Introduction

Hercules C-130 de la Garde nationale des États-Unis effectuant un largage de retardant en Californie
Un avion bombardier d'eau (ABE) est un avion utilisé pour la lutte contre les feux de forêts.

Hercules C-130 de la Garde nationale des États-Unis effectuant un largage de retardant en Californie
Un avion bombardier d'eau (ABE) est un avion utilisé pour la lutte contre les feux de forêts.
L'avion bombardier d'eau A.B.E. peut larguer de l'eau, nature ou bien additionnée de « retardant », un produit coloré (rouge) qui revêt la végétation d'une pellicule ignifuge. Par météo défavorable (température ambiante élevée, vitesse du vent supérieure à 20 nœuds, teneur en eau du sol inférieure à 30 millimètres), très souvent présente en saison estivale, quelquefois dès le printemps ou prolongée en automne, les A.B.E. peuvent exercer une veille aérienne, soutes pleines, à titre préventif (on parle en France de « guet aérien armé », G.A.AR.).
En mission de G.A.AR., l'A.B.E. suit un circuit préétabli, survolant les zones à risque, pour surveiller tout signe d'apparition ou de développement d'un incendie. S'il en détecte un (flamme ou fumée, annonciateurs avec probabilité élevée d'un feu naissant), il informe sa base et il effectue un largage, dont le but est d'essayer de « tuer » le feu avant son extension. Il a donc un double rôle de détection et d'action significative à délai minimum contre les éclosions.
Durant leur parcours les avions du G.A.AR. peuvent être appelés à traiter des feux récemment établis:
Le G.A.AR. et sa conséquence logique (abandon de l'ancienne doctrine selon laquelle les moyens aériens ne doivent être utilisés "qu'en présence de troupes au sol") ont été officiellement proposés comme nouvelle méthode de lutte contre les feux de forêt par le capitaine de vaisseau E. Cucchi, commandant le Bataillon de marins-pompiers de Marseille, dans les rapports « feux de forêt » numéro 2200 IDSIS du 03/09/1979 et numéro 3362 du 24/11/1980, adressés à M. le Préfet de la Région PACA, Préfet des Bouches du Rhône, cabinet DDSC.
Ils ont été développés et commentés dans le quotidien « Le Monde » du 29/07/86, page neuf, sous le titre « Mieux utiliser les bombardiers d'eau »,ainsi que dans la « Revue générale de sécurité » aujourd'hui disparue, numéros 25 (Juillet 1983), 65 (Juillet 1987) et 77 ( Octobre 1988).
Les avions bombardiers d'eau sont soumis à des contraintes énormes :
Les ABE sont donc soumis à des difficultés de pilotage et à contraintes énormes, ce qui explique la fréquence des accidents, et notamment de ruptures en vol (en particulier rupture par fatigue).
Les premiers bombardiers d'eau ont été les Catalina (surnom anglais) ; ces appareils étaient au départ des hydravions bombardiers-patrouilleurs militaires créés au milieu des années 1930, pour la lutte anti-sous-marine, les patrouilles côtières et le sauvetage maritime. Produits par le constructeur Consolidated, puis Convair (surnom canadien : Canso), certains d'entre eux furent transformés en bombardiers d'eau après la Seconde Guerre mondiale. Puis, la société Canadian Vickers les reconditionna en modèle 28-5 (devenu Canadair), relancé pour servir la RCAF puis pour cet usage spécifique. De fait ils ont été les précurseurs du Canadair CL-215.
Les ABE les plus connus sont ceux de la marque Canadair (constructeur Bombardier), souvent surnommés « pélican » en raison de leur forme. Ce sont des hydravions qui emplissent leurs soutes en vol rasant sur les plans d'eau. Deux modèles sont en service, le CL-215 et le CL-415 ; le CL-415 emporte 6 100 litres.
Par sa capacité de largage de six tonnes, significative mais qui lui conserve une bonne maniabilité, son caractère amphibie qui permet une source d'approvisionnement marine ou lacustre toujours proche, une durée de remplissage des soutes de l'ordre de 9 à 12 secondes, le CL-415 présente actuellement le compromis optimum entre la capacité d'emport, la fréquence et la précision des largages qui conditionnent l'efficacité de la lutte contre les éclosions ou les feux établis. Cette polyvalence rend hautement souhaitable sa présence majoritaire (ou celle d'un aéronef équivalent) dans toute force aérienne rationnelle, nationale ou européenne, de lutte contre les feux de forêt.
Sont également utilisés, ou ont été utilisés :
Certains constructeurs travaillent sur un ULM bombardier d'eau (UBE), d'une capacité d'environ 250 litres.
En France, la base des ABE est l'Aéroport de Marseille Provence-Marignane (code IATA : MRS).
Liste à compléter et préciser des appareils utilisés par la Sécurité civile française, avec immatriculations et numéros de série
C'est le premier bombardier d'eau qui fut utilisé en France. Leur indicatif était « Pélican » suivi d'une couleur. Ces avions étaient du type PBY-5A, à l'exception de Vert et Jaune qui étaient des PBY-6A ; ces derniers, bien que plus modernes, furent jugés instables à l'hydroplanage et donc interdits d'écopage, perdant dès lors beaucoup d'intérêt. Les appareils CVxxx ont été construits au Canada (ils s'appelaient alors Canso et non Catalina).
Les appareils Blanc et Rouge sont entrés en service en 1963, suivis de Vert et Jaune en 1964.
PBY-5A
PBY-6A
La France a acheté une quinzaine de CL-215 pour remplacer les Catalina et Canso. Les indicatifs étaient liés à leur numéro de série :
par exemple, le n° 1001 a reçu l'indicatif « Pélican 01 » et le n° 1023, « Pélican 23 ».
Les appareils 21, 22, 23 et 24 sont entrés en service en 1969 ; les 05 et 25 à 29 en 1970 ; le 19 en 1971, le 01 en 1972, le 40 en 1974, le 46 en 1975 et le 47 en 1976.
Sauf mention contraire, ces appareils ont été démobilisés en 1996.
Cinq DC-6B gros porteurs (12 tonnes) ont été utilisés. Ils sont entrés en service en 1980 et ont été démobilisés en 1990.
Ces appareils ont été utilisés à partir de 1982. Initialement construits comme avions de lutte anti-sous-marine par Grumman sous le nom de S2F Tracker, ils ont été transformés en bombardiers d'eau par la société canadienne Conair Aviation et sont devenus des Firecat. D'une capacité de 3 400 L, ils sont généralement pilotés par un seul pilote, bien qu'un copilote ou un observateur (pompier) puissent également être présents.
Les appareils acquis après 1988 étaient des Turbo-Firecat (ou Turbo-Tracker), équipés de turbopropulseurs en lieu et place des précédents moteurs à pistons. Les appareils précédents ont été convertis en Turbo-Firecat entre 1989 et 1995, changeant parfois d'indicatif. Seul le Tracker T2 n'a pas été converti ; il a conservé sa motorisation originelle jusqu'à sa vente par le service des domaines le 30 novembre 2006.
La société Macavia proposait un BAé 748 équipé d'une soute ventrale de 2 000 gallons US (7 600 litres). Il en fut loué un (un seul modifié) pour tests en 1987, puis de 1988 à 1990. Cet exemplaire unique en France est donc resté sous registre britannique et n'a jamais été immatriculé en Fox-Zoulou (F-Zxxx). Il semble que cet appareil ait été abandonné sur l'aéroport de Châteauroux - Déols, suite au manque de fiabilité du système d'ouverture des soutes. La cellule (propriétaire anglais) était détruite par un ferrailleur en juin 1998, le kit appartenant à Macavia est toujours à Châteauroux.
Les Fokker 27 ont été utilisés dans la surveillance et l'attaque immédiate (en parallèle des plus petits Firecat) depuis 1988 et jusqu'en 2004. Il s'agit d'un avion de transport léger, converti par la société canadienne Conair sous le nom de FireFighter. Ils sont remplacés par le Dash-8.
Les indicatifs visibles sur les dérives des appareils étaient 27 (crash en 1989) et 28. D'abord appelés Pélican 627 et Pélican 628 — propriétaire Conair où dans leur pays les codes feux ont trois chiffres, même le Québec s'est plié à cette règle) — on leur attribue un code définitif : Pélican 71 (nom F-ZBFF Conair 003) et Pélican 72, et donc une nouvelle numérotation à l'arrière : 71 et 72.
Suite à la fusion en 1987 de Canadair et Bombardier, ces appareils sont connus comme Canadair CL-415, Bombardier 415, et toute combinaison imaginable des termes précédents.
Il s'agit d'un nouvel appareil, conçu comme une profonde évolution du Canadair CL-215T (version à turbopropulseurs du CL-215). L'avionique a été entièrement revue, des écrans cathodiques remplaçant les vieux cadrans à aiguilles. De l'extérieur, il n'est pas évident de voir la différence avec un 215T, mais le 415 emporte une plus grande charge (6 300 litres contre 5 500).

Pélicans 36, 37 et 44 écopant dans le golfe de la Revellata (Calvi) le 31-07-2005
Après le retrait des Douglas DC-6B, la France a loué des Lockheed C-130A équipés pour le bombardement d'eau.
À la suite du crash de Pélican 82, les locations n'ont pas été reconduites et un projet d'achat de C-130 a été annulé.
Le Dash 8 a été choisi en 2005, de préférence au Beriev 200, pour remplacer les Fokker 27. C'est un avion de transport terrestre, équipé d'une soute de 10 000 litres. Ce choix a été critiqué en raison de sa limitation à 2 G en ressource, contre 3,25 pour les autres appareils de la Sécurité civile.
Il y a actuellement deux Dash-8 en service, immatriculés F-ZBMC et F-ZBMD. Ils portent l'indicatif « Milan 73 » et « Milan 74 », prenant ainsi la suite des F-27 « Pélican 71 » et « Pélican 72 ».
Deux listes à mettre en cohérence
C. ; accroche une ligne haute tension, avion réparé puis T9 > T24
18 juin 1989 : Conair S2F-1 Firecat F-ZBEG n 013 W/O (T. 04), Saint-Martin-de-Vésubie, victimes : Lallemand décédé ; collision avec le sol en RAV.
4 septembre 1989 : Fokker F-27 C-GSFS n 001 W/O (Pélican 27), La Grand-Combe/Gard, victimes : Nogier décédé, Boulton (canadien) décédé ; décrochage sur feu de forêt.
24 septembre 1990 : Conair S2F-1 Firecat F-ZBAT n 010 W/O (T.03), Calenzana, Corse, victime : Gallet décédé ; avarie mécanique sur feu de forêt.
17 juillet 1994 : Beech C90 King Air F-ZBBF n°LJ518 (Bengal 97), Ajaccio Campo Dell'Oro, Corse, victimes : Igor Daïc (Pilote) décédé, Lieutenant pompier Expedith Faustin (investigateur) décédé ; panne moteur au décollage. Avion détruit. À noter trois personnes tuées sur la plage du crash située en bout de piste.
16 juin 1996 : Conair S-2T Turbo Firecat F-ZBFI n 033 W/O (T.18), Marignane, victime : Baudu ; brûle au sol.
5 août 1996 : Conair S-2T Turbo Firecat F-ZBFO n 020 W/O (T.16), Corscia, Corse, victime : Jean-Marc Aubouy (Pilote) décédé ; collision avec le sol sur feu de forêt.
17 novembre 1997 : Canadair CL 415 F-ZBFQ n 2025 W/O (Pélican 43), La Ciotat, victimes : Renoult, Duchemin décédé ; trappes ouvertes à l’écopage, avion détruit.
19 septembre 1998 : Conair S-2T TurboFirecat F-ZBAZ n°DH-57 (T.01), Marignane, Alain Huet, pilote indemne ; avarie au décollage, l'appareil revolera en mai 2001.
1 août 1999 : Canadair CL 415 F-ZBFN, Corse, victime : Bernard Colin ; accroche un arbre, appareil en réparation.
6 septembre 2000 : Lockheed C-130A Hercules N116TG n 1A-3086 W/O (Pélican 82), Ardèche, victimes : Hobart Ted, Meyer Joe, Willans Paul décédé, Trinque décédé ; s'écrase en cours d'extinction sur un feu.
17 août 2003 : Conair S2-T Turbo-Firecat F-ZBCZ n 036 (T. 23), Corse, victime : pilote indemne ; accroche des lignes à haute tension
8 mars 2004 : Canadair CL 415 F-ZBEZ (Pélican 41) Serial 2018, Les Salles-sur-Verdon/Lac de Sainte-Croix, victimes : Jean Beauvais (Pilote instructeur) et Jean-Pierre Laty (Copilote en formation) décédés, David Tarditi (second copilote en formation) indemne; Phase de vol : entraînement écopage - Avion détruit.
26 août 2004 : Erickson AirCrane S-64E N248AC n 64-066 W/O (731), Ventiseri, Haute-Corse, lieu-dit Vix, Walchucq Kerry décédé, Pierrard Jacques décédé ; extinction feu.
19 juillet 2005 : Conair S-2T TurboFirecat F-ZBBL n 624/024 W/O (T.19), Taradeau, Var, victimes : Calamia P. indemne ; crash au largage sur feu.
1 août 2005 : Canadair CL 415 F-ZBEO (Pélican 36) Serial 2011, Calenzana, Haute-Corse, Équipage: Ludovic Piasentin (Pilote) et Jean-Louis Debenedict (Copilote) décédés. Il semble que l'avion se soit brisé en vol au niveau de la queue de l'appareil ; tous les CL-415 restent cloués au sol par précaution jusqu'au 11 août, après que les inspections préventives et les premiers éléments de l'enquête ont écarté un problème sur les autres appareils
14 août 2005 : Ayres Corp. S2R Trushmaster F-GFTK n 2518-R W/O (Morane 11), Serignan, Hérault, victime : pilote néerlandais (société Midair) décédé ; sur feu, s’abîme en mer.
20 août 2005 : Conair S-2T TurboFirecat F-ZBFE n 656 /032 W/O (T.17), Valgorge, Ardèche, victimes : Huillier R. décédé, Pouzoulet A. décédé ; crash sur feu, après largage.
1967 : (deux)un mort(s) le 8 août sur l'étang de Berre, avec le Catalina « Pélican blanc »
1970 : deux morts le 4 juillet en Corse, CL-215 « pélican 22 »
1973 : deux morts le 25 juillet en Corse, CL-215 « pélican 19 »
1983 : deux morts le 4 août dans les Bouches-du-Rhône, CL-215 « pélican 01 »
1985 : cinq morts, dont : 22 avril, le DC-6B « pélican 63 » s'écrase dans l'Aude et 20 août, le Tracker « 06 » s'écrase à Saint-Victoret, deux morts
1986 : quatre morts, dont : 19 juillet, le DC-6B « pélican 64 » tombé dans les Pyrénées-Orientales.
1987 : le 13 juin, le Tracker 08 s'écrase à La Roque-d'Anthéron (Bouches-du-Rhône), un mort
1989 : le 18 juin, le Tracker 04 s'écrase près de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes) lors d'un vol de surveillance, un mort 4 septembre, un Fokker 27 n 27 s'écrase près de La Grand-Combe (Gard), deux morts (équipage Canadiens)
1990 : 25 septembre, le Tracker 03 est plaqué contre la montagne par le vent à Balagne (Haute-Corse) un mort
1996 : 25 août, le Tracker 16 s'écrase en Corse après son largage, un mort
1997 : 17 novembre, le CL-415 « pélican 43 » s'écrase à l'amerrissage dans la baie de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) à cause d'un problème de fermeture des trappes de largage, un mort et un blessé
1998 : le 19 septembre, le Tracker 01 s'écrase au décollage, pas de victime
2000 : le 6 septembre, le C-130 « pélican 82 » (appareil loué avec son équipage américain) s'écrase en Ardèche, deux morts et deux blessés
2004 : 8 mars, le Canadair « pélican 41 » s'écrase lors d'un entraînement au lac Sainte-Croix (Alpes-de-Haute-Provence), deux morts et un survivant
2005
19 juillet : le Tracker 19, aveuglé par un panache de fumées, percute les arbres et s'écrase sur la commune de Taradeau, au sud-ouest de Draguignan (Var) ; trois Canadairs effectuent un largage pour éviter l'incendie de l'avion ; le pilote en sort miraculeusement indemne.
14 août : un Trush commander de la société Midair s'écrase en mer alors qu'il débutait son approche pour son huitième largage de la journée sur l'incendie de Sérignan-Plage (Hérault) ; un mort
20 août : le Tracker 17 s'écrase, tuant ses deux pilotes pendant une intervention contre un feu de forêt sur la commune de Valgorge en Ardèche.