Histoire
Poison mortel, la belladone fut aussi utilisée pour parfaire la beauté des dames de la Renaissance. Les Italiennes qui voulaient être belles appliquaient sur leurs yeux une pommade à base de belladone qui avait pour effet de dilater leurs pupilles et de leur donner de profonds yeux noirs, des yeux de biches. D'où l'expression belladonne ou « belle femme » en italien. La dilatation de la pupille est une des manifestations de l'excitation sexuelle et de l'admiration désirante. La belladone faisait aussi légèrement loucher, ce qui à cette époque était caractéristique de la beauté (cf. l'expression « avoir une coquetterie dans l'œil »).
C'est suite à une étude méticuleuse de divers préparations faites par le professeur de médecine clinique allemand Karl Himly, en 1802, que les ophtalmologistes commencèrent à utiliser l'Atropa belladonna pour effectuer des examens des yeux.
Bien dosé, un poison peut aussi être un médicament. Ainsi la belladone est un calmant et un puissant antidouleur (à cause de l'atropine qu'elle contient) et fut donc utilisée pour insensibiliser des malades (souvent pour une opération chirurgicale), elle continue à être utilisée dans la médecine moderne.
On lui prête par ailleurs un usage rituel, notamment lors des sabbats. Les « sorcières » avaient alors pour usage de la mélanger à d'autres plantes toxiques, dosée entre elles afin d'en annuler les effets vénéneux, le tout formant une pommade. Celle-ci était alors appliquée sur la peau, et en pénétrant l'organisme, provoquait des hallucinations qui donnaient alors l'impression aux « sorcières » de voler et de « voir le diable », entre autres.
Indications et précautions d'emploi
Les fruits, le plus souvent responsables d'intoxications, tentent les enfants. L'ingestion de cette plante provoque une symptomatologie caractéristique : rougeur de la face, sécheresse de la bouche et des muqueuses, soif intense, faiblesse musculaire, tachycardie, mydriase, hyperthermie, hallucinations, délire, agitation. La mort peut survenir par paralysie des voies respiratoires. La belladone stimule le centre bulbaire et le système nerveux central.
La plante doit être exclusivement réservée à la préparation de formes galéniques en milieu pharmaceutique. Ces dernières étaient utilisées dans le traitement symptomatique de la toux, dans le traitement symptomatique des douleurs liées aux troubles fonctionnels du tube digestif et des voies biliaires, comme spasmolytique en association avec des laxatifs (association médicalement non rationnelle), et comme antalgique.
Les effets psychodysleptiques de la belladone et la découverte de nouvelles classes thérapeutiques lui confèrent un mauvais rapport bénéfice-risque pour le traitement de la plupart des affections, ce qui a entraîné sa suppression de nombreuses spécialités pharmaceutiques. L'utilisation doit se faire sous contrôle médical. La belladone est à déconseiller aux cardiaques et aux neurasthéniques.
Incompatible avec les composés alcalins, les tanins et la pilocarpine.