Le moustique-tigreAedes (Stegomyia) albopictus est un insecte de la famille des Culicidae, originaire d'Asie du sud-est et de l'océan Indien. C'est l'une des cent espèces les plus invasives au monde.
Comportement
C'est une espèce agressive qui pique de jour comme de nuit, avec une prédilection pour l'aube et le crépuscule. Elle est très résistante aux insecticides. En fait, aucun insecticide présent sur le marché, plaquette, spray ou diffuseur, ne semble l'incommoder. Son cousin européen disparaît totalement partout où le tigre s'installe.
C'est la femelle, une fois fécondée qui pique les mammifères ou les oiseaux pour absorber du sang dans lequel elle trouvera les protéines nécessaires à sa progéniture. Ce n'est pas directement le sang bu sur la précédente victime qui infecte la suivante, mais la salive que le moustique-tigre injecte dans sa victime pour liquéfier le sang.
Expansion
Depuis quelques décennies, il est en forte expansion à travers le monde, même en zone non-tropicale. Le transport ou le stockage de vieux pneus dans lesquels de l'eau stagne toujours (de par la forme du pneu) lui sert de véhicule principal.
Aire de répartition du moustique-tigre, en 2007. Depuis il s'est également implanté dans certaines régions de France.
En Amérique, on pense que c'est de cette manière qu'il est parvenu à Houston aux États-Unis, d'où il a conquis une majeure partie du continent américain.
En Afrique, les graves épidémies de chikungunya, au début du XXIe siècle, correspondent probablement à l'arrivée de ce moustique dans des iles comme les Comores en juillet 2004, La Réunion dès le mois de mai 2005 ou encore Madagascar, Maurice, les Seychelles ou Mayotte.
En Europe, il est très présent sur une grande partie de l'Italie depuis le début des années 1990 où il a été découvert pour la première fois à Gênes dans un dépôt de vieux pneus importés. Il est particulièrement abondant en Romagne surtout dans les villes de la province de Ravenne ainsi que dans la région de l'Abruzze et Molise entre Vasto et Termoli. On le trouve également ponctuellement dans d'autres pays d'Europe méditerranéenne comme le Montenegro et la Croatie, et il a été repéré quelquefois en Suisse et en Belgique.
En France, après quelques tentatives d'installation sur des zones de stockage de vieux pneus, d'où il avait été éradiqué, il a réussi depuis 2004 à s'établir durablement sur la côte des Alpes-Maritimes et en 2006 en Haute-Corse, principalement dans la région de Bastia. En novembre 2007, il a été repéré pour la première fois au nord des Alpes, dans le canton suisse d'Argovie. En septembre 2008, on peut le rencontrer dans le Var, signalé à Saint-Raphaël, Fréjus, Roquebrune-sur-Argens et Hyères, mais aussi dans le Sud Ouest, à Arcachon. Il semble également certain qu'il ait été identifié dans la région de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) au printemps 2008. En juillet 2009, il semble aperçu dans le vaucluse plus particulièrement à Monteux. Le 24 juin 2009, plusieurs habitants de la ville d'Orsay (Essonne) affirment l'avoir identifié après en avoir reçu la piqûre, caractérisée par un gonflement anormal et par une réaction inflammatoire violente, apaisée seulement après application de crème à base de cortisone. Identifié à Paris, le 20 juillet 2009. Le moustique-tigre est arrivé en Corse puis à Marseille en 2010.
Vecteur de maladies
Pour passer d'un humain à l'autre, les virus doivent transiter plusieurs jours dans le corps du moustique où ils doivent éviter d'être digérés par l'estomac, et se reproduire. Certains virus n'étant pas capables de survivre dans le corps du moustique, l'Aedes ne peut heureusement pas transmettre tous les types de virus.
En zone tropicale, il peut inoculer une trentaine de virus, propageant notamment le chikungunya, l'encéphalite de Saint Louis et la dengue. En Europe, en l'absence de virus pathogène transmissible, il était resté inoffensif jusqu'en 2007. En juillet 2007 et pour la première fois, il a été reconnu responsable de la transmission du chikungunya en Italie (plusieurs dizaines de cas dans la province de Ravenne).