L’américium a été nommé en référence au continent américain, par analogie avec l’europium, élément de la famille des lanthanides dont il est l’homologue chimique. Tout comme les autres éléments plus lourds que l’uranium, il a été découvert relativement récemment. Le développement de la physique nucléaire expérimentale dans les années 1940 a permis de le créer artificiellement.
Il fut synthétisé pour la première fois par Glenn T. Seaborg, Leon Morgan, Ralph James, et Albert Ghiorso vers la fin de l’année 1944 au laboratoire métallurgique de l’université de Chicago (connu maintenant sous le nom d’Argonne National Laboratory). Cette équipe forma l’isotope d’américium 241 en soumettant du plutonium 239 à plusieurs réactions successives de capture de neutrons dans un réacteur nucléaire. On crée alors du Pu puis du Pu (demi-vie, 14,2 ans) qui se transforme en Am par émission bêta selon la chaine de réaction suivante (identique à celle prenant place dans les réacteurs nucléaires actuels) :
239 94Pu+01n→240 94Pu,
240 94Pu+01n→241 94Pu,
241 94Pu→241 95Am+e−+νˉe.
Suite à la mise en place dans les années 1970 de parcs de réacteurs nucléaires destinés à la fabrication d’électricité, des quantités non négligeables d’américium ont été, et sont toujours produites dans plusieurs pays (en France : environ 1 tonne par an, mélangé aux autres actinides et aux produits de fissions). Ceci a eu pour conséquence un déploiement important de recherches concernant les propriétés physicochimiques de l’américium et de ses composés.
L’américium fait encore actuellement l’objet de recherches dans différents domaines liés à l’industrie nucléaire :
- Caractérisation de sa stabilité dans les différentes matrices envisagées pour son stockage de longue durée, études dans l’objectif de pouvoir le séparer des autres déchets radioactifs (amélioration du procédé PUREX).
- Études en vue de son utilisation dans des réacteurs nucléaires incinérateurs destinés à la transmutation.