Cathédrale d'Aoste

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Introduction

Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption
Vue générale de l'édifice
Nom localCathédrale
Latitude

Longitude
45° 44′ 18″ Nord

7° 19′ 04″ Est / 45.738305, 7.317737
PaysItalie Italie
RégionValle d'Aosta-Stemma.svg Vallée d'Aoste
VilleBlason ville It Aoste.svg Aoste
CulteCatholicisme
TypeSanctuaire
Début de la constructionXI siècle
Localisation
Italy location map.svg

Cathédrale d'Aoste

La cathédrale d’Aoste se trouve sur la place Jean XXIII, le titulaire de la paroisse est la Sainte-Vierge de l'Assomption (15 août), et le titulaire de la cathédrale est Saint Jean-Baptiste (24 juin). Le patron du diocèse d’Aoste est Saint Grat (2 septembre), et le siège de la paroisse se trouve 4, rue du Comte Thomas.

Les origines

La cathédrale, église-mère du diocèse d’Aoste, est sûrement l’édifice chrétien le plus important de la région avec la Collégiale de Saint-Ours, et le plus ancien. Les fouilles ont montré que l’église date du début de la christianisation de la Vallée d'Aoste. Un complexe de dimensions considérables existait déjà dans la seconde moitié du IV siècle : un édifice à une seule nef d’environ quarante mètres de longueur, avec plusieurs annexes et deux baptistères, avait été aménagé à l’intérieur d’un ensemble plus ancien adossé au cryptoportique romain d'Aoste. Probablement, cette église, dont nous conservons des restes importants, a été utilisée jusqu’à la fin du premier millénaire, lorsqu’elle a été remplacée par la cathédrale actuelle.

L’église anselmienne

L’église bâtie au XI siècle et voulue sans doute par l’évêque Anselme (994-1025) devait avoir une structure de style nordique, inspirée des principaux complexes ecclésiastiques de l’empire germanique à l’époque des Othon. Érigée à cheval du cryptoportique du forum romain, elle était composée de deux édifices distincts mais alignés, reliés peut-être justement par le cryptoportique. L’édifice à l’ouest était le siège de l’église paroissiale de Saint-Jean Baptiste ; à une seule nef flanquée de deux beffrois bas, il a presque disparu : il n’en reste que la façade, transformée par la suite. L’édifice à l’est, à trois nefs séparées par de simples piliers à base rectangulaire, avait deux clochers et le chœur surélevé au-dessus de la crypte ; c’était le siège de la cathédrale dédiée à la Sainte Vierge et il constitue la structure portante de l’église actuelle. Vers la moitié du XI siècle, la nef a été complètement recouverte de fresques, une partie desquelles a été récemment découverte dans les combles. Elles représentent la légende de Saint-Eustache (paroi septentrionale) et des scènes bibliques (paroi méridionale), surmontées par une frise à arcs avec des portraits d’ecclésiastiques encore inconnus. Le cloître, dont les chapiteaux ont été retrouvés, devait être adossé au côté nord de l’église.

Les transformations successives

Au cours des XII et XIII siècles, l’église a subi des transformations et des embellissements : le chœur a été enrichi de belles mosaïques à figures et c’est le moment de l’exécution des reliquaires, de croix de procession, et d’une série de vitraux peints (dont seuls les deux médaillons exposés au musée du trésor nous sont parvenus). À la fin du XIII siècle, les absides romanes ont été enfoncées pour construire un déambulatoire gothique à chapelles rayonnantes, et le chœur a été séparé de la nef par un grand jubé d’inspiration française qui sera détruit au début du siècle passé.

Le XV siècle

Le XV siècle est le siècle d’or pour l’histoire de la cathédrale et de l’art valdôtain en général. L’église a été complètement transformée d’abord par les évêques Oger Moriset et Antoine de Prez, et par le comte François de Challant, ensuite par l’évêque François de Prez et un chapitre de chanoines particulièrement dynamiques, au sein desquels se distingua l’archidiacre Georges de Challant. Le plus talentueux artiste valdôtain de la première moitié du siècle, le sculpteur et architecte Étienne Mossettaz, fut invité à construire et décorer la chapelle funéraire de Moriset et la tombe de François de Challant au centre du chœur. Dans le chœur qu’il recouvrit d’un grandiose plafond sculpté, démoli à la fin du siècle, il plaça une nouvelle tombe pour le comte Thomas de Savoie, enterré dans la cathédrale depuis plus d’un siècle. Le célèbre orfèvre flamand Jean de Malines fut chargé de terminer la grande châsse de Saint-Grat, et de réaliser des bâtons de procession, des ciboires et des calices pour la sacristie. La construction d’un nouveau cloître gothique à la place de l’ancien cloître roman fut confiée à l’architecte savoyard Pierre Berger et celle des stalles gothiques du chœur aux graveurs Jean Vion de Samoëns (savoyard) et Jean de Chetro (aostois).

Les transformations entre la fin du XV siècle et le début du XVI siècle

À la fin du XV siècle et au début du XVI, une série de travaux sur le corps du bâtiment lui donna l’aspect qu’il garde encore de nos jours. Une partie de l’ancienne église Saint-Jean fut démolie, et la nef de Sainte-Marie fut allongée vers l’ouest de deux travées et recouverte de voûtes sur croisée d’ogive. Les fenêtres furent décorées d'une imposante série de vitraux peints entre 1522 et 1526, les travaux se terminèrent par l’érection d’une nouvelle façade, au porche décoré de fresques et de sculptures en terre cuite de style lombard.

Les dernières transformations

Entre la fin du XVI siècle et le XIX siècle, les tranformations continuèrent, mais, à cause de la diminution du rôle politique de la Vallée d’Aoste au sein des régions alpines et de la crise économique qui s’ensuivit, la quantité et la qualité des travaux baissèrent. La première chapelle à droite en entrant, vers les années 1570-1580 fut décorées de fresques qui ont été récemment retrouvés ; Joseph Javin, orfèvre et prêtre valdôtain, en 1613 réalisa la grande châsse maniériste de Saint-Joconde ; le luganais Francesco Albertolli en 1758 installa le maître-autel et le marbre ; au XIX siècle, l’architecte Gayo construisit la façade néoclassique (1846-1848), et un côté du beau cloître du XV siècle fut démoli pour faire place à la chapelle néogothique du Rosaire.

Chapelles et édifices ecclésiastiques dans le territoire de la paroisse

  • Les maisons des chanoines et des principales autorités religieuses (évêque, prévôt, archidiacre) étaient bâties autour de la cathédrale, si bien que rue Saint-Joconde, qui était habitée presque exclusivement par les chanoines du Chapitre, était appelée rue des prêtres. Elle garde encore presque intact son charme et son atmosphère d’ancien quartier ecclésiastique.

  • Le siège de l’évêché (3, rue M de Sales) se trouve en ce lieu depuis 1289 ; l’édifice actuel date de 1760, quand au palais du XVII siècle fut ajouté le corps oriental, destiné à accueillir des visiteurs illustres et appelé pourtant appartement des princes. Cette partie est aujourd’hui occupée par la cour épiscopale.

  • Le Grand Séminaire (17, rue Xavier de Maistre) occupe l’ancien prieuré de Saint-Jacquême, déjà mentionné au XII siècle, important centre d'études et, du XVI siècle à 1752, siège du prévôt des chanoines du Grand-Saint-Bernard. Le prieuré fut destiné à la fonction de séminaire en 1780 par l’évêque Pierre-François de Sales, petit-neveu de Saint-François de Sales. C’est à cette époque que remonte la belle façade baroque, alors que des parties de l’abside de l’église et la base du clocher étaient déjà présentes dans l'édifice originaire.

  • La chapelle Sainte-Croix (rue Édouard Aubert), bâtie à la fin XVII siècle, était le siège de la confrérie de la miséricorde, qui prêtait son assistance aux prisonniers et aux condamnés à mort. Le fresque sur la façade représente Sainte-Hélène retrouvant la croix ; à l’intérieur on peut admirer de beaux autels baroques du début du XVIII siècle.

  • La chapelle de Saint-Grat (rue Jean-Baptiste de Tillier) est documentée depuis dès le début du XIII siècle. L’édifice actuel, du XV siècle, est orné de belles fresques aussi bien sur la façade qu’à l’intérieur. Il fut destiné au culte jusqu’à la fin du XVIII siècle siècle, quand le Chapitre de la cathédrale le céda à la commune d’Aoste qui s’en servit comme dépôt des pompes à l’incendie (en effet, elle se trouve entre la rue de Tiller et la soi-disant ruelle des pompes).

Le portail

Les stalles du chœur

Galerie de photos

Les clochers en style roman

Les chapiteaux de la crypte

Le monument sépulcral du comte Thomas, par Étienne Mossettaz

Parcours de visite

Voici les éléments les plus importants de la cathédrale :

  • La façade néoclassique, avec les statues de Notre-Dame de l'Assomption, de Saint-Jean Baptiste et de Saint-Grat ; dans les niches, les statues d’Anselme d'Aoste et de Saint-Joconde évêque ;

  • Le porche (1522-26). Dans la lunette au-dessus de l’entrée, fresque de la Nativité ; à gauche, l’Annonciation ; à droite, la Présentation de Jésus au Temple. En haut, groupe en terre cuite représentant les apôtres et l’Assomption de Marie ;

  • La chapelle de Saint-Paul, ou de Cly (1570-80), avec des fresques de l’histoire de Marie-Magdeleine ;

  • L’autel de Sainte-Lucie, avec la Vierge et l’Enfant, Saint-Pierre, Saint-Jean évalgéliste, Sainte-Catherine et Sainte-Lucie ;

  • L’autel de Sainte-Apollonie et de Saint-Claude (1786), autrefois de Saint-Anselme ;

  • La chapelle de Saint-Jean Baptiste (1706), avec une statue du saint jeune et une toile du baptême de Jésus ;

  • L’autel de Saint-François, autrefois des marchands ;

  • L’autel de Sainte-Thérèse et de l’Enfant Jésus ;

  • La chapelle de Saint-Grat, refondée en 1644 par le baron valdôtain Pierre-Philibert de Roncas en 1842 ; en face, Saint-Bernard du Mont-Joux ;

  • La sacristie, autrefois chapelle des saints Gervais et Protais ;

  • Les châsses des bienheureux Boniface I et Éméric I de Quart (1817), évêques d’Aoste aux XIII et XIV siècles ;

  • La crypte, à trois nefs se terminant par des absides sémi-circulaires, s’appuyant sur de grandes colonnes romaines de remploi et sur d’autres, plus minces, en marbre blanc, avec des chapiteaux à volutes et feuillage ;

  • Le monument funéraire d’Éméric II de Quart, évêque d’Aoste (1371) ;

  • Le monument funéraire de l’évêque Oger Moriset (début du XV siècle) ;

  • Le maître-autel (1758), en marqueterie de marbre ;

  • La mosaïque de pavement (première moitié du XIII siècle), des animaux sont représentés près des fleuves Tigre et Euphrate ;

  • Le grand crucifix en bois (1397), réalisé par un maître aostois ;

  • La chapelle Notre-Dame du Rosaire (1862), en style néogothique, avec les bustes des évêques Jacques-Joseph Jans, Joseph-Auguste Duc et Jean-Vincent Tasso (XIX ‑ XX siècles) ;

  • L’autel des saints Sébastien et Roch, avec une toile représentant aussi Saint-Pantaléon et, en haut, la Vierge à l'Enfant entre Saint-Antoine abbé et un saint diacre (1812) ;

  • L’autel du Saint-Nom de Jésus (XVIII siècle), avec une toile représentant Jésus, et, à ses pieds, les saints Anne, Joachim, Jacques et Philippe Néri ;

  • L’autel de Sainte-Cathérine, aux côtés de laquelle on voit les saintes Barbe (très vénérée en Vallée d’Aoste) et Rita de Cascia. Dans l’arc au-dessus, Saint-Blaise ;

  • Les fonts baptismaux (1652), et la chapelle Saint-Vincent (autrefois Du Bois), qui a été recontruite en 1840 ;

  • L’orgue, une des œuvres les plus remarquables de Charles Vegezzi-Bossi ;

  • La chaire en marbre (XVIII siècle) ;

  • Les vitraux de la nef centrale et du déambulatoire.

Bibliographie