Dôme de Milan

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Introduction

Cathédrale de Milan
Vue générale de l'édifice
Nom localDuomo di Milano
Latitude

Longitude
45° 27′ 52″ Nord

9° 11′ 29″ Est / 45.464352, 9.19149
PaysItalie Italie
RégionLombardie
VilleMilan
CulteCatholique romain
TypeCathédrale
Rattaché àArchidiocèse de Milan
Début de la construction1386
Fin des travaux1965
Style(s) dominant(s)Gothique, néoclassique et néogothique
Localisation
Italy location map.svg

Dôme de Milan

La cathédrale de Milan (ou Duomo di Milano, en italien) est située sur la piazza del Duomo, à Milan, en Italie.

Historique

A l'intérieur du Duomo une pierre qui commémore le commencement de sa construction en 1386

Intérieur de la basilique (impression datant du XIXe siècle)

Une nouvelle cathédrale européenne

A l’endroit où se dresse aujourd’hui le Duomo, se dressait autrefois la cathédrale de Santa Maria Maggiore construite au V siècle, où fut baptisé Augustin d’Hippone (Saint-Augustin) et la basilique de Santa Tecla. Elles seront détruites en partie par un incendie en 1075. Après l’effondrement du campanile, l’archevêque Antonio de' Saluzzi, soutenue par la population prévoit la construction d’une nouvelle et plus grande cathédrale (en 1386), à l’ endroit même du plus antique cœur religieux de la ville. Les travaux démarrent tout d’abord par la destruction : Dans un premier temps de la cathédrale Santa Maggiore, puis dans un second temps de la basilique Santa Tecla entre 1461 et 1462 (en 1489 cette dernière sera partiellement reconstruite puis définitivement démolie en 1548).

D’après des vestiges archéologique trouvés lors d’une fouille dans la sacristie, il semble que le nouvel édifice devait à l'origine être construit en briques selon les technique de l'art gothique lombard. En janvier 1387 commence l’œuvre colossale de couler les fondations des piliers. Durant l’année 1387 les travaux de forage des fondations continuent et les piliers sont mis en place. Tout ce qui a été fait avant 1386 est détruit ou presque. Au cours de l’année le seigneur de la ville, Jean Galéas Visconti, prend le contrôle des travaux et opte pour un projet encore plus ambitieux . Le choix du matériau se porte alors sur le marbre de Candoglia, et les formes architecturales deviennent celles du gothique international Le désir de Jean Galéas Visconti est, en suivant les tendances européennes de l’époque, de donner à la ville un majestueux édifice et de symbolisé par celui-ci les ambitions de son état, qui dans ses plans devait devenir le centre d'une monarchie nationale italienne, comme c’était le cas en France ou en Angleterre et ainsi devenir l’une des plus grande puissance du continent européen. Jean Galéas Visconti met à disposition des carrières et accorde d’importante subventions et exonérations fiscales : Chaque bloc destiné au Duomo est marqué (‘’Ad Usum Fabricae’’) et les taxes de passages sont supprimées : est resté depuis la manière de dire « a ufo » qui signifie gratuit.

Comme le témoigne la richesse des archives, le premier ingénieur en chef est Simone d’Orsenigo, il s’entoure d’autres maîtres lombards et commencent dès 1388 les murs de périmètres. Entre 1389 et 1390 le français Nicolas de Bonaventure est chargé de concevoir les fenêtres.

Pour diriger le chantier sont appelés architectes français et allemands, comme Jean Mignot, Jacques Coene ou Enrico di Gmünd, Mais ils rencontrent une hostilité de la part des maîtres lombards accoutumés à d’autres habitudes de travail, ils restent donc très peu de temps en place. L’édifice se construit sous un climat de tension, du aussi aux nombreuses modifications, qui donneront tout de même une œuvre complètement originales tant dans le paysage italien qu’européen.

Initialement les fondations sont coulées pour un édifice à trois nefs avec des chapelles latérales carrées dont les murs peuvent servir de contreforts. Puis il est décidé de ne plus faire de chapelles, portant le nombre de nefs à cinq, le 19 juillet 1391 est décrété l’élargissement des quatre piliers. En septembre 1391, le mathématicien Gabriele Stornaloco est consulté afin de décider de la hauteur de l'édifice, qui se présente sous deux options : "ad triangulum" ou "ad quadratum". Le 1 mai 1392, le choix de la forme des nefs est décidé, elles seront légèrement décroissantes avec une hauteur maximum de 76 brasses.

La construction de la basilique

Filippo Abbiati, Saint-Charles entre à Milan (1670-80)

En 1393 les premiers chapiteaux des piliers sont sculptés d’après les dessins de Giovannino de' Grassi, qui sera jusqu’à sa mort en 1398 ingénieur en chef. En 1400, Filippino degli Organi lui succède et supervise la réalisation des fenêtres de l’abside. A partir de 1407 et jusqu’en 1448 il est responsable en chef de la construction de l’édifice et porte à son terme l'abside. En 1418 il est consacré maître-autel par le pape Martin V .

De 1452 à 1481, Giovanni Solari est chef de chantier durant les deux premières années il est aussi proche du Filarète. Suivent ensuite en tant qu’architecte en chef Guiniforte Solari (fils de Giovanni Solari) et Giovanni Antonio Amadeo (gendre de Giovanni Soalri), avec Gian Giacomo Dolcebuono ils construisent en 1490 la Tour-lanterne. A la mort d’Amadeo en (1522), ses successeurs font différentes propositions de style gothique, entre autres celle de Vincenzo Seregni qui propose de rapprocher la façade des deux tours (en 1537 environ), cette proposition ne sera jamais réalisée.

En 1567, l’archevêque Charles Borromée impose une vive reprise des travaux, il met à la tête de cette entreprise Pellegrino Tibaldi qui redessine le presbytère, en 1572 bien que la construction de soit pas terminée Charles Borromée consacre l'église.

La question de la façade

Il Duomo en 1745 environ

En ce qui concerne la façade Pellegrino Tibaldi dessine un projet en 1580, celui-ci est basé sur un soubassement à deux étages animés par de gigantesques colonnes corinthiennes et une niche dans la nef centrale accolée par des obélisques. La mort de Charles Borromée en 1584 signifie la scission avec son projet en effet le chantier est repris en main par son rival Martino Bassi qui envoie une toute nouvelle vision de la façade au pape Grégoire XIV.

Au cours du XVII siècle, les meilleurs architectes gèrent le chantier dont Lelio Buzzi, Francesco Maria Ricchino (jusqu'en 1638), Carlo Buzzi (jusqu’en 1658). Entre temps en 1628 est construit le portail central et en 1638 les travaux avancent rapidement avec l’objectifs de créer un effet de niche inspiré par l’église Sainte-Suzanne de Rome. A cette fin sont utilisés au cours du XVIII siècle les dessins de Luigi Vanvitelli (1745) et Bernardo Vittone (1746).

Entre 1765 et 1769 Francesco Croce achève la Tour-lanterne et la flèche majeure, sur laquelle cinq ans après est élevée la ‘’Madonina’’ en cuivre dorée, destinée à devenir le symbole de la ville de Milan. Le plan de la façade de Buzzi est repris par Luigi Cagnola, Carlo Felice Soave et Leopoldo Pollack. Ce dernier commence la construction du balcon et de la fenêtre centrale.

En 1805 sur la demande insistante de Napoléon Ier, Giuseppe Zanoia prend en charge le déroulement des travaux afin de terminer la façade en vue du couronnement de Napoléon 1 comme roi d'Italie. Mais Carlo Amati achève le projet en 1813 seulement. Parmi tous les sculpteurs qui ont travaillé sur l’édifice durant le début du XIX siècle, l'un des plus reconnu est Luigi Acquisti.

Manutention et restauration

Dommages dus aux bombardements

En 1858 le campanile qui se trouvait sur la nef est détruit et les cloches sont transférées dans la Tour-lanterne entre les doubles voûtes. Durant tout le XIX siècle (et jusqu'en 1892 les flèches et les décorations architecturales sont achevées. Durant tout ce siècle se succèdent différents travaux de rénovations : voûtes remplacées et éléments d’architectures abîmés par le temps.

Durant la seconde guerre mondiale la ‘’Madonina’’ est recouverte de haillons afin d’éviter que les reflets de lumière sur sa surface dorée puissent être utilisés comme point de référence par les bombardiers alliés survolant la ville, de plus les vitraux sont préventivement supprimés et remplacés par des rouleaux de toiles. Bien que n’étant pas la cible principale des bombes le Duomo subit des dommages collatéraux durant les bombardements aériens, le porche central en bronze présente encore quelques "plaies" dues aux bombes qui ont explosé à proximité. Durante l’après-guerre, suite à tous ces dégâts, le Duomo est restauré en grande partie, les portes en bois sont remplacées par des portes en bronze qui sont des œuvres des sculpteurs Arrigo Minerbi, Giannino Castiglioni et Luciano Minguzzi.

Dans les années 60 du XX siècle, la pollution atmosphérique, l’abaissement de la nappe phréatique, les vibrations du trafic, sa proximité avec la ligne de métro, associés au dégradement naturel des matériaux et les erreurs dans la construction d’origine ont sérieusement ébranlé la stabilité des quatre piliers qui soutiennent la Tour-lanterne. En 1969 la place est fermée à la circulation et le trafic du métro est ralenti , puis en 1981 démarre la restauration des piliers et celle-ci se conclu en 1986 (date anniversaire de sa construction six cents auparavant).

Aujourd’hui l’entretien de la cathédrale est confié à la Veneranda fabbrica del Duomo, de tous ces travaux d’entretien est né une expression en dialecte milanais Longh comm la fabbrica del Domm, ce qui signifie quelque chose d’interminable.

Le 13 Décembre 2009, Silvio Berlusconi a reçu une réplique miniature du Duomo en plein visage lors d'un meeting à Milan. Depuis, les ventes des répliques miniatures du bâtiment ont nettement augmenté.

Contexte urbain

Le Duomo avec en 1er plan "la Cassina", ou l'ensemble des bâtiments de la fabrique du Duomo et les ateliers du chantier, gravure 1832

Autrefois le Duomo était au coeur du tissu urbain médiéval, comme les cathédrales françaises ou allemandes. Ce colossal édifice créait un panorama improbable et majestueux, en effet il semblait une montagne de marbre au milieu des petits bâtiments en brique. Des photos datant du milieu XIX siècle témoignent encore aujourd'hui de l'aspect de cette zone à cette époque. Avec l'ouverture de la place par Giuseppe Mengoni entre 1865 et 1873, la façade du Duomo pouvait devenir un arrière-plan panoramique grandiose, comme ne manquerons pas de le faire noter les nombreuses polémiques.

Le côté gauche est visible pratiquement uniquement en oblique, en raison de la proximité des immeubles environnants, tandis que l'entrée de la rue Vittorio Emanuele II permet l'observation de l'organisation de l'abside, du transept et de la tour-lanterne ainsi que la flèche de la Madonnina. D'autres vues intéressantes, sont visibles à partir de la place de la Fontana, du square Verziere, de la petite place du Palais Royal, ou de la terrasse du 1 étage du Palazzo della Ragione.

Architecture

Plan du Duomo de Milan et de ses voûtes

Le style du Duomo est le fruit de tous les travaux des siècles passées, il ne répond à aucun mouvement précis, mais suit plutôt une idée « gothique » colossale et fantasmagorique toujours réinterprétée. Malgré cela et malgré les contradictions dans le style architectural, le Duomo est un édifice unitaire. La gigantesque manufacture de pierre continue de fasciner et de séduire l’imagination populaire, en vertu de son ambigüité, faite d'incertitudes, de discontinuité et de changements de cap. Le concept aussi d’ « authenticité gothique » est visible sur une grande partie de la structure datant de la période style néogothique, pour ne pas parler des fréquentes substitutions, qui sont en réalité une déformation de l'essence même du monument qui est donc considéré comme une construction d'architecture toujours en continue et nécessaire reconstruction.

Le Duomo a un plan en croix latine, composé de cinq nefs et trois transept, avec une profond presbytère entouré par un déambulatoire ayant une abside poligonale. A la croisée du transept se lève comme de coutume la Tour-lanterne. L’ensemble a un remarquable élancement vertical, caractéristique plus française qu’italienne mais ceci est en partie atténué par la étirement en horizontal de l’espace et par l’écrasante différence de hauteur entre les nefs, typique du style gothique lombard.

La structure portante est composée de piliers et de murs périmètres renforcés par des contreforts situés à la même hauteur que les piliers. Ceci est une caractéristique qui différencie le Duomo milanais des cathédrales françaises, limitant par rapport à l’architecture gothique traditionnelle, l’ouverture des vitraux (longs et étroits) et donnant à l’ensemble (à l’exception de l’abside) une forme prédominante fermée, où le mur est avant tout un élément de forte démarcation, souligné en plus par la hauteur du socle de tradition lombarde. Il est aussi évident que la flèche et les pinacles n’ont aucune fonction portante, puisqu’ils ont été rajoutés de façon sporadique au cours des siècles.

Contreforts, arcs rampants et pinacles

Les contreforts ont une forme triangulaire et servent à contenir la poussée latérale des arcs. Le soubassement est en pierre ainsi que les murs intérieurs, les piliers ont un noyau en gneiss et les voiles des voûtes sont en brique. Le parement apparent n’a pas seulement un rôle d’ornement mais aussi une fonction portante, il est en marbre de Candoglia blanc rosé avec des veines grises : la carrière, jusqu’à la fin de l’époque de Gian Galeazzo Visconti, est encore propriété de la Fabbrica del Duomo.

Les murs externes sont animés par une masse dense de semi-pilastres couronnés en hauteur, au dessous des terrasses il y a une broderie d'arcs polylobés surmonté par des flèches. Les vitraux à arc pénétrant sont assez resserrées en effet elles ont-elles aussi un rôle portant.

La couverture de la terrasse (elle aussi en marbre) est un unicuum dans l’architecture gothique elle est soutenue par un double croisements de voûtes mineures. En concordance des piliers se lève une « forêt » de pinacles reliée entre eux par des arcs boutants. Dans cette configuration les pinacles n’ont aunes fonction de structure puisqu’ils ont pratiquement tous été rajoutés durant la moitié du XIX siècle. Dans la gravure de Bernardo Zenale datant de 1519 (qui se trouve au Musée du Duomo) ainsi que dans d’anciens dessins il y a un arêtier centrale devait mettre en évidence la forme triangulaire mais il est exclu dans le projet de 1836.

Architecture externe

La zone absidale

La partie de l’abside est la première a être terminée, elle est découpée par de fenêtres, où apparaît le tableau de Jean Galéas Visconti. Les statues, les contreforts, les lanceurs et les flèches sont en générale de l’époque de son successeur : Philippe Marie Visconti. La 400 flèche "Carelli" est la première a être construite.

A partir de l'abside, qui date du XIV siècle, les côtés sont progressivement rapprochés de la façade, ceci jusqu’à la fin du XVII siècle, les contreforts externes sont couronnés par des flèches et liés à la base par des plinthes horizontales. En hauteur se trouve une corniche ayant des arcs polylobés sur chapiteau avec des figures anthropomorphes et zoomorphes. Entre les contreforts, en hauteur, se trouve les vitraux qui illuminent les nefs.

L’abside est polygonale et entourée par les deux sacristies qui sont couronnées par des flèches plus antiques. Pour illuminer l’abside il y a deux énormes vitraux ayant des croisées d’ogives en marbre ils désignent dans ces dernières, les rosaces de Filippo degli Organi (fin du XV siècle). Le vitrail central est dédié à l’incarnation du Christ.

Architecture interne

L’intérieur est à cinq nefs et trois transepts. Le presbytère est profond et encerclé par un déambulatoire à côté duquel s’ouvrent les deux sacristies. La nef centrale est deux fois plus large que les nefs latérales, celles-ci sont légèrement décroissantes en hauteur ce qui permet l'ouverture de petits vitraux à arc boutant, au dessus les arches des voûtes illuminent l'intérieur manière douce et diffuse.

L’Intérieur

Les cinquante deux piliers polystyles divisent les nefs et soutiennent les voûtes des croisées d'ogives simulant un tunnel gothique. Cette décoration démarre dans l’abside (moitié du XV siècle, puis continuer dans la Tour-lanterne (1501), puis durant le XVII siècle, jusqu'à l'intégration et les restaurations d'Achille Alberti et Alessandro Sanquirico (jusqu’en (1823).

Les chapiteaux monumentaux à niches et flèches avec statues sont beaucoup plus originaux, ils décorent les piliers le long de la nef centrale, le transept et l’abside. Certains chapiteaux ont un double registre, avec des statues de saint dans les niches et qui sont surmontés par des statues de prophètes dans les flèches. Les autres piliers sont décorés de motifs végétaux.

Le sol est commencé à partir des dessins de Pellegrino Tibaldi en 1584 et terminé seulement entre 1914 e il 1940. C’est un mélange complexe de marbre clair et foncé : le noir vient de Varenna, le blanc et le rose de Candoglia, le rouge venait à l’origine de Arzo mais il a été complètement échangé par le marbre de Vérone. Pellegrino Tibaldi a, sur la demande du cardinal Borromée, définit aussi les autels latéraux, les mausolées, le chœur et le presbytère (restauré en 1986. Aujourd’hui l’aspect interne date plutôt de cette époque, liée à la contre-réforme. Au cours du XVII siècle quelques monuments seront transférés dans les travées de la façade.

Dimensions principales

Les flèches de nuit et l'arbre de Noël sur la droite (2008)

Quelques mesure du ‘’Duomo’’

  • Hauteur maximale : 108,50 mètres
  • Hauteur de la Madonnina: 4,16 mètres
  • Hauteur de la façade centrale : 56,50 mètres
  • Hauteur de nef principale : 45 mètres
  • Longueur extérieure : 158 mètres
  • Longueur intérieure : 148 mètres
  • Longueur de la façade principale : 67,90 mètres
  • Largeur interne des 5 vaisseaux de la nef : 57,60 mètres
  • Largeur extérieure : 93 mètres
  • Largeur intérieure : 66 mètres
  • Superficie interne : 11 700 m²
  • Nombre de colonnes intérieures : 52
  • Nombre de flèches: 135
  • Nombre de statues: 3 400, dont 2 300 à l’extérieur (sans compter les demi-figures dans les embrasures des fenêtres, les 96 gargouilles et les hauts-reliefs)
  • Hauteur des colonnes intérieures : 24 mètres
  • Diamètre de la colonne intérieur : 3,40 mètres

La Façade

Vitraux de la façade

La façade témoigne d’elle-même la complexité du Duomo, avec ses sédimentations des siècles d’architecture et des sculptures italienne. Ce qui se voit aujourd’hui est une solution de compromis faite à la hâte au début du XX siècle, en effet à cette période, il a été conclu que le projet de style néogothique de Giuseppe Brentano (1886-1888) était impossible à réaliser.

Cinq motif font comprendre la présence de la nef et avec 6 contreforts (doublés à l’extrémité et entourant le portail central) surmontés par des flèches.

Les cinq portails et les vitraux surmontant sont du XVII siècle, le balcon quant à lui est de 1790 et les trois fenêtres néogothique sont du XIX siècle. Les soubassements des contreforts centraux sont décorés par des reliefs et des atlantes datant de la moitié du XVII siècle, les reliefs sur les soubassements des contreforts sont eux du XVIII siècle et XIX siècle. La décoration du bas-relief des portails sont sculptés à l’époque de l’archevêque Boromée sur des dessins de Cerano. Les statues des ‘’Apôtres'‘ et ‘’ Prophètes’’ sur les corbeaux datent toutes du XVIII siècle.

Les portes en bronze sont du XX siècle. Partant de la Renaissance de Pellegrini au baroque de Francesco Maria Ricchino et au néogothique napoléonien de Acquisti. En 1886 la ‘’Grande Fabbrica’’ met en place un concours international pour la façade de style gothique du Duomo et en octobre 1888, le jury choisit Giuseppe Brentano comme vainqueur un jeune élève de Boito.

Décoration

Façade nord

La caractéristique particulière du Duomo de Milan, en plus de son compromis entre la verticalité de la forme gothique et l'horizontalité de la tradition lombarde, est l’extraordinaire abondance de sculptures. C’est une exceptionnelle collection de statues allant du XIV siècle au XX siècle et sculptés par de grands maîtres : maestri campionesi (Giovannino dei Grassi), puis avec un style plus doux et cosmopolite des maîtres bohêmes (Michelino da Besozzo), puis sculptures de la renaissance, baroque, néoclassique pour finir sur des œuvres art déco des années 20 et 30 du XX siècle.

L’autre grand cycle décoratif concerne les vitraux mais pour ce qui touche aux plus anciens, ils ont tous pratiquement été détruits puis changés au fur et mesure (surtout au cours du XIX siècle et XX siècle). Survivent quelques pièces de verres du XIV siècle insérés dans les vitraux plus tardivement, puis quelques vitraux de la seconde moitié du XV siècle et XVI siècle dessinés par des artistes tel que Vincenzo Foppa et Cristoforo de' Mottis.

Décoration de la façade

Portale centrale, La Création de Eve

Décoration des pilastres du portail central

Sur la façade les reliefs illustrent (en partant de la base externe gauche) :

  • La Mort d'Absalom
  • Samson ouvre les portes de Gaza
  • Samson tue le lion
  • Le Sacrifice de Caïn
  • Le Sacrifice d’Abel

L’ornement du portail de gauche est décoré par des reliefs représentant Esther et Assuérus (dessins de Cerano). Quant au portail de illustrant l'Edit de Milan c'est une œuvre de Arrigo Minerbi (1948).

Les reliefs de la seconde base illustrent :

  • Le Sacrifice de Noé
  • David tenant la tête de Goliath
  • La Tour de Babel

L’ornement portail montre Sisara et Yaël (dessins de Cerano). Quant à la porte en bronze ses reliefs représentent la Vie d’Ambroise de Milan (dessins de Giannino Castiglioni 1950).

Les reliefs de la troisième base illustrent :

  • Des Serpents de bronze
  • Le lit de Salomon
  • Des figures symboliques

Les pilastres du portail central sont richement décorés avec des fleurs, des fruits et des animaux, le tympan représente la Création de Eve (dessins de Cerano), quant à la porte en bronze elle évoque L’histoire de la vie de Marie (dessins de Ludovico Pogliaghi).

Sur le quatrième soubassement, l’ornement du portail traite de Judith coupant la tête de Holopherne (dessins de Cerano). Le portail en bronze datant de 1950 est commencé par Franco Lombardi et terminé par Virginio Pessina, ses panneaux représentent L’histoire de Milan : de sa destruction par Frédéric Barberousse jusqu’à la victoire de Legnano.

Les reliefs de la cinquième base illustrent :

L’ornement du portail représente Salomon et la reine de Saba (dessins de Gaspare Vismara). La porte en bronze évoque les épisodes de l’histoire du Duomo (dessins de Luciano Minguzzi 1965).

Les reliefs de la sixième base (externe droite) illustrent :

  • Le buisson ardent
  • L’expulsion du Paradis terrestre
  • Grappe de la Terre Promise
  • Moïse sauvé des eaux
  • Raphaël et Tobit.

Plus en hauteur se détachent particulièrement les grandes statues relatives à l’Ancien Testament (Luigi Acquisti).

Statues externes

Le centre de la rosace de l’abside, avec "razza" des Visconti, la Trinité et l’Annonciation

David tenant la tête de Goliath et Saint Jean Baptiste

Saint Martyr

Tout l’extérieur est orné d’un riche ensemble de sculptures. Sur les corbeaux des montants des fenêtres se trouvent statues et bustes, sur les contreforts les statues sont couvertes par un baldaquin en marbre (en bas) et 96 "géants" (en haut), sur lesquels se lèvent des gargouilles imposantes. Les autres statues se trouvent des flèches : au couronnement ou dans les niches L’ensemble de ces sculptures est une extraordinaire galerie d’art à Milan (du XIV siècle au néoclassicisme) ont participé à ce projet de grands maîtres lombards, allemands, français, toscans, vénitiens et camponesi.

Les statues les plus importantes sont  :

  • Sur le côté droit, deuxième contreforts en bas Saint Ambroise de Carlo Simonetta (1649).
  • Sur le troisième contrefort en hauteur : David de Gian Andrea Biffi (1597) et au centre Figure Masculine de Cristoforo Solari.
  • Sur le sixième contrefort en hauteur, Vescovo, attribué à Angelo Marini.
  • Dans le transept droit, dans les ébrasements entre la dixième et la quinzième fenêtre se trouvent une série de demi-figures de Saints, de la fin du XIV siècle.
  • Sur le huitième contrefort en hauteur, Constantin de Angelo Marini et au centre une remarquable Madeleine de Andrea Fusina.
  • Sur la treizième fenêtre Catherine d'Alexandrie (en haut) et Saint Paul (en bas) toute deux de l’école de Bambaia.
  • Sur le quinzième contrefort, en hauteur, Saint Pierre de l’école de Jacopino da Tradate, et au centre Saint Stéphane de Walter Monich.
  • Sur le dix-septième contrefort, sur le chevet droit, en hauteur David et Abigaïl de Biagio Vairone.
  • Sur le dix-neuvième contrefort, sur l'abside, au centre, Saint Jean Baptiste de Francesco Briosco (1514) et à droite David de Biagio Vairone.

Dans les ébrasements des vitraux en bas Isachab et Joachim de l’école de Bambaia, au centre deux Séraphin de Pieter Monich (1403) et en haut deux Anges attribués à Matteo Raverti et Niccolò da Venezia (1403). Au centre de la rosace se trouve la "razza", blason de Jean Galéas Visconti, flanquée de chaque côté par une figure représentant l’Annonciation, dessinée par Isacco Imbonate et Paolino da Montorfano (1402).

  • Sur les contreforts vingt au centre Judas Maccabée de Fusina (1420) et en haut un Nu masculin de Jacopino da Tradate (1404), la Joueuse de cor de Giorgio Solari (1404) et le remarquable Géant de Matteo Raverti (1404).
  • Sur la vingt-et-unième fenêtre, en haut, les statues de Adam, Abel, Caïn et Eve.
  • Sur le vingt-et-unième contrefort en bas Tobit, attribué à la fin du XV siècle début du XVI siècle.
  • Dans le chevet gauche, sur la vingt-deuxième fenêtre, Sibylle de Cumes du XVI siècle.
  • Sur le vingt-deuxième contrefort, en-dessous de la flèche Carelli : en haut un Prophète (XVI siècle) et au centre Salomon (1508).
  • Sur la vingt-troisième fenêtre en haut Adam (XIV siècle et en bas Constantin XV siècle.
  • Sur la vingt-cinquième fenêtre, dans le transept gauche, Saint Roch (XVI siècle), Saint Galdino, Alexandre V, ce dernier étant de l’école de Jacopino da Tradate, pour finir Saint François d'Assise (1438).
  • Sur la vingt-sixième fenêtre quelques demi-figures de Saints de l’école borgognona et Sainte Radegonde attribuée à Niccolò da Venezia (1399).
  • Sur la vingt-sixième Saint Bernard de la seconde moitié du XVI siècle.
  • Sur le vingt-septième contrefort Sainte Rosalie de Carlo Francesco Mellone (1695).
  • Sur la vingt-neuvième fenêtre les statues de la Madeleine, Saint Monaco et Saint Nazaire.
  • Sur la trentième fenêtre Saint Barthélemy de l’école de Jacopino da Tradate et demi-figures de Saints du XIV siècle et XV siècle.
  • Sur la trente-et-unième, en bas, Apôtre tenant un livre, de l’école de Cristoforo Solari (seconde moitié du XV siècle).
  • Sur le côté gauche, trente-troisième fenêtre, Saint Roch de la première moitié du XVI siècle.
  • Sur la trente-cinquième Saint Sébastien de la moitié du XV siècle.
  • Sur le trente-septième contrefort, en haut, Judith attribuée à Antonio Rizzo.
  • Sur la trente-huitième fenêtre un Prophète de la fin du XVI siècle.

Décoration interne

Dans le mois de novembre, période dédiée à San Carlo Borromeo, sont exposés les toiles du cycle monumental dites « Quadroni di San Carlo » de la vie du saint et de ses miracles, peints par un groupe d'artistes du XVII siècle dans lesquels se détachent Il Cerano, Il Morazzone et Giulio Cesare Procaccini.

Galerie

Sur les toits de la cathédrale

Sur les toits de la cathédrale

Chevet de la cathédrale

Chapelle de la Madone de l'Arbre

Le Dôme de Milan vu de la place