Quelques rares et récentes études ont concerné cette question.
Les véhicules parce qu’ils sont fermés, mais aussi les écoles et l’environnement de travail (bureaux en particulier, mais aussi poulaillers, porcheries) où respectivement les enfants et les adultes passent 8 à 12 h par jour sont des lieux où les fomites sont potentiellement présents. Selon Charles Gerber, Pr. de microbiologie à l'Université de l'Arizona (New Scientist), le clavier d’ordinateur du bureau est bien plus riche en virus et bactéries que la planche du siège d’un WC moyen. Lors d’une étude sur les fomites, 41% des anses de tasses à café présentaient des bactéries fécales. Les interrupteurs pour l’éclairage, les touches de clavier d’ordinateur ou les souris d’ordinateurs ou combinés de téléphone hébergeaient des germes en quantité significatives à importantes. Le combiné de téléphone recelait jusqu’à 3894 germes par cm² (le record), devant le clavier d’ordinateur (511/cm²) devant la souris (260/cm²). Certains de ces objets courants présentaient une contamination 400 fois plus importante que celle d’un siège de WC moyen.
Cet article a été utilisé pour justifier des publicités pour des produits désinfectants spécialisés, mais aussi pour un coûteux clavier lavable. En 2005, le Northwestern Memorial Hospital s’est intéressé à la question et a montré dans une étude présentée à la 15 session scientifique annuelle de la Society for Healthcare Epidemiology of America (SHEA) à Los Angeles début avril 2005, que dans l’hôpital les claviers d'ordinateur ou des couvertures de claviers pouvaient effectivement héberger des bactéries dangereuses et quelques bactéries potentiellement nocives qui peuvent y survivre durant plusieurs dizaines d’heures parfois.
Gary A. Noskin, Médecin et directeur du service healthcare epidemiology and quality de cet hôpital y a conduit cette étude. Il recommande le nettoyage périodique du matériel informatique et le lavage des mains avant et après chaque utilisation d'ordinateur.
Pour mieux appréhender le risque nosocomial, Noskin et ses collègues ont étudié le comportement de bactéries généralement trouvées dans l'environnement hospitalier, en « inoculant » des équipements informatiques avec 3 types de bactéries:
- Enterococcus faecium (variant résistant à la vancomycine (VRE) ),
- Staphylococcus aureus (variant résistant à la méthicilline (MRSA) )
- Pseudomonas aeruginosa (PSAE).
Dans ce cas, les souches VRE et MRSA étaient capables de survie prolongée, avec une croissance bactérienne importante dans les 24 heures après contamination, selon Noskin. Les VRE et PSAE posent rarement des problèmes sauf chez des patients dont le système immunitaire est affaibli, mais des cas récents d'infections cutanées par MRSA chez des personnes auparavant en bonne santé (community-acquired MRSA) inquiètent les épidémiologues et experts en maladies infectieuses.
"PSAE, a pu être retrouvé vivant moins longtemps (jusqu'à une heure sur le clavier et cinq mn sur la protection de clavier). Les bactéries s'y nourrissent sans doute du gras et de débris invisibles de peau déposé sur le clavier. L'étude a montré que plus le clavier est souillé, plus la probabilité de transmettre des bactéries aux mains augmente. Ces 3 bactéries sont répandues dans la nature (sol, plantes, eau, animaux et humains)
Parmi les désinfectants dits à "ammoniums quaternaires » destinés au nettoyage des ordinateurs, le plus efficace était un produit persistant 10 minutes sur la surface nettoyée. Les autres, avec une exposition de recommandation à la surface de cinq minutes ont efficacement désinfecté des claviers, mais pas des protections de clavier.