En 1829, quoique âgé, il entreprit la construction d'une nouvelle église, sur un plan grandiose et digne d'un pèlerinage devenu célèbre, mais sa mort arrivée en janvier 1830 laissa l'œuvre à peine commencée.
M. l'Abbé Jean-Antoine Boisson, qui lui avait été donné comme coadjuteur, devint en 1830 le deuxième chapelain de Bon Secours. Il continua son œuvre qu'il ne pût voir achevée, étant mort le 24 août 1835, âgé de 66 ans.
Aussitôt après sa mort, l'Abbé Deschanels, de la paroisse de Payzac devint le troisième et dernier chapelain, le pèlerinage ayant été par décision de Guibert, évêque de Viviers, confié aux Pères Oblats de Marie-Immaculée, qui achevèrent l'église, firent un beau clocher et de nombreux embellissements. Sur le clocher ils dressent une statue de la Vierge, reproduction de la Médaille Miraculeuse, qui fait face à la montagne cévenole dans un paysage vallonné où vignes et oliviers lui rappellent sa Galilée natale. Dans son dos, s’étend la garrigue, véritable forêt de rochers et d’arbustes où se dressent d’antiques dolmens.
M. Deschanels fit construire une maison proche de l'église où il mourut et fut inhumé à Payzac. Sous l'administration de ces divers curés et chapelains le village s'agrandit et on y établit une institution de frères et une communauté de Carmélites, mais pas sans de grandes difficultés.
En 1855, l’église est consacrée par Eugène de Mazenod, évêque de Marseille et fondateur des Oblats de Marie-Immaculée.
Il s'était écoulé deux siècles, le 10 mai 1880, depuis le jour de l'acte de fondation de la chapelle et le pèlerinage de plus en plus fréquenté.
L'évêque de Viviers, Bonnet, jugea que le moment était arrivé de consacrer le culte de la Sainte-Vierge à Notre-Dame de Bon Secours d'une manière éclatante et pour ainsi dire officielle dans tout son diocèse.
Par son mandement il invitait tous les fidèles à prendre part à une souscription pour faire don à Notre-Dame d'une brillante couronne qui serait placée solennellement sur la tête de la statue en présence du cardinal Guibert, archevêque de paris, ancien évêque de Viviers, assisté de nombreux prélats et au milieu des populations convoquées de tout le diocèse. Cette fête fut fixée aux 21 et 22 août 1880.
Les temps n'étaient pas cependant favorables, les esprits étaient agités et troublés par les iniques décrets pourchassant les congrégations religieuses. Monseigneur Bonnet jugea qu'il n'y avait pas lieu de reculer, que plus la foi courait de dangers plus il fallait que chacun pût librement et publiquement la confesser.
Monseigneur avait raison, la fête fut magnifique malgré les entraves et les vexations de certains maires entre autres ceux de Lablachère et Joyeuse. Trente mille personnes acclamèrent la gloire de la mère du sauveur.
Peu de temps après, le 4 novembre 1880, eut lieu l'expulsion des Pères.