare de Rouen en 1916 dû à Henri Lagriffoul (1948).

Au nord de l'église abbatiale, un bassin est décoré d'une sculpture de Alexandre Schoenewerk évoquant l'enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus.

Méridien dû à Paul-Ambroise Slodtz.

Bibliographie

  • André Masson, Jean Lafond et William James Battle, L'Église abbatiale Saint-Ouen de Rouen, H. Laurens, Paris, 1927  
  • Jean Lafond, Françoise Perrot et Paul Popesco, Les Vitraux de l'église Saint-Ouen de Rouen, Caisse nationale des monuments historiques / Centre national de la recherche scientifique  
  • Martine Callias-Bey, Abbatiale Saint-Ouen, les verrières : Rouen, vol. 31, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, 1993  
  • Jean-Michel Leniaud, « Historicité ou perfectionnisme : le débat sur la façade de Saint-Ouen de Rouen », dans Bulletin archéologique, Paris, 1978
  • Jean-Michel Leniaud, Fallait-il achever Saint-Ouen de Rouen ?, ASI Éditions, 2002
  • Henri Decaëns, Rouen, Ouest-France, 1994  
  • Photo-Club Rouennais (préface de Gaston Le Breton), Normannia. Documents sur la Normandie, J. Lecerf, 1895, 75 p. , « Ancien portail inachevé de Saint-Ouen de Rouen », p. 1-28 
  • Jean-Pierre Chaline, L'Abbaye Saint-Ouen de Rouen des origines à nos jours, Société de l'Histoire de Normandie, Rouen, 2009, 239 p. 
  • Théodore Licquet, Rouen, son histoire, ses monuments, ses environs.... Rouen: A. Le Brument, 1855. [1]
  • J.-J. Bourassé, Abbayes et monastères de France, histoire, monuments, souvenirs et ruines. Tours: A. Mame et fils, 1900. [2]
  • Jules-Étienne Quicherat, Mélanges d'archéologie et d'histoire.... Paris: A. Picard, 1885-1886. [3]

Autres photos

Chaire de l'abbatiale

Orgue Cavaillé-Coll

Collatéral de l'abbatiale