Selon Bleuler, à la base de la schizophrénie se trouve un processus biologique (l'altération basale des fonctions associatives) qui fait émerger les signes primaires de la maladie par-dessus lesquels apparaissent des signes secondaires (réactions psychologiques du sujet face à sa souffrance) qui constituent de véritables stratégies de lutte contre le processus biologique de base.
Parmi les signes primaires, Bleuler intègre le blocage de la pensée et des signes apparaissant lors des poussées aiguës sans aucune raison externe : états d'obtusion, épisodes d'excitation ou de dépression, prédisposition aux hallucinations, le syndrome catatonique et quelques signes physiques.
Bleuler a montré que la psychanalyse permet de trouver le sens des signes secondaires, symptômes provenant d’une psychogenèse inconsciente. Tous les signes de la sphère instinctivo-affective ci-dessus sont des signes secondaires. Bleuler parlait de charge affective des complexes ...
Ces signes secondaires s’opposent donc aux signes primaires qui, résultant d'un processus biologique, ne peuvent pas être interprétés.
Ceci constitue une réelle introduction à la psychopathologie, à la compréhension des signes et de leur sens.
Pour les organicistes, la réalité du facteur génétique de certaines schizophrénies semble démontrée grâce aux statistiques familiales.
L’approche environnementale (culturelle ou psychosociale) de la schizophrénie se situe dans une perspective différente. Contredisant l’universalité de la schizophrénie elle fait observer son extrême diversité selon les cultures, et sa sensibilité à la rupture des relations sociales traditionnelles… La schizophrénie peut devenir une « tentative de guérison » par le S lui-même de la maladie créée par l’oppression de la société. Il choisit de s’en évader par la folie.
Pour certains psychanalystes, la schizophrénie serait liée à des interactions précoces avec la mère, les parents, qui n'auraient pas permis la constitution d'un bon objet interne. L’angoisse liée dans la position schizo-paranoïde ((Mélanie Klein) à la crainte de l’envahissement par l’objet ou de l’effondrement (Donald Winnicott) de l’objet, deviendrait ainsi une angoisse de perte et de destruction de l’objet.