Ligne Villeneuve-Saint-Georges - Montargis

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Villeneuve-St-G. - Montargis
Ligne de Villeneuve-Saint-Georges à Montargis

via Corbeil-Essonnes
La ligne dans le Gâtinais, au sud de la Ferté-Alais que l'on devine au fond entre les deux collines
PaysFrance France
Villes desserviesVilleneuve-Saint-Georges, Juvisy-sur-Orge, Corbeil-Essonnes, La Ferté-Alais, Malesherbes, Montargis
Historique
Mise en service1840 - 1867
Caractéristiques techniques
Longueur109 km
ÉcartementVoie normale
Électrification1 500 Vcc
Nombre de voiesQuatre voies

Double voie

Voie unique
SignalisationBAL
Trafic
PropriétaireRFF
Exploitant(s)SNCF
Trafic(RER)

Lunéa

Fret
Schéma de ligne
Schéma de la ligne
BSicon STR.svgvers Paris-Gare de Lyon
BSicon BHF.svg14,386Villeneuve-Saint-Georges
Pont sur l'Yerres
14,918
BSicon KRZu.svgvers Melun et Lyon
BSicon BHF.svg17,832Vigneux-sur-Seine
18,860Viaduc d'Athis (Seine)(184 m)
vers Paris-Aust. et GC
BSicon STR.svgBSicon vÜST.svg
BSicon DST.svgBSicon vBHF.svg21,129Juvisy
BSicon vSTR.svgvers Massy (GC)
vers Brétigny et Orléans
22,656Pont sur l'Orge
BSicon BHF.svg22,730Viry-Châtillon
BSicon eBHF.svg23,856Grigny - Val-de-Seine
23,856Bif. de Grignyvers Corbeil par le plateau
BSicon BHF.svg25,517Ris-Orangis
BSicon BHF.svg27,591Grand Bourg
BSicon BHF.svg29,476Évry Val-de-Seine
31,105Passage sous la Francilienne
32,133vers Juvisy par le plateau
BSicon BHF.svg32,367Corbeil-Essonnes
33,006vers Melun
33,393Pont sur l'Essonne(11 m)
BSicon BHF.svg35,882Moulin-Galant
BSicon KRZo.svg36,504Ligne Corbeil - Melun
37,345Passage sous l'A6
39,348Pont sur l'aqueduc de la Vanne
BSicon BHF.svg40,052Mennecy
BSicon eBHF.svg42,802Fontenay-le-Vicomte
BSicon BHF.svg46,680Ballancourt
BSicon BHF.svg52,515La Ferté-Alais
BSicon BHF.svg59,109Boutigny
BSicon BHF.svg64,301Maisse
BSicon BHF.svg66,953Buno - Gironville
67,559Pont sur l'Essonne
BSicon BHF.svg70,300Boigneville
BSicon BHF.svg76,644Malesherbes
BSicon xABZgl+l.svg77,271vers Bourron-Marlotte
79,200vers Pithiviers et Les Aubrais
BSicon exBHF.svg82,104Labrosse
84,860Pont sur l'Essonne
BSicon exBHF.svg88,382Puiseaux
BSicon exBHF.svg95,412Beaumont-Boësses
BSicon exBHF.svg101,852Auxy-Juranville
vers Bourges
BSicon exBHF.svg107,505Lorcy
BSicon exBHF.svg114,112Mignères-Gondreville
117,100Passage sous l'A77
121,078Pont sur le Solin(16 m)
121,140Canal du Loing(88 m)
123,707

116,910
vers Paris par Moret
117,000vers Les Aubrais
BSicon BHF.svg117,679Montargis
vers Sens
BSicon STR.svgvers Clermont

La ligne de Villeneuve-Saint-Georges à Montargis par Corbeil ou Ligne VMC est une ligne de chemin de fer située dans les départements français du Val-de-Marne, de l'Essonne et du Loiret. Elle est composée de quatre sections accueillant des trafics distincts :

  • de Villeneuve-Saint-Georges à Juvisy, en tronc commun avec la ligne de Grande Ceinture, où existe un trafic mixte banlieue (RER D) et fret ;
  • de Juvisy à Corbeil-Essonnes, où circulent les trains du RER D, des trains de fret et des trains de nuits reliant Paris au quart Sud-Est de la France ;
  • de Corbeil-Essonnes à Malesherbes, où circulent les trains du RER D, mais aussi quelques trains de fret ;
  • de Malesherbes à Montargis, fermée à tout trafic.

La section de Villeneuve-Saint-Georges à Corbeil-Essonnes constitue, prolongée par la ligne de Corbeil-Essonnes à Montereau par Melun, un itinéraire de dédoublement de la ligne classique Paris - Marseille.

C'est une ligne du réseau ferroviaire national, gérée par RFF et exploitée par la SNCF.

La ligne

Tracé

De Villeneuve-Saint-Georges à Juvisy-sur-Orge

Au départ de Villeneuve-Saint-Georges, important nœud ferroviaire, la ligne traverse l'Yerres puis se sépare de la ligne classique Paris - Marseille qui la franchit par des sauts-de-mouton. À quatre voies, elle suit alors un tracé relativement rectiligne et en palier longeant au nord des terrains en friche la séparant de la Seine et au sud les habitations de la commune de Vigneux-sur-Seine, desservie par une gare.

La bifurcation de Villeneuve-Saint-Georges. Les voies de gauche se dirigent vers Melun via Combs-la-Ville, celles de droite vers Corbeil-Essonnes.

Le remblai sur lequel la ligne est établie s'élève progressivement jusqu'au viaduc d'Athis-Mons enjambant la Seine. Après ce franchissement, les voies se séparent, celles dédiées au fret se raccordant à celles du triage de Juvisy tandis que celles vouées à la banlieue rejoignent par une longue pente la gare voyageurs où elles côtoient celles de la ligne C du RER.

De Juvisy-sur-Orge à Corbeil-Essonnes

Après Juvisy-sur-Orge, la ligne, maintenant à double voie, va longer la Seine jusqu'à Corbeil.

D'abord, coincée entre le fleuve et la route nationale 7, elle traverse un tissu urbain mêlant habitations et zones industrielles, desservant Viry-Châtillon. Puis les habitations cèdent le pas aux industries et aux zones commerciales. L'ancienne gare, abandonnée, de Grigny-val-de-Seine marque l'origine de la ligne du plateau qui capte l'essentiel du trafic RER.

La ligne Villeneuve-Saint-Georges — Montargis, elle, reste à proximité de la Seine, justifiant par là l'appellation « par la vallée » donnée à ce tronçon. Les dernières industries disparaissent et la ligne longe, à l'est, les berges de la Seine et les espaces de loisir qui y sont implantés et, à l'ouest, des parcs et jardins boisés, donnant au voyageur l'impression d'être loin de toute agglomération.

Les abords des gares de Ris-Orangis, du Grand Bourg et d'Évry Petit Bourg retrouvent un aspect plus urbanisé, surtout à Ris-Orangis où se trouvent d'anciens établissements industriels abandonnés et des immeubles d'habitation.

Après être passée sous la Francilienne, la ligne, rejointe par la celle descendant du plateau d'Évry, entre, par une courbe serré à droite, dans la gare de Corbeil-Essonnes.

De Corbeil-Essonne à La Ferté-Alais

Sortie de la gare de Corbeil-Essonnes. À gauche, les voies de Malesherbes et à droite, celles de Melun. Au fond, le pont de la RN7. Au sortir de la gare de Corbeil-Essonnes, les lignes de Montargis et de Melun se séparent, chacune prenant apparemment la direction opposée à celle qui devrait être la sienne et passant sous le très haut pont en maçonnerie supportant la route nationale 7.

La ligne de Melun oblique en descendant vers la droite tandis que celle de Montargis part en montant vers la gauche.

Après avoir franchi l'Essonne, elle s'établit alors sur sa rive droite, traversant en remblais des quartiers résidentiels du sud de Corbeil, Essonnes et Robinson, puis elle s'établit à flanc de côteau, dessert la gare de Moulin-Galant, puis franchit à angle droit, sur un pont, la ligne Corbeil-Essonnes - Montereau juste avant que celle-ci ne rejoigne la vallée de la Seine par un tunnel, et passe ensuite sous l'autoroute A6.

La ligne a maintenant quitté l'agglomération parisienne et va remonter progressivement le cours de la vallée de l'Essonne jusqu'au plateau du Gâtinais. Elle longe, toujours sur la rive droite, tantôt à flanc de coteau, tantôt en remblais, les marais de l'Essonne dans un paysage très boisé et dessert au passage la ville de Mennecy. Puis, après Ballancourt-sur-Essonne, alternant tranchées et remblais, le paysage s'élargit jusqu'à l'arrivée à La Ferté-Alais, ville établie au niveau d'un resserrement de la vallée.

De La Ferté-Alais à Malesherbes

Après La Ferté-Alais, la vallée de l'Essonne est plus étroite. La ligne, de plus en plus sinueuse, alterne tranchées et remblais dans des paysages campagnards fermés à l'horizon par les coteaux. Elle dessert Boutigny-sur-Essonne et Maisse puis traverse la rivière avant de rejoindre la gare de Buno - Gironville. La gare de Boigneville marque la limite de l'Île-de-France et de la tarification banlieue qui s'y applique.

Désormais, après que le voyageur a aperçu au pied du remblai les dernières cressonnières, la ligne remonte, par une longue rampe dans un paysage boisé et accidenté, vers le plateau du Gâtinais. Peu avant le sommet de la rampe, un paysage de champs remplace les bois, puis la ligne arrive en gare de Malesherbes.

De Malesherbes à Montargis

Après Malesherbes, la ligne est maintenant à voie unique. Après avoir franchi à niveau la route nationale 152 se dirigeant vers Pithiviers, les lignes à voie unique et non électrifiées de Bourron-Marlotte et de Pithiviers se détachent chacune dans sa direction. Un court tronçon, non électrifié, est maintenu en état afin de servir de tiroir aux longs trains de matériaux lors de chantiers de modernisation sur le tronçon encore en service, puis un heurtoir marque la fin de la partie exploitée de la ligne.

Équipement

La ligne est électrifiée jusqu'à Malesherbes, comme tout le réseau de banlieue Paris-Lyon, en courant continu 1,5 kV, équipée du block automatique lumineux (BAL), du contrôle de vitesse par balises (KVB) et d'une liaison radio sol-train sans transmission de données.

De Villeneuve-Saint-Georges à Juvisy, elle comporte quatre voies. Il ne subsiste plus de passage à niveau sur cette section. De Juvisy-sur-Orge à Corbeil-Essonnes, la section comporte deux voies équipées d'installations permanentes de contre-sens (IPCS) ; elle comprend encore deux passages à niveau en milieu péri-urbain. De Corbeil-Essonnes à Malesherbes, la section comporte deux voies avec de nombreux passages à niveaux.

De Malesherbes à Montargis, elle ne comporte plus qu'une voie unique non électrifiée, fermée à tout trafic.

Histoire

La ligne Paris - Corbeil, de 1840 à 1857

Le 17 septembre 1840, la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans ouvre la ligne de Paris-Austerlitz à Corbeil suivant la rive gauche de la Seine. La présence de nombreux moulins le long de la rivière Essonne à Corbeil et de magasins à grains, avait justifié l'intérêt de cette ligne.

L’ancienne ligne de Paris à Corbeil, d’une longueur de 30,250 km, reliait la gare d’Austerlitz à l’embarcadère de Corbeil et comportait six stations : Choisy-le-Roi, Ablon, Mons, Viry, Ris et Evry. De six trains par jour dans chaque sens à son inauguration, la ligne proposa huit trains à partir de 1941. À son ouverture, le temps de trajet était environ d’une heure ; le train inaugural avait, lui, fait le parcours en 45 minutes. Cette ligne connut un très grand succès avec près de 800 000 voyageurs en 1843, date à laquelle fut inaugurée la ligne d'Orléans qui se débranchait à Juvisy de la ligne Paris - Corbeil. La gare de bifurcation de Juvisy est ouverte lors de l'ouverture de la ligne d'Orléans, en mai 1843.

La liaison Paris – Juvisy – Étampes devint alors la banche principale de la ligne de Paris à Orléans. L’embranchement Juvisy - Corbeil devint une branche secondaire. Cette branche fut reprise par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée en 1857.

La reprise de la ligne par le PLM en 1857

La loi du 19 juin 1857 concède la ligne à la nouvelle Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Celle-ci met en service le tronçon Moret - Montargis - Nevers le 21 septembre 1861, achevant son second itinéraire de Paris à Lyon, par Roanne et Saint-Étienne. Par la même loi de 1857, la Compagnie d'Orléans cède le tronçon Juvisy - Corbeil au PLM. Cette dernière s'empresse de relier ce tronçon à sa grande ligne de Bourgogne : le tronçon Villeneuve-Saint-Georges - Juvisy (7 km) est ouvert le 18 mai 1863. La gare de Vigneux fut ouverte lors du raccordement.

La liaison Villeneuve-Saint-Georges - Juvisy a été réalisée grâce à la construction d'un pont en biais à 70° sur la Seine en 1857, pont baptisé « le pont d’Athis ». Ce pont fut détruit le 14 septembre 1870 pour empêcher les troupes allemandes de passer la Seine lors de l’investissement de Paris. Il fut reconstruit en 1871. La partie aval fut reconstruite en acier en 1903.

Le prolongement vers Maisse en 1865

Le traité du 31 janvier 1855 crée le syndicat du Bourbonnais. Ce syndicat, formé des compagnies PLM, PO et de la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France, avait, entres autres objectifs, la création des lignes Corbeil — Nevers et Moret — Nevers. Le décret précise par ailleurs le tracé des lignes, ainsi que ses embranchements à Juvisy ou Corbeil sur le réseau de la Compagnie d'Orléans, et à Moret sur celui de la Compagnie Paris-Lyon.

L'effondrement de la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France en 1857 entraina la disparition du syndicat du Bourbonnais. Ses projets de nouvelles lignes ferroviaires ne furent pas remis en cause par la compagnie PLM qui avait repris une partie des concessions, dont la liaison Corbeil — Montargis.

Le prolongement jusqu'à La Ferté-Alais et Maisse, long de trente-trois kilomètres, ouvre le 5 janvier 1865. Cette section comporte les nouvelles gares de Mennecy, Ballancourt, la Ferté-Alais, Boutigny et Maisse.

La création de la ligne entraina un remaniement complet de la gare de Corbeil et un déplacement des voies en provenance de Juvisy. À l’origine, la gare de Corbeil était située dans le prolongement de la ligne dont elle était le terminus. La gare était donc orientée nord — sud, parallèlement à la Seine. Le prolongement de la ligne vers Montargis, le long de la rivière Essonne, nécessita d’orienter les voies vers l’ouest à l’entrée nord de la gare et la création d’une nouvelle gare. La gare est donc depuis orientée est — ouest.

Le prolongement vers Montargis en 1867

Les travaux du dernier tronçon de Maisse à Montargis, long de soixante kilomètres, sont adjugés fin 1863. Ils démarrent en 1864 et s'achèvent en mai 1867. Le 6 mai, le tronçon est mis en service, sans inauguration officielle, mais par une population en liesse : cette ligne, à voie unique, permet le désenclavement des industries de la vallée de l'Essonne, et le transport, à coût réduit, des engrais nécessaires à l'agriculture locale.

Le section de la ligne Corbeil - Maisse fut mise à double voie le 17 avril 1882 ; la section Maisse - Montargis le fut le 28 août 1883.

Quatre omnibus quotidiens relient Paris à Montargis, distants de 118 kilomètres, en environ quatre heures quinze minutes. Le développement du trafic est en partie lié à la saturation progressive de l'artère impériale, qui oblige à détourner une part croissante des circulations par la ligne du Bourbonnais. Cette croissance impose la mise en place d'une seconde voie : en 1889, les travaux s'achèvent entre Maisse et Montargis.

Exploitation

La ligne est exploitée par la SNCF, jusqu'à Malesherbes comme tronçon de la ligne D du RER sous le label Transilien.

Photos

La traversée de Corbeil-Essonnes après la sortie de la gare.

La ligne sur le flanc du coteau. Au fond, les derniers immeubles de Corbeil-Essonnes.

Au sud de Mennecy, la ligne s'enfonce dans la forêt qui occupe la vallée de l'Essonne.

Dans les champs entre Boutigny et Maisse.