Université de Rennes

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Introduction

Université de Rennes
sceau de l'université
Informations
Fondation1460 bulle pontificale instaurant une université en Bretagne,

1735 déménagement de la faculté de droit à Rennes

1896 réunion des facultés de Rennes sous le nom d'université de Rennes
FondateurFrançois II
Typeuniversité française disparue
Localisation
VilleRennes
PaysDuché de Bretagne, puis

France

L’université de Rennes, est une ancienne université qui trouve son origine dans une ancienne université ducale fondée en 1460 à Nantes, puis déménagée à Rennes en 1735. Elle prit le nom d'université de Rennes au moment du rapprochement institutionnel des facultés présentes à Rennes en 1896, et fut supprimée lors de la scission de 1969 entre les universités de Rennes I et Rennes 2.

Elle comptait lors de sa dissolution quatre facultés : droit, lettres, médecine, et sciences, ainsi que plusieurs annexes dans d'autres villes de Bretagne et des Pays de la Loire. Ces dernières ont servi de socle pour la création de plusieurs universités au cours des années 1960, notamment pour les universités de Nantes, d'Angers, et de Brest.

Histoire

L'université bretonne

François II, duc de Bretagne.

L'université à Nantes

Préparée par la présence d’école bretonne et la volontée ducale, trois bulles pontificales sont éditées par les papes Jean XXIII, Martin V et Nicolas V − respectivement en 1414, 1424 et 1446 − sans être appliquées. L’université de Bretagne est fondée par Bertrand Milon le 4 avril 1460, à l'initiative du duc François II de Bretagne, et ce par une bulle pontificale du pape Pie II, donnée à Sienne. Celle-ci incarne le vœu de François II d'affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France, alors qu'aux abords du duché à Angers en 1432, Poitiers en 1432 et Bordeaux en 1441 s'ouvrent des universités. Créée sous la forme d'un studium generale, cette université peut enseigner toutes les disciplines traditionnelles : Arts, Théologie, Droit et Médecine. La population estudiantine entre la fin du XV siècle et durant les deux siècles suivants croit pour atteindre le millier voire 1 500 étudiants, selon les estimations les plus hautes.

Une première tentative de déplacement de l'université de Nantes à Rennes a lieu à la fin du XVI siècle. Le roi Henri IV cherche à punir Nantes, ville ligueuse, pour son soutien au duc de Mercœur. L'université reçoit par lettre patente du 8 août 1589 l'ordre de transfert à Rennes, ville restée fidèle à la monarchie. L'institution n'est cependant pas déplacée, faute de financement. Une nouvelle lettre patente du 5 septembre 1591 réitère cet ordre de transfert, mais là encore sans application. Une dernière lettre patente d'avril 1598 fixe la situation en confirmant l'établissement à Nantes de l'université.

Le transfert partiel à Rennes

Au début du XVIII siècle, l'université rentre dans une phase de déclin. Nantes est tout entière tournée vers le commerce et que ses élites s'intéressent peu à cette institution. En 1728, le maire de Nantes, Gérard Mellier, écrit que l'Université bretonne serait mieux placée « à Rennes, pays de lettres, qu'à Nantes où l'on ne respire que le commerce ». Par conséquent, la Faculté de Droit est effectivement transférée à Rennes en 1735 où siège le Parlement de Bretagne par décision du roi Louis XV. L'ouverture officielle est faite le 11 juin 1736. Les facultés de lettres, de théologie et de médecine sont conservées à Nantes, mais celle de médecine était déclinante, et celle de théologie minée par l'influence du jansénisme. Les enseignements de droit se tiennent dans un premier temps dans l'hôtel de ville avant d'être transférés en 1753 dans le couvent des cordeliers, puis à partir de 1762 et jusqu'à la dissolution des facultés en 1793 dans la chapelle des jésuites après l'expulsion de ceux-ci.

Il est par la suite plusieurs fois question de transférer le reste des facultés de Nantes à Rennes, notamment en 1778. Cependant, les trois facultés nantaises s'opposent avec vigueur à ce projet, en mettant en avant le mauvais traitement de la faculté de droit après son transfert à Rennes. La situation en reste alors là. Les institutions des deux villes continuent à être liées entre elles, et l'université reverse à la faculté de Rennes une partie des rentes qu'elle perçoit. En 1789, ce transfert concerne les deux cinquième des 537 livres de rente perçues.

La question de l'université commence à apparaitre dans les réflexions des institutions rennaises. Le parlement de Bretagne produit un plan de réforme des enseignements de la faculté après l'éviction des jésuites en 1762, mais sans que celui-ci ne se concrétise. La question de l'université est présente aussi dans les cahiers de doléances que soumettent les rennais dans l'optique des états généraux de 1789. Le Tiers état demande ainsi à ce que le nombre d'université en France soit revu à la baisse, que le nombre de facultés de médecine à baissé à trois ou quatre -dont une à Rennes-, et que les chaires de latin de la faculté de droit soient réduites de moitié, au profit de l'ouverture de chaires de droit français et de droit naturel.

La Révolution signe la fin des universités d'Ancien Régime. En 1793, la Convention nationale ordonne la suppression de toutes les Universités et Facultés.

L'université au XIX siècle

Essor et unification des facultés à Rennes

La mairie de Rennes qui accueille dans un premier temps les facultés de droit et de sciences

En 1806, Napoléon réorganise l'ensemble du système d'enseignement français en instituant l'Université impériale. Rennes prend alors la tête d'une académie et se voit doté à ce titre d'une faculté de droit et d'une faculté de lettres. Nantes est oublié par ce décret, et ne verra rouvrir une université sur son territoire que suite à un décret du 29 décembre 1961.

L'école de droit est rouverte en 1802 et accède au rang de faculté en 1808. Les cours se tiennent dans l'actuelle salle des assises du palais de justice. En 1810, une éphémère Faculté des Lettres est créée également. Celle-ci est cependant fermée par la restauration par un décret du 31 octobre 1815. Deux autres facultés, l'une de science et l'autre de théologie sont aussi prévues mais les décrets de création ne sont pas appliqués. La faculté de lettres ne ré-ouvre qu'à partir de 1839 avec la monarchie de juillet, et compte alors cinq chaires (littérature française, littérature ancienne, littérature étrangère, histoire, et philosophie). Une Faculté des Sciences est créée un an après celle de lettres en 1840 et compte elle aussi cinq chaires (mathématiques, physique, chimie, zoologie et botanique, géologie et minéralogie). L'école de médecine, créée sous l'Empire, passe au statut d'école secondaire en 1820 puis au statut d'école de plein exercice en 1895.

Ces trois Facultés et l'école de médecine restent sans lien institutionnel entre elles jusqu'à la création en 1885 d'un Conseil des Facultés. Celui-ci prend en 1896 le nom d'Université de Rennes lors de la réforme des facultés suite à l'application de la loi du 10 juillet 1896. L'université est alors l'une des 16 universités que compte alors la France, et la seule dans l'ouest en dehors de celle de Caen et de Poitiers. En 1904, elle compte 1 236 étudiants, ce qui la place au 5 rang des universités de province. Les fonds de sa bibliothèque universitaire, déjà l'un des cinq plus importants fonds français hors Paris au milieu du XIX siècle, comptent plus de 21 000 volumes en 1890.

Essor des constructions et déménagements

Palais universitaire de Rennes, actuel Musée des Beaux-Arts de Rennes.

Les facultés de sciences, de droit, de lettres, ainsi que l'école de médecine sont dans un premier temps logées dans l'aile nord de la Mairie de Rennes (l’ancien présidial). La faculté de droit occupe le rez-de-chaussé, la faculté de science le 1 étage, la faculté de lettres plusieurs autres salles, et l'école de médecine la salle dite de la Chapelle, située sous la tour de l'Horloge.

Elles sont déménagées dans un nouveau bâtiment dédié en 1856. Dès le milieu du XIX siècle, le projet d'un Palais universitaire situé quai Émile Zola voit le jour. Aux premiers projets conçus pour la conception de ce bâtiment, dès 1838, par l´architecte de la Ville, Charles Millardet, se substituent les plans de Vincent Boullé qui lui succède en 1846. Les travaux, financés par l'État, la Ville et le Département, commencent en 1847 et s'achèvent en 1855, avec l'inauguration de l'édifice. À partir de 1856, Jean-Baptiste Martenot dirige des travaux d´aménagement successifs de l'édifice (couverture vitrée de la cour intérieure en 1860). Un amphithéâtre est construit pour la faculté de droit en 1881, puis en 1888 une salle de conférence est aménagée pour la faculté de lettres.

L´exiguïté des locaux et le danger de la cohabitation des différents laboratoires et de collections entreposées sous le même toit entraînent la construction de nouveaux bâtiments. La faculté de sciences va se voir dotée d'un nouveau bâtiment qui lui est propre face au palais universitaire. Les travaux commencent en 1888 et s'achèvent en 1895. L´École de médecine suit en 1911 et est inaugurée par le ministre l'instruction publique de l'époque. Les nouveaux bâtiment de l'école, où chaque enseignement dispose de son propre pavillon, occupent les terrains de la Barbotière, entre la rue Dupont-des-Loges, le boulevard Laennec et la Vilaine. Les facultés de Droit et de Lettres sont elles aussi transférées, dans l'ancien archevêché qui jouxte l'église Saint-Melaine pour la première, et au Grand Séminaire pour la seconde. En 1910, une partie des enseignements de botanique de la faculté des sciences s'installe au côté de la faculté de lettres, avec notamment un jardin de 80 ares équipé de serres. Le lien qui existe entre les différentes facultés n'est alors plus qu'administratif.

L'université au XX siècle

L'université dans l'entre-deux-guerres

Bâtiment de l'institut de géologie.

L'université se dote d'un institut de géologie dans les années 1930 afin d'héberger ses collections. Yves Milon, futur maire de Rennes et qui occupe alors la chaire de géologie, présente en 1932 le projet au recteur Georges Davy. Les travaux commencent le 27 juin 1935. Le 28 octobre 1937 le bâtiment est investi, mais n'est inauguré officiellement qu'après-guerre le 15 mai 1947 par Marcel Naegelen, ministre de l'Éducation nationale. Le projet d'un institut de botanique voit aussi le jour en 1939 entre l'institut de géologie et le jardin du Thabor, mais ne sera pas réalisé. En 1939, les étudiants sont 3 651.

Avec le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, puis l'arrivée des troupes allemandes dans la villes, les activités de l'université sont perturbées. Les locaux de la faculté de droit sont réquisitionnés par l'occupant, et les étudiants doivent suivre leurs cours dans le musée ou dans des salles de l'école de médecine. Le palais universitaire qui abritait certaines des collections est endommagé pendant la nuit du 3 au 4 août 1944, et celles-ci sont alors dispersées. Les locaux de l'école de médecine sont eux-aussi partiellement détruits par des bombardements en 1944, et ne ont reconstruit qu'à partir des années 1950.

Des logements pour les étudiants vont aussi être construits. Le 4 octobre 1931 a lieu la cérémonie de pose de la première pierre d'une maison des étudiantes. Les étudiantes étaient minoritaires dans les facultés et écoles rennaises, à l'exception de la faculté de lettres où elles représentent près de 50 % des effectifs à l'époque. Un logement pour les étudiants masculins est aussi construit en même temps. Les mosaïques dans ces 2 bâtiments sont signées par Isidore Odorico.

L'université se développe aussi à Nantes où elle ouvre ou annexe des extensions. En 1922, l'université récupère la charge de l'Institut polytechnique de l'ouest, une école d'ingénieurs ouverte quelques années plus tôt par la municipalité nantaise. La même année les facultés rennaises ouvrent deux instituts, un institut de sciences naturelles rattaché à la faculté des sciences, et un institut des lettres rattaché à la faculté des lettres. Ceux-ci avaient la charge des enseignements de propédeutique, les enseignements en vue de l'obtention de diplômes devant être finalisés à Rennes, ou de la préparation de concours comme celui d'entrée à l'école normale supérieure.

L'université dans l'Après-guerre

L'après-guerre est marqué par le développement de plusieurs structures au sein de l'université. En 1945, le rapprochement de la faculté des sciences et de l'Institut Polytechnique de l'Ouest (IPO) donne naissance à l'Institut de Chimie de l'Université de Rennes (ICUR). En 1954, l'école de médecine et pharmacie devient Faculté de Médecine et intègre l'université. L'année suivante est créé par Jane Krier l'Institut d'administration des entreprises. Jusqu'en 1969, l'Université de Rennes comprend donc quatre Facultés : Droit, Lettres, Sciences, Médecine.

1961 voit les 500 ans de l'université. Des festivités sont organisées à Nantes le 15 juin et à Rennes le 16 juin. Le ministre de l'éducation nationale Lucien Paye fait le déplacement dans ces 2 villes pour cette occasion. À Rennes, il rencontre le maire de l'époque, Henri Fréville. Treize universités françaises, et quatre universités étrangères (Aberdeen, Bâle, Exeter et Louvain) envoient des adresses pour l'occasion.

La hausse du nombre d'étudiants est rapide. En 1948 la population est de 5 638 étudiants, en 1949 de 5 982 étudiants, en 1958 de 9 950 étudiants. La barre des 10 000 étudiants est franchie en 1959. En 1965, ce nombre se situe autour des 19 000 étudiants. Cette situation va forcer l'université à s'adapter et à trouver des solutions à Rennes et dans d'autres villes.

Essor des nouveaux campus rennais

Bâtiments de la faculté de droit construit à partir de 1961.

Dès la Libération, le recteur de l’académie de Rennes envisage de rassembler les trois facultés rennaises et l’école de médecine et pharmacie sur un même site, au lieu-dit Villejean. En 1950, lorsque la municipalité commence l’aménagement du quartier de Villejean, elle le conçoit comme un quartier réservé au développement universitaire. La hausse du nombre d’étudiants à cette époque impose le déménagement d'une partie des bâtiments du centre-ville de Rennes.

Les premières extensions ont lieu dans le centre-ville. La faculté de droit est la première à obtenir de nouveaux locaux. Ceux-ci restent dans le périmètre du centre-ville de Rennes. Un premier avant-projet est proposé en 1952. Après plusieurs modifications, le projet final est adopté en 1956. Le bâtiment est signé par les architectes Louis Arretche et Raymond Cornon, inspirés par les travaux de Le Corbusier. Les constructions débutent en 1961 et s'achèvent en 1963. La bibliothèque universitaire bénéficie elle d'une extension. Celle-ci partage à l'époque les locaux de la faculté de lettres. Les plans d'agrandissements sont approuvés le 6 mai 1952, mais le permis de construire n'est délivré que le 16 février 1955. Elle est construite dans le prolongement de l'ancien séminaire. L'ancienne chapelle du bâtiment est aménagée en salle de catalogue, tandis que les autres composantes sont construites ex-nihilo. Une première partie des nouveaux locaux sont mis à disposition en 1958, avant que l'ensemble soit achevé en 1960. L'inauguration a lieu le 18 mars 1961 en présence du recteur d'académie Le Moal et d'Henri Fréville, alors maire de Rennes.

Bâtiments de la faculté de lettres sur le campus de Villejean.

La présidence de la faculté de sciences sur le Campus de Beaulieu.

Les travaux pour le nouveau campus de Villejean sont annoncés en 1961 pour la partie concernant la faculté de lettres. Ils commencent effectivement en 1963. Le complexe universitaire est conçu selon l’organisation des études à l’époque : la première année est commune et la spécialisation se fait les années suivantes. Un long bâtiment est donc prévu pour accueillir les étudiants de première année, alors que d’autres plus petits sont censés accueillir ces même étudiants une fois la première année passée. Entre l’annonce du nouveau campus en 1961 et l’inauguration en 1969, les étudiants de la faculté de lettres passent de 2 400 à 6 613. En 1967, les étudiants de la faculté de lettres font leur première rentrée dans un campus encore en chantier. Les observateurs d’alors sont élogieux pour le nouveau campus « L’édifice central est allongé interminablement. L’effet est singulier de ces mille fenêtres au cadre bleu foncé. En réalité, les murs ne sont que fenêtres. Cette faculté sera une maison de verre. ». Une nouvelle bibliothèque universitaire dédiée spécifiquement à la faculté de lettres est aussi mise en chantier. Celle-ci est composée de 2 bâtiments juxtaposées, reliés entre eux par une cheville de jonction utilisés par une salle de catalogues. Les travaux commencent le 1 septembre 1965 et s'achèvent en septembre 1967. La mise en service est faite en septembre 1968 pour la première tranche, et en juin 1970 pour la seconde. L'ensemble est ouvert au public le 1 septembre 1970. Pour la partie du campus dédié à la faculté de médecine, le chantier est inauguré le 28 septembre 1964. La rentrée des étudiants se fait pendant les évènements de mai 68. Une bibliothèque universitaire dédiée spécifiquement à la faculté de médecine est aussi construite en 2 tranches. La première est ouverte en 1968 et la seconde en 1973. Cette proximité des enseignements de médecines et de littérature a été inspirée par les travaux d'Albert Burloud.

Les travaux commencent à la même époque pour le campus de Beaulieu. Le projet est lancé dès 1958 par le doyen de la faculté des sciences de l'époque, Henri le Moal, et par le maire de Rennes, Henri Fréville. Le nombre d'étudiants était de 2 300 en 1955, mais le pic du baby boom était prévu pour l'enseignement supérieur pour le milieu de la décennie suivante. Louis Arretche est désigné comme architecte pour ce campus comme pour celui de Villejean. La cérémonie de pose de la 1 pierre a lieu le 25 octobre 1963. Le campus ouvre en 1965, mais l'occupation de celui-ci se fait par tranches successives jusqu'en 1970. Une bibliothèque universitaire dédiée est là encore construite. Les travaux commencent le 1 septembre 1965 et s'achèvent le 12 juillet 1967. Le déménagement des fonds a lieu les mois suivants, ce qui permet à l'établissement d'ouvrir pour la rentrée 1967.

Développement en dehors de Rennes

L'université doit aussi développer de nouveaux sites universitaires en Bretagne et en Pays de la Loire pour faire face à l'augmentation du nombre d'étudiants. Il s'agit avant tout de collèges universitaires, dédiés à l'enseignement de premier cycle, certains devant servir de base pour la mise en place à terme d'universités nouvelles.

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• Rennes

• Nantes

• Brest

• Angers

Localisation de l'université de Rennes et de ses annexes à Angers, Brest, et Nantes

À Nantes, plusieurs structures vont être ouvertes par l'université de Rennes. Aux instituts ouverts avant guerre s'ajoute un institut dépendant de la faculté de droit de Rennes, créé à partir de l'école de droit municipal, par un décret du 30 mai 1947. La même année, l'institut de lettres compte 200 étudiants, contre 80 en 1939, et celui de droit 162. La construction d'une nouvelle université s'amorce en 1956. L'Université de Nantes ouvre en 1961 à partir d’éléments soit sous tutelle de l’Université de Rennes, soit d’anciennes institutions municipales. La faculté de lettres de Nantes reste une annexe de la faculté de lettres de Rennes jusqu'en 1964, et la faculté de droit de Nantes une annexe de celle de Rennes jusqu'en 1967.

À Angers, où comme à Nantes l'université avait été fermée à la Révolution française, s'ouvrent aussi en 1958 un centre d’enseignement supérieur scientifique qui est placé dans un premier temps sous la tutelle de l'université de Rennes. Il passera sous la tutelle de l'université de Nantes lors de l'ouverture de celle-ci, Nantes étant devenu le centre d'une nouvelle académie dans les Pays de la Loire. Cependant, la présence de l'Université catholique de l'ouest depuis 1875 dans cette même ville limite dans un premier temps le soutien de la municipalité à ce nouvel établissement.

Brest va aussi voir s'ouvrir plusieurs annexes. Deux collèges universitaires chargés de la propédeutique ouvrent ainsi en 1959 et en 1960, le premier scientifique et le second littéraire. Ceux-ci sont rejoints en 1966 par une école de médecine, et en 1967 par un Institut municipal de Droit. L'embryon d'une nouvelle université, alors traditionnellement structurée en 4 facultés (droit, Lettres, médecine, et science), est ainsi mis en place. Ces composantes sont rejointes en 1968 par l'Institut universitaire de technologie de Brest et en 1970 par l'Institut universitaire de technologie de Quimper.

Enfin, l'université met aussi en place un service d'enseignement à distance à partir de 1964 sous la tutelle de la faculté de lettres. Il concerne à l'origine une centaine de personnes réparties dans 3 disciplines (anglais, histoire, et lettres). Il est situé place Hoche dans les locaux de la faculté, et assure son enseignement par la diffusion plusieurs soirs par semaine par tranches de 2 heures de cours enregistrés dans les studios de Radio-Bretagne, rue Janvier.

Scission de l'Université de Rennes

Les évènements de mai 68 remettent en cause l’ancienne organisation de l’université en France et les différents facultés doivent revoir leur organisation. À Rennes, les évènements ont affecté les relations entre les différentes facultés. Le nombre important d'étudiants, ainsi que le refus catégorique de certains des représentants enseignants et étudiants de cohabiter de la même institution, et ce malgré les tentatives de conciliation des plus modérés, rend la scission de l'université de Rennes en plusieurs entités obligatoire.

Au vu de la répartition des campus dans 3 quartiers de la ville, l'hypothèse de la création de 3 universités est évoquée, avant d'être repoussée par le ministère, faute d'effectifs suffisants. Plusieurs autres découpages sont alors étudiés : les historiens de la faculté de lettres réunis avec les spécialistes du droit et de l'économie de la faculté de droit, les géographes de la faculté de lettres avec les géologues de la faculté des sciences, ou encore les philosophes de la faculté de lettres rattachés aux composantes de la faculté des sciences. Seule cette dernière option est appliquée, la section de philosophie décidant de son rattachement à l'université de Rennes 1, en raison de l'influence de l'un des enseignants. Bien que ce dernier fût nommé quelques années plus tard à l'université de Paris-IV, la composante de philosophie restera rattachée à l'université de Rennes 1.

L'université de Rennes 1 comporte les 3 facultés de droit, de sciences, et de médecine, ainsi que les enseignements de philosophie prélevés à la faculté de lettres. Les enseignements de médecine partagent le campus de villejean avec Rennes 2 et est au pied du plus grand complexe hospitalier de Bretagne : le CHR de Pontchaillou. Au centre-ville, proche de la place Hoche, ne restent donc plus que les enseignements de droits et de sciences économiques dans le campus du centre. À l'est de la ville, sur le campus de Beaulieu, restent les enseignements de sciences et de philosophie. Les enseignements issus de la faculté de lettres, à l'exception de la philosophie, restent sur le campus de Villejean

L'université de Rennes 2 prend de plus le nom d' « Université de Haute-Bretagne ». L'université de Rennes 1 continue à utiliser jusqu'en 1984 le nom de l'université de Rennes, date à laquelle elle est obligée par décision ministérielle de prendre le nom d'« université de Rennes 1 ».

Prospective

Pendant les années 2000, la question de la fusion des deux universités de Rennes 1 et de Rennes 2 a été posée par plusieurs acteurs de la vie politique et académique rennaise. Cette question n'est pas propre à Rennes, et plusieurs universités comme celles de Strasbourg ont fusionnées ou entamé un processus similaire comme celles de Montpellier ou d'Aix-Marseille. Bertrand Fortin et François Mouret, respectivement anciens présidents de Rennes 1 et Rennes 2, se sont montrés partisans d'une réunification, resserrant les liens et cultivant les partenariats pendant leurs mandats, de même qu'André Lespagnol, ancien président de Rennes 2 et qui, pendant son mandat de vice président au conseil régional de Bretagne chargé aux questions d'enseignement, dit voir dans la scission de l'université de Rennes un « accident de l'histoire ». Les présidents suivant ont montré des opinions divergentes, le président de Rennes 2 Marc Gontard étant favorable à la fusion, à l'opposé de Guy Cathelineau, président de Rennes 1. L'idée est de nouveau soutenu par Bertrand Fortin à la fin de son mandat de président de l'UEB.

En attendant une éventuelle fusion, les universités bretonnes et des écoles de la région se sont associées en 2007 dans le cadre d'un PRES afin de mettre en commun certains aspects de leurs activités. Cette association porte le nom d'Université Européenne de Bretagne (UEB). Un des aspect de cette association est la signature commune de la recherche. Ainsi les publications sont signées sous le nom de l'UEB, tout comme les doctorats délivrés.

Historique des recteurs

21 personnes se sont succédé au titre de recteur des facultés, avec à partir de 1896 le titre de recteur de l'université :

• Augustin Germe1810 - 1817• Thamin1900 - août 1904
• Le Priol1817 - aout 1822• Laronzeaoût 1904 - janvier 1911
• Abbé Blanchardseptembre 1822 - aout 1830• Louis Gerard-Varetfévrier 1911 - décembre 1930
• Le Grandseptembre 1830 - 1838• Georges Davyjanvier 1931 - 1938
• Dufilholjanvier 1839 - 1847• Galletiernovembre 1938 - avril 1941
• intérim par Lafferière• Boussagoljuin 1941 - novembre 1941
• Theryavril 1848 - 1854• Souriaudécembre 1941 - août 1944
• Mourrier1855 - 1860• Lucien Wolffaout 1944 - août 1946
• Magin1861 - 1866• Collevilleseptembre 1946 - février 1947
• Faustino Malaguti1866 - 1873• Paul Henrymars 1947 - novembre 1960
• Jarryaout 1873 - 1900• Henri Le Moaldécembre 1960 - 1969

Composantes

L'université de Rennes a comporté un nombre variable de facultés, d'écoles, et d'instituts liés.

Facultés

Faculté de droit

Bâtiments de la faculté de droit pendant la première moitié du XXe siècle.

La faculté de droit est la première faculté créée, en 1460 à Nantes, puis est déménagée à Rennes en 1735. Après une fermeture pendant la période révolutionnaire, elle réouvre en 1802 comme école de droit, puis en 1808 comme faculté. Elle prend en 1957 le nom de « faculté de droit et de sciences économiques ».

Elle compte 5 professeurs en 1812. La chaire d'économie politique est créée en 1876. À la même date, la faculté comptait aussi des cours complémentaires de « pandecte », de « droit des gens », de « législation industrielle », de « droit civil approfondis », sur les « origines celtiques, romaines, et canonique du droit français », sur les « origines barbare, féodales, et coutumières du droit français », sur « les ordonnances royales avant 1789 », sur le « code de commerce approfondis », et de « législation comparée ». En 1891, la faculté compte 10 chaires, trois de droit civil, deux de droit romain, et une pour le droit administratif, le droit commercial, le droit criminel, l'économie politique, et de procédure civile.

En 1789, la faculté compte 140 étudiants. En 1812, ce nombre est passé à 150 étudiants. En 1898, ce chiffre est de 1 058 inscrits, dont 399 étudiants en cours d'étude et 710 dont les inscriptions n'étaient pas périmées. En 1939, la faculté compte 721 étudiants.

Faculté de lettres

La faculté est créée en 1810, mais ferme de 1815 à 1840. Elle comptait 5 professeurs et un professeur adjoint. Lors de sa réouverture en 1840, elle compte alors 5 chaires (littérature française, littérature ancienne, littérature étrangère, histoire, et philosophie). Les enseignements de psychologie expérimentale commencent en 1891 et un laboratoire de psychologie expérimentale , le premier en France à ouvrir dans le cadre universitaire, ouvre en 1896 sous le nom de « Laboratoire de psychologie et de linguistique expérimentale » . En 1902 est ouvert un laboratoire de géographie, mais fonctionne dans les locaux de la faculté de sciences jusqu'en 1910. La chaire de celtique est créée en 1903. Les enseignements de portugais commencent en 1921, les premiers en France après l'ouverture en 1919 de ceux de l'université de Paris. Un cour de civilisation et de littératures américaines est inauguré en 1931, les premiers de ce type en Europe. En 1957, la faculté prend le nom de « faculté de lettres et de sciences humaines ».

En 1900, la faculté comptait 80 étudiants. En 1939, ils sont 941, en 1961, 2 400, et en 1969, 6 613

Faculté de médecine et de Sciences Pharmaceutiques

L'établissement qui est à l'origine de la faculté de médecine est créé sous le nom de « Société libre d'instruction médicale » en 1800. Il optient en 1803 sa constitution en « école départementale de médecine ». En 1820, elle devient « école secondaire de médecine » et passe sous le contrôle de l'université. En 1840 elle devient « école préparatoire de médecine et de pharmacie ». La hausse des effectifs, consécutive de la création de la faculté des sciences, est alors rapide. De 1841 à 1847 elle passe de la huitième à la deuxième place des écoles de médecine par nombre d'étudiants. L'école continue son évolution et devient en 1886 une « école préparatoire organisée », et en 1896 une « école de plein exercice ». En 1891, elle compte douze chaires, en anatomie, en physiologie, en hygiène et thérapeutique, en pathologie interne, en clinique interne, en pathologie externe et médecine opératoire, en clinique externe, en clinique obstétricale et gynécologique, en pharmacie et matières médicales, en histoire naturelle, en chimie et toxicologie, et en physique. En 1954 elle devient une faculté mixte de médecine et de pharmacie, avec une inauguration officielle les 8 et 9 décembre 1956.

En 1803, l'école compte entre trente et quarante étudiants, ce chiffre passe à une cinquantaine en 1841. En 1900, l'école comptait environs 300 étudiants. En 1939, ils sont 666.

Faculté des sciences

Bâtiments de la faculté des sciences jusqu'à son déménagement sur le campus de Beaulieu.

La faculté de science est créée en 1840 et compte alors 5 chaires (mathématiques, physique, chimie, zoologie et botanique, géologie et minéralogie). En 1846, la chaire de mathématiques est dédoublée pour former une chaire de mathématiques pures et une chaire de mathématiques appliquées. En 1878 la chaire de zoologie et de botanique est dédoublée après une première tentative faite en 1875 qui n'avait pas aboutie faute de candidat à la chaire de botanique. Une chaire de botanique est donc crée en 1878, la même année que la chaire de zoologie.

La faculté développe des structures dédiées à la recherche à partir des années 1930, avec l'ouverture de l'institut de géologie à Rennes en 1937, avec l'acquisition de l'île Bailleron dans le Morbihan en 1959 pour y établir un station de biologie marine, et avec l'ouverture d'une station biologique à Paimpont en 1967.

En 1900, la faculté comptait 116 étudiants. En 1939, ils sont 901. En 1955, ce chiffre est de 2 300.

Instituts

Institut d'administration des entreprises

Bâtiments de L'IAE

L'Institut d'administration des entreprises est fondé en 1955 par la professeur Jane Krier. Il est à l'époque membre fondateur du réseau des IAE, et compte à ses débuts une annexe à Nantes qui deviendra l'IAE de Nantes. L'établissement est le seul à Rennes à ne pas être touché par les grèves de 1968. Lors de la scission de l'université de Rennes consécutive à mai 1968, Claude Champaud son directeur lors des évènements, devient premier président de l'Université Rennes 1.

Institut polytechnique de l'Ouest

L'Institut polytechnique de l'Ouest (IPO) a été créé par la municipalité de Nantes en 1919 comme une école indépendante. Afin de pouvoir obtenir une habilitation à délivrer des diplômes, elle devient un institut de l'université de Rennes par décret du 26 juin 1922. Après une tentative ratée de transformer l'école en une faculté technique en 1923, le conseil municipal de Nantes se prononce en 1926 pour le rattachement de l'IPO à la faculté de sciences de Rennes pour une durée de 15 ans, date à laquelle un rattachement définitif pourrait être décidé. En 1948, l'IPO acquiet plus d'autonomie en passant de la tutelle de la faculté des sciences de Rennes à celle de l'université de Rennes. Lors de la création de l'Université de Nantes, l'IPO passe sous l'autorité de la nouvelle université.

Institut régional d’éducation physique

Un institut régional d’éducation physique, ou I.R.E.P., est fondé à Rennes en 1929. Il découle de la volonté du ministère de créer dans les villes siège d'école ou de faculté de médecine des instituts régionaux permettant le développement de l'éducation physique. Celui de Rennes est à l'époque le seul du Grand Ouest, englobant les académies de Rennes et de Caen. Ses cours commencent en 1929, et ses effectifs entre sa création et 1939 évoluent entre 43 et 11 étudiants, pour une moyenne se situant autour d'une vingtaine d'étudiants.

Institut de Chimie de l'Université de Rennes

L'Institut de Chimie de l'Université de Rennes a été créée en 1945. Elle résulte du rapprochement de l'Institut Polytechnique de l'Ouest et de la faculté de science. Elle obtient l'habilitation pour délivrer le titre d'ingénieur en 1954. 5 ans plus tard, en 1959, elle intègre le groupe des écoles nationales supérieures d'ingénieurs (ENSI). En 1967 elle acquiert de nouveau locaux en déménageant sur le campus de Beaulieu.

Patrimoine et collections

L'université compte plusieurs collections scientifiques ou artistiques, assemblées par les professeurs ou héritées d'autres établissements.

Patrimoine scientifique

Premiers fonds

Les premiers fonds scientifiques de l'université sont prélevés sur les fonds du marquis Christophe-Paul de Robien qui avaient été saisis lors de la Révolution française. Celui-ci était composé principalement de minéraux et de roches, de plantes en herbier, et de coquilles vivantes et de fossiles. En 1840, Hyacinthe Pontallié est chargé d'y prélever des pièces pouvant servir à l'enseignement, et y sélectionne ainsi 7 857 pièces. Les collections aménagent le palais universitaire quai Zola en 1856.

Ces premiers fonds vont s'enrichir par des dons et des acquisitions. La création en 1860 de la Société des sciences physiques et naturelles du département d’Ille-et-Vilaine va permettre d'accroitre les collections via l'acquisition de coquillages bivalves et univalves exotiques ainsi qu’un herbier, « l’Hortus rhedonensis », constitué par Degland. À partir de 1871, Charles Oberthür va garnir les collections avec notamment un fond de papillons en 1871, et un fond d'insectes lépidoptères et coléoptères en 1874. Les collections restent en place lorsque les facultés quittent le palais universitaire au début du XX siècle, et servent de base pour la création du musée de géologie et d'histoire naturelle de Rennes.

Collections botaniques

L'université compte après la Seconde Guerre mondiale 2 collections dans ce domaine, rassemblées dans 2 espaces distincts jusqu'au déménagement sur le campus de Beaulieu. Jusqu'à cette époque, et depuis 1910, les collections de botanique étaient rassemblées aux abords de la faculté de lettres. Un premier ensemble de serres était utilisé pour les collections, et localisé près de l'actuelle rue de Robien de 1952 à 1968. Le second ensemble servait pour les expérimentations et l'élevage de parasites. Elle se situait près de la l'actuelle place Pasteur, et avait été créée par le professeur Maillet. Elles ont été rassemblées sur le campus de Beaulieu au moment du déménagement de la faculté des sciences.

Une dernière collection est constituée sur le campus de Beaulieu à l'initiative du professeur Georges Claustres. La plantation d'arbres et d'arbustes compte plus de 140 espèces lorsque la collection sera comptée en 1995.

Collections mycologiques

L'université compte aussi une collection de lichens constituée par le professeur Henry Nicollon des Abbayes, principalement en 1930 et 1960. Il compte environ 11 000 spécimens pour près de 1 300 espèces, la plupart collectés en Bretagne par Des Abbayes lui-même, mais comptant aussi pour près d'un quart des spécimens étrangers, obtenu par Des Abbayes par des échanges avec des confrères étrangers. Ce deuxième fond compte en 1963 un herbier régional du Massif armoricain de près de 700 échantillons, un autre venant de France et comportant 2000 pièces, et des herbiers exotiques de 2000 échantillons récoltés en Guinée, en Côte d'Ivoire, à Madagascar, au Canada, ou en Laponie.

Le fond compte aussi des exsiccata, dont le premier réalisé en France par Mougeot en 1812, mais aussi 60 types d'espèces ou de sous-espèces.

Collections géologiques

Un fond géologique s'est constitué tôt dans l'histoire de la faculté des sciences à partir des fonds prévelés sur la collection du marquis de Robien. Le premier professeur de géologie, Durocher, l'enrichi d'échantillons du quaternaire issus de fouilles au Mont-Dol. Son successeur à partir de 1891, Seunes, le complète avec ses fonds personnels d'échantillons pétrographiques du Sud-Ouest français et d'échinides, et avec des acquisitions du lias anglais. Kerfome, professeur à partir de 1919, complète les collections avec des échantillons régionaux, et contribue à mettre en valeur les fonds. Il permet aussi la constitution d'une bibliothèque géologique, notamment via la création d'une Société géologique et minéralogique de Bretagne qui acquiert entre 300 et 400 revues. Son successeur, Milon, continue le travail de valorisation avec l'ouverture de l'institut de géologie en 1937. Cependant, la hausse rapide du nombre d'étudiants et de chercheurs après la Seconde Guerre mondiale va renvoyer une grande partie de ces fonds dans les réserves de l'institut, les rendant plus difficilement accessibles. Il faudra attendre le déménagement vers le campus de Beaulieu à partir de 1966 pour que leur accès soit facilité. Cependant, plusieurs échantillons spectaculaires disparaissent suite au déménagement, ainsi que la plupart des catalogues.

Patrimoine artistique

Peintures de Mathurin Méheut

Les rochers de Trégastel, l'une des inspirations de Méheut

Après la construction de l'institut de géologie, Yves Milon passe commande à Mathurin Méheut, peintre de marine, pour plusieurs toiles pour la décoration de celui-ci. La commande est signée le 27 novembre 1941, et porte sur 25 toiles utilisant la technique du camaïeu. Le financement est assuré par un fond spécial mis en place pour la décoration des bâtiments neufs.

Trois thèmes principaux sont dégagés, à savoir des représentations de la vie terrestre et marine actuelles et passées, des paysages caractéristiques des excursions sur le terrain, et des représentations des activités de l'institut sur le terrain et dans les laboratoires. Mathurin Méheut fait alors plusieurs collectes sur le terrain à Trégastel, à Ploumanac'h ou au Mont-Dol, ainsi que plusieurs visites au zoo de Vincennes ou au muséum d'histoire naturelle.

Sculptures de Francis Pellerin

Lors de la construction des nouveaux bâtiments de la faculté de droit, le sculpteur Francis Pellerin, prix de Rome, est chargé de la réalisation de plusieurs œuvres à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice. Il livre en 1960 une série de sculptures appelée « Ronde-bosse », ainsi que plusieurs fresques murales, l'une visible sur le pignon du bâtiment, figurant le plan de la faculté et réalisée en ardoise, et l'autre dans le patio. L'année suivante, il livre pour les bâtiments du rectorat « Anascope », une fresque murale en cuivre et en ardoise.

Influence de l'université

Révolution française

Chateaubriand, l'un des nobles qui face aux étudiants de droit de Rennes peu avant les débuts de la révolution française.

La faculté de droit, et notamment certains de ses étudiants, va jouer un rôle à la veille de la révolution française. Rennes est alors l'une des premières villes à s'agiter. Les États provinciaux sont convoqués à partir du 27 décembre 1788 dans la ville. Le 26 janvier 1789, des affrontements éclatent entre le petit peuple rennais, soutenu en sous mains par les parlementaires, et des étudiants de la faculté de droit. Ces derniers, submergés, doivent battre en retraite. Le lendemain, lors de ce qui allait prendre le nom de journée des bricoles, les étudiants reviennent plus nombreux. les affrontements font 3 morts. Le 3 février, à l'initiative du futur général Jean-Victor Moreau alors étudiant, est signé dans les murs de la faculté un pacte proclamant la solidarité des jeunes rennais avec leurs homologues venus les soutenir lors de la journée du 27 janvier (nantais, malouins ...).

L'un des témoins de l'époque, François-René de Chateaubriand, fournit un témoignage à postériori de ces évènements dans Mémoires d'outre-tombe :

« Les Etats se tinrent dans le couvent des Jacobins sur la place du Palais. Nous entrâmes, avec les dispositions qu'on vient de voir, dans la salle des séances ; nous n'y fûmes pas plus tôt établis, que le peuple nous assiégea. Les 25, 26, 27 et 28 janvier 1789 furent des jours malheureux. Le comte de Thiard avait peu de troupes ; chef indécis et sans vigueur, il se remuait et n'agissait point. L'école de droit de Rennes, à la tête de laquelle était Moreau, avait envoyé quérir les jeunes gens de Nantes ; ils arrivaient au nombre de quatre cents, et le commandant, malgré ses prières, ne les put empêcher d'envahir la ville. Des assemblées, en sens divers, au champ Montmorin et dans les cafés, en étaient venues à des collisions sanglantes (...) Des duels s'ensuivirent entre les gentilshommes, les écoliers de droit et leurs amis de Nantes. »

— François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe

Les étudiants restent hostiles à la royauté après l'époque napoléonienne, et plusieurs incidents entre étudiants et militaires lors de la restauration. Plusieurs duels les opposants sont signalés en 1821 et 1823, le dernier fatal pour un étudiant, Kreisler.

Révision du procès Dreyfus

Fernand Labori, après la tentative d'assassinat dont il est victime le 14 août 1899, est hébergé comme Jean Jaurès chez Victor Basch, l'un des professeur de la faculté de lettres

Lors de la révision du procès de Dreyfus en 1899 à Rennes, des universitaires et des étudiants sont présents dans le camp des dreyfusards comme dans celui des antidreyfusards. Cette opposition va créer quelques troubles dans la ville pendant la tenue du procès.

Les universitaires dreyfusards vont structurer le mouvement rennais. L'un des professeur de la faculté de lettres, Victor Basch, ouvre une section rennaise de la Ligue des droits de l'Homme, la première section régionale en dehors de Paris. Il deviendra le président de celle-ci de 1926 à 1944. Ce même professeur héberge Jean Jaurès dans sa résidence du quartier du Gros Chêne lorsque celui-ci descend à Rennes pendant la tenue du procès, de même que l'avocat de Dreyfus, Fernand Labori après la tentative d'assassinat dont il est victime le 14 août 1899. D'autres universitaires des autres facultés vont aussi s'impliquer dans ce mouvement, comme Henri Sée ou Georges Dottin toujours pour celle de lettres, Cavalier pour celle des sciences, ou Jules Aubry et Blondel pour celle de droit. L'Affaire va permettre de confirmer le rapprochement entre ce milieu universitaire et le mouvement ouvrier socialiste rennais.

Les idées antidreyfusardes sont assez visibles du côté des étudiants rennais. Certains vont montrer une certaine hostilité envers leurs professeurs dreyfusards, parfois allant jusqu'à manifester jusque sous leurs fenêtre de certains d'entre eux comme Dottin ou Sée, ce dernier ayant même les fenêtres de son cabinet de travail caillassées. Certains professeurs sont aussi présents dans ce camp, dont l'un de leurs chefs rennais, Bodin, professeur à la faculté de droit, et gendre du maire Le Bastard.

Pratique du football

À l'aube du XX siècle, la pratique du football se diffuse en Bretagne, importée dans la région de Saint-Malo par des étudiants venus de Jersey. Rapidement, des équipes se créent à Rennes, et le 21 février 1901, un premier match oppose des joueurs malouins à des étudiants rennais réunis sous le nom de Football-club rennais. Quelques semaines plus tard, le 20 mars 1901, d'anciens étudiants créent le Stade rennais, club omnisports où l'athlétisme est également pratiqué. Football-club rennais puis Stade rennais remportent les deux premiers titres de champion de Bretagne de football mis en jeu à partir de 1903 avant de fusionner en un seul et même club, le Stade rennais université-club (SRUC), le 4 mai 1904.

Le 7 mai 1922, le Stade rennais UC dispute sa première finale de Coupe de France face au Red Star.

Malgré son nom et l'adhésion de nombreux étudiants, le SRUC n'est pas à proprement parler un club universitaire. Dans le but de satisfaire aux demandes de l'UNEF, souhaitant la participation à ses compétitions de clubs exclusivement étudiants, l'AGER met en place le Rennes Étudiant Club (REC) qui apparaît épisodiquement peu avant, et surtout après la Première Guerre mondiale. Mais dès 1925, le REC disparaît temporairement et le SRUC reprend son rôle de représentativité du monde étudiant rennais en matière sportive. Le 13 mai 1926, alors que Rennes bat Nancy en finale du championnat de France universitaire de football, sept joueurs rennais sur onze sont ainsi licenciés au Stade rennais. Cinq ans plus tard, alors que les jeunes rennais battent leurs homologues de Montpellier pour obtenir un second titre, ils sont de nouveau sept sur onze à adhérer au SRUC. Parmi eux, on retrouve le futur international Adolphe Touffait, étudiant en droit qui deviendra juge à la Cour de justice des Communautés européennes et vice-président de la Fédération française de football, mais aussi plusieurs joueurs étrangers comme l'Allemand Walter Kaiser, recruté pour le SRUC par Touffait lors d'un match international universitaire, l'ayant convaincu de venir étudier le français à Rennes, et qui deviendra en 1933 le premier meilleur buteur de l'histoire du championnat de France professionnel de football. Présents sur le terrain, les étudiants le sont aussi au sein des instances dirigeantes du Stade rennais université-club, le président de l'AGER Collas-Pelletier étant ainsi vice-président du SRUC en 1925.

Si le REC reprend ses activités en 1932, alors que la section football du SRUC adopte pour sa part un statut professionnel, nombreux sont les exemples d'étudiants qui mèneront alors de front une carrière de footballeur professionnel et des études universitaires afin d'assurer leur reconversion. La présence d'une université devient ainsi un argument de premier plan pour attirer au Stade rennais de nombreux jeunes footballeurs issus de tout le Grand Ouest. Parmi eux, Raymond Keruzoré, encore étudiant en physique-chimie alors qu'il contribue à la victoire du Stade rennais en finale de la Coupe de France de football en 1971 ; mais aussi Philippe Redon, étudiant en pharmacie et premier buteur de l'histoire du club en coupes européennes.

Quelques années après la disparition de l'Université de Rennes en 1969, le SRUC change de nom en 1972, la section football prenant alors son autonomie sous le nom de Stade rennais football club. Pour autant, la présence estudiantine perdure, puisqu'un an plus tard, alors que les juniors du club remportent leur première Coupe Gambardella, dix des treize joueurs ayant participé à la finale sont étudiants. Au fil du temps, la professionnalisation toujours plus croissante de la formation des jeunes footballeurs, à travers notamment la création des centres de formation, et l'inflation des salaires pour les joueurs professionnels mettra un frein important à la présence étudiante dans les équipes du club.

Seconde guerre mondiale

Les étudiants vont participer à Rennes à plusieurs étapes de la seconde guerre mondiale. Un comité d'entraide avec les étudiants mobilisés est mis en place, avec des colis de nourriture et de vêtements prévus dès le début de la conscription. Le journal de l'association étudiante est expédié par le même biais aux étudiants sur le front. Les premières vagues de réfugiés sont accueillies en mai 1940 en gare par les étudiants rennais, et le même mois près de 13 000 francs sont récoltés par l'association pour le comité d'entraide. Pendant le reste du conflit, plusieurs membres des corporations et de l'AGER sont engagés dans la résistance, et certains sont déportés. Les étudiants participent ainsi en 1945 au défilé du 8 mai. Une collecte de soutien est aussi organisée par les étudiants de Rennes lorsque les bâtiments de l'université de Caen sont détruits en 1944.

Le corps enseignant est aussi impliqué dans la résistance. Le doyen de la faculté des sciences Yves Milon rentre ainsi dans le Réseau Johnny. Sous l’Occupation, en tant qu’expert régional chargé des questions d’adduction d’eau, il est amené à sillonner la région, y compris dans la zone littorale interdite. Cela lui permet de prendre connaissance des constructions réalisées dans le cadre du Mur de l'Atlantique et de transmettre ces renseignements aux services britanniques. L’institut de géologie devient également une base importante de la Résistance : il sert à la fois de lieu de réunions clandestines et de cache d’armes. Au printemps 1944, les réunions du comité départemental de libération y sont organisées.

Vie étudiante

Sous l'Ancien Régime

Une association des étudiants de droit a été constituée en 1756. Celle-ci avait pour but de garantir les privilèges obtenus par les étudiants le 3 juillet 1737 auprès du parlement de Bretagne, puis confirmés par le roi le 26 novembre de la même année. Ces privilèges comptent initialement 13 entrées gratuites par an à des spectacles tenus dans la ville, ainsi que la visite de toute nouvelle actrice débutante.

La constitution de l'association suit les rapports entre le parlement et le roi. Elle est ainsi suspendue de 1765 à 1767 lorsque le roi supprime le parlement puis de 1772 à 1775 lorsque les privilèges des étudiants sont jugés abusifs puis rendus par Louis XVI

L'association a compté dans ses rangs des étudiants comme Toullier, ou Moreau, futur général de la Révolution.

Sous la Troisième République

Plusieurs mouvements étudiants vont apparaitre pendant le XIX siècle et suivre les révolutions du siècle, mais sans que les étudiants y participent en temps que corps constitué. Il faut attendre 1887 pour qu'une association étudiante, l'association générale des étudiants de Rennes (ou AGER, ou l'A), soit créée à Rennes avec pour but de rassembler les étudiants.

Celle-ci n'a qu'une portée limitée dans ses premières décennies d'existence, et la politisation causée par l'affaire Dreyfus a laissée divisée la population étudiante. Elle est membre de l'UNEF lors de la création de celle-ci en 1907. L'association est relancée en 1919 après une période de flottement depuis 1910. Un journal est lancé en 1920 et est imprimé dans les presses de L'Ouest-Éclair. Il sert à l'époque de référence pour les autres journaux étudiants français, et comptera dans ses rang Pierre-Jakez Hélias, futur auteur du Cheval D'orgueil. Un restaurant étudiant coopératif est lancé en 1927, soutenu financièrement par l'université à partir de 1935. Elle compte un millier de membres dans les années 1930.

« Avec mon ami, presque frère en ce temps là, Louis Le Solleuz, et quelques autres, nous étions en charge de l’A, organe des étudiants, premier journal du monde par ordre alphabétique. Nous y avons essayé nos plumes dans tous les genres, les plus prisés étant la satire, le pastiche et la parodie (...). Nos professeurs nous morigénaient paternellement pour ces divagations extra-universitaires sans prendre en compte que, pour les “ littéraires ” que nous étions, ces exercices étaient de profitables travaux pratiques. »

— Pierre-Jakez Hélias, Le quêteur de mémoire

Plusieurs groupes politisés sont aussi présents, dont le « groupe socialiste des étudiants rennais », l'« union républicaine », « Saint-Yves », la « fédération des étudiants bretons », l'« action française », mais la plupart vont rejoindre les corporations et « l'A » après la Première Guerre mondiale. L'apolitisme revendiqué par « l'A » ne l'empêche cependant pas de voter une grève le 3 mais 1933 pour protester contre le gel pour un an des recrutements dans la fonction publique. Le Bro gozh ma zadoù, l'hymne breton, est aussi connu, de même que La Paimpolaise, ou À Recouvrance, et ces airs sont chantés par des étudiants de cette association pendant des activités de celle-ci. Le climat politique plus sombre des années 1930 voit aussi des affrontements éclater entre des étudiants rennais et des camelots du roi ou des croix de feu du colonel de La Rocque.

Le bâtiment du 14 rue Saint-Yves

Une projet de maison des étudiants est lancé par le maire de Rennes, Jean Janvier, en 1911. Ce dernier promet dans un premier temps des espaces aux étudiants dans le 3 étage de l'aile ouest du palais du commerce, avant de se raviser suite aux destructions qui ont suivi l'incendie de ce bâtiment de juillet 1911. Les étudiants emménagent finalement dans la Halle-aux-Toiles de la rue Cahalais qui devient maison des étudiants en 1912. Des travaux de rénovations y sont entrepris dans ce local en 1922, et l'inauguration a lieu le 5 février 1922 en présence du maire. En 1926, la mairie fait l'acquisition d'un bâtiment au 14 rue Saint-Yves et le met alors à disposition gratuitement de l'AGER. Elle y aménage en décembre de la même année. Le bâtiment est cédé en 1936 à l'université sous garantie que celle-ci laisse la jouissance des locaux à l'association. Le bâtiment est réquisitionné en 1940 par l'occupant et les étudiants doivent abandonner les locaux.

Plusieurs évènements ont lieu pendant l'année, organisés par les étudiants. Le monôme est relancé après la 1 Guerre Mondiale, rassemblant 600 étudiants pour sa première édition le 20 décembre 1919, et est organisé annuellement pendant les 2 décennies suivantes, toujours à la même époque en décembre. Certains de ces monômes sont cependant limités à des corporations précises, et se tiennent à d'autres dates. Des séances de bizutage ont aussi lieu à chaque rentrée universitaire. Le Mardi gras est aussi organisé par « l'A » à partir de 1906, et est ouvert à l'ensemble des habitants de Rennes. Cette festivité est relancée après-guerre en 1920. Au même moment, l'association des étudiants aide à la relance de la fête des fleurs, une fête organisée fin mai par les commerçants, mais arrêtée pendant la guerre.

Pendant les Trentes Glorieuses

Raymond Devos, parrain de la « faculté du folklore et des sciences hilares »

L'AGER est relancée par des étudiants dès 1944, et la plupart des activités d'avant guerre sont reconduites. Le défilé pour mardi-gras est ainsi relancé, avec en 1946 la participation du poète Ferdinand Lop, ou en 1947 celle de l'actrice Madeleine Sologne. L'AGER prend ses distances avec l'UNEF en lui reprochant son attitude collaborationniste avec le régime de Vichy, et en profitant pour réaffirmer son apolitisme. L'association refuse ainsi après-guerre de participer à plusieurs grèves nationales.

Les choses évoluent à partir des 1952-1953 avec la prise de pouvoir temporaire de l'AGER par « la mino », avec en novembre 1953 la participation pour la première fois à une participation à une grève aux cotés des enseignants, et en 1954 avec une prise de position officielle contre la guerre d'Indochine pendant la présidence de Michel Denis, futur président de l'université Rennes 2. À la même époque l'AGER doit faire face à « la Catho » qui compte un millier de membres en 1953, en parti dû à la baisse de ses activités folkloriques, le défilé du mardi-gras de 1953 étant annulé par le bureau « mino ».

Les crises politiques vont continuer à rythmer le paysage rennais. Le milieu étudiant rennais est peu concerné par la guerre d'Algérie entre 1956 et 1959 et l'AGER est à cette période de plus en plus coupé de sa base, mais la mise en place en aout 1959 de la conscription pour les étudiants change la donne. Les prises de position de l'UNEF sur la question de l'indépendance de l'Algérie provoque cependant des remous à Rennes, et en mars 1960, les étudiants centristes et catholiques rendent à l'AGER leurs cartes de l'UNEF. La baisse des effectifs du syndicalisme étudiant se confirme les années suivantes, avec un nombre d'adhérents qui passe de 4500 en 1961 à 1700 en 1964, explicable par des crises au sein de la JEC et de l'UEC. Le journal publie son dernier numéro en 1962. Une relance de l'AGER a lieu en décembre 1964 dans le cadre du mouvement de la « gauche universitaire », et l'AGER vend quelques 1500 cartes à ce moment, mais la situation de l'AGER se dégrade de nouveau dès 1965 et jusqu'en 1968 et associe une baisse constante de ses effectifs et une hostilité croissante du syndicalisme enseignant à son égard.

Au début des années 1960, des activités festives sont relancées par un nouvel évènement mis en place par le futur ministre Louis Le Pensec dans le cadre de la « faculté du folklore et des sciences hilares ». Cette association d'étudiants est fondée par la pose fictive d'une pierre de fondation sur l'actuel champ de mars. L'humoriste Raymond Devos contacté pour servir de parrain à cette faculté se déplace à Rennes pour authentifier son patronage. Ses membres sont limités à 41 et doivent défendre une thèse en rire en public, certaines étant publiées dans « l'A », encore actif à l'époque. Une course est mise en place entre Rennes et la ville voisine de Cesson-Sévigné, et en 1961 le recteur d'académie invite les étudiants à y participer plus massivement.

Étudiants étrangers

L'université dispense des cours de langue et de civilisation à destination des étudiants étrangers à la veille de la Première Guerre mondiale. Ils sont dispensés pendant les deux semestres à Rennes, pour un volume hebdomadaire de 13 heures, ou lors des vacances d'été en août et en septembre à Saint-Malo.

Après-guerre, plusieurs groupes d'étudiants étrangers sont remarquables par leurs nombres. Les Serbes sont 35 à suivre les cours dès 1918 mais rentrent à l'été 1919 en Yougoslavie. Les Américains sont une centaine à la même date. L'un deux, Laurence, est même l'un des vice-présidents de l'AGER en 1919.

Plusieurs groupes d'étudiants chinois sont aussi envoyés à la faculté de lettres par le gouvernement de République populaire de Chine à partir de 1964 afin d'apprendre le français. Le premier groupe compte 62 étudiants et quitte Rennes en janvier 1967. Rennes est à l'époque la première ville française à recevoir dans son université des étudiants de ce pays après la reprise des échanges entre les deux pays.

En 1962 le nombre d'étudiants étrangers est de 299, il passe à 469 en 1965, dont 250 pour la seule faculté de lettres.

Évolution démographique

Évolution démographique de la population universitaire

178919041917191819191920192119221923
1401 2366058909031 1231 1901 2711 219
192419251926192719281929193019311932
1 2101 2751 5131 8261 8632 0352 0782 0532 082
193319341935193619371938193919481949
2 2292 0272 0522 0512 1792 2993 1325 6385 982
195819611962196319641965196619671968
9 9508 7679 70210 94313 12114 54817 15518 82621 705

Personnalités liées

Enseignants

L'université a compté dans les rangs de son corps enseignant plusieurs maires de Rennes, comme Théophile Bidard, maire de 1870 à 1871, Carle Bahon, maire de 1925 à 1929, Yves Milon de 1944 à 1947, puis de nouveau de 1947 à 1953, Henri Fréville, maire de 1953 à 1977, et enfin Edmond Hervé, maire de 1977 à 2008.

Plusieurs personnalités politiques ont aussi été membres du corps enseignant de l'université, comme les ministres Jacques-Joseph Corbière, ministre de l'intérieur de 1821 à 1829, Louis Grivart, ministre de l'agriculture et du commerce de 1874 à 1875, Louis Le Pensec, attaché à plusieurs ministères de 1981 à 1997, ou Alice Saunier-Seité, ministre des universités de 1977 à 1981, ou comme Jules Basdevant, président de la Cour internationale de justice, ou Victor Basch, co-fondateur de la Ligue des droits de l'homme.

L'université a aussi compté dans ses rangs des universitaires comme le botaniste Félix Dujardin, le géographe et président de l'Union géographique internationale Emmanuel de Martonne, les académiciens Jean-Denis Bredin, Louis Joubin, Firmin Laferrière, Maurice Le Lannou, Charles Maurain et Eugène Darmois, des membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres comme les historiens Jean Delumeau, Jean Favier, et Joseph Loth, des présidents d'universités ou de grandes écoles comme l'helléniste et directeur de l'École normale supérieure Jean Bousquet, les présidents de l'université Rennes 2 Haute Bretagne René Marache et Michel Denis, le soviétologue et président de l'Université Paris VIII Claude Frioux, le directeur de l'ENA Raymond-François Le Bris.

Des artistes ont aussi enseigné à l'université comme l'auteur breton Anatole Le Braz, le prix Goncourt 1949 Robert Merle, l'auteur allemand Golo Mann.

Étudiants

Plusieurs anciens étudiants des facultés de Rennes se sont illustrés, et ceci dans plusieurs domaines.

Le général d'empire Jean-Victor Moreau, étudiant à la faculté de droit avant la révolution

L'université compte dans ses anciens étudiants des ministres, comme Jacques-Joseph Corbière, Ministre de l'intérieur de 1821-1828, Félix Martin-Feuillée, ministre le la justice de 1883 à 1885, Yvon Bourges, ministre de la Défense, Louis Grivart, Ministre de l'Agriculture et du Commerce du Gouvernement Ernest Courtot de Cissey, Louis le Pensec, ministre dans plusieurs gouvernements dans les années 1980 et 1990, Marylise Lebranchu, ministre de la justice du Gouvernement Lionel Jospin, ou encore Charles Josselin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Lionel Jospin.

Certains étudiants se sont illustrés comme combattant dans plusieurs conflits, comme Jean Victor Marie Moreau, général français de la révolution et Feld-maréchal de Russie, le Colonel Rémy , résistant et Compagnon de la libération, Sir Norman Bottomley, Air Chief Marshall de la Royal Air Force et commandant en chef de la Royal Air Force Bomber Command en 1945.

D'autres étudiants ont été membres de l'académie française, comme Félix Julien Jean Bigot de Préameneu, élu en 1803, Leconte de Lisle, élu en 1886. D'autres comme Georges Marçais ont été membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

L'université compte aussi des universitaires comme Raymond-François Le Bris, directeur de l'ENA de 1995 à 2000 , ou le philosophe Paul Ricœur, doyen de l'université de Nanterre.

Des personnalités étrangères ont aussi étudié à l'université de Rennes, comme Robert G. Neumann, ambassadeur des États-Unis, ou Casimir Oyé-Mba, 1er ministre du Gabon.

Des personnalités des arts et de l'industrie comme Yves-Thibault de Silguy, membre de la Commission européenne et président du Groupe Vinci, ou Pierre-Jakez Hélias, auteur du Cheval d'orgueil et président de la corporation des étudiants en lettres, ou encore Louis-Ferdinand Céline, auteur de Voyage au bout de la nuit, ont aussi étudié à l'université.

Docteurs Honoris Causa

L'université a délivré à plusieurs occasions le titre de docteur honoris causa à des personnalités étrangères. La première cérémonie s'est tenue en 1919 mais est sans suite jusqu'en 1947, date à partir de laquelle l'université décerne ce titre tous les ans à quelques personnalités étrangères, qu'elles soient universitaires, politiques, ou artistes.

T. S. Eliot, prix Nobel de littérature en 1948 et docteur honoris causa de l'université en 1951

Parmi les universitaire européens, plusieurs pays sont représentés. W.J Gruffydd pour l'Université de Cardiff, Green de Cambridge, et Roe d'Aberdeen en 1947, Pheminster pour Aberdeen en 1949, W.B.R. King pour Cambridge en 1951, Neville de l'université de Glasgow et Frohlich de l'université de Liverpool en 1955, Wortley de l'université de Manchester en 1956, puis Cook de l'université d'Exeter et Joan Robinson de Cambrige en 1959, comptent parmi les lauréats anglais. Simon Sasserath de l'Institut des hautes études de Bruxelles en 1948, Le Chevalier Braas de l'université de Liège en 1950, De Visscheq de l'université catholique de Louvain en 1952, Fredericq des universités de Bruxelles et de Gand en 1953, Ganshop de celle de Gand en 1956, Dalcq de celle de Bruxelles en 1957, puis Vercauteren de celle de Liège en 1958 comptent parmi les universitaires belges récompensés. Matthey pour l'université de Lausanne en 1952, Josias Brun Blanquat, privatdozent de l'École polytechnique de Zurich en 1953, et Frey-Wissling de cette même école en 1954 comptent parmi les titulaires suisses. D'autres pays européens ont aussi comptés des représentants comme Borivoje Milojevič pour l'université de Belgrade en 1947, Lombard de l'université de Lund en 1950, Pellegrini de l'université de Florence en 1952, ou Huckel de l'institut de pharmacie de Tübingen en 1959.

D'autres européens œuvrant dans d'autres champs d'activité ont aussi été distingués, comme Jean Graven en 1949, juge à la cour de cassation de Genève, Edwin Muir en 1949, directeur du British Institut de Rome, T. S. Eliot en 1951, prix Nobel de littérature en 1948, ou encore klaffenbach en 1959, de l'académie allemande de sciences et épigraphie grec.

Des universitaires américains ont été récompensés, comme Bishop de l'université Cornell et Capen de l'université de Buffalo en 1948, Adrien Pouliot, doyen de la faculté des sciences de l'université de Laval, en 1950, Roger Sherman Loomis de l'université Columbia en 1951, Marston Morse de l'université de Princeton en 1953, João Cruz Costa de l'université de Sao Paulo en 1957, ou Cornelis de Kiewiet, président de l'université de Rochester, en 1957. D'autres personnalités américaines ont aussi été remarquées, comme James Hazen Hyde en 1919

Concernant l'Afrique, Félix Houphouët-Boigny, 1 président de la République de Côte d'Ivoire a été récompensé.

Identité visuelle

La phalère qui a servi d'inspiration pour le logo de l'université.

L'université s'est donné d'un sceau dans les années 1960, sous l'impulsion du recteur Henri Le Moal, dernier chancelier de l'université. Il est le transposé d'une phalère de bronze celte figurant trois tritons, et découverte lors de fouilles sur le site de Kerilien à Plounéventer dans le Finistère.

La dispositions de ces tritons en étoile symbolisaient la fidélité (l'image du triton), la solidarité (la disposition des tritons veillant sur les arrières les uns des autres), et la confiance en l'avenir (la disposition en étoile). Ce visuel a continué à être utilisé par l'université Rennes 1 jusqu'à l'été 2005, date à laquelle elle simplifie ce visuel pour ne conserver que la seule image du triton.