Staphylococcus aureus résistant à la méticilline

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Introduction

Souche de SARM, en microscopie électronique

Microscopie électronique, colorée

Rupture d'un kyste infecté par une souche MRSA

Le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) ou Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA, souvent prononcé « mersa ») est un Staphylococcus aureus (couramment appelé « Staphylocoque doré ») caractérisé par sa résistance à un antibiotique, la méticilline (ou méthicilline).

Maladie émergente

Il a été découvert en 1961 en Grande-Bretagne. Il peut être identifié de manière classique par mise en culture en présence de méticilline (antibiogramme avec un résultat en 1 à 2 jours).

L'utilisation d'une méthode basée sur la réaction en chaîne par polymérase (PCR) permet d'avoir une identification en quelques heures, mais a une moindre spécificité .

Les infections à SARM sont généralement plus graves, avec une mortalité plus élevée .

Zone de prévalence

Le SARM, désormais courant en milieu hospitalier, était responsable de 37 % des cas fatals de septicémie au Royaume-Uni en 1999, soit 4 % de plus qu'en 1991. En 2003, il était responsable de près des deux-tiers des septicémies à staphylocoques aux États-Unis .

La moitié de tous les staphylocoques dorés aux États-Unis sont résistants à la pénicilline, la méticilline, la tétracycline et l'érythromycine. En 2005, les deux tiers des infections non hospitalières à staphylocoques concernent des souches résistantes à la méticilline .

Deux souches SARM hautement résistant aux antibiotiques qui n’étaient connues qu’aux États-Unis se sont répandues dans plusieurs villes colombiennes où elles causent des maladies graves, souvent mortelles

Épidémiologie, écoépidémiologie

L'industrialisation de l'élevage porcin, associée à l'usage préventif ou en complément alimentaire d'antibiotiques, est une des sources probables d'apparition de l'antibiorésistance chez plusieurs pathogènes dans les années 1960 à 2000

L'élevage industriel (ici de poulets) est une des sources de Staphylococcus résistant à la méticilline

.

En Europe, l'EFSA estime en 2010 que les principaux réservoirs animaux du SARM (staphylocoques antibio-résistants) dans les pays touchés sont les cochons, veaux, et poulets de chair, dans les élevages industriels surtout.

Les infections sont parfois discrètes ou tout à fait asymptomatiques. Parmi les lignées de SARM, La souche « CC398 » est la plus souvent associée à un portage asymptomatique dans les élevages intensifs d'animaux producteurs de denrées alimentaires .

Le CC398 a été associée dans quelques cas à des infections profondes de la peau et des tissus mous, des pneumonies ou septicémies chez l'homme. Là où le CC398 est fréquent chez des animaux producteurs de denrées alimentaires, les éleveurs, vétérinaires, et leurs proches risquent plus la colonisation et l'infection que la population générale .

Le SARM est souvent porteur de gènes d'entérotoxine mais il n'y a avant 2010 eu qu'un seul rapport d'intoxication alimentaire identifiée comme due à SARM.

La souche CC398 a aussi été isolé chez les animaux de compagnie (chiens et chat) et des chevaux dans les fermes ayant du bétail infecté, avec des cas sporadiques chez « de nombreux autres animaux de compagnie ». Mais aucune études, selon l'EFSA n'a spécifiquement évalué les risques de transmission à l'homme à partir de petits animaux, ou suite aux contacts avec des chevaux ou de la viande chevaline .

Les infections à SARM chez les animaux de compagnie sont de plus en plus fréquentes, et presque toujours, les souches responsables de l'infection de ces animaux sont les mêmes que celles fréquemment rencontrés dans les hôpitaux de la même région géographique. Les êtres humains sont donc susceptibles de se propager des SARM aux animaux de compagnie, et ceux-ci peuvent alors être un réservoir pour l'homme .
Les chevaux peuvent être colonisés et/ou infectés par le SARM à partir de l'homme ou via d'autres sources animales dans leur milieu (chiens, chats...). Il existe des rapports sporadiques de cas de maladie chez l'homme (infections cutanées généralement mineures), attribuables à une source équine .

La souche CC398 peut entrer dans l'abattoir et circuler via les animaux vivants ou de la viande crue. Sur la base des données disponibles en 2008/2009, même si cette souche peut faire partie de la microflore endémique de certains abattoirs, le risque d'infection pour les travailleurs des abattoirs et les personnes y manipulant la viande semble rester faible .

Conséquences

Ce germe n'entraîne pas d'infection spécifique.

Les infections par les SARM entraînent des séjours hospitaliers plus longs et un coût de traitement plus important .

La mortalité des septicémies semble être supérieure qu'en cas d'infections par staphylocoques méthicilline sensibles .

Traitement

La vancomycine est l'antibiotique qui reste efficace dans ce cas pour l'instant, même s'il existe des souches résistantes à ce dernier (SARV).

Une nouvelle classe d'antibiotiques, les oxazolidinones, est disponible depuis les années 1990 et la première application commerciale, le linézolide est comparable à la vancomycine pour son efficacité contre le SARM.

Prévention

  • Prévenir la diffusion des germes à autrui personnes implique notamment l'hygiène (en particulier des mains) et la mise en isolement de la personne infectée, même si cette dernière mesure repose plus sur de l'empirisme que sur une efficacité réellement démontrée .
  • L'utilisation raisonnée et limitée des antibiotiques permet également de réduire la prévalence de ces germes .
  • Selon l'EFSA et son Groupe d'experts sur les risques biologiques 4 stades du cycle viral du virus dans son environnement, y compris non-humain ou humain porteur sain devraient être mieux suivis et compris (infection, transport du virus, colonisation et contamination). L'usage raisonné des antibiotiques concerne donc aussi l'activité vétérinaire et surtout les porcine. Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) (juin 2010), des aliments peuvent être contaminés et contaminants pour cette maladie. Il faudrait mieux surveiller les exploitations de porcs et le transports des porcs au sein de l'Union européenne, et notamment les porcheries industrielles, qui en raison de leurs grandes tailles présentent plus de risque .

Dépistage

Le dépistage systématique des SARM chez certains patients est préconisé afin de tenter de diminuer le taux d'infection à ce germe. La présence de ce staphylocoque dans la sphère ORL (nez le plus fréquemment , gorge, oreilles) peut conduire à une décontamination et/ou à un isolement du patient porteur. L'intérêt de cette attitude n'est cependant pas formellement étayé .

Les pays scandinaves préconisent le dépistage et le traitement systématique des porteurs, aussi bien parmi les patients que parmi le personnel soignant. La prévalence du SARM y est très faible mais il n'est pas clair si la raison en est cette politique agressive ou si cela est dû à d'autres causes .