Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.
Dans l'univers décrit par Alfred Bester, les éléments de science-fiction jouent en quelque sorte un rôle de décorum et ne sont pas réellement développés. Son point fort réside dans le développement cohérent et inventif d'une guilde très structurée de télépathes, appelés « extrapers ».
Mars, Terra (la Terre), le Pays de l'Espace, Vénus, Ganymède, Jupiter, sont accessibles par fusées privées ou astronefs publics, les transports urbains se font par « bondisseurs », les ascenseurs sont « pneumatiques », les armes à feu n'existent plus, mais ont été remplacées par des « brouilleurs de neurones », les gens communiquent par visiphones, la monnaie courante s'appelle le « crédit », tandis que la pègre et les tripots utilisent des « souverains ». New York, malgré ses 17 millions d'habitants, ne connaît plus le crime, grâce aux extrapers qui ressentent les pulsions meurtrières dans les esprits les plus torturés et peuvent empêcher les crimes avant qu'ils ne soient commis.
L'univers vaguement futuriste de « L'homme démoli » ne manque pas non plus d'humour. Les psychochansons, utilisées dans la publicité, utilisent des rythmes et des messages subliminaux pour influencer les achats de leurs auditeurs, les vêtements de soirée ont des ouvertures ultraviolettes multiples qui permettent d'apercevoir certaines parties du corps, la cryptographie d'affaires est codée sur seulement 4 caractères alphabétiques, les terminaux téléphoniques sont délicieusement désuets avec leurs trous et leurs fiches à l'ancienne, le juge-ordinateur mange des cartes perforées au goût passablement suranné, le journal L'Heure est le seul quotidien au monde à sortir 24 éditions par jour, il existe un marché noir de l'eau sur Vénus, des robots rejouent des scènes religieuses pour les touristes dans l'église du Vallon, etc.