Basilique Saint-Sernin de Toulouse

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Introduction

Basilique

Saint-Sernin de Toulouse
Vue générale de l'édifice
Latitude

Longitude
43° 36′ 30″ Nord

1° 26′ 31″ Est / 43.6084, 1.4420
PaysFrance France
RégionMidi-Pyrénées
DépartementHaute-Garonne
VilleToulouse
CulteCatholique romain
TypeBasilique
Rattaché àArchidiocèse de Toulouse
Début de la constructionXI siècle
Fin des travauxXII siècle
Style(s) dominant(s)Roman
Protection Classé MH

Patrimoine mondial
Localisation


Basilique Saint-Sernin de Toulouse

La basilique Saint-Sernin de Toulouse est un sanctuaire bâti pour abriter les reliques de saint Saturnin évêque de Toulouse, martyrisé en 250. Devenu l'un des plus importants centres de pèlerinage de l'Occident médiéval, elle fut desservie, depuis le IXe siècle au plus tard et jusqu'à la Révolution française, par une communauté canoniale. Saint-Sernin est la plus grande église romane conservée en Europe.

La rue du Taur qui mène de la place du Capitole à la basilique tire d'ailleurs son nom des circonstances du martyre, Saturnin ayant été tiré par un taureau furieux sur ce qui était alors une route sortant de la ville. L'édifice conserve 260 chapiteaux romans et est le symbole de l'architecture romane méridionale. Toulouse recevait alors la visite de nombreux pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, ou venus honorer les reliques de saint Saturnin.

La basilique Saint-Sernin fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840.

L’histoire de la basilique

De l'oratoire à la basilique

Le chevet de la Basilique Saint-Sernin

À l'origine, l'emplacement de la tombe de saint Saturnin n'était qu'un oratoire construit sous l'impulsion du premier évêque de Toulouse. Puis au V siècle, les évêques Sylve et Exupère font construire une petite église. C'est à cette époque qu'une première communauté religieuse, monastique ou canoniale (les sources manquent pour le préciser) s'installe à cet emplacement.

La construction de l'actuelle basilique a été décidée à la fin du XI siècle car la basilique primitive était trop petite pour accueillir les chrétiens qui venaient en pèlerinage. Elle débuta par le chevet, en 1080, au-dessus de la chapelle. On peut toujours visiter aujourd'hui l'église primitive, qui fait office de crypte. Elle accueille quelques reliques sacrées.

Vue de l'autel et du chœur

Seize ans après le début de la construction, en 1096, sur le chemin de Clermont où il s'apprête à prêcher la première croisade, le pape Urbain II consacre l'église nouvelle et célèbre sa dédicace ainsi que l'autel sculpté par Bernard Gilduin avec l'assistance des archevêques d'Albi et de Tolède notamment. Des travaux continuèrent néanmoins. L'achèvement du transept et d'une partie de la nef est effectif en 1180.

La basilique mineure

À la Révolution, le chapitre séculier de Saint-Sernin fut totalement supprimé. Mais la basilique ne fut ni modifiée ni saccagée. L'église fut un peu modifiée à l'époque gothique et à la Renaissance, puis une restauration est ordonnée au XIX siècle et effectuée par Alexandre du Mège. Mais le résultat est médiocre et la restauration est poursuivie par Viollet-le-Duc. Il rétablit alors l'étagement supposé des toits des bas-côtés et de la nef principale qui aurait été supprimé au XIV siècle (aucune source ne permet de connaître l'état initial antérieur au XIV siècle). Viollet-le-Duc conçoit et dessine les restaurations, mais il ne suit que partiellement la réalisation, celle-ci étant faite par l’architecte Paul Abadie. À la fin du XX siècle, la dégradation des restaurations a nécessité une nouvelle restauration. On a choisi de supprimer l'étagement de Viollet-le-Duc pour le remplacer par l'état du XIV siècle. Saint-Sernin resta une « simple » église collégiale jusqu'en 1878, date à laquelle elle fut à nouveau consacrée et reçut le titre honorifique de basilique mineure.

Le plan de la basilique

Plan de la basilique Saint-Sernin

  • 1- Porte des Comtes
  • 2- Enfeu des Comtes
  • 3- Ancien portail de l'abbaye
  • 4- Porte Miégeville
  • 5- Portail occidental
  • 6- Emplacement de l'ancien cloître
  • 7- Chapelle Saint-Pierre
  • 8- Sacristie
  • 9- Chapelle du Crucifix
  • 10- Chapelle des âmes du purgatoire
  • 11- Chapelle de l'immaculée Conception
  • 12- Chapelle Saint-Georges
  • 13- Chapelle Saint-Esprit
  • 14- Chapelle Saint-Martial, Saint-Cyr et Sainte-Julitte
  • 15- Chapelle Saint-Sylve
  • 16- Chapelle de la Vierge
  • 17- Chapelle Sainte-Germaine
  • 18- Maître-autel
  • 19- Peinture romane : Noli me tangere
  • 20- Cycle de Résurrection
  • 21- Peinture représentant Saint-Augustin
  • 22- Restes de peintures : la crucifixion

L’architecture de la basilique

L’organisation générale

6 des 7 bas-reliefs du déambulatoire

Crypte de la basilique

La basilique est construite en brique de Toulouse et en pierre blanche. L'extérieur est massif et dominé par le clocher octogonal pointant à 64 mètres de haut. Elle est organisée autour d'un transept assez imposant long de 64 mètres dont chaque bras possède deux absidioles orientées, et d'un chœur entouré d'un déambulatoire donnant sur cinq chapelles. Ces chapelles sont le lieu d'exposition des reliquaires de l'abbaye. Le déambulatoire est décoré de sept bas-reliefs en marbre encastrés dans le mur, avec au centre un Christ encadré par un chérubins, un séraphin, deux apôtres et deux anges. Ils sont l'œuvre de Bernard Gilduin.

Coupe transversale de la basilique Saint-Sernin (restauration de Viollet-le-Duc)

La nef est longue de 115 mètres, large de 8 mètres et présente des tribunes sur les collatéraux. La hauteur de la voûte en plein cintre est de 21 mètres. Elle couvre la nef et le transept grâce à des contrebutées latérales constituées de voûtes en quart de cercle disposées au-dessus des tribunes. Le chœur est surmonté d'une coupole sur trompes juste en dessous du clocher. Les piliers centraux ont été de nombreuses fois renforcés pour soutenir le clocher qui a pris de l'élévation au cours des siècles. Ce renforcement casse légèrement les perspectives de la nef et du chœur.

Sous l'abside se trouve une crypte renfermant le tombeau de saint Saturnin. Le sol de l'abside est d'ailleurs surélevé par rapport au niveau du déambulatoire où s'ouvrent deux passages permettant d'accéder à la crypte. Ces deux passages étaient utilisés pour la circulation des pèlerins, l'un servant d'entrée et l'autre de sortie. Le déambulatoire est décoré d'éléments liturgiques baroques.

Un clocher octogonal

Basilique Saint-Sernin Lithographie

Juste au-dessus du chœur, à la croisée du transept se dresse un clocher de 64 mètres de haut et de forme octogonale. Il est constitué de 5 niveaux :

  • le niveau le plus bas est au niveau de la coupole et est constitué sur chaque face de deux baies aveugles couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants, correspondant au beffroi, en léger retrait par rapport au précédent sont constitués de deux baies sur chaque face, également couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants ont été bâtis dans la seconde moitié du XIII siècle. Ils se caractérisent sur chaque face par deux fenêtres couvertes d'arcs en mitre ;
  • enfin, en 1478, une flèche fut construite en maçonnerie pour porter un globe terminal couronné par une croix ;
  • le clocher abrite un carillon composé de 18 cloches au clavier et 6 au banc du sonneur.

Les orgues

Les orgues renommées de Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Sernin (1889)

Les grandes orgues de la basilique Saint-Sernin, réputées dans le monde entier, ont été achevées en 1889 par la maison Aristide Cavaillé-Coll. Inauguré le 3 avril 1889 par Alexandre Guilmant, l'instrument compte cinquante-quatre jeux répartis sur trois claviers et un pédalier (soit exactement 3458 tuyaux). De nombreux tuyaux proviennent de l'orgue précédent, construit par Daublaine et Callinet. De 1992 à 1996, il est restauré par les facteurs d'orgue Jean-Loup Boisseau, Bertrand Cattiaux et Patrice Bellet.

I Grand-Orgue

Montre

16′

Bourdon

16′

Montre

8′

Gambe

8′

Bourdon

8′

Salicional

8′

Flûte harmonique

8′

Prestant

4′

Flûte octaviante

4′

Quinte

2/3

Doublette

2′

Fourniture V

Cymbale IV

Cornet V

Bombarde

16′

Trompette

8′

Clairon

4′

Clairon-doublette

2′

Trompette-en-chamade

8′

Clairon-en-chamade

4′
II Positif

Montre

8′

Cor de nuit

8′

Salicional

8′

Unda maris

8′

Prestant

4′

Flûte douce

4′

Carillon III

Trompette

8′

Basson-Hautbois

8′

Clairon

4′
III Récit expressif

Quintaton

16′

Diapason

8′

Flûte harmonique

8′

Viole de Gambe

8′

Voix céleste

8′

Flûte octaviante

4′

Octavin

2′

Cornet V

8′

Bombarde

16′

Trompette

8′

Basson-Hautbois

8′

Clarinette

8′

Voix humaine

8′

Clairon harmonique

4′
Pédale

Principalbasse

32′

Contrebasse

16′

Soubassse

16′

Grosse Flûte

8′

Violoncelle

8′

Flûte

4′

Contre Bombarde

32′

Bombarde

16′

Trompette

8′

Clairon

4′

La communauté canoniale de Saint-Sernin

A partir de 1083, après une brève période d'obédience monastique sous l'autorité des abbés de Cluny et de Moissac, la basilique devint une collégiale, c'est-à-dire une église tenue par un collège de chanoines réguliers dirigés par un prévôt, puis par un abbé.

L'adoption de la vie canoniale régulière doit être distinguée de celle de la règle de saint Augustin, plus tardive.

Depuis l'époque carolingienne, la vie communautaire semble avoir été réglée par la règle de Chrodegang de Metz.

En 1070 et 1076 encore, la vie régulière n'est pas réglée par une seule règle précise, mais se résume au principe de l'habitat commun. Guillaume de Cahors décide ainsi de "vivre canoniquement [sous la dépendance de Saint-Sernin] en conformité aux décrets des Pères, à savoir Augustin, Jérôme et les autres".

En 1096, à l'occasion de la dédicace de l'abbatiale, Urbain précise les conditions de la vie régulière (mise en commun des biens, obligation de résidence, etc.) mais ne mentionne pas la nature de la règle, alors que le formulaire diplomatique de ses actes ne manque pas de le faire pour d'autres communautés.

Le 21 mars 1141, le pape Innocent II place la communauté sous la règle de saint Augustin

En 1216, à la suite du concile de Latran IV, le pape Innocent III confirme les privilèges accordés par ses prédécesseurs et mentionne à nouveau la règle de saint Augustin.

Au cours du XIIIe siècle s'y ajoutèrent des "Statuts" encore inédits, connus par une copie tardive.

L'abbé de Saint-Sernin était à la tête d'un patrimoine immobilier considérable dans Toulouse et jusqu'au pied des Pyrénées qui le conduisit à de fréquents conflits avec l'évêque de Toulouse, dont la cathédrale Saint-Étienne, avait beaucoup moins de rayonnement que Saint-Sernin. La communauté s'agrandit et une abbaye fut construite autour de l'église.

A partir du milieu du XV siècle, l'abbé régulier est remplacé par un abbé commendataire. Le 25 septembre 1526, une bulle pontificale ordonne la sécularisation de l'abbaye qui abandonne la vie régulière.

Disparition des bâtiments de l'abbaye

Après la Révolution et avec l'abandon des bâtiments de l'abbaye, il est décidé de dégager la basilique et de rendre accessible son parvis et ses différentes portes. Ce projet sera mis en exécution qu'au début du XIX siècle. De 1804 à 1808, le cloître de l'ancienne abbaye fut démantelé et quelques chapiteaux furent conservés et exposés au musée des Augustins. Puis, par expropriation et rachats, les bâtiments et édifices sont détruits tout autour de l'église sous l'impulsion de Jacques-Pascal Virebent, architecte en chef de la ville, afin de former une place elliptique. Le musée Saint-Raymond, ancien collège du même nom, primitivement un hôpital géré par l'abbaye, est le seul ancien bâtiment subsistant du complexe abbatial.

Prévôts de Saint-Sernin

Jusqu'en 1119, l'abbaye n'est pas gouvernée par des abbés mais par des prévôts.

  • 980 c. : Unals
  • 1005 c. : Rodgarius / Rodogerisu (1025)
  • 1060 c. : Unaldus
  • 1070 c.-1071 : Isarn de Lavaur, évêque de Toulouse du 6 décembre 1071 au 7 février 1105.
  • 1074-1105 c. : Petrus, mentionné en 1080, 1093, 1098.
  • 1098-1100 c. (mention): Munio
  • après 1105 : Ugo
  • vers 1101 et avant 1108-1117(devient abbé)... : Raymondus Wuillelmi

Il y a un problème concernant les dates de Raimond prévôt devenu le premier abbé.

Abbés de Saint-Sernin

Selon la Gallia christiana, t. 13,col. 94, l'institution abbatiale daterait de 1117. La liste de la Gallia christiana, est fautive et doit être corrigée par confrontation avec les archives subsistantes; voir notamment Histoire générale du Languedoc, t. 4/2, Toulouse, Privat, 1872, n. 103, p. 523-527.

  • 1117 - 1140 : Raymond / Raimond Guillaume (Raimundus Willelmi)(+ 18 juillet 1140).
  • 1140 (première mention 19.10.1140) - 1175 (dernière mention 6/27 décembre 1174) : Hugues (d’Avignonet ?), évêque de Toulouse (19 mars 1173 – 16 avril 1175), second abbé de Saint-Sernin.
  • 1175 (première mention 6/27 juin 1175-1182) : Pons I de Sainte-Foi (ou de Montpezat?), troisième abbé, + 21 septembre.
  • 1182-1199 : Pons II de Montpesat.
  • 1200-1211 : Guillaume de Cantez (Contesio), + 5 janvier 1212.
  • 1212/1213-1233/1234 (18 février) : Jordanus ou Jourdain qui affecta l'hôpital Saint-Raymond à l'accueil des étudiants et des autres pauvres.
  • 1234-1235 : Pierre I, + 6 août.
  • 1236-1238 (après) : Bernard I de Martres.
  • 1243 (avant)-1262: Bernard II de Gensac,+ 14 octobre 1262 (et non 1263).
  • 1262-1289 : Arnaud de Villemur.
  • 1289-1294 : siège vacant.
  • 1294-...
  • 1299-1301 : Sanche de Aissada (Sanctius de Narano), + 4 juin 1301.

...

  • 1321-1336 : Amelius / Ameil de Lautrico, promu à l’évêché de Castres le 5.12.1326 ; † le 15 novembre [1326] d’après le nécrologe de l’abbaye .
  • 1336 c.... 1347 c. : Hugues Roger, + 25 novembre

...

  • 1396 c. - 1409 : Aimeric (Aimeri) Noel (Nadal, Natal)(Aimericus Natalis), devenu évêque de Condom (Gams : 1418 ; Histoire générale de Languedoc : 1411), puis de Castres (1429), suivi l'obédience de Benoît XIII qui l'institua référendaire et conservateur des privilèges de l'ordre de Cîteaux, † 3 octobre 1421. L'abbaye était vacante en 1409.
  • 1413-1452 : Foulque de Rouvière (Rueria) (+10 septembre 1455).
  • 1453-1461 : Jean de Juniac (de Junaco, Jehan de Jeanhac), + 16 juin.
  • 1461-1473 : Jean Jouffroy / Jouffroi / Joffredi, cardinal.

...

  • 1476-14?? : Gilles, cardinal, administrateur de l'abbaye.

....

  • 15?? - 15?? : Laurent Ier Allemand évêque d'Orange (1477-1484), puis de Grenoble (1484-1518), † 5 septembre 151?.

...

  • XVIe s. 2/2 (12 janvier) : + François de Simiano, évêque d'Apt.

...

  • 1748... François III Henri de Fleurigny, abbé de Saint Sernin en 1748

...

  •   (18 juin): + Bernard de Aurivalle.
  •   (19 août): + Bernard.
  •   (12 février): + Jean de Nogaret.
  •   (4 août) : + Pierre.
  •   (12 août): + Jean de Nogaret.
  •   (18 septembre) : + Pierre Vital Blasini.
  •   (26 février) : + Antoine, évêque de Mirepoix.
  •   (21 mars): + Pierre Textor, cardinal chancelier de la Sainte-Église.
  •   (22 février): + Ramnulphe de Vasinaclo.
  •   : Jean Maffre, cardinal, + 23 novembre d'après le nécrologe du 16e siècle ; aucun cardinal ne porte ce nom.