La compacité est une source très fertile de résultats en topologie mais elle reste une propriété très contraignante. En particulier, le fait qu'un espace métrique doit être borné pour être compact fait que les résultats concernant les espaces compacts ne sont presque jamais applicables aux espaces métriques rencontrés, qui sont très rarement bornés.
Cependant on peut appliquer ces résultats à certains espaces métriques (et notamment les espaces vectoriels normés) non bornés à condition que l'objet étudié respecte certaines propriétés supplémentaires, qui permettent d'y appliquer les outils développés pour les espaces compacts.
Par exemple, toute suite de points d'un compact admet une valeur d'adhérence ; le théorème de Bolzano-Weierstrass dit qu'une suite de points de R (ou plus généralement de Rn) qui est bornée admet une valeur d'adhérence. Or ni R ni Rn ne sont compacts, mais en ajoutant « bornée » on peut conclure quelque chose, car R et Rn sont localement compacts. Il n'est pas vrai en général qu'une suite bornée d'un espace métrique a une valeur d'adhérence. Il suffit de regarder les suites bornées à valeurs dans Q.
Autre exemple, peut-être plus parlant : un théorème connu dit que si une fonction est une bijection continue d'un espace compact vers un espace séparé, alors sa réciproque est aussi continue (et donc c'est un homéomorphisme). C'est faux en général pour un espace topologique mais dans le cas de R on a le théorème de la bijection : « si une fonction est une bijection continue d'un intervalle de R vers un autre intervalle, alors sa réciproque est aussi continue », que l'intervalle soit compact ou non.
Le fait que ces deux résultats typiques de la compacité s'adaptent partiellement dans le cas d'espaces non compacts tient justement à la notion de compacité locale.